Azzura

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Sigrid Sveinsdóttir - Chasseuse

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◈ Missives : 133

◈ Âge du Personnage : 24 ans
◈ Alignement : Chaotique bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Alsdern
◈ Origine : Heisenk
◈ Localisation sur Rëa : Ordanie, Heisenk
◈ Magie : Magie ardente
◈ Fiche personnage : Sigrid Sveinsdottir

Héros
Sigrid Sveinsdóttir

◈ Jeu 24 Sep 2015 - 0:45

◈ Prénom :  Sigrid
   ◈ Nom : Sveinsdóttir
   ◈ Sexe : Femme
   ◈ Âge : 24 ans
   ◈ Date de naissance : 14ème jour d'Auldera, an 66 de l'ère des rois.
   ◈ Race : Valduris
   ◈ Ethnie : Alsdern
   ◈ Origine : Sigrid est originaire d'un petit village de la côte est, dans la région d'Heisenk
   ◈ Alignement : Chaotique bon
   ◈ Métier : Chasseuse/pisteuse
   

   

   
Magie

   

Magie ardente :
Depuis que la magie est revenue, Sigrid à par moments des sensations de chaleur incohérentes et a fait apparaître de petites flammes au bout de ses doigts, de façon très brève. Elles apparaissent notamment dans les moments de forte concentration ou de colère, ce qui la prend souvent au dépourvu. Elle n'est ainsi pas totalement certaine de son don, n'osant croire que ces flammes ne la brûlent pas et encore moins qu'elle en est l'auteur. De plus, chaque fois qu'elle tente de les contrôler ou de les faire apparaître d'elle-même, elle échoue.
   


   
Compétences, forces & faiblesses

   


Artisanat :
- Création de flèches : intermédiaire : Sigrid confectionne ses propres flèches, comme le lui a appris son père, mais ses compétences en la matière restent modestes (elle ne créer pas des flèches de guerre mais uniquement de chasse).
- Cuisine : intermédiaire : elle sait faire un repas avec ce qu'elle a, mais n'est pas maître en la matière.

Connaissances :
- Religion Alsdern : intermédiaire : la plupart des connaissances religieuses de Sigrid lui viennent de sa mère, qui lui a conté l'histoire du panthéon et lui a appris à s'adresser aux dieux.
- Géographie : intermédiaire : ses connaissances dans le domaine sont centrées sur sa région natale, Heisenk, et ce qu'elle a pu en voir, cependant, son savoir vis-à-vis du reste du monde reste très faible, sachant uniquement ce qu'elle en a entendu dire.
- Histoire : intermédiaire : ses acquis en histoire sont très vagues en ce qui concerne le monde, mais elle en sait plus en ce qui concerne sa propre région.
- Nature : experte : ayant passé le plus clair de son temps à l'extérieur, à la chasse ou à la pêche, elle a accumulé de nombreuses connaissances. De plus, tout ce qui touche à ce domaine l'intéresse énormément et elle fait en sorte de trouver des réponses à ses questions.
- Noblesse et royauté : novice : elle ne sait que ce qu'on lui en a dit.

Langues :
- Heisen : maître : le heisen étant sa langue maternelle, elle le parle couramment.
- Kaerd : intermédiaire : ne la pratiquant pas de façon courante, Sigrid a toujours un fort accent lorsqu'elle emploi la langue commune.

Arts des combattants :
- Arc : intermédiaire : c'est auprès de son père, mais aussi de sa mère que Sigrid a appris à manier cette arme. Elle s'en sert pour la chasse, qui est son domaine de prédilection, mais elle ne saurait pas manier l'arc comme une archère des armées.
- Poignard : novice : elle a appris à manier un poignard pour les bêtes qu'elle chasse et en garde une utilisation très limitée.

Arts des voleurs :
- Agilité : experte : pour palier à sa taille et à son manque de force, elle a développer son agilité, ce qui lui est utile pour la chasse, notamment en terrain accidenté.
- Adresse : intermédiaire : son adresse lui a notamment servit à la chasse et pour le maniement de l'arc.
- Déplacement silencieux : intermédiaire : en tant que chasseuse pisteuse, elle a dû apprendre à se mouvoir le plus silencieusement possible.
- Escalade : experte : grâce à ses origines, à proximité des montagnes, Sigrid a très vite développé ce talent.

Arts d'espionnage :
- Discrétion : experte : en tant que chasseuse pisteuse, Sigrid a su apprendre à se faire discrète.

Arts des navigateurs :
- Maîtrise des cordes : novice : elle sait seulement manier les cordes comme son père le lui a apprit de façon à pouvoir aider lorsqu'il l'emmenait avec lui, mais elle n'a jamais approfondi ses compétences en la matière.
- Natation : novice : elle a appris à nager de façon très brève, juste assez pour ne pas risquer de se noyer en tombant à l'eau.
- Pêche : intermédiaire : Sigrid suivait régulièrement son père à la pêche durant son enfance, mais elle ne se démarque pas pour ses connaissances dans le domaine.

Arts des chasseurs :
- Pistage : maître : elle a appris les bases de la chasse avec son père et à développer ses compétences en pistage auprès de son époux, Magnus.
- Survie : experte : partant parfois plusieurs semaines seule, elle a développer son aptitude à la survie en forêt et montagne.
- Chasse à l'arc : maître : Sigrid n'est réellement dans son élément que lorsqu'elle pratique la chasse à l'arc, qu'elle a appris assez rapidement, d'abord en étant guidée, puis seule.

