Azzura

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Gwaeyr Olath'ien - Historien

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◈ Missives : 5

◈ Âge du Personnage : 133 ans
◈ Alignement : Chaotique neutre
◈ Race : Eressäe
◈ Ethnie : Eressäe du Clair de Lune
◈ Origine : Ile d'Eressa - cité d'Ann’Drah
◈ Localisation sur Rëa : Ann’Drah
◈ Magie : Métabolique - épiderme durci en cas de danger et de stress intense
◈ Fiche personnage : Fiche de Gwaeyr

Héros
Gwaeyr Olath’ien

◈ Lun 30 Mai 2016 - 13:48

◈ Prénom :  Gwaeyr
◈ Nom : Olath'ien
◈ Sexe : Homme
◈ Âge : 133 ans
◈ Date de naissance : Né le douzième jour du mois Friest, an 995 de l’ère de Paix
◈ Race : Eressäe
◈ Ethnie : Eressäe du Clair de Lune
◈ Origine : Eressa
◈ Alignement : Chaotique neutre
◈ Métier : Historien passionné de mythes et explorateur


Magie

Magie métabolique :

Gwaeyr peut modifier localement la solidité de ses tissus, la région ainsi modifiée devenant extrêmement difficile à entailler et faisant office d'armure naturelle. Enfin, « peut » est un grand mot. Disons qu’en situation de danger et de stress intense, ça arrive.


Compétences, forces & faiblesses

Gwaeyr est un homme intelligent, réservé, curieux et imaginatif. Naïf voire crédule quant aux légendes, son entêtement le rend parfois autoritaire et oublieux des codes de la bienséance. Monomaniaque, il peut être tellement absorbé par son but qu’il en oublie le reste au risque de se mettre en danger. D'un autre côté, les années passées à étudier lui ont donné le goût de l’apprentissage et lui ont appris les vertus de la persévérance.

Il porte sur son entourage un regard critique et parfois trop catégorique. Souvent trop prompt à juger au risque de se méprendre, il reconnaît toutefois ses torts de bonne grâce et ne craint pas d'admettre franchement ses défauts. Son second degré, parfois mal dosé, est fréquemment pris pour de la suffisance et sa franchise brutale a déjà déstabilisé plus d'un interlocuteur.  

Leste et rapide, il préfère éviter les affrontements directs si il le peut, bien qu’il maîtrise excellemment le combat à mains nues. Il déteste les armes blanches, qu’il maîtrise mal, et s’il en porte ce n'est que par mesure de dissuasion. La violence lui répugne et il use généralement d’astuce ou de persuasion pour se tirer de situations délicates.

Peu exigeant concernant ses conditions de vie, il s’adapte à n’importe quel milieu et apprécie tout de même un bon bain chaud ou un lit douillet après des semaines d'errance.



Physique

Avec ses cinq pieds et sept pouces pour environ cent-soixante livres, Gwaeyr est un peu moins grand que la moyenne de son peuple. Bien qu'il ne partage pas la stature souvent fragile des érudits, son corps mince et élancé reflète un manque évident d'aptitudes martiales. Toutefois, il compense efficacement sa force limitée par une grande souplesse et d'excellents réflexes, fruits d'entraînements de lutte réguliers.

Sur le terrain, il se considère logé à la même enseigne que n'importe quel membre de son expédition et il n'est certainement pas le dernier à faire sa part des corvées nécessaires au fonctionnement du camp. Ses mains calleuses témoignent des innombrables travaux physiques qu'il exécute sans jamais rechigner. Les années passées à crapahuter dans des ruines, les repas frugaux et les nombreuses nuits dehors lui ont donné un corps sec et une peau un peu plus bronzée que d’ordinaire pour un Eressäe.

Il porte court les cheveux pâles caractéristiques de sa race, plus par commodité pour ses voyages que par soucis d'élégance. Ses yeux bleus très clairs, surmontés de sourcils trop souvent froncés, se font parfois absents lorsqu’il laisse ses pensées vagabonder et se perdre dans les limbes de son monde intérieur. Son visage aux courbes douces et aux lèvres minces est d’une beauté commune pour les sien mais remarquable pour beaucoup, malheureusement nuancée par une expression fermée et un nez très droit qui lui donne un air plus sévère qu'il n'en est réellement.

En bref, il aurait largement de quoi plaire à qui ferait abstraction de cet air revêche derrière lequel il se réfugie souvent.


