Azzura

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Naïsha Batravan - Herboriste

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◈ Missives : 109

◈ Âge du Personnage : 27 ans.
◈ Alignement : Loyal - Neutre.
◈ Race : Valduris.
◈ Ethnie : Sharda du Nord.
◈ Origine : Radjyn ; Sultanat d'Al'Akhab.
◈ Localisation sur Rëa : Ordanie » Azzura
◈ Magie : Magie Naturelle - Baiser Mortel.
◈ Fiche personnage : Naïsha Batravan

Héros
Naïsha Batravan

◈ Mer 8 Juil 2015 - 23:59

◈ Prénom :  Naïsha.
◈ Nom : Batravan.
◈ Surnom : Nana, Nane, Nany, Sorcière.
◈ Sexe : Femme.
◈ Âge : 27 ans.
◈ Date de naissance : Sheal Drema, 63 ère des Rois.
◈ Race : Valduris.
◈ Ethnie : Sharda du Nord.
◈ Origine : Radjyn ; Sultanat d'Al'Akhab.
◈ Alignement : Loyal – Neutre.
◈ Métier : Herboriste – Vendeuse de Filtres ; Membre des Infidèles.


Magie


Magie naturelle ; Le Baiser Mortel.

Depuis que la magie a fait officiellement son retour sur Rëa, j'ai découvert qu'il m'était possible d'ôter la vie aux êtres vivants par le biais d'un simple baiser. Je suppose que mes lèvres, ou bien encore mon être, soient imbibés d'un poison naturel dont je n'ai pas encore trouvé le remède.

♣ Les symptômes de celui-ci :
Pour celui qui reçoit le bécot, il n'a d'autre issue que la mort, dans le pire des cas. Une fois les lèvres liées, il faut attendre une heure pour que l'effet agisse subitement par un écoulement de sang au niveau du nez. Par la suite des sueurs froides et un aveuglement confirment la fin de sa vie. Vie, qui s'éteint dans les cinq minutes, qui suivent le premier symptôme.

♣ Les symptômes chez moi :
Un lien semble se créer avec le condamné et son bourreau. Lorsque les saignements commencent chez l'un, le second les perçoit également. Néanmoins, cela s'arrête simplement par la suite. Je me demande si mon corps ne posséderait pas, lui même, le remède contre ce mal que j'inflige. Il m'arrive également de voir sur ma peau, mes veines d'une couleur sombre dans les prochaines vingt-quatre heures qui suivent l'embrassade. Elles me font alors penser à des petites rivières d'encre noire qui parcourent mon enveloppe.

Actuellement, ce don magique a coûté la vie à un homme. Afin de pouvoir contrôler celui-ci, je recherche de multiples plantes d'ici et d'ailleurs pour réaliser un remède efficace. J'ai entendu parler de l'éveille d'Azzura, peut-être que toutes les réponses à mes questions sont là-bas, mais je doute qu'un jour mes pieds foulent ces terres.

Notice H.RP : Le pouvoir de Naïsha sera très peu utilisé (c'est pas tous les jours qu'on a des scènes de bisous. On n'est pas dans les feux de l'amour non plus!) et "géré" par le dé pour garder un aspect totalement aléatoire jusqu'à ce que la magie puisse être un minimum contrôlée. Voici le barème que je compte utiliser:
1 - 2 : Aucun effet. Échec critique.
3 - 4 : Saignement de nez.
5 : Forte fièvre.
6 : Mort. Coup Critique.



Compétences, forces & faiblesses


♣ Compétences :
Artisanat.
Couture : Expert.
Cuisine : Intermédiaire.

Arts des Voleurs.
Agilité : Intermédiaire.
Adresse : Intermédiaire.
Souplesse : Expert.
Crochetage : Novice.
Déguisement : Intermédiaire.
Déplacement silencieux : Intermédiaire.


Arts des Sages.
Confection de médications et potions : Expert.
Connaissance de la flore et de la faune : Expert.
Administration des soins : Expert.
Chirurgie : Intermédiaire.

Arts de représentations.
Danse : Expert.
Chant : Intermédiaire.
Histoire Fantastique : Expert. Elle crée son propre univers avec ces propres chimères pour raconter un conte ayant une morale. Rien à voir avec le folklore ou la religion. De l'Invention brute.

Connaissances.
Folklore local : Novice.
Géographie : Novice.
Sens de l'orientation : Catastrophique.
Religion : Intermédiaire.
Écriture & Lecture : Intermédiaire.
Mathématique : Intermédiaire. Important à préciser dans le cadre où chez les Infidèles, l'apprentissage des chiffres et nombres n'est pas une priorité.
L'alkhabirois : Expert.
Le Kaerd : Intermédiaire.
Le Saa : Novice.
Dressage : Intermédiaire. Chameau.
Mensonge : Intermédiaire.
Arnaque : Intermédiaire.
Bluff : Expert.

Arts des combattants.
Combat au corps à corps : Novice.
Combat avec une arme : Intermédiaire.

♣ Forces & Faiblesses :
Maternelle.
Patiente.
Créative.
Prudente.
Rusée.

Autoritaire.
Forte attirance pour tout objet brillant.
Manque de Tact.
Maniaque du rangement.
Tête en l'air.



