Azzura

Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Calim Al'Azran - Vieux conteur d'Al'Akhab

avatar
◈ Missives : 2152

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Mer 30 Oct 2013 - 21:27

◈ Nom : Al'Azran
◈ Prénom : Calim
◈ Sexe : Homme
◈ Âge : 82 ans
◈ Date de naissance : 15ème jour de Ranh de l'an 8 de l'ère des Rois
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab, Siltamyr.
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Métier : Conteur des légendes de Rëa


Magie

Comme certains, Calim a ressenti la première, puis la seconde vague de magie. Pourtant, il est incapable de contrôler cette essence. Trop âgé, trop faible, il n'a pas la force de la comprendre ou de l'utiliser et ne sait même pas à quelle catégorie celle-ci appartient.


Compétences, forces & faiblesses


> Arts des Sages
(Métier engagé : Conteur, Historien)
- Lecture & écriture : Maître
= De l'art de la sagesse, de l'encre et de la plume, Calim a nourri sa vie dans la lecture des récits mais aussi dans l'écriture des siens.
- Histoire (générale, de guerre, de la politique, des mystères et des secrets) : Maître
= Calim possède peu de compétences propres mais il peut s'en targuer d'une. Il connaît les histoires les plus connues comme les plus mystérieuses à propos de chaque peuple, de nombreux recoins de pays isolés et sur des centaines d'années, recueillies dans des récits et l'immense bibliothèque du Sultanat. Tant de connaissances à propos de ce monde permettent peu d'ouvrir la voie à d'autres compétences.
Il ne connaît pas l'intégralité de tous les savoirs de ces terres, bien entendu car, même pour un être à longévité, cela s'avérerait impossible. Il possède néanmoins entre ses mains les clés des mystères de cet univers entier...


> Compétences générales
- Folklore (toutes ethnies) : Maître
= Maîtrise des coutumes, des lieux de vie, des habitudes de chaque peuple qu'il a appris à frôler pendant des décennies. Calim peut être une ombre qui, sans aborder ses traits, saurait se fondre dans n'importe quel décor de n'importe quel peuple.
- Religion (toutes ethnies) : Maître
= Car les apprentissages de l'Histoire et celle des religions est étroitement lié.
- Géographie (Reä) : Avancé
= Sans pourtant retenir chaque nom de montagne, Calim saurait avec précision remettre sur une carte chaque capitale, chaque fleuve important ou lieu historique pour avoir, durant sa vie, visité le monde.
- Linguistique : Alkhabirois, Kaerd : maître
= Il peut sembler étrange qu'un aussi grand aventurier rechigne les langues et, en vérité, il les connaît toutes. Pas à la perfection, mais des bribes, certaines avec plus ou moins d'accent, d'autres avec plus de vocabulaires. Néanmoins, il ne peut faire partie des linguistes car il ne les pratique que si peu, de manière si spasmodique et infime, qu'il n'y a aucun intérêt à ici les noter.
- Éloquence : Génie
= Depuis son plus jeune âge et, sans qu'il ne sut pourquoi, Calim a cette capacité à se faire écouter, à user des formes de rhétorique pour glisser des messages inconscients à ses pairs. Il sait captiver un auditoire et faire découvrir aux gens ce qu'il porte en son cœur.
- Équitation (âne) : Maître
= De la lignée des petites gens, Calim ne monte que sur des ânes dociles et doux. Du moins, le faisait-il dans son jeune âge où les voyages faisaient partie de sa vie de découvertes. Il sait même convaincre les mules les plus têtues d'avancer, sait s'occuper de ces équidés touchants mais, à cause de sa vieillesse, il ne saurait plus en descendre. Il privilégie les carioles.
- Artisanat (tisserand) : Expert
= D'un passé issu des milieux modeste, fils de tisserande et d'un marchand de tapis, si Calim ne pratique plus cet apprentissage il reste ancré au fond de lui.

La force de ce vieil homme réside dans ses connaissances, sa profonde bonté et sa rhétorique.
Pourtant, usé par le temps, il ne possède aucune forme physique, ni une très bonne santé.