Caractère

Solitaire et réservé, il est rare que Gwaeyr ne recherche volontairement la compagnie d’autres que lui-même. S'il s'écoutait, et s'il avait la capacité de maîtriser à lui tout seul l'ensemble des langues et des coutumes des peuples de Rëa, ses expéditions ne compteraient q'un seul membre. Toutefois, il n’ignore pas les bénéfices du nombre dans des entreprises aussi risquées que l’exploration, en particulier compte tenu de sa déplorable maîtrise des armes, et il est bien trop souvent contraint de troquer sa tranquillité d’esprit contre sa sécurité en rassemblant une compagnie variée de mercenaires et d’érudits pour la fouille d'une ruine au beau milieu de la montagne.

D'un naturel prudent et réfléchi, il ne s'embarque jamais dans une aventure tête baissée et il est très fréquent qu'il ne prépare une expédition, même la plus aisée, plusieurs mois à l'avance. Il aime étudier, planifier et scrupuleusement prévoir chaque aléas du voyage, ce qui n'empêche toutefois pas les imprévus. Quand cela lui prend, on le voit s'enfermer des jours durant dans l'auberge où il a élu domicile, comptant chaque dépense, calculant les coûts, analysant les besoins humains et listant les risques potentiels.

Seule sa passion pour les mystères et énigmes, qui ne connait pas de limite, le sort parfois de sa réserve et le plonge des heures durant dans de longues controverses avec d’autres historiens sur des détails de littérature ou, pire, avec des sceptiques qui auraient l'audace de l'interroger sur le bien-fondé de ses recherches. Le reste du temps, quand confronté à l’obligation d’une interaction sociale non souhaitée, il présente un visage poli mais fermé et se laisse bien souvent aller à l’irritation si ladite interaction est trop longue à son goût.


Inventaire

Vêtements et armure :

Gwaeyr s'habille toujours de vêtements sobres : cape en protection contre la pluie, chemise blanche et pantalon en toile brune. Il porte également de solides bottes adaptées aux intempéries et quelques pièces d'armure de cuir qui limitent le moins possible ses mouvements : plastron lamellé renforcé de fer au niveau du cou et du torse, canons d'avant-bras, cubitières.

Arme :

Dans un fourreau à ses côtés pend une takouba, ancienne épée longue traditionnelle des Sharda du Nord que Gwaeyr a découverte auprès du corps d'un chef de village embaumé lors de sa première expédition privée, dans un tombeau à la frontière du désert de Saan Met et d'Al'Akhab. Bien que ternie et abimée par le passage du temps, elle lui est précieuse tant pour sa valeur sentimentale que pour l'héritage culturel qu'elle représente. Elle est encore solide et la lame, une fois affutée, n'a rien à envier au tranchant des épées plus modernes. Il faut toutefois reconnaître qu'il la porte essentiellement pour son potentiel de dissuasion, car ses capacités guerrières se résument à planter le bout pointu dans une partie molle de l’adversaire tout en l’empêchant de faire de même. Et puis, il aurait trop peur de l'abîmer.

Outils et matériel divers :

A chaque expédition, il amène avec lui d'épais carnets de cuir dans lesquels il détaille avec exactitude les découvertes et le déroulement des journées, et qu'il conserve en vue d'expéditions futures. Ces journaux de bord finissent ensuite entassés dans ses malles jusqu'à la prochaine planification, et il n'est pas rare qu'il en tire de précieux enseignements par la suite.

Ses malles encombrées de matériel à dessin, cartes et documents divers abritent également de nombreux outils qu'il utilise pour dégager et nettoyer les découvertes archéologiques qu'il souhaite immédiatement ramener : truelle, tamis, pinceaux de diverses tailles, ficelles nouées qu'il utilise comme instruments de mesure, baguettes de métal pour sonder le sol, et bien d'autres selon les besoins. Quelque soit l'endroit où il se déplace, il garde toujours dans sa sacoche une ficelle de mesure, un carnet, de quoi écrire et un peu d’argent.



Histoire

Enfance et adolescence :

Né le douzième jour du mois Friest en l’an 995 de l’ère de Paix, Gwaeyr est le fils unique d’un couple d’aubergistes propriétaires d’un petit établissement sur les quais d’Ann’Drah, nommé « La Retraite du Naga  » d’après une légende familiale fantaisiste soutenant que l’une des ces créatures se serait éprise de la cousine de son arrière-grand père. Comme nombre de jeunes enfants avides d’histoires, Gwaeyr harcelait les conteurs et les très rares voyageurs étrangers qui logeaient parfois dans l’auberge de ses parents.

