Azzura

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Feygor Harlon, le Fléau des océans - Pirate

◈ Missives : 19

◈ Âge du Personnage : 42 ans
◈ Alignement : Neutre Mauvais
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Vreën
◈ Origine : Kaerdum
◈ Localisation sur Rëa : Sur les océans
◈ Fiche personnage : Fiche

Héros
Feygor Harlon

◈ Jeu 28 Jan 2016 - 20:36

◈ Prénom :  Feygor
◈ Nom : Harlon
◈ Sexe : Homme
◈ Âge : 42 ans.
◈ Date de naissance : Quinzième jour de Ranh de l'année 48.
◈ Race : Valduris.
◈ Ethnie : Vreën.
◈ Origine : Bogargues, Kaerdum
◈ Alignement : Neutre, Mauvais.
◈ Métier : Criminel, ancien baleinier. Pirate à présent.


Magie


Aucun


Compétences, forces & faiblesses


> Art des ombres :
(Métier engagé : Pirate)
- Subterfuge (Manipulation) : Intermédiaire
- Anatomie (Écorchage & Découpe) : Expert
= Par les années de découpe dans les abattoirs, puis celles de dissections humaines.
- Torture : Avancé
= L'on commence au fond d'une ruelle, on s'exerce sur la bourgeoisie, puis on entretient le coup de main sur les chasseurs de primes ou les insubordonnés.
- Escalade (cordage) : Avancé
= Avoir le pied marin est une chose, mais l'avoir dans les cordage devient tout un art que seul les mousses développent.
- Escroquerie : Intermédiaire
- Traque (stratégie maritime) : Maître
= Il n'est pas question de flottes à diriger ou de manœuvres militaires à connaître sur le bout des doigts. Il s'agit de penser comme sa proie, s'approprier son plan de navigation et l'acculer pour le pillage.
- Collecte d'information (réseau de piraterie) : Expert
= Intimement lié à la traque et l'escroquerie, comment peut-on trouver ses trésors si ce n'est en laissant traîner les oreilles aux bons endroits ?

> Compétences libres :
- Géographie (côtes de Reä) : Intermédiaire
= Ce n'est pas le rôle d'un Capitaine de connaître tous les coins et recoins des côtes du monde, mais savoir au moins où se trouvent les ports et les criques cachées, c'est le minimum.
- Natation : Novice
= La nage du petit chien ou au moins savoir faire la planche.
- Lecture & écriture : Novice
= Pour savoir au moins lire une carte dans le bon sens et tenir ses comptes ainsi que son journal.
- Éloquence : Avancé
= La peur ne fait pas tout, il faut savoir charmer et galvaniser son équipage, sinon c'est la mutinerie.
- Maniement d'armes communes (sabre) : Expert
= Ce n'est pas la finesse de lame que l'on trouverait chez un noble ou un militaire, mais ça rabote tout aussi bien !
- Navigation : Expert
= Ici aussi l'on ne demande pas le Commandeur des flottes royales de Kaerdum, mais au moins connaître son propre navire sur le bout des doigts, reconnaître quelques étoiles et savoir que le phoque n'est pas qu'une expression péjorative destinées à certains hommes.
- Bagarre de rue : Maître
= Depuis tout petit jusqu'à maintenant, la seule chose qui a changé fut la taille des poings qui s'abattent et la force qui y est employée.
- Intimidation : Maître
= Quand parfois le nom ne suffit pas, ni la gueule, il faut bien développer plus de deux syllabes pour que les mécréants souillent leur braies !
- Esquive/Parade : Avancé


Forces
Déterminé : Feygor n'est pas inconscient. Cela dit, lorsqu'il veut quelque chose, il l'obtient. Par la force, la tromperie, la fin justifie les moyens et dieux que ces moyens lui plaisent. S'il doit réduire à néant la population d'un village pour mettre la main sur coffre rempli d'or et de joyaux, que le croque-mort se mette d'ores et déjà à l’œuvre, les mises en terre risquent très vite d'affluer. Il ne recule devant rien.