Arts des sages :
- Connaissance de la flore et confection de médication et potions :  intermédiaire : c'est auprès de sa mère que Sigrid a appris à reconnaître les plantes utiles et à confectionner des remèdes, mais elle ne s'est pas spécialisée dans cet art.

Compétences magiques :
- Création de feu : novice.

Forces :

Sigrid a une haute connaissance de son terrain natal et sait en user, notamment pour le pistage et la chasse. Auparavant, lorsque son époux était encore en vie, Sigrid était une personne déterminée, qui n'abandonnait pas avant d'avoir eu ce qu'elle souhaitait. Seulement, depuis la mort de Magnus, elle n'a pas conservé cet aspect combatif. Ses origines Alsderns lui confèrent une certaine résistance, notamment au froid, même si elle est plus faible que la plupart des autres membres de son peuple. Elle manie l'arc à la perfection et sait se servir des vertus de la flore locale. Très agile, elle saurait escalader les montagnes les plus escarpées.

Faiblesses :

Plus petite que la moyenne Alsdern et ne sachant que très précairement manier une épée, elle n'en mènerait pas large en combat rapproché. De plus, elle possède moins de force que la plupart de ses pairs. Son peu d'estime envers elle-même ne lui permet pas de se mettre en avant et sa franchise, qui peut parfois être considérée comme une qualité, aurait plutôt tendance à lui attirer des ennuis. Depuis que son aimé est mort, elle s'est retranchée dans ses pensées et on pourrait la penser éteinte, même si intérieurement, elle ne l'est pas. N'ayant jamais été sur un cheval elle ne s'y connaît pas très bien en équitation ce qui complique les voyages. Elle n'a jamais appris à lire.

   


   
Physique

   

Taille : 5"1 pieds
Poids : 120 livres

Cette jeune Alsdern n'était pas commune, et Alrik se surprit à penser qu'elle était bien trop petite pour être une véritable Alsdern. Quoi qu'il en soit, elle pouvait dire merci aux dieux qui l'avaient dotée de cette crinière flamboyante car, sans elle, il ne l'aurait jamais vue à travers la neige. Sa chevelure était de la couleur de celles de Myra et de Philias et tranchait particulièrement dans le paysage enneigé d'Heisenk. Ce n'était pas la première fois qu'il en voyait une pareille, mais il était toujours impressionné par cet éclat brûlant. Celle de Sigrid était bouclée et atteignait le milieu de son dos.
Quand à son visage, il avait aussi ses particularités : il devait avouer que son regard bleu glacé était typiquement Alsdern, du moins c'était la pensée qui lui venait à l'esprit lorsqu'il les voyait. Ce bleu rappelait d'où elle venait ; ses montagnes, sa neige, sa glace, l'océan et le ciel. Sa peau était également très pâle, du fait de la contrée dans laquelle elle vivait.

Malgré ces atouts, elle n'était pas au goût d'Alrik. Il préférait de loin les femmes fortes, bien bâties. Celle-ci était trop frêle, même si son agilité comblait sa différence. Elle avait un visage fin, chose peu commune dans la région, mais qui plairait certainement davantage si on allait vers le sud. On pouvait également voir à ses mains abîmées qu'elle avait l'habitude de tirer à l'arc, ce qui semblait confirmer son appartenance à la dure région d'Heisenk. Elle portait les vêtements de sa contrée natale et ne quittait jamais cette cape qui tirait entre le gris et le vert. Accessoire utile dans un lieu où les hivers sont aussi rudes.
Pour tout dire, Alrik devait avouer qu'elle était mignonne, malgré son air absent, et qu'elle plairait certainement à l'un de ses fils, s'ils la croisaient.
   


   
Caractère

   

Depuis qu'elle l'avait rencontrée, Frideborg se rendait bien compte que cette jeune femme ne souhaitait pas entendre parler du passé, ni de quel village elle venait. Elle lui avait laissé son histoire et n'avait pas réclamé à en savoir plus. Cependant, l'envie la prenait de la questionner dès qu'elle voyait ses yeux s'échapper vers le vide, pour un lieu inaccessible. Même si elles étaient presque devenues amies, elle s'était rendu compte que Sigrid était très réservée. C'était à peine si elle disait un mot sur elle. Mais Frideborg voyait pourtant bien qu'elle était éveillée et s'intéressait au monde qui l'entourait, sans pour autant prendre part aux conversations. Lorsque Sigrid partait avec son arc, l'aubergiste pouvait voir une flamme éclairer son regard. Dans ces moments-là, Frideborg était certaine d'entrevoir la personne qu'elle avait été et souhaitait ardemment la connaître, tout en sachant ce souhait inaccessible.

Bien souvent, Sigrid partait de nombreux jours en forêt, seule, et cela semblait lui faire le plus grand bien. Elle aimait l'extérieur, la montagne et la liberté. Cela, personne ne pouvait le nier. Cet aspect de Sigrid montrait bien où elle avait grandi, car la forêt n'avait pas de secrets pour elle, mais Frideborg s'inquiétait tout de même de la voir partir ainsi. Elle aurait mieux fait de trouver un homme qui puisse la protéger et prendre soin d'elle, mais à chaque fois qu'elle avait abordé le sujet, elle avait vu Sigrid serrer les mâchoires et pâlir, comme si elle lui parlait d'une chose plus douloureuse que la mort. Cela était encore pire lorsqu'elle évoquait les enfants, alors elle avait arrêté d'en parler, la laissant à ses fantômes.