Sa première enquête, à l'âge de neuf ans, concerna bien évidemment l’étrange fable du nom de l’auberge familiale. Bien que tout le monde semblait la connaître, les adultes devenaient étonnamment vagues - voire ennuyés - quand il commença à aborder des questions plus ardues telles que "Comment s'appelait-elle ?" ou "C'était en quelle année, exactement ?". Après une semaine d'enquête familiale harassante, une multitude de témoignages contradictoires et une fouille intensive dans tous les vieux papiers sur lesquels il put mettre la main, il constata avec surprise qu'il n'y était nulle part fait mention d'une créature aquatique quelque elle soit. Par son harcèlement constant, il arracha la vérité des lèvres de ses parents exténués : cette histoire, bien que jolie, relevait de ce que les adultes appelaient une "stratégie commerciale".

Au contraire de beaucoup d’adultes, sa passion pour les contes ne s’atténua pas avec l’âge et cet appétit insatiable, nullement découragé par son premier échec, tourna bientôt à l’obsession. Très intelligent mais trop rêveur pour ses professeurs et trop studieux pour ses condisciples, il avait du mal à trouver sa place dans un monde qui ne suffisait pas à contenir son besoin d'espace. Les enfants, souvent cruels dans leur innocence, le rejetaient pour sa différence et les adultes, qui éprouvent généralement le besoin rassurant de catégoriser les individus, avaient beaucoup de mal à le cerner et s'en trouvaient mal-à-l'aise. Assidu et passionné, une belle combinaison ! Mais baignés dans une connaissance tangible et démontrable, forgés par la croyance en l'Oracle et les certitudes absolues, tous s'accordaient à penser qu'un vrai savant devait garder la tête sur les épaules au lieu de se laisser aller dans un monde de mirages... 

Ses parents s'étaient souvent demandés, en voyant leur fils absorbé dans ses lectures quant les autres enfants jouaient dehors, s'ils auraient dû s'y prendre différemment avec lui. Plus tard, en réalisant qu'il s'agissait d'avantage à propos de ce qu'il était plutôt que de ce qu'il voulait, ils s'étaient à nouveau demandé si ils l'avaient suffisamment armé face à la cruauté de la vie.

A bien y repenser, ils n'auraient pas dû le laisser mentionner Azzura. Peut-être aurait-il pu faire illusion encore un peu, faire semblant de s'intégrer, peut-être même se serait-il fait quelques amis ? Ils auraient dû lui apprendre à se taire et - au moins - à feindre l'intérêt pour des choses plus concrètes et tangibles qu'un vieux mythe poussiéreux. Il y a tant de choses qu'il aurait dû apprendre à garder pour lui, mais comment expliquer à un petit garçon de douze ans que les rêves insensés qui l'enchantent ne doivent rester, justement, que des rêves ?

Et il parlait souvent d'Azzura.

La cité perdue occupait ses pensées du lever au coucher, et il l'avait tant de fois foulée dans ses rêveries qu'il en connaissait chaque détour et chaque recoin. Il la découvrait fréquemment en songe, vaillant explorateur bravant des dangers innombrables, traversant forêts et précipices pour voir au loin ces murs pâles que nuls n'avaient contemplés depuis des millénaires. Il imaginait son retour triomphant, lui dévoilant devant ses parents, professeurs et condisciples assemblés une statuette d'albâtre aux étranges marques mystiques - preuve incontestable qu'il avait percé à jour le plus formidable mystère de toute l'histoire de Rëa.

Il brûlait d'impatience de quitter Ann'Drah pour découvrir de lui-même les mystères des autres continents et, qui sait, se lancer aux trousses de cette citée chimérique. Mais le jeune Gwaeyr comprit toutefois assez tôt que les connaissances théoriques étaient au moins aussi précieuses que la préparation physique et il s’astreint dès lors à une vie d’étude et de savoir. Il n’avait de toute façon que peu d’intérêt pour les divertissements communs aux autres garçons qui se moquaient de son assiduité auprès des érudits et qui prenaient sa nature secrète et réservée pour du mépris. Solitaire, il trouvait ses plaisirs dans les livres et dans ses aventures intérieures qui l’absorbaient parfois des heures durant.