Vif d'esprit : Un pirate ne peut obtenir tout ce qu'il désire en ne faisant usage que de la force. Une langue acérée, un coup bien porté peuvent se révéler plus efficaces que la plus massive des épées. Inculqué durant son enfance, il savait survivre dans la rue ou sur les quais d'un port malfamé. Dans ces conditions, vous avez très vite intérêt à vous faire des amis et choisir un camp, le bon camp si vous voulez voir le soleil se lever.

Craint : Lorsque l'on murmure le nom de Feygor, on n'en parle pas comme d'un pirate sympathique qui aurait quitté les sentiers battus pour vivre libre comme le vent, loin de toute contrainte. Il n'est en rien ce genre de pirate. Bien qu'elle fasse partie des motivations qui poussent à mener une vie pareille, la liberté semble bien fade sans or ni pouvoir. C'est suivant ces dogmes que le capitaine s'est taillé son image. Celle d'un pirate sanguinaire, fléau de nombreux océans, ne laissant qu'épave et terreur dans son sillage. C'est sans surprise que nombre de navires préfèrent hisser le drapeau blanc à la simple vue du pavillon noir.

Méfiant : On dit que le capitaine dort un œil ouvert. Voilà une rumeur bien difficile à vérifier car personne ne l'a jamais surpris durant son sommeil. Feygor à horreur des surprises, tout contrôler, tout maîtriser, tels sont ses mots d'ordre. Les neufs vies d'un chat n'auraient pas suffis pour le conduire jusque là s'il en était autrement.

Faiblesses

Cupide : Faites miroiter la beauté d'un trésor, d'un artefact d'une grande valeur, de quoi que ce soit qui pourrait s'avérer utile dans sa quête de puissance, de reconnaissance et de richesse, il bravera tous les dangers qui pourraient s'opposer à lui jusqu'à l'obtenir.

Malfamé : Si le capitaine peut s'aventurer dans une taverne sans pour autant y être instantanément reconnu, de nombreux chasseurs de primes et marins connaissent son visage. Il va sans dire que son navire, lui, ne peut mouiller dans un port sans y créer la panique et la confusion. Dans certains villages, on avance qu'il porte même malheur et désolation de prononcer le nom de la Fièvre Noire.

Cruel : Cette cruauté qui a fait sa renommée n'est pour lui que sa conception de la justice, où il serait juge, juré et bourreau. Vous vous doutez que servir sous ses ordres n'est pas de tout repos, et c'est d'autant plus vrai pour les petits nouveaux. Pour les autres en revanche, les pirates rompus à son commandement, c'est sans l'ombre d'un doute qu'ils suivraient Feygor jusqu'aux portes des enfers. Ils savent pertinemment que s'il s'y rendent, il y aura forcément quelque chose à gagner pour eux. Si le capitaine sait manier le bâton, c'est pour mieux se servir de la carotte dont certains ont le privilège de bénéficier.

Dangereux : Le pirate qu'il est devenu s'est vu doté d'un sang froid inquiétant. Peu d'émotion transcende le masque de pierre qui se dresse devant celui qu'il fut. Ses colères toutefois, celle d'une intensité suffisante pour apparaître aux yeux de tous sont dévastatrice. Lui, son navire, son équipage et tout ce qui se dresse devant eux en subiront les lourdes conséquences.




Physique


 
Il semblerait que sa carrière de chasseur de prime touchait à sa fin en ce jour damné, celui de sa rencontre avec le capitaine Harlon. En réalité, elle s'était achevée quelques minutes auparavant, quand le bosco l'avait attrapé par la tignasse afin de le traîner dans la cale du maudit navire. La pièce était sombre, quelques lanternes projetaient leur lueur blafarde dans la pièce. Une tempête faisait rage dehors depuis peu, le bois du vaisseau était soumis à rude épreuve et le sol semblait d'une stabilité toute relative.

Cet environnement ne semblait pas déranger l'Ordhaleron à la peau écailleuse de quelque sept pieds de haut qui l'avait traîné de force jusqu'ici. Et pourtant, le colosse qui lui donnait des sueurs froides ne se trouvait pas à côté de lui. Il était dans le fond de la pièce, le dos tourné, affairé sur une table recouverte de dizaines d'outils. Les tranchants de ces derniers reflétaient les lueurs scintillantes des bougies. Pas un mot n'avait été prononcé depuis que la porte s'était refermée derrière eux. Trois hommes dans la pièce, seul le vent hurlant et les vagues affrontant la coque du navire pour briser l'agonie du silence.