Malgré tout, il arrivait que Sigrid se mette à rire et se confie un peu, mais cela restait rare et durait peu. Ainsi, elle la voyait se détendre de plus en plus, tout en se rendant bien compte que la route serait encore longue pour qu'elle se sente réellement bien. Et bien que Sigrid appréciait la solitude, mieux valait qu'elle se lie au monde si elle voulait se délivrer définitivement de ce qui la rongeait. De cela, Frideborg en était persuadée. De plus, Sigrid était encore jeune. Elle aurait tout le temps de se reconstruire.
   


   
Inventaire

   

Sigrid possède peu de choses, mais ses quelques biens sont d'une importance capitale, elle ne s'en sépare jamais.

Armes :

Son bien le plus précieux est sans nul doute son arc, fabriqué à partir d'un solide bois sombre. Il lui a été offert par son époux le jour de leur mariage. Elle possède également un carquois, fait de cuir, qu'elle remplit de flèches de sa conception, principalement faites en frêne ou en pin.
Elle possède également un poignard, utile pour dépecer des bêtes ou cueillir certaines plantes. Elle le porte toujours à sa ceinture, elle même constituée de cuir.

Accessoires :

Elle possède une bourse médicinale en cuir dans laquelle elle place les plantes nécessaires à ses remèdes ainsi que de l'amadou. Elle la porte toujours à sa ceinture.
Sigrid détient également un briquet à silex, une plane (pour la fabrication des flèches), de la cire pour la fixation des pointes de flèches (qu'elle se procure auprès de forgerons) ainsi que diverses cordes (utiles pour fabriquer des collets et filets de chasse).


Vêtements :

Sigrid porte les vêtements typiques de son peuple, faits principalement de laine mais également de lin ou de cuir. Elle alterne entre robes et pantalons, ces derniers étant plus pratiques pour la chasse. Elle possède également une lourde cape de laine gris vert, dont l'intérieur est tapissé de fourrure de renne brun pâle. Celle-ci lui permet de résister au froid de l'hiver.

Argent :

Elle a en sa possession 30 arels et une soixantaine de brias.


   


   
Histoire

   

An 67 de l'ère du roi.

Dans la petite maison côtière d'Heisenk, non loin du feu de l'âtre, une femme sourit. Cela fait des heures qu'elle attend, qu'elle souffre pour enfin voir l'enfant qu'elle a porté neuf mois durant. Elle avait ressenti les premières contractions peu après le lever du jour et sa soeur, Gerda, était avec elle. Cette dernière était donc aller chercher l'aide de Daghild, la voisine, au plus vite. Mais tout cela semblait si lointain à présent. Astrid n'y pensait déjà plus. L'espace d'un instant, le monde autour d'elle disparut. Elle ne voit plus sa soeur, ni Daghild. Seul ce petit être existe. Ils sont seuls et rien ne pourrait venir troubler leur bonheur. Pas même une horde d'Ordhalerons. Elle a une fille, et ce pour la première fois. Svein et leur deuxième né, Osmund, ne tarderaient pas à rentrer de la pêche. Alors, elle pourrait la leur présenter. La troisième de leurs enfants. Astrid ignora les larmes qui tentaient de troubler sa vue, elle leva les yeux vers sa soeur Gerda. Elle avait du mal à parler, mais elle su ce qu'elle voulait dire.
- Sigrid... Elle s'appelle Sigrid.

An 71 de l'ère du roi.

- Attends-moi !
Osmund se retourna en entendant l'air plaintif de sa sœur qui tentait avec peine de le suivre sur les rochers glissants du bord de mer. Il rit en voyant son air triste et concentré. Elle manqua tomber et ses cheveux de feu passèrent devant son visage de petite fille. C'était la première fois qu'elle l'accompagnait chercher des coquillages et il n'en pouvait plus de l'attendre. Mais c'était son devoir de grand frère, alors il soupira et repartit en arrière pour l'aider à avancer.
- Tu pourrais faire un effort et te dépêcher un peu !
La petite fille lui jeta un regard furibond, elle détestait quand il lui faisait des reproches. Ce n'était pas sa faute à elle, si les rochers glissaient ! Mais elle ne dit rien. Se concentrant davantage et se débarrassant de l'aide de son frère, elle escalada le rocher suivant et avança sans dire un mot, suivie du soupir consterné de son frère. Peu après, alors qu'il l'avait encore dépassée, il s'arrêta et lui demanda de venir. Là, il lui tendit un des paniers qu'il tenait et lui pointa des coquillages du doigt.
- Tiens, on va commencer à en ramasser, il y en a plein ici. Il en faut le plus possible, d'accord ?
Sans rien dire, Sigrid hocha la tête. Au fond, ce n'était pas à cause des rochers qu'elle était de cette humeur. Aujourd'hui, Osmund avait douze ans, et elle savait très bien qu'il allait partir, et la laisser seule. Comme leur autre frère, Frowin, l'avait fait avant sa naissance. Mais elle ne lui dirait certainement pas qu'il allait lui manquer. Osmund la regarda pendant qu'elle s'appliquait à ramasser les coquillages. Il avait très bien compris ce qui la chagrinait, mais il allait falloir qu'elle fasse avec et qu'elle s'y habitue, comme il l'avait fait avant elle. Sans un mot ils finirent de remplir leurs paniers et prirent le chemin du retour. Le panier était lourd, mais Sigrid refusa que son frère l'aide. Après tout, elle était une Alsdern.
Elle devait apprendre à grandir seule.