Hors de l'école, il n'était pas rare qu'il ne donne un coup de main à la taverne familiale et ses soirées étaient souvent rythmées par des disputes et des rixes entre clients. Au milieu de tout cela, son oncle, militaire de profession, commença a insister fortement sur la nécessité pour un jeune homme d'apprendre à se défendre. Mais la violence et les armes le répugnaient et il faut aussi avouer qu'avec son naturel rêveur et absorbé, ses parents n’étaient guère enclins à mettre une arme dans les mains de leur unique rejeton. A force de persuasion, son oncle réussit tout de même à obtenir gain de cause et, dès l'âge de treize ans, il fut contraint à participer à de réguliers entraînements de lutte auxquels il a fini par prendre goût.

Ainsi passa sa jeunesse, entre lutte, études contraignantes et escapades mentales, tandis que ses interactions sociales se limitaient à sa famille, aux clients de l’auberge et à ses professeurs décontenancés qu’il accablait de questions.

Formation et début des expéditions :

A peine l'adolescence fut-elle derrière lui qu'il annonça abruptement ses intentions de quitter l'île pour aller explorer le monde.

Ses parents, des gens simples et réticents à l’idée de le voir errer d'un pays à l'autre sans situation stable, avaient secrètement nourri l'espoir que sa maturité d'adulte le ramène vers le métier paisible de la restauration plutôt qu'il ne persévère dans sa chasse aux fariboles. Ils essayèrent d'abord de le raisonner et firent tout ce qui était eressaëment possible pour le convaincre. Si vraiment il refusait de se convertir au beau métier de l'hôtellerie, peut-être accepterait-il de renoncer au moins à sa lubie pour s'intéresser à une Histoire plus réaliste et plus noble ?

"Reprend l'auberge, disait sa mère. Chaque jour tu entendras les histoires des voyageurs qui viendront chercher refuge entre nos murs !"

" Et quoi ? Apporter la bière, refaire leurs draps ? Tout ça pour passer ma vie à écouter des aventures vécues par d'autres ?" Rétorquait alors Gwaeyr.

" Parce que refaire des draps est indigne de toi ? " Répondait vertement son père (dans la maison, c'était lui le préposé aux draps).

Et ça continuait, encore et encore, jusqu'à ce que le ton monte et que l'un d'eux ne coupe court à la conversation en partant bouder.

Mais Gwaeyr grandit finalement et, s'il n'avait pas oublié ses chimères, il n'en avait pas moins gagné en réalisme - à défaut de malléabilité. Désormais, il se gardait bien de mentionner Azzura et ses études s'orientèrent d'avantage vers une histoire plus... historique, pour le plus grand bonheur de ses professeurs qui louèrent ses intérêts pour l'étude des civilisations antiques avérées. Voilà qui était bien plus censé et raisonnable que les rêveries qui avaient tant parasité son esprit !

Ses géniteurs, soulagés devant tant de bonne volonté ("historien", cela sonnait tellement mieux que "mythologue"), s’étaient résignés à voir leur fils abandonner son héritage et avaient pris le parti de l’encourager plutôt que de le freiner dans ses études. « Ce qui devait arriver arrivera, » répétaient-ils à qui voulait l'entendre. L'entêtement de l'enfance était enfin passé, et leur garçon si brillant allait enfin canaliser son intelligence dans la bonne direction !

Fiers de sa réussite malgré leurs désaccords, ils ne négligèrent pas sur les dépenses pour lui permettre de fréquenter les meilleures bibliothèques et d’accéder à ce savoir qu’il désirait tant. C'est avec une résolution accrue qu'il se jeta dans les études et il passa les trente-sept années suivantes a travailler dur, accumulant diverses connaissances sur les différents peuples de Rëa, leur histoire, leurs coutumes et - plus discrètement - leurs légendes. Il n'oublia pas Azzura et il ne manquait pas de glaner la moindre petite information qui passait à portée de main. Sa passion pour la cité antique l'avait poussé à étudier la culture et l'ancienne langue d'Ordanie, bien qu'il reste aujourd'hui encore silencieux à ce sujet.

Il s'exerçait au dessin depuis très jeune, principalement comme moyen d'expression pour son imagination sans cesse active, mais ce fut durant ses études qu'il prit conscient de son importance en tant qu'outil en l'archéologie. Dès lors, il s'appliqua à améliorer sa technique en dessin réaliste, non sans tirer une légitime fierté de ses progrès.