Physique


Je mesure cinq pieds, tout juste, et mon poids, bien que variant, se trouve être généralement dans les 100 livres. Un homme de hauteur et de corpulence moyennes n'a donc aucun mal à faire le tour de mon bras de sa main. Il en va de même pour ma taille, un bras suffit largement à m'encercler. Il est donc très désavantageux pour moi de me retrouver coincée face au sexe opposé.

Ma peau est de la même couleur que la cannelle ou autres épices se rapprochant d'un brun légèrement clair. Mon nez a la chance d'être fin et long, contrairement aux Shardas du sud qui l'ont généralement large. Je porte mes cheveux, ainsi que mes ongles, mi-longs. Ma chevelure est d'un noir charbon, plutôt épaisse et bouclée sans trop l'être. Mes ongles, quand à eux, sont continuellement propres bien que parfois légèrement carrées. Il m'est insupportable de les voir sales. Mes yeux sont d'une couleur assez particulière, un mélange entre le noisette (un brun clair) et le gris vert en  leur centre. Cependant, le noisette étant très souvent dominant, il est donc rare de percevoir ce petit côté argenté dans mes pupilles à moins de les fixer pendant un certain temps. Mes lèvres sont plutôt fines. Je crains qu'en vieillissant celles-ci ne finissent par n'être qu'une légère ligne, du moins pour celle du haut en tout cas. Je prends également le temps d'épiler à l'aide d'un fil, certaines zones de mon visage comme celle entre le nez et ma bouche, ou bien encore celle au dessus de mes yeux. J'aime avoir un regard dégagé et pour cela mes sourcils doivent être fins. J'ai hérité, par chance, d'un visage plutôt fin et typiquement féminin que j'aime décorer de couleurs. Je maquille mes yeux, ainsi que mes lèvres, parfois de manière grotesque ou surprenante. Ma peau est également marquée d'un tatouage tribal se situant sur le milieu supérieur de mon dos. Signe que je revendique, à présent, le fait d'être une femme libre.

Pour finir, j'habille ma peau et ma tête de multiples façons. Lorsque nous restons à la Caverne, j'aime porter des vêtements de couleurs et de nombreux bijoux et chaînettes qui décorent mes membres ou bien encore ma tête. Il est assez rare que je porte une grande quantité de tissus dans ce cas. Lorsque nous sommes en vadrouille à l'extérieur, je troque mes fantaisies pour des habits plus passe-partout et là les couches sont nombreuses. Je porte également moins de bijoux, du moins, des plus discrets. Généralement, j'aime être pieds nus, mais vous comprendrez que dans le désert, ce n'est pas une bonne chose. Je dis adieu à mes robes et jupes pour dire bonjour aux pantalons bouffants de toiles plus résistantes et je glisse mes petits pieds dans des bottes en cuir d'une taille trop grande. Le turban est fortement recommandé pendant les sorties et c'est probablement le seul que je peux choisir avec goût. J'aime également vêtir ma peau de tatouages éphémères.


Caractère


Beaucoup de gens trouvent que je n'ai jamais eu un caractère facile. Lorsque je vivais encore en ville, la majorité des femmes m'appréciaient sans plus. Naïsha la bonne petite, coquette, sans époux. Elles venaient uniquement prendre de mes nouvelles lorsqu'elles avaient besoin d'un service et ne m'invitaient à leurs petites fêtes privées seulement quand elles avaient besoin soit de mes robes, soit de mes talents de couturière ou de cuisinière. Contrairement à elles, mon rapport avec les hommes était plus simple, plus sain. Les hommes qui m'avaient vu grandir étaient bienveillants et ne manquaient pas une fois de me dire que ma beauté ne cessait de croître de jour en jour. Lorsqu'on manque de confiance en soi, ce simple petit compliment fait un bien fou et vous donne le sourire pour la journée. Jamais l'un d'eux ne fut mauvais. Pas même les plus ivres. Certes ils avaient un humour parfois lourd, une odeur par moment déplaisante, mais tous étaient bons en ma présence. D'après certains, j'avais un fort caractère, en particulier par ce que je savais me faire entendre par les hommes et les enfants. Les femmes voyaient souvent ceci d'un mauvais œil. L'autorité était naturelle. Je ne tournai pas des siècles autours du pot lorsque j'avais besoin de quelques choses. Je me débrouillai comme je le pouvais avec ce que j'avais. Dans le fond, je crois que je suis encore déçue de n'avoir pas pu me lier avec l'une d'elles.Un jour, un vieil homme m'a soufflé qu'elles avaient peur de moi, que je ne leur vole, un jour, leur époux.  

La séduction n'est pas un trait de ma personnalité que je pratique. Je ne sais même pas lorsque je suis sujette celui-ci. Ce n'est pas quelque chose qui m’intéresse. Peut-être suis-je trop naïve pour me rendre compte de certains agissements alors que d'autres me révulsent et me font fuir certaines personnes.

J'ai longtemps voué ma vie à mon métier, puis à mon fils lorsqu'il vint au monde. C'était les deux choses qui me donnaient envie de me lever le matin et de garder le sourire face au monde entier. Ils étaient ma force et en l'espace de quelques heures, les deux me furent sauvagement arrachés.