Physique

Yeux : bruns, halo bleuté
Cheveux, barbe : blancs
Peau : Très hâlée, légèrement bistre
Taille : 5 pieds, 1,8 pouces soit 1,68 mètres


Perdu dans ses songes, il oublie bien vite la réalité de son être. Celle du temps qui le rattrape et fait souffrir son corps entier. Pourtant, de son esprit sage, Calim sait entretenir sa vieillesse comme un don précieux. Un cadeau de Rëa et d'Elaïm, son dieu.
Ses yeux étaient noirs, dans sa jeunesse, mais avec l'âge, ils ont pris une teinte brumeuse bleutée.  Il ne voit plus très bien, mais il sait contenter tous ses sens de ce que la vie peut encore lui apporter.
Ses cheveux sont longs et d'un blanc terne, tout comme sa barbe. L'ancien possède l'allure d'un vénérable, d'un être pour lequel tous montrent du respect.
Calim est quelque peu tassé et n'est plus vraiment grand. Légèrement voûté par les années et les voyages, par toute son expérience, son corps est gracile et un peu tremblant. Sa peau offre encore les délicieux reflets de bronze des Sharda du Nord, peuple qui l'a vu naître, mais elle s'est ternie avec le temps. Les sillons qui marquent ses traits sont profonds et témoignent du vécu de cet homme d'exception.


Caractère

Calim est un vieil homme bienveillant et sensible à l'imagination débordante. Il a toujours défendu avec ferveur la beauté du monde et la bonté d'Elaïm. Toujours souriant, jamais en colère, il est un modèle de calme et de douceur, ainsi, il est rare de trouver créature en Rëa qui ne saurait l'apprécier. Le plus grand regret de ce vieil homme est de ne jamais avoir pris le temps de fonder une famille ou d'avoir pensé un peu plus à lui-même. Il aime la nature, les voyages et continue, malgré son grand âge, à arpenter les continents de Rëa. Son âme aventurière n'est que le reflet de ses songes et de ces contes qu'il aime tant raconter. Il tendra toujours une main charitable à celui qui lui demande et dévoilera toujours l'une de ses sublimes histoires à qui voudra l'entendre. Excellent orateur, il sait captiver les cœurs et les âmes avec une aisance déconcertante. Il est aussi de très bons conseils en tous sujets, car de sa science du passé vient aussi celle des erreurs qui ne sont plus à commettre.


Inventaire

Des vêtements simples, mais de bonne facture et une vieille canne en bois.


Histoire

L'histoire de cette existence commence dans cette cité majestueuse d'Al'Akhab, perdue entre désert, mer et oasis luxuriantes.

Ma famille avait peu d'argent, mais nous vivions simplement et nous étions heureux, car cette bastide nous offrait tout ce dont nous avions besoin. De l'eau, de la nourriture et quelques vêtements pour nous protéger des rayons ardents du soleil de Radjyn nous suffisaient.
Nous demeurions dans l'une de ces humbles maisons de ville. Je me rappelle encore le blanc éclatant des bâtiments de Siltamyr et l'animation des rues, l'odeur des encens, des épices, ou encore celle des pâtisseries de l'échoppe qui se plaçait chaque jour en bas de chez nous. Il me plaisait de rendre service à la grosse dame qui les vendait pour gagner ma douceur quotidienne.
Mon pauvre père, lui, vendait les tapis que ma mère et mes sœurs tissaient. Je me souviens de l'avoir toujours accompagné au souk et j'attirais comme je le pouvais les passants à la place où nous nous trouvions.
Je faisais le pitre, car j'étais très vif à l'époque et bien moins maintenant. Je tirais les robes des muezzins et de leurs épouses pour qu'ils s'y arrêtent, parfois même, je racontais les histoires fantastiques des tisseuses de vie, mes yeux noirs se plongeant dans les prunelles de ceux qui me prêtaient attention. J'enjolivais quelque peu l'origine de nos produits, mais certains voyaient un charme à ces récits épiques de simples tapis. Ce que je ne savais pas encore, c'est que tout le monde connaissait et respectait ma famille. Mes allégories étaient seulement écoutées pour la manière dont je les relatais, car tous savaient que je les inventais. Enfant, je n'ai jamais compris ce principe, mais le temps et ceux que j'ai rencontré durant ma longue vie m'ont appris que j'avais le pouvoir de captiver les cœurs, même les plus amers.