Quelques jours passèrent et Osmund, rempli de fierté, prêta allégeance au Jarl et partit. Sigrid, du haut de ses six ans, ne put contenir ses larmes, mais tenta en vain de les cacher. Svein sourit. Sa fille était encore jeune, mais il lui faudrait apprendre à devenir une véritable Heisen. Il fallait qu'il lui apprenne à manier l'épée comme il l'avait fait, qu'elle s'endurcisse et soit en mesure de se défendre seule. Elle avait beau être jeune, il voyait bien qu'elle était plus petite que les autres filles de son âge et il était hors de question qu'elle soit aussi la plus faible. De plus, il ne savait pas combien de temps durerait la paix, il faisait partie du peu de survivants Alsderns qui attaquèrent Lavern sous les ordres du roi Ivar et il se savait chanceux. Même si mourir au combat ne lui faisait pas peur, il comptait bien faire de sa fille une Alsdern.

Astrid sursauta en entendant sa fille crier. Si elle s'en tenait aux bruits qu'elle entendait, Sigrid était tombée à terre... encore... N'y tenant plus, la nordique sortit devant la maison. Sigrid était encore par terre, de la neige plein les cheveux, son père lui faisant face. Cela faisait une semaine que son époux s'était mit en tête d'entraîner leur fille à l'épée durant son temps libre, ce qui n'avait pas semblé être une mauvaise idée au départ. Beaucoup de filles apprenaient le maniement des armes et elle-même savait se servir d'une épée, mais elle voyait bien que Sigrid n'y arrivait absolument pas et qu'il était vraisemblablement inutile d'insister. Foudroyant du regard son époux elle s'approcha de sa fille et la prit dans ses bras avant de rentrer à l'intérieur devant l'air consterné de Svein. Elle s'approcha de la table et déposa sa fille sur une chaise.
- Attends-moi, je reviens.
Sigrid sécha ses larmes et hocha la tête. Elle avait vraiment voulu faire plaisir à son père et apprendre à tenir une épée, mais elle n'y arrivait pas. Elle ne comprenait tout simplement pas le fonctionnement de cette arme et ses gestes étaient engourdis, beaucoup trop lents pour qu'elle réussisse quoi que ce soit. Elle se sentait de plus en plus mal. En plus des bleus qui jonchaient son corps, elle se sentait démunie, plus faible et plus petite qu'elle ne l'avait jamais été. Un instant elle envia ses frères, si forts, si grands. Eux au moins, ne décevaient pas leur père, il en était même si fier ! Ses fils finiraient dans les armées, ils seraient de grands guerriers, peut-être même des berserkers !
Astrid revint alors vers Sigrid, elle tenait quelque chose dans sa main, mais la petite fille ne vit pas ce que c'était. Sa mère se pencha alors devant elle et lui déposa un arc en bois d'orme, juste à sa taille, entre les mains.
- Tiens, mon père m'a donné cet arc quand j'avais ton âge. Je veux que toi aussi tu saches t'en servir.
Astrid se releva et se tourna vers Svein, qui se tenait dans l'encadrement de la porte et qui observait sa femme.
Il comprit le message.

An 83 de l'ère du roi.

Contrairement à l'épée, qui fut complètement oubliée, le maniement de l'arc fut presque naturel à Sigrid. Avec l'aide de son père, lorsqu'il était présent, et de sa mère le reste du temps, elle avait appris à viser juste. Son habileté ne cessait de grandir et elle se savait meilleure archère que les autres heisens de son âge. C'était peut-être la seule arme qu'elle savait manier, mais elle la maniait bien. Elle savait également pêcher, ayant suivi son père dès que l'occasion se présentait, et les montagnes qui encadraient leur village n'avaient plus de secrets pour elle. Sa mère s'appliquait également à lui enseigner les vertus des plantes de leur région.
Sûre de ses pas, elle sauta d'un rocher à l'autre. Elle se déplaçait avec une agilité qui lui permettait de faire oublier sa petite taille. Elle se retourna vers le garçon qui la suivait, quelques mètres plus bas.
- Aller ! Dépêche-toi un peu, à ce rythme-là on n'est pas près de manger !
Elle rit et continua à avancer. Son père l'avait envoyée chasser du petit gibier pour le repas, et Magnus, qui ne la quittait plus depuis quelques mois, avait décidé de venir l'aider. Du moins, c'était l'excuse qui lui permettait de la suivre. Certes habile une hache ou une lance à la main, ce n'était pas la même chose avec les arcs et la chasse au lapin n'était pas son fort. Mais tant pis pour sa fierté. Sigrid était son amie et il tenait à l'accompagner, quitte à la ralentir. Le jeune Heisen habitait le même village qu'elle, il était le fils d'un chasseur, ami de son père. Cela faisait donc un moment qu'ils se connaissaient par le biais de leurs parents et qu'ils partaient chasser ensemble.
C'était le printemps, et pour une fois ils ne portaient pas des tonnes de fourrures. L'herbe était verte et le soleil au rendez-vous, et sous la faible brise, l'atmosphère était parfaite. Magnus tentait d'aller à la même vitesse que la jeune fille, mais bien plus imposant, son corps ne lui permettait pas son agilité. Il ne se découragea pas pour autant, il adorait la regarder, avec ses longs cheveux dont il ne savait s'ils ressemblaient à ceux de Myra ou de Philias. Peu lui importait, ce n'était pas une déesse qu'il aimait, mais une Alsdern. Il savait une chose : Sigrid était celle avec qui il souhaitait fonder une famille, mais ce qu'il ne savait pas, c'était comment s'y prendre. Il allait falloir qu'il se montre digne d'elle, et il n'était pas sûr d'en être capable. Alors qu'il était perdu dans ses pensées, la voix de Sigrid lui intima de ne plus faire de bruit. Lentement elle se mit en position et banda son arc. Elle décocha une flèche qui se ficha droit dans l'abdomen du lapin qui se promenait en contrebas. Fière, elle se redressa et tourna son regard pétillant vers Magnus.
- Et d'un ! Je crois bien qu'on va manger finalement !
Il sourit mais ne répondit pas et descendit récupérer le futur repas. Après qu'ils eurent attrapé encore deux autres lapins, ils s'assirent dans l'herbe et Magnus commença à vider les bêtes, avant de les dépecer. Ils n'étaient pas très loin au-dessus de leur village ; ils le voyait bien, d'où ils se trouvaient. S'ils seraient vite de retour, ils préféraient profiter encore un peu d'un instant de calme. Magnus se décida à briser le silence.
- Qu'est-ce que tu en penses toi ? Que ce soit Thorleif Alwin qui ait pris la place du roi ?
Un peu décontenancée par la question, Sigrid réfléchit un instant.
- Je ne sais pas trop...  Il méritait le respect en tant que Jarl, alors en tant que roi ça ne devrait pas être bien différent... Pourquoi ?
- Pour rien, je me demandais simplement ce que tu en pensais.