En l'an 12 de l’ère des Rois, à force de détermination et de travail acharné, il fut remarqué par l’un des historiens les plus renommés de la ville qui l’emmena alors avec lui sur le terrain pour sa première expédition dans les montagnes, à 230 lieues à l’est de Yune, en Usha. Celle-ci constitua également son premier voyage hors d’Eressa et il en garde un souvenir mitigé d’émotion et de déception. L’ancien sanctuaire Inoë qu’ils trouvèrent après une journée de bateau et cinq jours de crapahutages dans une nature hostile, bien que splendide et fascinant, avait subi de tels dommages que la majorité des inscriptions et statues avaient été irrémédiablement érodées par la pluie. En plus, Gwaeyr avait été malade.

Rejet de l'Académie et recherche de financements :

Cette expérience, loin de le décourager, ne fut que la première d’une longue série. Motivé et travailleur, il accompagna plusieurs expéditions et gagna en renommée et en expérience jusqu’à ce qu’à la retraite de son professeur, en l’an 43 de l'ère des Rois, on lui propose de reprendre son poste pour enseigner à sa place. A la surprise générale, Gwaeyr refusa. La vie lors des expéditions, l’excitation de la découverte et son esprit indépendant l’avaient désormais infectés jusqu’au plus profond de son être et il ne rêvait plus que d’une vie d’errance, de découvertes et d’aventures, sans contraintes ni entraves. Et puis, il détestait enseigner.

Inutile de souligner que ce refus ne fut pas vu d'un meilleur oeil dans les plus hautes sphères académiques  qui, méfiante par habitude, voyaient avec un étonnement teinté d'indignation un de leur poulain les plus prometteurs leur mordre brusquement la main pour s'enfuir dans une vaste plaine étrangère. Comment, un jeune étudiant qui refusait un tel honneur ? Un garçon à peine formé, un gamin pour ainsi dire, qui préférait vagabonder en compagnie d'étrangers plutôt que de se mener à des recherches sérieuses au profit de son propre peuple ? Et, passant l'outrage informulé envers une classe professorale stupéfaite, il y avait également la question de la discrétion.

Ce jeune homme était-il honnête ? Digne de confiance ? Après tout, il allait se retrouver pris dans de longues expéditions en compagnie d'inconnus, à tuer le temps et à discuter de tout et de rien. Non pas que quiconque n'insinue qu'il dévoilerait volontairement des secrets chers à son peuple, loin de nous cette idée ! Mais l'ennui et l'alcool aidant, un jeune homme naïf et inexpérimenté, une tête un peu trop pleine de nuages...

N'était-il d'ailleurs pas un peu étrange, à une époque ?

Gwaeyr tendit une oreille sourde aux racontars, fort de sa détermination et de cette certitude qu'il avait en ses capacités. De toute façon, les médisants finirent par se lasser et se taire d'eux-même car, ayant quitté le monde compétitif de l'Académie, il avait renoncé à ces ambitions prestigieuse que lui enviaient ses rivaux et il ne constituait plus une menace pour le poste de personne.

Après avoir solennellement juré de protéger les secrets de son peuple devant un conseil académique ennuyé de ne pouvoir le contraindre juridiquement de rester dans l'archipel, il fut finalement autorisé à quitter Eressa pour mener des fouilles privées à la limite orientale du désert de Saan Met, dans les montagnes bordant Al'Akhab, à condition qu'il soit capable de se débrouiller pour s'auto-financer. Car il devint assez évident - et cela constitua une consolation de taille - que ce jeune arrogant n'avait aucune mesure des coûts d'une telle expédition, et qu'il était bien sot s'il croyait que quiconque le financerait malgré le désaveux (officieux mais de notoriété publique) de l'académie.

Gwaeyr, qui venait à peine de réussir à s'extirper du carcan politico-bureaucratique au sein duquel il avait étudié, tomba alors de haut. Etudiant brillant aux idées nouvelles, il n'en restait pas moins un illustre inconnu qui avait perdu un début de crédibilité durement gagnée en même temps que l'approbation de ses pairs. Sans argent, sans réseau et sans soutien, comment pouvait-il espérer qu'on lui confie ne serait-ce qu'un bria ?