Jamais il ne s'était trouvé aussi proche du terrible capitaine. Une silhouette sombre, inerte, comme celle d'un titan sur le réveil s'apprêtant à accomplir ses sombres desseins. L'eau qui ruisselait encore de son manteau noir et de son bicorne trahissait sa présence à la barre quelques instants auparavant. Son couvre-chef de cuir craquelé par les âges pliait sous le poids de l'eau qui en gouttait régulièrement. Malgré les outrages du temps, un œil attentionné aurait remarqué les fines gravures qui l'ornaient : d’innombrables tentacules semblaient s'emparer d'un crâne qui trônait au culminant du chapeau. Un grommellement visiblement satisfait et le pirate s'en dispensait dans un coin de la pièce, faisant de même avec sa redingote et sa paire de gant.

Ajustant le bandana ocre qui recouvrait partiellement sa chevelure, retroussant les manches de sa chemise blanche, presque grisâtre, il daigna finalement se retourner. Son visage restait dans l'obscurité, mais deux sombre joyaux brillants d'une lueur maladive fixaient le chasseur de prime qui détourna le regard. Un point qu'il n'avait pas noté auparavant, mais le capitaine semblait solidement construit. Quelque six pieds de haut, de larges épaules ; ses doigts étaient d'autant plus longs que ses mains étaient larges, suffisamment pour lui briser la nuque sans grande difficulté. Ses avant-bras sur lesquels étaient semés ça et là cicatrices et entailles étaient eux aussi couverts des mêmes motifs que son bicorne. Ces inscriptions tribales lui donnaient un air de sauvage, un sauvage civilisé, une combinaison pour le moins déroutante.

Il fut arraché de ses funestes contemplations lorsque le titan se mit en branle. Des sueurs froides ruisselaient le long de sa colonne alors que le capitaine s'approchait lentement de sa victime. D'un pas sûr en dépit de l’instabilité du plancher, Feygor s'exposait peu à peu dans la lumière. À chaque fois que son sabre venait battre contre sa jambe recouverte d'un simple pantalon de toile , la mort faisait un pas de plus vers le chasseur de prime. Les bottes du pirate s’immobilisèrent à quelques pieds de lui. Une voix grave dont chacune des syllabes frappait comme le marteau sur l'enclume prononcèrent ces quelques mots.

« Rien de personnel fiston, c'n'est qu'justice. »

Sur ces mots, le bosco s'emparait du captif pour l'attacher solidement sur le meuble central. Couturée d'estafilades, elle évoquait les tables de découpe des bouchers et autres artisans du genre. L'odeur ferreuse du sang à peine coagulé envahissait les narines du condamné pendant que les entraves rivetées à même le bois immobilisaient ses membres. Il s'autorisa un dernier regard vers le bourreau qui s'assit à côté de lui afin de distinguer son visage. Moins effrayant que les rumeurs le disaient, il semblait vide d'expression. Ses cheveux bruns tirés en arrière laissaient apparaître un visage qui évoquait le tranchant d'une lame. Ce dernier était parachevé par une barbe élégante qui en dessinerait la pointe. Fin, acéré, précis. Seul son nez légèrement ramassé sur lui même trahissait une vie dirigée par la violence et le sang. Ses lèvres minces faisaient passé sa bouche pour une entaille se traçant au travers de son visage. Cette dernière s'ouvrit légèrement en signe de satisfaction. Sur le pont, une lourde clameur accompagnée de tambours de guerre raisonnait de plus en plus fort, allant même jusqu'à couvrir le bruit de la tempête. Ce semblant de sourire s'effaçait aussi vite qu'il était apparu. Dressant à nouveau ce masque d'une froide détermination derrière lequel semblait se cacher un brasier destructeur, le bourreau s'empara d'un couteau merveilleusement ouvragé avant de demander par dessus la clameur des marins :

« Dis-moi petit, t'as déjà écorché un animal ? »



Caractère


En considérant que chaque homme sort du même moule à la naissance et que la vie forge avec le temps, les artisans qui ont travaillé sur cet individu n'y sont pas allés avec le dos de la cuillère. On dit que la nature la plus sauvage éduque le plus solide des gaillards. Peut-être. Cela dit, avez-vous déjà vu un arbre poignarder quelqu'un dans le dos ? Déjà entendu parler d'un homme étouffé par une montagne durant son sommeil ? La rue en est capable et Feygor a grandi sous cette perpétuelle menace. Quand les temps sont durs, la criminalité est au plus haut. Il n'est plus question de vivre, mais de survivre. Le brigandage, les trahisons, la pauvreté, la mort, tant d'acteurs qui ont participé à la création du capitaine qu'il est devenu, du monstre diraient d'autres.