En vérité, la question était plus un moyen d'entendre la voix de Sigrid que de savoir ce qu'elle en pensait réellement. Elle ne répondit pas et se replongea dans ses pensées, profitant du soleil sur sa peau. Quand Magnus en eut fini avec les lapins il se tourna vers elle. Elle avait les yeux fermés et souriait au vent. Il ne la trouvait que plus belle.
- À ton avis... Pour que ton père trouve un homme satisfaisant pour t'épouser, il faudrait qu'il soit comment ?
Sigrid fit mine de réfléchir.
- Hmm... Il faudrait qu'il soit... grand, bien bâti... capable de protéger sa famille et de la nourrir... Qu'il soit courageux et sache se battre...
Elle se tut un instant.
- Et pour que ta famille trouve une fille convenable ?
Sur cette dernière phrase elle rouvrit les yeux et planta son regard de glace dans celui de Magnus. Il ne répondit pas tout de suite, perdu dans son regard.
- Je crois qu'il suffirait qu'elle soit comme toi.
Elle sourit, satisfaite de sa réponse et doucement, leurs lèvres se trouvèrent.

An 88 de l'ère des rois.

La cérémonie fut simple, intime. Seuls Magnus et Sigrid s'étaient rendus au temple d'Elyséa. Ils y tenaient, c'était comme si seuls les dieux avaient eu droit de regard sur leur union. Après s'être rendus au temple pour s'unir, ils s'en retournèrent dans leur village pour le banquet. Un banquet fabuleux et une journée qui resterait à jamais gravée dans leurs mémoires.
Cela faisait maintenant quatre ans qu'ils étaient unis et vivaient ensemble dans une petite maison, légèrement décentrée par rapport au village. Tous deux étaient heureux de s'êtres trouvés, tous deux s'aimaient, mais une ombre planait à présent sur leur vie.
Magnus s'avança doucement vers le lit dans lequel Sigrid était allongée, les yeux perdus dans le vague. Il s'assit près d'elle et effleura sa joue du bout des doigts.
- Sig... Ce n'est pas ta faute, tu le sais... On finira bien par y arriver.
En vérité, il commençait lui-même à en douter et il savait qu'elle n'était pas dupe. Elle prit sa main et s'assit.
- Ce n'est pas la vérité et tu le sais. Tu pourrais bien te trouver une autre femme... tu es jeune... elle te donnera des enfants, elle...
Magnus détourna le regard, ils avaient déjà eu cette discussion de nombreuses fois. Pour rien au monde il ne se séparerait d'elle, même si elle ne lui donnait pas d'enfants. Il défit sa main de celles de Sigrid et y plongea son visage. Il se sentait terriblement démuni et la situation lui semblait sans issue. Le pire était de voir la femme qu'il aimait se recroqueviller dans un monde auquel elle seule avait accès. Il aurait voulu l'y suivre, comprendre ce qui se passait derrière son air si calme, qui, il le savait, couvrait une tempête. Cela faisait une éternité qu'elle n'avait plus touché à son arc et qu'elle restait prostrée dans la maison, n'osant pas affronter l'extérieur. Il s'en voulait. Il avait voulu faire son bonheur et voilà que leur union ne l'avait menée qu'au désespoir. Ne supportant plus de la voir dans cet état, il attrapa sa lance, sa hache et sortit. Seule, Sigrid se laissa aller à pleurer, ne comprenant pas comment il pouvait encore lui rester des larmes. Elle observa ses mains, l'état de ses cheveux et prit soudain conscience de l'état d'abandon dans lequel elle se trouvait. Elle aimait Magnus et voulait son bonheur, rester ainsi à se lamenter ne faisait qu'empirer les choses et elle prit cette découverte de plein fouet. Il était temps de se ressaisir et de vivre.