C'était sans compter son entêtement à toute épreuve, mâtiné d'une bonne dose de fierté personnelle. Il resta de nombreuses semaines enfermé dans sa chambre de l'auberge, planifiant son expédition, calculant les coûts, listant les commanditaires possibles. Il rédigea des lettres, monta des dossiers et contacta sans relâche tout les riches philanthropes et mécènes dont il avait entendu parler, jusqu'à finalement attirer l'attention d'un vieil historien fortuné, ancien professeur à la retraite, qui écouta d'une oreille amusée puis attentive les théories de ce fougueux jeune homme qui se proposait de se lancer dans un périple de plus de deux mois au fin fond du désert pour valider ses hypothèses sur les rites funéraires des Shardas du Nord.

Cet historien à la retraite, qui avait depuis longtemps cessé de produire des recherches novatrices, espérait en encourageant un étudiant prometteur montrer à l'ensemble de ses confrères encore actifs qu'il n'avait pas encore perdu de son flair. Il devint rapidement clair pour Gwaeyr que la contrepartie, en échange du financement de son périple, serait de céder au vieil homme la paternité de certaines de ses idées, mais il savait également que sans cet argent ses idées, aussi bonnes soient-elles, resteraient condamnées au rang de théories pour une durée indéterminée.

Première expédition à titre privé et début de sa carrière :

L'expédition se lança finalement et fut concluante, autant sur la validation des hypothèses de Gwaeyr (au grand plaisir de l'historien, ravi d'avoir parié sur le bon cheval) que sur les richesses matérielles découvertes dans le tombeau. Comme souvent, cette première réussite fut déterminante pour la suite et elle servit de déclencheur à sa carrière officielle d'explorateur. Grâce à sa réputation de sérieux et d’efficacité, il réussit à persuader de nouveaux partenaires pour financer des expéditions en échange du droit sur les richesses et trésors collectés.

Collectionneurs excentriques et riches antiquaires firent ainsi appels à lui, à la fois en tant qu’intermédiaire et explorateur, pour récupérer des objets convoités ou démêler le bien-fondé de rumeurs et de légendes. L'Etat, progressivement convaincu par sa discrétion quand aux secrets de son peuple et satisfait de cette gloire qui rejaillissait sur Eressa, commença à lui laisser de plus en plus de liberté dans ses recherches, et il passa les quarante-cinq années suivantes à arpenter les montagnes d’Usa ou d’Ysino, celles d' Al'Akhab et le désert des Mohars en Saan Met.

Il serait inexact de dire que ces expéditions se firent en toute sécurité, et il ne fut pas rare qu'il n'en ramène quelques blessures suite à un site un peu trop protégé ou à de mauvaises rencontres, mais sa prudence naturelle lui permis d'éviter les conséquences les plus graves et chacun de ses échecs lui fit gagner en expérience, si ce n'est en sagesse.

Il apprit à la dure l'importance d'une bonne préparation, l'obligation absolue d'une escorte armée et la nécessité de progresser avec prudence dans les souterrains antiques parfois truffés de pièges. Il disait même avec une certaine pointe d'humour que plus nombreux étaient les pièges, plus grande la récompense. Ce fut à la même époque qu'un aventurier bien plus expérimenté que lui, qui l'accompagnait fréquemment dans ses voyages, lui appris à forcer un coffre ou une porte close et à étudier son environnement pour repérer les plus petites traces d'altération, fentes presque invisibles le long des murs ou trappes habilement dissimulées, et à éviter ainsi de nombreux pièges qui auraient pu se révéler mortels.

Gwaeyr profita bien de ses enseignements qui, une fois maîtrisés, lui évitèrent de recruter des éclaireurs supplémentaires. Exalté à l'idée d'être le premier à mettre le pied dans ces lieux antiques, il ne craignait pas d'évoluer en tête de la formation et, avançant à une prudence extrême, il ne permettait aux autres de le rejoindre que lorsqu'il s'était assuré que la voie était sans danger.

Réveil d'Azzura et première expérience en magie :

Les années passant, Azzura et ses rêves d'enfance s'éloignèrent peu à peu. Bien que présents et conservés précieusement dans un recoin de sa mémoire, ils se firent de plus en plus erratiques, jusqu'à disparaître tout à fait. Il y avait toujours tant à faire, des projets à planifier, des aventures à mener, et il fallait bien gagner sa vie ! De nombreuses fois, il eut envie de reprendre ses recherches, peut-être même de se rendre en Ordanie, qui sait ? Mais un autre projet se présentait alors, et il repoussait ce rêve dans un coin de sa tête non sans une pointe de regret, pour plus tard...