Les sables du temps s'écoulèrent en un éclat d'instant et je me retrouvais à présent bien plus grand que mon père, lui qui rapetissait avec l'âge. J'avais même pris sa place, car, usé, il lui était bien difficile de continuer à fréquenter les marchés.
Mais, les affres du temps marquaient les visages de leurs sillons, la maladie également. Il s'éteignit alors que je n'étais qu'un adolescent, je me rappelle avoir été inconsolable pendant bien des lunes. Il fallait pourtant bien continuer à vivre et mes sœurs ainsi que ma mère, malgré le chagrin, continuèrent à tisser pour que nous puissions subsister.
Un jour, alors que je dévoilais un nouveau conte à l'un de nos acheteurs, un très vieux Sharda vint m'aborder.
Je ne m'en doutais pas, pourtant cet homme était celui qui allait changer le cours de mon existence.
Cet homme avait des traits creusés et fatigués. Ils me rappelaient ceux de mon père, à la fin de sa vie. C'est d'ailleurs peut-être pour cela que j'ai accepté de l'écouter.

— Es-tu Calim ? me demanda-t-il
— Oui répondis-je simplement.
— Es-tu capable de me raconter la plus belle histoire que j'aie jamais entendue ?

Cette demande était la plus étrange que j'eusse jamais entendue. Toutefois, le vieil homme qui avait compris mon désarroi s'expliqua.

— Je souhaite juste vivre encore une vie, avant de m'éteindre.

Je pris conscience de l'ampleur de sa requête, mais je ne me sentais pas capable d'accomplir la tâche qui m'était alors demandée. Pourtant, poussé par un élan mystérieux, j'acceptais.

Le lendemain et à son invitation, je l'attendais dans mon échoppe éphémère, sous un soleil accablant. En plein cœur du souk, des cris retentirent. La garde du Sultan avançait d'un pas rangé, je les voyais au loin, volontaires et grandioses. Les pauvres hères s'écartaient sous leur imposante stature, ployaient au sol tels des roseaux admiratifs et suppliants.
Ma surprise fut telle, lorsqu'ils s'arrêtèrent devant moi, que j'en tombais à la renverse. Avais-je fait quelque chose de mal ? Avais-je alors outré le Sultan ou sa suite ? Je ne les avais pourtant jamais rencontrés... Que se passait-il ?

— Calim Al'Azran, suivez-nous s'il vous plaît. Nos hommes s'occuperont de fermer votre baraque et de ramener chez vous vos marchandises.

J'osais à peine respirer et restais coi, mais ma témérité l'emporta sur ma raison et je me risquais à me renseigner.

— Sid, je vous en prie, je n'ai rien fait de mal ici, je vends seulement mes tapis pour faire vivre ma famille. Pourquoi dois-je vous suivre ?

Le Poshtikban Salar secoua la tête et sourit.

— Ne t'en fais pas, nos ordres sont de t'escorter et de te protéger. Tu n'es pas en état d'arrestation.

Hébété, mais soucieux de mon sort, je consentis à les suivre. Les interrogations fustigeaient mon pauvre esprit, déjà en mal de trouver une histoire parfaite. Nous avancions silencieusement, le bruit de nos pas et cliquetis des armes et armures comme seule compagnie dans les rues silencieuses de la belle cité. Mon estomac se nouait et cette mise en scène me mettait mal à l'aise. Beaucoup de ceux que je croisais me connaissaient et me regardaient passer, entouré de cette étrange cohorte. Que pensaient-ils de moi à cet instant ?
Nous arrivâmes au palais du Sultan, ce qui ne m'étonna guère et la garde m'accompagna entre les colonnes blanches, dans un dédale de couloirs d'or, de saphir et d'ivoire, jusqu'à notre destination.
Derrière une propylée de bois d'ébène se trouvaient d'immenses appartements. Des coussins colorés, des meubles précieux et des lampes en fer forgé parsemaient la pièce, l'odeur d'encens et de myrrhe embaumait l'atmosphère. Je me dirigeais jusqu'au lit où était étendu le vieillard, qui me fit signe de m’asseoir auprès de lui. Je n'eus pas le temps de lui poser de question qu'il dit :

— Pardonne-moi cette ostentation, je pensais que tu ne viendrais pas si tu savais qui j'étais. Comme tu as pu le deviner, je suis celui qui règne sur Al'Akhab, même si ce n'est plus pour très longtemps.