Quand Magnus rentra, la nuit tombait. La chasse l'avait aidé à se ressaisir mais il savait qu'il ne tiendrait pas longtemps dans ces conditions. Alors qu'il s'apprêtait à rentrer dans leur maison une impression étrange le submergea. Il y avait quelque chose d'inhabituel. L'intérieur était éclairé et il pouvait sentir l'odeur d'un bon ragoût émerger de leur foyer. N'y croyant pas, il lâcha son gibier, ses armes et ouvrit précipitamment la porte. Il resta là, stupéfait. Sigrid s'était levée, ses cheveux avaient retrouvé un semblant de vitalité et elle venait d'installer la table pour le dîner. Elle lui sourit en le voyant. Il entra et s'assit, toujours sous le choc de ce revirement.
- J'ai préparé à manger, j'étais morte de faim et tu as bien besoin de ça.
Elle s'assit, une ombre traversa son regard et Magnus crut que ce n'était qu'un rêve. Mais elle leva son regard vers lui et il vit qu'elle avait retrouvé ce pétillement qu'il aimait tant.
- Je suis désolée, je n'aurais pas dû rester ainsi à attendre... Tu ne méritais pas ça...
Magnus lui prit la main et l'arrêta dans ses excuses.
- Tout va bien, je suis très heureux d'être ici avec toi, il n'y a rien à pardonner.
Elle sembla alors respirer de nouveau et lui sourit, manqua rire tant elle se sentait mieux. Des larmes dans les yeux elle désigna son bol à Magnus.
- J'espère que tu as faim car il y en a pour un régiment...
Ils éclatèrent de rire.

An 89 de l'ère des rois.

Depuis le revirement de Sigrid, le couple avait retrouvé sa joie de vivre. Certes, le fait de ne toujours pas avoir d'enfant assombrissait leur vie et à certains moments, ils se sentaient écrasés par ce poids, mais ne se laissaient pas abattre. Sigrid continuait de demander à Elyséa de lui accorder un enfant, s'adressant également à Serelynn, mais rien ne venait et elle commençait à se résigner. La seule chose qui manquait la faire flancher était les rumeurs qui couraient à son propos. Elle savait bien ce qui se disait, qu'elle était bien trop petite et frêle pour porter des enfants, que c'était naturel. Mais lorsqu'elle commençait à sombrer, le regard de Magnus la maintenait hors des flots et elle trouvait alors la force de les ignorer, tout en étant certaine de la véracité de leurs paroles. Elle ne se rendait plus que très peu au village, ne rendant visite qu'à ses parents. Elle préférait la compagnie des arbres et des rochers, son arc à la main et la chevelure emportée par le vent. Ce jour-là, une tempête de neige approchait et alors qu'elle était dans la forêt, profitant du silence, elle eut un mauvais pressentiment. Elle emprunta le chemin du retour, de plus en plus mal. Magnus était parti chasser du gros gibier avec d'autres hommes du village et il ne rentrerait pas tout de suite. Elle était presque à la maison quand elle vit des silhouettes à l'horizon. Elle reconnut immédiatement celle du centre, que d'autres hommes aidaient à marcher. Un frisson la parcourut et elle laissa tomber son arc avant de courir dans leur direction. Dans sa tête, la tempête faisait déjà rage et elle sentait son monde s'écrouler. Arrivant à leur hauteur, Magnus, que ses compagnons de chasse, Björn et Siegfried, aidaient à marcher lui sourit comme s'il s'agissait d'une bonne plaisanterie. Le regard de Sigrid allait de la blessure que Magnus arborait sur le poitrail aux visages des trois hommes.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce que...
D'un geste, Magnus lui intima de se calmer, toujours souriant.
- Ce n'est rien, ne t'inquiètes pas, juste un ours un peu trop territorial.
Malgré l'air rassurant de son époux, Sigrid se sentit défaillir. Elle aida néanmoins les deux hommes à le rentrer dans leur maison et à l'allonger sur le lit.
- Il te faut quelque chose ? S'enquit Björn, l'air inquiet.
- Non, j'ai tout ici, je vous remercie de l'avoir ramené.
Sans plus leur accorder un regard, elle partit chercher ses plantes médicinales et commença à s'activer. Elle réalisa un cataplasme à l'aide d'achillée millefeuille et de consoude. Les deux chasseurs repartirent et elle resta seule avec Magnus qui observait son vat-et-vient depuis le lit. Une fois qu'elle eut tout préparé, elle s'assit à son côté et entreprit de retirer la tunique à son homme, qui grimaça légèrement. Les griffures étaient profondes et cette vue terrifia Sigrid. Elle entreprit d'appliquer son cataplasme sur la blessure avant d'appliquer un bandage mais ses mains étaient prises d''incontrôlables tremblements. Magnus lui attrapa la main fermement et planta son regard dans le sien.
- Hé, tout va bien, calme-toi. Il en faut plus que ça pour m'abattre, tu ne crois pas ?
Il lui sourit et Sigrid ne put contenir ses larmes tout en hochant la tête. Elle avait beau vouloir de tout son être qu'il dise vrai, elle n'arrivait pas à supprimer l'inquiétude de son cœur.
- Ne me laisse pas, d'accord... qu'est-ce que je ferai sans toi... qu'est-ce que je deviendrai...
Tout son corps était pris de tremblements et les larmes qu'elle aurait voulu stopper continuaient de s'écouler.
- Jamais je ne te laisserai, tu m'entends ? Nous sommes liés devant Elyséa, rien ne peut nous séparer, pas même la mort.
Les mots de Magnus calmèrent immédiatement la jeune femme. Elle l'observa, sourit et hocha la tête.
Tout irait bien.
Les dieux ne la laisseraient pas tomber.