Aujourd'hui je suis une femme tranquille. Je m'éveille, chaque jour, en me jurant de rendre le monde de demain encore plus beau que celui d'aujourd'hui. Ma raison de vivre a changé. Je me bat pour les enfants de demain. Je souffre pour que les filles, qui deviendront des femmes, aient autant de droit que leurs frères. Je saigne pour chaque esclave, qui un jour, verront leurs chaînes se briser de mille et un éclats. Ma vie m'appartient et j'ai choisi de l'offrir pour un monde meilleur. Je suis bornée, parfois pessimiste, je me cache derrière mes couleurs en espérant qu'elles me rendent un jour ma joie de vivre. Je prie, non pas Elaïm, mais les Shardas du Nord pour que chacun d'eux changent le monde.


Inventaire


♣ Inventaire de Voyage :
Une sacoche de premiers soins.
Une bourse de plantes (médicinales, thé, etc).
Une bourse.
Du papier à lettre.
De l'encre & une brindille travaillée pour écrire.
Une jeu de tarot.
Un Kriss.
Une faucille.
Une tunique de change.
Une réserve d'eau (moyenne).
Un chameau.

♣ Inventaire de la Caverne :
Une malle de vêtements légers.
Un coffre moyen de bijoux.
Des poudres de couleurs.
Un crayon de charbon.
Du matériel de couture.
Du matériel rudimentaire pour la préparation de potions.
Des pots de plantes et plantes séchées à ne plus savoir quoi en faire.
Un miroir abîmé et légèrement fendu.
Une brosse à cheveux.


Histoire


J'ai connu la période de la révolte, lorsque les hommes se mirent à douter des croyances qui les virent grandir. L'année 67 à 69ère des Rois, ne fut pas une période facile. La violence, les pleures, la peur tachaient chaque jour notre peuple. A cette époque, j'étais une petite fille de neuf ans, aînée d'une famille de cinq enfants. Mon père n'avait qu'une seule et unique femme. Il disait qu'il était bien trop pauvre pour en avoir deux. Il l'aimait énormément et il nous aimait tout autant. En fin d'après-midi, alors que mon père tassait dans sa pipe le peu d'herbes séchées qui lui restait à fumer, la garde s'approcha. Je me rappelle de ce jour comme s'il s'agissait d'hier. J'étais à la fenêtre de ma chambre, tirant sur ma corde pour récupérer le linge qui séchait en hauteur. Je les écoutai d'une oreille discrète comme le fait un enfant, curieux, qui observe les conversations des grandes personnes. Ils déclinèrent l'identité de mon géniteur avec froideur, celui-ci se releva de nos marches pour leur faire face, quand soudain, surgissant de nul-part, quelques gouttes de sangs vinrent tacher le bas de mon linge blanc. Inconsciemment je baissai la tête pour comprendre d'où celui-ci venait et je découvrais avec effrois le corps de mon père encore debout sur le seuil de notre porte. Je reconnue le hurlement de ma mère qui coupait la tête d'une volaille dehors. Elle l'a lâchait tout aussitôt pour courir et rattraper le corps sans tête de mon père. Tout comme la bête, sa tête reposait à même le sol, mais contrairement au bout de viande courant du volatile, il était inanimé. Au fond de mon être, je sentais quelque chose tomber jusque dans mes talons. Les larmes me montèrent et plutôt que d'aller aider ma mère, ce jour là, je ne trouvai pas le courage de lui prêter main forte et préférai garder mes sœurs et mon frère à l'intérieur de la bâtisse de peur que ces gardes ne se décident à entrer. Ce n'est que des jours plus tard que j'appris qu'un voisin, afin d'épargner sa vie, donna le nom de mon père lorsqu'on lui demanda de nommer ceux qui étaient "rebelles". Par la suite, il perdit la sienne pour les mêmes raisons. Pendant cinq ans, chaque nuit, je pleurai la mort de mon paternel. Cinq années où mes yeux furent si gonflés à l'aube qu'on se demandait à voix base si je n'étais pas porteuse d'un mal. En effet, le chagrin.

Par une forte saison chaude, cinq enfants étaient couchés à même le sol d'une case, pour tenter de profiter d'un peu de fraîcheur. Ces cinq petites têtes brunes formaient un cercle et leurs yeux sombres fixaient l'immense plafond écaillé dans l'espoir qu'un peu d'eau, venue de nul-part, leur tombe dessus. J'étais l'aînée et je ne devais pas être âgée de plus de treize ans. Les autres enfants dans la pièce étaient mes sœurs et mon frère. Nos gorges étaient sèches et nos fronts brillaient grâce aux perles de sueur qui gouttaient de nos cheveux mal coiffés et humides. Je me souviens encore la douce voix de ma plus jeune sœur, qui dans un murmure, me demanda la suite des aventures du jeune Amar et de sa promise, Balkis. Lorsque nous nous retrouvions à ne rien faire ou lorsque nous avions du mal à dormir, il était de coutume que je leur conte l'Odyssée du jeune Amar et de sa belle. Les prénoms étaient ceux de nos parents. Cela nous permettait de garder notre père en mémoire.