J'étais si triste de voir le Sultan ainsi, de ne pas l'avoir reconnu et de me dire que cet homme, jugé si bon par les nôtres, allait bientôt exhaler son dernier souffle de vie qu'une larme coula le long de ma joue. Il me rappelait tant mon père à ses derniers instants que je n'aie pu réprimer ma tristesse. Posant une main tremblante sur la mienne, il murmura :

— Les meilleurs sont ceux qui partent en premier, à ce qu'il parait, mais si j'ai été si bon, pourquoi ne suis-je pas mort plus tôt ? Ne t'en fais pas, ma vie a été riche et heureuse. Maintenant, j'aimerais que tu me contes cette histoire, je souhaite partir sans regrets.

La vue d'un homme malade me rongeait tant que je balbutiais, je ne savais où aller, ni par où commencer. Un long silence s'installa. Je lui offris alors la fable qu'un ancien me racontât lorsque j'étais un petit enfant, celle du royaume d'Azzura, du sacrifice d'une reine qui protégea alors le monde d'une créature infâme et qui scella son royaume dans des glaces éternelles, piégée par sa propre magie.
Mon récit dura des heures, j'enjolivais et improvisais la vie de chacun de ses personnages, mais je fus si pris par mon conte que j'en eusse oublié ma propre vie.
Lorsque j'eus terminé, je repris conscience de ma place et de là où je me trouvais. Je vis le Sultan sourire.

— Je connaissais l'histoire du royaume d'Azzura, mais jamais tant de choses n'avaient été dépeintes autour de cette simple légende. Je suis heureux, maintenant, si tu le veux bien, va chercher le Grand Vizir. Je souhaite faire établir quelques formalités avant de m'en aller.

Conscient de l'état de santé de cet homme, je ne pus qu'accepter et me rendis avec beaucoup de mal au bureau du Grand Vizir, demandant mon chemin aux gardes croisés par hasard. Personne ne me vit comme un intrus, tous semblaient au fait de ma présence ici, mais j'arrivais enfin à mon but.
Je frappais contre un huis modeste, une voix douce me répondit d'entrer.
Le conseiller du Sultan était grand, maigre et ses manières indiquaient clairement son pouvoir ici-même. Pourtant, il n'était pas la personne désagréable qui lui incombait d'être. Il me remercia gentiment du message que je venais de lui faire passer et me proposa de l'attendre à mes aises, dans son office.
Le temps me sembla très long. J'attendis des heures. Mais la porte s'ouvrit alors derrière moi, qui était resté debout par égards et le conseiller du Sultan entra. Il me proposa une chaise et s'assit derrière son grand bureau d'acajou. J'avais eu le temps de détailler cette pièce simple, pourtant agencée avec goût.

— Le Sultan aimerait vous gratifier. Vous lui avez rendu le bonheur qu'il avait perdu, le jour où il apprit son état. Il désirerait vous attribuer une place de choix en tant que Conteur Officiel des Légendes de Rëa et d'Al'Akhab au service de sa cour et de ses enfants. Cette place n'existe pas vraiment. Si nous avons quelques bardes, ils n'ont pas autant enchanté notre Sire. Qu'en dites-vous, brave homme ?

Il s'agissait de la proposition la plus nouvelle qu'il m'ait été donnée d'entendre. Il reprit après un silence significatif.

— Il est évident que votre solde sera à la hauteur de vos exigences en ce qui concerne la subsistance de votre famille, ne vous en faites pas. Vous résiderez ici-même, au palais, aurez de beaux appartements et serez nourri, vêtu, comme il se doit pour tout nouvel arrivant au service du Sultanat. Le fils du Sultan, qui siégera sur le trône à sa place à sa mort, a des enfants et aime, lui aussi, entendre de beaux récits pendant ses banquets.