Après avoir fait manger Magnus et qu'il se fût endormi, elle s'allongea à ses côtés et se laissa envahir par le monde des songes. Elle se réveilla peu après, Magnus était en sueur et sa peau était brûlante. Prise de panique, elle se redressa vivement.
- Magnus ? Magnus ?
Voyant qu'il ne réagissait pas et continuait de frissonner, elle se leva et se dirigea précipitamment vers le coin de la maison qui leur servait de cuisine. Elle attrapa de quoi faire bouillir de l'eau et y jeta des feuilles d'absinthe, qu'elle savait fébrifuge. Elle remplit un gobelet et le laissa refroidir. Pendant ce temps elle retourna vers son époux prit par la fièvre. Sigrid ne savait plus quoi faire, ses pensées se mélangeaient. Avait-elle oublié quelque chose ? Pourquoi son état empirait-il ? Tout cela n'avait pas de sens pour elle. Elle songea à aller chercher de l'aide au village, mais la tempête faisait rage et il était impensable de mettre un pied dehors. Prenant son courage à deux mains, elle retira le bandage qu'elle lui avait appliqué. L'état de sa blessure ne fit qu'accroître les peurs de la jeune femme, mais elle fit tout pour conserver son sang froid. Détachant son regard de la plaie gonflée par l'inflammation, elle alla chercha son infusion d'absinthe et revint la lui faire boire le plus lentement possible. Après cela, elle resta un certain temps à son chevet. Un long moment passa et elle constata qu'il ne frissonnait plus et que la fièvre commençait à se calmer. Epuisée, elle s'allongea et s'endormit quasi instantanément.
Sigrid ne dormit cependant pas longtemps, elle se réveilla près d'une heure après et se leva pour enfiler sa cape. Après ça, elle se retourna vers Magnus qui n'avait pas bougé. L'inquiétude plissa son front. Son visage était si pâle. Beaucoup trop pâle. Elle resta pétrifiée, debout devant le lit. La réalité commença lentement à se frayer un chemin vers sa conscience, qui la rejeta. Elle s'approcha doucement du lit, comme pour repousser l'inévitable et s'assit sur le côté. Lentement, elle effleura le visage de l'homme qu'elle avait aimé du bout des doigts. Un visage glacé. Elle frissonna et les larmes lui montèrent instantanément aux yeux. Elle s'approcha encore plus et commença à le secouer en l'appelant par son nom, le priant de se réveiller. Mais il ne bougeait pas. Il ne bougerait plus. Secouée de sanglots elle déversa toutes les larmes de son corps sur celui de l'homme qui gisait sur son lit. Elle aurait voulu que tout cela ne soit qu'un rêve, ou que ce soit elle qui soit morte. Mais la réalité ne lui répondit pas. Il ne se relèverait plus.
De longues heures s'écoulèrent sans qu'elle fût capable de bouger. Lentement, elle commença à se relever. Ses larmes avaient séché. Elle ouvrit la porte, laissant la neige envahir la maison. Mais que lui importait maintenant ? Plus personne n'y vivrait. Le vent était déchaîné et la couche de neige recouvrant le sol la ralentissait, mais elle continua à marcher, sa cape volant derrière elle. Elle resta là un moment, ne sachant que faire. Son instinct la poussait à s'enfuir, courir dans cette montagne qui l'appelait, mais quelque chose la retint. Une voix lui murmurant qu'il lui restait une chose à accomplir. Il lui fallait des funérailles. Elle ne pouvait tout simplement pas partir sans lui en donner. Ravalant ses pleurs, elle entra dans la petite maison qui fut la leur. Son esprit était vide, et rien ne lui semblait réel. Rien ne pouvait l'être. Instinctivement, elle prit les armes de son époux et les déposa autour de lui. Il fallait qu'il emporte ses biens avec lui. Elle récupéra ses propres affaires, glissa leurs économies dans sa bourse. Il était temps maintenant. Elle avait transformer le lit en bûcher avec le bois qu'ils possédaient. Qu'elle était seule à posséder à présent. Sans plus réfléchir, elle prit son briquet à silex et alluma l'amadou qu'elle avait soigneusement placé entre la paille qui allait servir à démarrer le feu. Elle resta là un moment, observant le feu qui doucement, s'emparait du bois. Elle observa le visage paisible de Magnus. Elle sut que cette image resterait à jamais gravée dans sa mémoire. Sans un mot, elle fit ses adieux.

Sigrid s'enfonça dans la neige et courut, tentant de retrouver à quel endroit elle avait bien pu laisser tomber son arc la veille. Il était hors de question qu'elle l'abandonne. Elle commença à creuser la neige de façon désespérée. Elle savait qu'il était là, quelque part. C'est au bout d'un certain moment qu'elle fini par mettre la main dessus. L'heisen eut un rire de soulagement en le retrouvant. Maintenant, elle pouvait partir.
Elle marcha longtemps, ignorant le froid qui engourdissait ses membres, ignorant le vent qui fouettait son visage et le gel qui s'emparait de ses cils. Elle ignora son corps et avança, s'éloignant le plus qu'elle le pouvait. Elle ne voyait pas à deux pas devant elle et ne savait plus où elle se trouvait, ni où elle allait, mais elle s'en fichait. Peu à peu, ses jambes commencèrent à se dérober sous elle. Elle tomba à genoux, le froid l'empêchant de bouger. Elle se recroquevilla sur le sol enneigé et ferma les yeux. Lentement, la neige commença à la recouvrir.
Au loin, une maison continuait de brûler.