Certes, il ne dévore pas le cœur de ses victimes, pas plus que leurs âmes ne viennent alimenter le brasier incandescent qui se cache sous son regard de pierre, il reste tout de même aux yeux de tous un dangereux personnage, et à raison. C'est un rôle qu'il joue, une posture, comme le rugissement d'un lion, un gorille tambourinant sur sa poitrine, il entretient une légende intimidante derrière laquelle il se protège. Si certains l'acclament pour sa maîtrise du duel, d'autres l'admirent pour son esprit tactique et les derniers pour ses compétences aux commandes d'un navire, tout l'équipage salue le capitaine. Il ne méprise pas la faiblesse, il sait en avoir lui-même. Il méprise ceux qui les exposent toutefois.

Juste et impitoyable, il est loin d'être sadique à l'encontre de ce que l'on raconte. Le pire traitement que risque un prisonnier ou un matelot semble pourtant prouver le contraire. Écorché vif, il sera pendu au-dessus des embruns salés jusqu'à ce que ses cris se taisent à jamais. Appliquant la sentence lui-même, il n'y prend cependant aucun plaisir, la justice en serait alors biaisée. C'est une façon pour lui de faire peser la balance en sa faveur. Qui se risquerait à lui résister ? Qui oserait s'opposer à lui en ayant conscience du danger encouru ? Peu d'homme. Et le moins il y en a, le mieux il se porte.

Derrière ce masque de colère sourde et de cruauté se cache un homme pour le moins surprenant. Vous serez chanceux si vous avez ne serait-ce que le droit de l'apercevoir. Doté d'une capacité d'analyse et d'une culture insoupçonnée, dans un monde sans richesse ni carcan, où l'or n'aurait pas la moindre valeur et la liberté serait monnaie courante, Feygor aurait pu être un penseur, un philosophe. Qui sait ? Le destin en a voulu autrement toutefois.



Inventaire



Un sabre, un couteau, une boussole. Quelques perles et bagues de valeur.

Navire : La Fièvre Noire

La Fièvre Noire. L'histoire de ce navire commence durant la guerre de Neya. C'était un vaisseau de guerre, et pas des moindres. Plus de deux cents tonneaux, cent pieds de long pour vingt-cinq de larges, soixante-dix hommes, elle apparaît comme une force à ne pas sous-estimer. Lourdement endommagé durant une bataille, c'est le prévôt de Yelast qui en fit l'acquisition. Il avait les caractéristiques d'un excellent baleinier. Le front du navire était entièrement plaqué d'acier et pourvu d'un éperon de guerre, idéal pour briser la glace. De plus, la baliste sous la proue et les scorpios font d'excellents outils pour la chasse. Il va aussi sans dire qu'un navire de cette taille peut ramener une énorme quantité de marchandise à chaque passage au port.

Depuis près de deux années, ce navire est fui comme la peste. Sa silhouette sombre reconnaissable à des lieux est vent de mauvais augure. Nombre de chasseurs de primes et de marchands ont entendu parler de la Fièvre Noire. Cela dit en tendant l'oreille, on peut se demander où est le vrai et où commence là légende ?




Histoire



Chapitre I : "La mauvaise réputation du charognard est déjà faite dès la naissance."

L'histoire du pirate commence en Ordanie, dans un petit village côtier du nord-est de Kaerdum. Yelast, ce fut dans l'auberge où travaillait sa mère de sang Alsdern qu'il a vu le jour. Un heureux événement pour la jeune femme qui avait vu deux grossesses s'achever de façon tragique avant celle-ci. Peut-être une sorte de puissance supérieure essayant d'empêcher cet enfant de venir au monde. Son père, capitaine de baleinier, embrassait son fils pour la première fois deux mois plus tard. Une semaine, c'est le temps qui lui fut accordé pour fêter la nouvelle avant de repartir en mer.