« Nana... Tu nous racontes la suite ? Je veux savoir ce qui arrive à Pa... Amar après qu'il ait réussi à échapper au grand Vizir. »
« Je suis sûr qu'il est de mèche avec la Sorcière des Sables... »
« N'importe quoi ! Il est trop peureux pour se lier à elle ! Hein Nana ?! »


Je haussai les épaules, les yeux rivés sur le plafond. Jusque là, Amar réussissait plutôt bien à fuir le Vizir et je n'avais parlé que d'une seule fois de la sorcière des sables... Une femme fourbe qui endormait à jamais ses victimes en leur soufflant du sable dans les yeux.

« Nana ? Amar il... »
« Il était perdu dans le désert. S'il voulait semer pour de bon son pire ennemis, il n'avait d'autre choix que de s'enfoncer dans les dunes de sable fin bien qu'une tempête s'annonçait. D'après les nomades, celle-ci allait être d'une violence sans égale. Les marcheurs du soleil pensaient que, lorsque le ciel était orange et gris, cela voulait dire que Zénith, le dieu de l'astre levant, se faisait battre par Nyx, sa femme. »
« C'est idiot. Un dieu se fait pas battre par sa femme... »
« Nyx n'était pas une simple femme, petit frère, elle était une déesse. Elle engendra Zénith de son sein et le coupa pour lui donner vie. »
« Yakh ! »


Un petit sourire naquit sur mon visage pendant que mon regard noisette se dirigeait vers la grimace de dégoût que fit mon frère. Me replongeant dans mon plafond, je poursuivais notre fabuleuse histoire. Amar marcha longtemps dans le désert brûlant et agitait. Plusieurs fois il chuta et se fit fouetter par les vents. Persévérant, il poursuivit tout de même sa folle route, jusqu'à ce que des mirages vinrent le détourner de sa route. Je leur racontai comment il déjoua les pièges de la Sorcière des sables en se voilant la vue. Ce jour là, je leur apprenais une grande leçon. Lorsqu'on aime quelqu'un, quelques chose, lorsqu'on n'a d'autre issue que d'affronter les pires dangers pour rejoindre ceux qu'on aime ou ce que l'on souhaite voir grandir, on n'a aucune crainte à risquer notre propre vie. Notre aventure se coupa brusquement par la voix criarde de ma mère en bas de l'escalier qui nous réclamait pour mettre de l'ordre avant le repas. J’eus droit aux répliques quotidiennes.

« Nane ! Tu es grande maintenant. Arrête de mettre ce genre d'histoire dans la tête de tes sœurs et frère ! Tu m'entends ?! »
« Oui... »
« Ne me dit pas « oui » comme ça ! Regarde moi ! Ne leur dit pas des choses pareilles ! Vous n'êtes pas venu au monde pour jouer les héros ! Ayez un métier, une famille, vivez simplement et honnêtement. C'est tout ce qu'on vous demande. Tu entends Nane ? Je suis fatiguée ! S'il te plaît, sois une bonne fille. Si tu le fais pas pour moi, fais le pour ton père... »


La conversation se terminait toujours à ce mot précis. Ma gorge se serrait et je pense que je n'étais pas la seule dans ce cas. Il m'était très difficile de me retenir de pleurer à ce mot. Après plusieurs inspiration, un peu d'air, un verre d'eau, ça passait. Je n'avais plus qu'à lever la tête, me taire et reprendre mes tâches ménagères. Aujourd'hui, mes histoires je les raconte encore, pas à mes sœurs et frère, mais à mes frères, les Infidèles et eux ne me demandent jamais de me taire.

A mes quinze ans je choisis de faire le ménage à la boutique d'un vieil herboriste du quartier. Il m'apprit beaucoup et fut une personne très importante dans ma vie, car il me redonna le goût de celle-ci, mais également un travail. Bien qu'il était un homme très sévère et sérieux dans son métier, il savait récompenser ses employés lorsque cela était nécessaire. Pendant longtemps je ne vécus seulement comme ménagère dans sa petite échoppe, puis un jour, il me confia, avec sérieux, le rangement de ses produits sur les étagères. Je l'admirai. Il était patient, appliqué et bon avec son prochain même s'il souhaitait garder un masque de froideur sur son visage lorsqu'il recevait de la visite. Aux fils des mois, je reçus un peu plus de responsabilités jusqu'au jour où je fus sa seconde. Son bras droit. Et cela, même lorsque son fils vint travailler avec nous. Il n'était pas assez attentif pour gérer convenablement cette petite entreprise. Alors, même s'il se revendiquait héritier de ce bien, sous-chef des lieux, je restai officieusement la seconde gérante. Il n'avait simplement qu'à signer les papiers et lancer les commandes, je m'occupai du reste. A cette époque, les charmes des hommes ne m'attiraient pas plus que cela, encore moins ceux des femmes. Je m'épanouissais dans mon métier et je n'avais besoin de rien d'autre. Néanmoins, quelques années après la légation de la petite officine, suite à la mort de feu mon maître, je fis la rencontre d'un marchand d'esclaves qui se vantait de posséder six belles femmes. Les plus belles du pays. Au début, je ne le prenais pas en compte. Puis avec le temps, je lui trouvai des qualités. Il était bon, serviable, drôle et adulé de ses six femmes. Il n'oubliait aucun anniversaire. Prenait le temps de passer un moment merveilleux avec chacune et réussissait à passer du temps avec ses enfants. Être la septième ne me semblait pas être une mauvaise idée à l'époque. Tout alla très vite, probablement trop même. Au bout de quelques semaines, mon mariage était annoncé pour le plus grand bonheur de ma mère qui voyait enfin son premier enfant s'unir et s'envoler du nid familial.