Lorsqu'elle ouvrit les yeux, Sigrid ne comprit pas où elle se trouvait. Elle était dans un lit, dans une petite chambre bien au chaud. Les souvenirs de la veille lui revinrent et elle s'efforça de les ranger dans un coin de son esprit. Elle ne devait pas flancher, pas maintenant. Elle entendit du bruit provenant d'en bas, elle était donc à l'étage. Son arc était accroché à la seule chaise de la pièce avec sa cape et ses bottes. Elle se leva et les récupéra. Elle ne savait pas où elle se trouvait et ne souhaitait pas y rester. Elle descendit les escaliers et découvrit la salle d'une auberge, une femme se tenait au comptoir et seules trois autres personnes étaient présentes. Lorsque l'aubergiste l'aperçut, elle lui lança un sourire avenant.
- En voilà une qui se réveille, tu as eu de la chance qu'Alrik te trouve sous cette neige, j'ai bien cru que tu t'en sortirais pas !
Elle lui désigna un homme au fond de la salle, l'Alsdern portait de longues tresses blondes et ne broncha pas. Elle lui adressa un léger signe de la tête qu'il eût l'air de comprendre sans pour autant y répondre.
- Je vous remercie de votre accueil mais il faut que je m'en aille.
L'aubergiste eut l'air peu convaincue.
- Que tu t'en ailles ? Tu n'as pas encore repris tes forces et on ne te sauvera pas une deuxième fois, je suis sûre que tu peux rester encore une nuit. Tiens, assieds-toi je vais te servir quelque chose de chaud.
Peu habituée à ce genre de sollicitude de la part de son peuple, Sigrid n'osa pas répliquer et s'assit là où l'aubergiste le lui ordonna. Quand elle lui servit un bol de bouillon chaud, la jeune femme ne sut que répondre tant elle était reconnaissante.
- Ne t'en fais pas, tu me paieras plus tard, j'ai bien vu ton équipement et on a besoin de gibier pour nourrir les clients. Bois ça avant que ça ne refroidisse.
Elle obéit et but son bol d'un trait. La chaleur envahit son corps et elle se sentit mieux. L'image de Magnus s'imposa à elle mais elle la chassa vivement. Elle ne voulait plus y penser, elle ne souhaitait plus s'en rappeler.
Elle devait oublier.

An 90 de l'ère des rois.

Sigrid avait fini par quitter l'auberge. Ce village-ci n'était pas si loin du sien, quand bien même les routes les reliant étaient quasi inexistantes. Il lui fallait partir plus loin, là où son passé ne pourrait la rattraper. Depuis qu'elle avait quitté l'auberge après avoir remboursé l'aubergiste et repris sa route, elle ne cessait de penser à sa vie d'avant, mais elle lui semblait de plus en plus irréelle et floue. Elle pensa un instant à ses parents, qui ne savaient pas ce qu'elle était devenue, mais elle n'avait pas la force de revenir sur ses pas. Il lui fallait aller de l'avant, le passé ne la concernait plus. Elle revenait quelques fois en arrière voir l'aubergiste qui l'avait aidée. Celle-ci avait eu la justesse d'esprit de ne pas lui poser de questions et elle lui en était reconnaissante. Elle ne voulait pas que son passé la suive, elle espérait l'avoir semé dans la neige le jour où elle avait failli perdre la vie.

Alors qu'elle était seule dans la forêt et prête à allumer un feu, elle sentit une étrange chaleur l'envahir, comme elle l'avait déjà senti depuis plusieurs semaines.  Elle n'y prit donc pas garde et disposa son bois pour le feu quand une étincelle émergea entre ses doigts. Elle poussa un petit cri de surprise et recula, tombant à terre. Elle observa ses mains dans l'incompréhension la plus totale. Que lui arrivait-il ? Avait-elle rêvé ? Puis, les conversations qu'elle avait entendues dans certaines auberges lui revinrent en mémoire. Elle avait entendu dire que la magie était revenue, et que certaines personnes en étaient dotées. Elle n'y avait pas prêté attention, n'ayant jamais cru cela possible. Et pourtant... Il fallait qu'elle se rende à l'évidence que quelque chose d'étrange s'était passé. Réfléchissant à toute vitesse elle se redressa et observa ses mains. Elle tenta de se concentrer pour faire apparaître une flamme, mais rien ne se passa. Elle soupira et laissa cet événement dans un coin reculé de son esprit. S'il y avait une quelconque magie en elle, il était clair qu'elle était incapable de la faire apparaître de son plein gré.
Après avoir dormi sur place, Sigrid se releva et se prépara à partir.
L'avenir l'attendait.

   


   
Ambitions & Desseins

   

Si Sigrid a un but, c'est bel est bien de repartir à zéro. Elle ne souhaite en aucun cas reprendre une vie comme celle qu'elle a pu avoir, mais elle espère pouvoir avancer vers l'avenir en oubliant le passé. Elle désir toujours avoir des enfants, mais pense cela impossible. Elle souhaiterait également comprendre la magie qui semble faire partie d'elle et apprendre à la contrôler.
   



   
Divers

   

   Reconnaissez-vous être âgé de 18 ans ? : Hé non, je suis une jeunette, mais le staff est au courant Smile
   Si vous prenez un personnage important et que vous disparaissez, nous autorisez-vous à nous inspirer de votre personnage pour créer un nouveau prédéfini ? : Pourquoi pas ! Mais je ne compte pas disparaître de si tôt ! Wink
   Moultipass : MDP validé par pépé

Et voilà ma fiche terminée, en espérant que ceux qui passeront donc le coin en apprécieront la lecture !
   


   
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◈ Missives : 2155

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Mer 30 Sep 2015 - 10:40

Bravo et bienvenue à toi chère presque majeure !

Nous acceptons évidemment ta venue à quelques conditions, tu recevras d'ici quelques minutes un modèle de mail à m'envoyer concernant l'acceptation des conditions. Tout sera réglé d'ici quelques mois mais en attendant, je préfère me prémunir.

Je te félicite encore pour ta validation et t'engage à formuler dès maintenant une demande de rp, mais aussi à créer ton journal de bord en partie Parchemin des Héros !