Si vous n'avez jamais entendu parler de Yelast, c'est pour la simple et bonne raison que l'on n’inscrit pas ce village sur les destinations touristiques. La principale activité est la chasse à la baleine. Les quais et les quartiers miteux qui les entourent sont de véritables abattoirs à ciel ouvert. L'odeur du sang et de la poiscaille y est omniprésente. Des flots écarlates coulent dans les rues quand un baleinier rentre au port. La misère, les maladies y sont monnaie courante. Une douce symphonie orchestrée par le prévôt et marchand du nom de Jeager, propriétaire de tous les navires, et donc, de tout le commerce de la bourgade. En tant que capitaine, le paternel de Feygor avait droit à une part légèrement supérieure à celle d'un marin, mais rien de flamboyant.

Pour garder la petite famille à flot pendant que l'homme de la maison partait sur les océans, sa femme s'affairait dans les cuisines d'une auberge. Durant son temps libre, elle chérissait le jeune Feygor comme la prunelle de ses yeux. Elle incarna l'unique figure parentale durant sa jeunesse, n'ayant le droit de voir son père qu'en de rares occasions, trop absent. Sa mère lui enseigna tout, le peu qu'elle avait. L'enfant était curieux et sa génitrice avide de transmettre. C'est à elle qu'il doit notamment cette culture des dieux nordiques. Pas de véritable culte, une simple croyance qui lui venait de sa mère, et de la mère de sa mère avant elle.

À Yelast, les gamins grandissent vite. Le jeune homme découpait déjà les carcasses des animaux marins à l'âge de huit ans pour quelques brias. Il n'avait que faire de tout cela, mais cet argent lui donnait la permission pour sortir et vaquer à d'autre occupation avec les gosses des voisins. Rien de bien méchant, la jeunesse. Étrange comme un enfant comme lui pouvait être doué dans ce qu'il faisait. Rien du travail d'un chirurgien, mais on pouvait déjà lire une certaine application dans ce qu'il faisait. Chaque entaille était le fruit d'un calcul rondement mené et jamais sa main ne tremblait. C'est aussi durant cette période que son 'employeur' lui fit don d'un couteau au manche sculpté qui ne le quitta plus depuis lors. Les jours heureux, malgré un père trop absent, le jeune Feygor menait une enfance plutôt vivable, le mieux que l'on puisse faire à Yelast en tout cas.


Chapitre II : "La violence aux mains du peuple n’est pas la violence, mais la justice."


En le retrouvant à l'âge de treize ans, le pirate à en devenir avait déjà bien changé du mioche de l'époque. Si deux ans s'étaient écoulés depuis que la taverne de sa mère avait brûlé, laissant alors cette dernière sans emploi, Feygor semblait en avoir vieilli de six. Incapable de retourner travailler, la génitrice mendiait pendant que le fils courait les rues avec quelques autres jeunes adolescents. Il faisaient le sale boulot de qui voulait bien leur faire confiance. Voler Pierre, surveiller Paul, tabasser Jacques. Une poignée d'adolescents armée de bâtons et de lames tranchantes était tout autant dangereuse que n'importe quel individu dans les ruelles sombres de Yelast, et la criminalité payait bien en ces temps mouvementés.

Feygor eut l'occasion de s'adonner à tous les larcins possibles et imaginables durant cette jeunesse tardive. Après avoir fait le tour de la question, le pillage demeurait son préféré. Rentable, certes, mais c'était avant tout ce sentiment de puissance qui l'envahissait à chaque fois que sa victime l'implorait à genou pour avoir la vie sauve qui le réjouissait. Son premier vole à l'arrachée était inscrit dans sa mémoire à côté de toutes les autres premières fois. Sa première romance, son premier passage à tabac, son premier meurtre.