C'est à cause de ces regrets - et parce qu'il avait passé tellement de temps à imaginer le moment où il découvrirait la cité perdue qu'il en avait oublié de considérer ce qui se passerait si il ne la découvrait pas - qu'il accueillit d'abord la nouvelle de la résurgence d'Azzura avec une extrême méfiance. Encore un néophyte inculte qui est tombé sur une ruine non recensée et qui crie au miracle ! Il y en avait parfois, un vrai fléau pour les véritables historiens, sans compter tous les mythomanes ou les menteurs qui promettaient carrément monts et merveilles pour une poignée de pièces ou une célébrité bien éphémère.

Mais les rumeurs enflaient, ne s'atténuaient pas et - chose étrange dans ce genre de cas - elles semblaient se recouper. Gwaeyr trouva rapidement sa curiosité attisée en entendant une histoire similaire de la bouche de plusieurs de ses sources, qu'il tenaient pour dignes de confiance. Parallèlement, il avait été récemment mêlé à une bagarre de taverne - encore une -  alors qu'il séjournait ses parents, et il avait été confronté à un phénomène qu'il ne parvenait à expliquer par la raison. L'un des deux perturbateurs ayant sorti un couteau, il s'était interposé et avait instinctivement saisit la lame qui filait vers sa gorge, l'arrachant des mains de son assaillant. Une fois l'incident terminé et les convives calmés, tous avaient loués son calme et sa maîtrise. Ses parents, pas peu fiers, avaient répétés à qui voulait l'entendre combien son oncle avait été inspiré en insistant sur la nécessité des cours de lutte.

Gwaeyr savait, lui, que sa paume indemne ne résultait ni en sa maîtrise de soi ni en un quelconque mouvement mystérieux de lutte. Il aurait dû être entaillé, et il s'y attendait ; mais dans le feu de l'action, quelque chose s'était produit et il avait distinctement entendu, alors que la lame ripait au creux de sa main, le bruit sourd du métal contre une surface dure. Il avait d'abord rangé cet incident dans un recoin de son esprit car, malgré son goût pour les mystères, il n'aimait guère l'idée d'en être l'objet  - et puis, dans l'émotion du moment, il n'était pas certain de ce qu'il avait vécu et de ce qu'il avait imaginé. Mais il avait ensuite entendu les rumeurs sur Azzura, sur la magie qui revenait, et il avait recommencé à se poser des questions.

Ce fut, outre son intérêt ravivé pour la cité perdue, cet incident qui le poussa à s'intéresser de plus près à ces rumeurs. Après tout, tout cela faisait censément partie du même mystère, non ? Et entre sa curiosité méfiante envers cette prétendue magie, sa fierté piquée au vif (ce n'est pas parce que lui avait un peu mis sa quête de côté, temporairement, que quelqu'un d'autre avait le droit de venir découvrir SA citée cachée) et son imagination qui s'emballait devant toutes les découvertes possibles, il n'en fallait guère plus pour qu'il ne se lance dans un nouveau projet, avec pour destination l'Ordanie...


Ambitions & Desseins

Gwaeyr arpente le monde à la recherche de sites anciens à découvrir et de richesses à analyser. Par richesse, il entend sans discrimination trésors matériels faits d’or et d’argent qu’il revend après expertise auprès de riches collectionneurs pour payer sa prochaine expédition, mais également écrits, dessins ou vestiges qui sont pour lui les plus précieux. Il n’aime rien de plus que les mystères et énigmes et poursuit une infatigable fuite en avant dans laquelle chaque expédition fructueuse sert à financer la suivante.

Depuis le début des rumeurs sur la réapparition d'Azzura, il monte une nouvelle expédition sur place pour constater de visu la véracité des racontars et assouvir ce fantasme qu'il a depuis tout petit, celui d'être parmi les premiers - s'il ne peut être le premier - à explorer l'antique Cité d'Opaline.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : Absolument !
Moultipass : Validé par Baltou.
Superbe forum, vraiment impressionnant au niveau design et contexte Smile


avatar
◈ Missives : 2155

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Mer 22 Juin 2016 - 14:36

Une bien belle fiche désormais validée, Cher Gwaeyr !

Encore félicitations et bienvenue sur le forum !

Pour commencer ton aventure, il conviendra de remplir ton profil personnage (lien profil), et créer ton Journal de Bord.

Tu peux également formuler une demande de RP en contactant les membres qui t'intéressent ou tout simplement en postant ici.

Que ton aventure commence !