Neuf mois plus tard, je donnai naissance. Amann était un petit garçon rêveur et facile à vivre. Il était bien rare de l'entendre pleurer et si je le laissai dans son berceau, celui-ci continuait à dormir sagement jusqu'à ce que je vienne lui donner le sein. C'est à un an et demi qu'il se décida à parler et à réclamer. Beaucoup trouvaient que c'était tard pour un enfant. Personnellement, du moment qu'il était en bonne santé, cela ne m'inquiétait pas le moins du monde, il n'avait probablement pas besoin de parler jusque là. Je venais tout juste d'avoir vingt ans, j'avais un enfant, un travail, un époux, six nouvelles « sœurs » et une belle et grande maison. On pouvait dire que j'étais gâtée. J'avais bien réussi ma vie jusque là. Je gardai mon travaille simplement pour occuper mes journées et voir du monde. Nous ne manquions de rien et certainement pas de mains pour nous occuper de la demeure et des enfants de notre époux.

Plus Amann grandissait, moins son père l'appréciait. Il trouvait qu'il manquait de force et de virilité. Certes, il était chétif, il aimait les couleurs et les fruits sucrés. Il refusait bien souvent de lui adresser la parole, parfois même, pas un regard à son père. Cela me causait bien des soucis. Je n'arrivai pas à comprendre pourquoi il n'acceptait pas son propre géniteur et mes consœurs ne cessaient de me le reprocher. Vers les cinq ans d'Amann, leurs rapports se dégradèrent encore. Enragé du comportement de notre fils, Faress, mon époux , se mit à le battre. Au début je n'en savais rien. Je découvrais de temps à autres des bleus sur son petit corps lors du bain. Mais qu'est ce qu'un bleu sur le corps d'un enfant ? Parfois rien. En jouant, en chutant, en se chamaillant avec ses frères et sœurs... J'étais bien loin de croire que la situation était bien plus dramatique que ça. Jamais il ne s'est plaint.

*

C'est au début d'Auldera, en l'an 89 ère des Rois, que Sephalar Al Zhiwa m'offrît ma seconde vie. C'est dans le désert que nos chemins se croissaient. Il était le meneur d'une troupe de bandits des sables et j'étais une esclave en cage parmi tant d'autres qu'on avait peine à me voir. La libération fut rapide. Une quarantaine d'hommes armés face à une vingtaine d'esclavagistes, ça ne faisait pas le poids. Lorsque nous fûmes hors de nos cages, un choix se posa à nous. Se lier avec les brigands, ou repartir de là où nous venions. L'idée m'effleura l'esprit de rentrer chez moi, mais à quoi bon ? Plus personne ne m'attendait là-bas. Aller chez les Shardas du sud n'était pas une bonne idée non plus. De plus, je risquai de me perdre en route. Je fus la première à m'avancer lorsque leur chef demanda qui allait les rejoindre. Des rires éclatèrent. Une femme tenta de me tirer le bras pour me rasseoir dans le sable, mais je tirai mon bras en arrière pour qu'elle me lâche. Après une courte conversation, ma candidature ne fût pas retenue à cause de mon sexe. Néanmoins je n'abandonnai pas, trop de fois l'homme m'écrasa et je n'allai pas lui laisser ce plaisir de nouveau. En fin de marche, à une bonne cinquantaine de pas derrière le dernier des hommes, je suivais, méfiante et obstinée. La route fut difficile, mes pieds s'enfonçaient dans le sable brûlant jusqu'à mes genoux par moment.Plus d'une fois, la chute me mit à quatre pattes. Plus d'une fois, je du accélérer le pas pour ne pas perdre de vue le dernier de ces hommes. Plus d'une fois, je me pensai incapable d'aller plus loin et pourtant à chaque fois, je trouvai finalement la force de me redresser et d'avancer jusqu'à cette grotte. Un doute me prit devant la caverne magique des voleurs. C'est de justesse que je me glissai dans leur repère. Émerveillée par leurs richesses, je me sentais soudainement toute petite et je préférai rester dans mon coin, à les observer. Par quelle magie tout ceci se retrouvait là ? Leur leader était lui aussi un jeteur de sorts ? Après deux jours dans mon coin, à les observer, sans manger et allant directement boire à la source, je me décidai à accepter mon sort et armée de tout mon courage j'allai trouver Sephalar pour lui raconter comment j'avais été réduite en esclavage.  