Comment pourrait-il oublier ce dernier ? Il avait suivit son premier deuil. Celui de sa mère qui lui fut ôtée sans que le destin ne prenne la peine de crier gare. Un souvenir douloureux qu'il essaya d'enterrer tant bien que mal. Ce fut la première et dernière fois qu'il aurait pu être qualifié de sadique. Il avait pris son temps, il avait savouré chaque cri, chaque larme, le moindre sanglot du sombre animal qui lui avait arraché sa mère en inscrivant tous les détails dans les méandres de son crâne. On lui avait pris le gosse qui survivait encore au fond de son âme. L'arroseur arrosé aurait ricané un imbécile avant de se faire arracher la langue. Elle s'était fait dépouiller dans une ruelle, traitée comme une chienne, égorgée comme une truie, il n'y avait rien d'autre à en dire. Feygor avait seize ans et Yelast était déjà son territoire. Les murs étaient pourvus d'yeux et d'oreilles selon ses désirs. Identifier le porc qui avait tué ce qu'il restait de son innocence tenait du jeu d'enfant. Le lendemain, c'était un corps mutilé, figé dans un rictus d'horreur qui fut retrouvé sur les quais.

De cette sombre période découla aussi sa première cuite, sa première vraie cuite. Avec son père, quelques jours plus tard. Ce n'était pas le genre de soirée où l'on buvait pour chanter, rire et danser. On se contentait de boire pour oublier, pour maudire le reste du monde et cracher sur tout ce qui le mérite ou non. Ce soir-là, il prononça 'Papa' pour la dernière fois. Ce fut le terme de Capitaine qu'il utilisa par la suite, et ce jusqu'à la mort de celui-ci.



Chapitre III : "C'est la mer qui prend l'homme."


Aucun traitement de faveur, pas vraiment de familiarité, Feygor était habitué à l'absence de figure paternelle et ce n'était pas près de changer. Il n'en n'aurait pas voulu. Il avait grandi sans, quelle pouvait être l'utilité d'une telle entité à présent. Il avait cela dit un capitaine. S'il refusait de l'admettre, il le fascinait. Pas autant que cette grande étendue bleue qu'il découvrit sous son commandement toutefois. S'il ne l'avait jamais vraiment côtoyé, il tenait pourtant ça de lui. L'eau salée coulait dans ses veines. Jamais avant de partir vers le nord de la mer d'Azur toutes voiles dehors il ne s'était senti ainsi libre. La vie était dure à bord, mais pas plus compliquée que dans la rue. On ne luttait pour se nourrir ni pour se loger au moins.

Dès son arrivée à bord, il commença à servir en tant que gabier. C'était là-haut qu'il se sentait le mieux. Le vent qui venait menacer son équilibre, faisant craquer la mâture et claquer les voiles, une sorte d'extase loin du commun de ceux qui restaient sur le pont ou même à terre. Une superbe étendue d'Azur qui se déployait aussi loin que le regard portait, une femme à part entière. Parfois calme ou capricieuse, elle venait épouser la coque de l'imposant baleinier en charriant cette délicieuse odeur d'iode. Un délice.

Un autre plaisir des marins, les escales. Les horizons marins avaient leurs avantages, mais pas plus de femmes que de tavernes ne s'étaient égarées sur les flots. Comme un bon marin, Feygor ne gardait pas énormément de souvenirs de ses escales. De l'alcool bon marché, des femmes de petite vertu ou jeunettes aisément impressionnables par ses histoires d'aventures parfaitement imaginaires, le tout se mélangeait pour former une sorte de brouillard épais qui dissimulait ces nuits-là. Les années passèrent plus vite que sous le règne de la violence. Pour la première fois depuis bien longtemps, le jeune homme pouvait détendre les épaules, arrêter de surveiller ses arrières comme si un couteau menaçait de se loger entre ses omoplates à chaque instant.

La criminalité avait pourtant laissé sa marque indélébile sur Feygor. Malgré une joie de vive retrouvée avec les années, il restait méfiant, agressif parfois. L'équipage l’appréciait en dépit de ces défauts-là. Son application à la tâche, son humour tranchant comme le couteau qui ne quittait jamais sa ceinture, la droite facile après quelques tournées qu'importait la taverne. Un bon marin en somme. Il avait ça dans le sang.