On me proposait donc un poste de Conteur. En était-je capable ? Je n'en étais pas réellement certain. Mais je répondis comme il le fallait pour quelqu'un de mon rang, en esquissant une sorte de révérence maladroite.

— Sire, il s'agit là de bien trop d'honneur pour moi, qui ne suis qu'un humble individu issu de votre bas peuple. Je ne suis pas sûr de pouvoir être à la hauteur de vos espérances, je le crains.
— Dans ce cas, faites-nous le plaisir de votre présence au palais. Vous raconterez une histoire au Sultan, chaque jour et jusqu'au jour de sa mort. Il sera seul juge de votre crédibilité et son appréciation vous indiquera si vous êtes l'homme qu'il désire voir aux côtés de son fils.
— Aux côtés de son fils ?

Cette question m'avait brutalement échappée. Un simple conteur pouvait-il être proche d'un homme aussi éminent qu'un Sultan ? Je vis alors celui qui me faisait face esquisser un grand sourire.

— Oui, le saviez-vous, ceux qui connaissent les histoires du passé sont ceux qui feront le moins d'erreurs en tous sujets. Votre avis sera souvent demandé pour quelques affaires. Vous aurez également pour mission de parcourir le monde à la recherche des récits du passé de Rëa pour en faire un immense recueil. Cela servira tant à amuser la jeunesse de Siltamyr, qu'à aider nos dirigeants à ne pas reproduire les mégardes de nos ancêtres. Je pensais que vous l'aviez deviné.

Ma bouche était entrouverte. Je frissonnais.

— J'accepte !

Je n'avais pas contrôlé ce qui traversa mes lèvres, mais je crus lire en cet instant une expression de satisfaction sur le visage du Grand Vizir. Il se leva, s'approcha de moi et me donna une tape amicale sur l'épaule. Il aurait été fou de refuser telle proposition...

Les jours passèrent et le Sultan s'éteignit. Sa perte fut tragique pour son peuple, sa famille, mais aussi pour moi, car il donna son dernier soupir pendant l'une de mes allégories. Je me rappelle avoir pleuré longtemps.
Le nouveau Sultan était un brave homme aux intentions honorables. Le Grand Vizir veillait à la prospérité du royaume entier et à l'intégrité de la prise de pouvoir par l'héritier.
Quant à moi, je devins ce que vous savez.
Je parcourus les royaumes, les empires et revenais à Al'Akhab conter mes magnifiques aventures, de nouveaux récits appris partout dans le monde. Je m'occupais de dévoiler aux fêtes des mythes fantastiques, d'endormir les enfants encore très jeunes du Sultan ou encore de décrire les guerres d'antan, les erreurs militaires et de règne des grands Rois. Ma vie s'écoula paisiblement et délicieusement jusqu'à aujourd'hui.
La seule tâche dans cette existence pleine et douce fut la perte tragique de la fille du Sultan, que je berçais alors de mes récits depuis sa naissance, lors des émeutes qui éclatèrent à cause de sombres fanatiques d'Elaïm. Ce tragique événement me guidait à quitter encore une fois Radjyn, puis à l'oublier définitivement il y a deux années de cela, car je ne pus supporter davantage la tristesse qui hantait le Sultan chaque jour et qui refusait le soutien de ses proches.

Autant que de ne pas fonder de famille moi-même, j'avais toujours regretté de ne pas me rendre à Azzura, l'histoire grâce à laquelle tout avait commencé. Pourtant, j'avais sillonné les mers et les contrées à la recherche de différentes versions de cette légende grandiose, avant de pouvoir mettre des mots sur la réalité.

Tout ce en quoi je croyais à ce sujet s'effondra il y a quelques semaines, comme vous pouvez vous en douter. J'étais loin d'imaginer tout ce qui avait pu s'y produire.
Me voilà désormais, après un long voyage qui m'a fait parcourir l'Ordanie toute entière, dans la bibliothèque de cette cité que l'on croyait perdue, tentant d'en apprendre davantage à son sujet. C'est ainsi que, maintenant, je puis vous raconter sa fabuleuse histoire.


Divers

Je suis un vieux gâteux qui aime les friandises. Si vous m'en offrez, je saurai me montrer très agréable et vous raconter l'une des fabuleuses histoires que je connais.