« Tu sais, on venait tout juste de finir de manger, ce soir là, quand Faress est devenu fou de rage. Je ne sais pas pourquoi, j'étais dans la cuisine lorsqu'il a commencé à frapper notre petit garçon... Amann était si fin. La main de Faress faisait le double de sa tête. Je n'avais pas assez de force pour l'arrêter. J'ai essayé pourtant. Je l'ai frappé pour qu'il arrête de le battre. Mais... Mais c'était trop tard. Amann ... »

Je me pinçai les lèvres et retenais mes larmes. J'avalai avec beaucoup de mal ma salive et tentai de garder mon calme et ma voix pour lui expliquer cette fameuse nuit où Faress battu son propre fils à mort. Cette frustration énorme de ne pas avoir pu sauver son propre enfant. Cette haine, brûlante, contre les femmes présentes qui n'avaient pas bougé le petit doigt. Je me rappelai encore les petites mains aux doigts brisés de mon petit garçon. De son petit nez cassé. De son visage tout boursouflé et de sa nuque, brisée. Lorsqu'il finit de s'acharner sur ce petit corps sans défense, il partit sans un regard en arrière. Amann n'avait jamais été un enfant difficile, alors pourquoi toute cette rage ? Je passai les autres détails à Sephalar, comme le fait où toute la nuit, à même le sol, je dormis en serrant dans mes bras le corps en fin de vie de mon bébé.  A l'aube, épuisée de pleurer, je pris son enveloppe pour l'enterrer sous mon plus bel arbre fruitier. Je tremblai encore d'agacement et de crainte lorsque je repris ma narration.

« J'ai voulu le dénoncer. Je l'ai fait. Mais je l'ai dit à la mauvaise personne. L'homme qui devait m'aider était le frère de la deuxième épouse de Faress. S'il mourrait, sa sœur perdrait beaucoup et Faress était populaire. Bien apprécié de tous. Quelques heures plus tard, Faress est venue me voir. Il m'a frappé parce qu'on lui avait raconté le « sale coup » que je préparai. Il m'a agrippé par le bras et m'a traîné jusqu'à ses hommes, m'a mit en cage et leur a dit qu'ils devaient me vendre pour un bon prix. Que si on posait des questions, j'étais accusée d'avoir fauté avec un homme. C'était faux. Tout été faux. »

Ma tristesse laissait place à de la haine et du dégoût pour cet homme que j'avais cru si bon au début de notre relation. C'était un menteur, un coureur et un violent colérique. Mes dents se serraient, je rageai à la simple idée de me remémorer ce passage de ma vie. C'était si récent. Bien trop à mon goût. Je n'avais qu'une envie, c'était de le tuer. De le poignarder, encore et encore, jusqu'à ce que son sang colore de rouge chaque grain de sable de ce désert. Passant la main dans mes longs cheveux noirs. La tête penchait en avant, fixant un point invisible, les coudes sur mes genoux, je repris mon récit.

« Ils quittaient la ville pour aller chercher d'autres potentiels esclaves. Tu sais. J'en ai tué un et … je ne regrette même pas. Avec la magie. Je ne te mens pas. Toi aussi tu fais de la magie. Je l'ai vu ! Tu as bougé ce rocher là-bas ! »

Je me redressais lentement en passant mes doigts sur mes lèvres. Réalisant brutalement que celles-ci pouvaient être une arme. Je savais que c'était à cause de mes lèvres que ce bon-à-rien était mort. Il tenta d'abuser de moi et son premier geste lui fût fatale. Heureusement pour mon honneur, son action cessa au baiser volé et à quelques mains baladeuses, le temps lui manquait. Le convois n'avait pas de temps à perdre avec une petite sauterie et il ne fallait pas abîmer la « marchandise ». J'avais la rage sur le coup de cette action non-accordée. J'avais envie de lui mordre la langue et je crois que c'est à ce moment que ce venin se transmit. Une heure plus tard, au même moment, le sang coula de mon nez en même temps que le sien. Plus tard, d'autres phénomènes apparurent et on remarqua les marques sur mon corps. Des lignes aussi noires que le charbon semblaient lézarder mon corps. On me cria que j'étais maudite. Une sorcière. Une jeteuse de sors. On me cracha au visage, m'enchaîna comme un chien du cou jusqu'aux poignets et au chevilles.

«  J'en ai tué un. Un hommes de Faress, en... en l'embrassant. Il est tombé, comme-ci le poison était en lui. Mon nez a saigné, lui aussi, au même moment. Et là ! Partout sur mes bras! Mes veines! Elles étaient noires ! Regarde maintenant. Je n'ai plus rien. Je ne suis pas folle. J'le jure ! »

Perdue, je l'ai fixé ses yeux et je me rappelle parfaitement son regard sombre et perçant. Je lui ai dit, très clairement, la voix à demi-rock :

« Je veux rester. »