Chapitre IV : "Je veux l'entendre pleurer de l'au-delà"


Le sang, celui de son père. Il l'avait vu couler, ça avait commencé par les gencives, puis le nez. Son comportement avait changé, il n'était plus lui-même. Il était mourant. Une maladie commune chez les marins, elle avait de nombreux noms, mais Feygor s'en moquait. S'il n'avait pas été ce que les gosses un peu plus heureux que lui appelaient 'papa', il avait été un capitaine, un bon capitaine. Le condamné lui avait transmis cet amour pour l'océan et pour ça il lui en serait éternellement reconnaissant. Le vieil homme a succombé à ses côtés, une ruelle sombre de Yelast, là où tout avait commencé.

Les derniers jours furent un véritable calvaire. Près de trente années de bons et loyaux services et l'ancien capitaine furent jetés comme un malpropre à leur dernière escale. Sans un sou en poche, il allait mourir là, sur le pavé aux odeurs d'urine et de sang, dans l’indifférence la plus totale. Pendant des heures Feygor s'était infligé la pire des tourmentes, devait-il mettre fin aux douleurs de son vieux père ? Était-ce lui rendre service ? À demi conscient, il avait prononcé ses derniers mots une semaine auparavant. Son corps flanchait petit à petit alors que l'esprit était déjà loin.

Ses derniers mots ? Ses dernières volontés. Elles venaient au nombre de deux. La première fut sans surprise, il voulait rejoindre les courants marins dans la mort, comme le voulait la tradition. La seconde était nettement moins évidente à réaliser. "Le prévôt, tue cet enculé, je veux l'entendre pleurer de l'au delà." Ces mots résonnèrent longtemps à ses oreilles. Pourtant le flibustier honora ces volontés, les ultimes agissements d'un monstre à en devenir dont il reste encore des témoins. Il mit fin lui-même aux jours de son père, un service rendu, puis ans les heures, le capitaine fut incinéré sur une barque volée au milieu du port. Près d'un mois de préparation et d'attente pour accomplir le dernier souhait du défunt. La nuit du retour au port de la Fièvre Noire, son navire, Yelast se souleva.

Les criminels, les coupe-jarrets, les voleurs, tous les scélérats du village étaient dans les rues, unis sous un même drapeau. Marqué d'un crâne blanc sur un fond rouge sang, il annonçait la couleur d'une funeste nuit. La milice n'était pas préparée, pas à un tel soulèvement. Le prévôt et toute sa famille furent tirés de leurs lits. La haine et la colère prirent leur dû. Même l' écuyer ne fut point épargné. Tout un quartier partit en fumée et même en comptant les morts par dizaines, vous n'auriez pas assez de doigts pour vous y retrouver.

La Fièvre Noire quittait le port à l'aube, laissant une ville sans figure d'autorité, sans milice, sans loi. Celui qui était censé la représenter dans le village demeura deux jours durant, écorché du bout des doigts jusqu'à la ceinture, accroché par les pieds à la grue des quais. Si l'ordre était revenu à présent ? Certainement, nouveau tyran, mêmes règles. Le capitaine Harlon qui s'était emparé du vaisseau qu'avait commandé son père continuait pourtant de faire rêver, ou frissonner Yelast pendant ces deux dernières années à chaque pièce que l'état rajoutait sur sa tête.



Ambitions & Desseins


Feygor est un pirate. Ses motivations sont plutôt basiques : La richesse, la puissance et l’influence. Les deux derniers sont bien utile pour se ramener au premier. Toutes les quêtes sont bonnes si elles rentrent dans ce triangle vertueux.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : Ha que oui
Moultipass : Validé par Baltou

J'ai pas grand chose à dire si ce n'est un grand merci au staff qui à fourni un travail colossal pour mettre un Bg riche tel que celui-ci en place. Sans parler de la patience dont ils font preuve. Bravo. o/


◈ Missives : 2046

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Mer 10 Fév 2016 - 18:41

Te voici enfin validé cher Feygor ! Je me joins donc à l'équipe d'Azzura pour te féliciter. Ta fiche est super. Son univers est sombre, sale, une vraie fiche digne d'un pirate !

Je t'engage ainsi à créer ton journal de bord comme tout bon capitaine, partie parchemin des Héros ! Puis je suppose que quelques uns t'ont déjà sollicité pour des rp, sinon on a un topic pour ça partie Taverne ! Wink

Encore bravo !