A partir de ce moment, je suivis Sephalar comme son ombre. Je ne croyais plus en rien, pas même en Elaïm et je ne voulais pas entendre de nouveau son nom. Sephalar m'avait cru. Il m'a offert un nouveau foyer. Une nouvelle chance d'être quelqu'un. Je lui serais éternellement reconnaissante pour cela. Ne le quittant pas d'une semelle, j'enregistrai tous ses faits et gestes. Au moment de se coucher, c'est à ses côtés que je me rendais, furtive sans le moindre mot. Rien ne se produisait. Je recherchai seulement sa présence rassurante pour m'aider à dormir et il respecta ceci. Les premiers temps, le repos fut difficile à obtenir. Les horreurs de mes quelques jours de captivités ne cessaient de me hanter. Parfois il suffisait d'un rien pour me faire croire que des chaînes m’entrelaçaient les membres. Un drap un peu trop tiré sur une cheville, la taille enroulée par un bout de tissu, une mauvaise position de sommeil qui me donnait au matin des crampes et des courbatures. Je ne fus pas la seule à souffrir au début, Sephalar recevait des coups pendant qu'il dormait  et de nombreuses fois il tenta de me faire sortir de mes terreurs nocturnes en me tenant fermement et en m’appelant à la raison. Au bout d'un mois auprès d'eux, ou plus précisément auprès du meneur de cette bande de voleur, des rumeurs commencèrent à germer comme des mauvaises pousses. Jusqu'ici, ils étaient patients. Aucun d'eux ne m'approchaient, aucun d'eux ne questionnaient plus que cela à mon sujet jusqu'à ce délai. Ces jours révolus, la curiosité se mit à les démanger et les petites piques étaient permises. J'héritai de quelques surnoms, qui dans le fond, me blessaient au début, car bien qu'ils reconnaissaient ma présence, ils ne rataient pas une occasion pour me rappeler que la place d'une femme n'était pas ici.

« L'ombre », « la favorite de Seph'», bien qu'il n'y eu aucune preuve d'affection entre nous, simplement une bonne entente qui conduisit à de la confiance et de l'amitié. « Le toutou » , « la p'tite », « la muette »... Nassim, le plus trublion de tous, et quelques de ses paires semblaient être encore plus agressifs avec moi. Je pouvais diviser le clan en deux partis, d'un côté, les Shardas du Sud, qui bien que quelques taquineries me laissaient tranquilles. De l'autre côté, les Shardas du Nord, qui eux, semblaient prendre un malin plaisir à me rabaisser en permanence. Ça pouvait aller d'un simple cracha sur le pied, comme d'une bonne poigne dans les cheveux, jusqu'aux grands coups de coude dans les côtes. Verbalement, leurs propos ne semblaient pas avoir de limites, s'ils ne me lapidaient pas avec des pierres, ils ne se gênaient pas pour le faire à voix haute. J'encaissai sans dire un mot, sans un regard, pas même une larme. Je ne voulais pas leur offrir la joie de me voir m'abaisser et m'écraser devant leurs bottes sableuses. Sephalar n'appréciait pas ce genre de comportement, mais lorsqu'il avait le dos tourné, ma fête commençait. Je ne voulais pas en avertir la tête dirigeante du groupe, d'une part, car cela m'attirerait deux fois plus facilement les foudres des rageurs, mais également parce que je voulais tenir tête à ces canailles. Alors, après un mois et demi à m'habituer à leurs petites affaires du quotidien, à subir leurs moqueries, leurs insultes et leurs mains baladeuses, j'étais bien décidée à montrer à ces hommes, que je méritai ma place autant qu'eux. Je quittai, brusquement, du jour au lendemain la couche de leur meneur pour me faire un petit coin parmi eux. J'étais anxieuse, je quittai mon seul espace de repos et de protection pour me jeter littéralement dans la gueule de ces fauves. L'installation fut délicate. Je devais m'armer de patience, de force et de courage pour faire ma place, la défendre et surtout la garder. Il me fallait être indispensable aux yeux de ces hommes pour arriver à mon but. Je n'étais ni très forte, ni douée avec les armes, mon issue de secours fut les commérages. Ainsi, à chaque aurore, je grimpai sur une table et ,avec bravoure, j'annonçai tous les petits secrets vu et entendu la veille. C'est ainsi que tous surent que Nassim avait un fort penchant pour les chèvres, que Nekhab avait en horreur les rats, que Farid perdait de plus en plus ses dents et tentait, désespérément, de les recoller avec le lait qu'on pouvait trouver dans certaines plantes ou encore que Boukhouwa n'était pas qu'un géant de muscles et qu'il lui arrivait de penser par lui même et d'avoir des bonnes idées. Des coups, j'en eu et des douloureux, mais d'aurore en aurore je gagnai également la sympathie de mon groupe en les faisant rire chaque matin de leurs voisins.

Le mois suivant, en plus de mon annonce matinale quotidienne, j'ajoutai le soir, au coin du feu, mes récits sur mon héros de toujours, Amar. Cet homme, ni officiellement riche, ni réellement pauvre, ni véritablement bon ou mauvais, était un personnage qu'ils pouvaient identifier comme leur frère ou eux-même suivant les circonstances. Le fait de conter, de raconter et de savoir que chacun d'eux tendaient l'oreille pour m'entendre, me donnait un certain pouvoir auprès d'eux. Je n'étais plus le souffre douleur du groupe, mais celle qu'on écoute pour se changer les idées. Petit à petit, je me découvrais de nouvelles fonctions comme soigneuse ou encore confidente. Il est difficile à un homme de s'ouvrir et de parler à un autre lorsque le sujet apporte des émotions. Auprès de moi, ils n'avaient pas cette crainte et sous un « juré craché », j'assurai que la discutions resterait privée. Alors que je pouvais en distraire plus d'un avec mes chants, mes danses et mes histoires, je devenais pour d'autre l'image même d'une mère qui veille aux grains sur ses petits. J'apportai cette pointe féminine de tendresse qui apaisait leurs lourdes peines. Je me sentais proche d'eux et c'est à ce moment là que je compris que ma place auprès d'eux était acquise. Je n'avais plus besoin de la protection de Sephalar, je connaissais chaque homme qui faisait son clan. J'allais chercher chaque secret, chaque peur, chaque fantasme. Il y avait toujours des choses à dire sur eux, sur leurs défauts, leurs manières, leurs envies...

Jours après jours, un petit sourire naissait sur mon visage et je réussis à m'épanouir parmi eux. Néanmoins, discuter avec Sephalar me manquait, mais je tenais bon ! Un mois de plus passa de cette façon. Au suivant, je me rendais compte que j'avais besoin de compagnie. Si le premier mois je trouvai le sommeil facilement après mes efforts, le deuxième fut plus difficile. Je pouvais connaître les secrets de chacun, parler de tout et de rien avec eux, les écouter lorsqu'ils n'allaient pas bien, cela ne m'aidait en rien à oublier ma propre souffrance. Mon histoire, personne ne la connaissait, jusque là, une personne en avait eu un extrait et à présent, je ne lui adressai que très rarement la parole. Plutôt que de retourner auprès de lui, je pensai que la meilleure solution pour aller de l'avant était d'avoir de nouveau un enfant. C'est un raisonnement égoïste, non réfléchit, qui ne se réalisa pas quand bien même je tentai ma chance avec Nassim. Je ne sais pas ce qui me prit ce soir là. Je ne désirai pas un nouveau confident et mon petit Amann me manquait terriblement. A jouer la maman avec ces voleurs, je ressentais ce besoin de prendre soin de quelqu'un. Nassim ne fut pas difficile à convaincre. Notre petit moment faussement affectif se termina rapidement. Je tentais de le préserver de mes lèvres venimeuses malgré son obstination à vouloir les saisir. Pourtant, il réussit son coup une fois notre affaire faite.

Un frisson de terreur me parcouru. Je ramassai en vitesse mes affaires et le quittai au plus vite. M'habillant n'importe comment et m'isolant le plus loin possible des hommes, je me rongeai les ongles. Mon désire égoïste venait de me conduire à un acte terrible. Si par malheur Nassim mourrait... Toute mon entreprise était fichue. Sephalar saurait rapidement qui serait la cause d'un tel acte et quand bien même il ne le découvrirait pas tout de suite, comment pourrais-je garder mon sang froid devant eux ? Je me sentais mal. Devais-je continuer à me cacher dans l'ombre pendant que cet homme n'allait pas tarder à voir la mort frapper à sa porte ? Non. Je ne pouvais pas attendre là, sans rien faire, c'était au dessus de mes forces. Lorsque les premières gouttes de sang coulèrent de mon nez, je me pressai de retrouver Nassim. Son stade venait de commencer, tout comme le mien. Pour le moment ce n'était rien de grave, juste un saignement qui ne semblait pas vouloir cesser. Le bandit commença à me prendre au sérieux lorsque les symptômes que je lui décris commencèrent à faire leur apparition. Il vint à moi, agressif, m'injuriant de sorcière, la fièvre commençait à lui monter. Sans prêter attention à ses injures, je m'occupai de lui et avec le peu de matériels que j'avais à ma disposition, je tentai de lui faire baisser sa température. Plus les minutes passèrent, plus je m’auscultai le corps, observant soigneusement mes veines et leurs noirceurs. Je changeai régulièrement les compresses de Nassim et demandai à ce qu'on me ramène au plus vite l'eau la plus fraîche de la caverne. L'agitation commença à se faire non loin de nous, mais je ne me laissai pas distraire. J'utilisai tout ce que j'avais en ma possession depuis mon arrivée ici et nos sorties. Baumes, potions, thé, compresses.. Je mis tout à sac pour espérer une légère amélioration dans l'état du voyou et lorsque la fièvre se mit progressivement à chuter, mon cœur fut léger. Cependant, mon visage se décomposa lorsque je vis celui de Sephalar s'avancer et se tenir devant moi. Nassim avait eu un coup de chance cette nuit là. Je ne maîtrisai absolument pas mon pouvoir. Je savais très peu de chose sur lui, à vrai dire. Les seuls réactions que je pouvais ressentir étaient un lien étrange entre la victime et moi, comme-ci nous étions liés à ce moment par un cordon invisible. J'avais l'impression de drainer la vie d'un autre sans maîtriser ce drainage. Je pouvais ressentir cette force qui le quittait et je ne savais même pas comment arrêter le processus. M'expliquer auprès du chef fut difficile et délicat. Je ne du pas m'expliquer seulement pour l'acte causé à Nassim, mais également  pour mon soudain éloignement et mon brusque rapprochement auprès de ses hommes. J’eus beaucoup de chance qu'il soit un homme à l'esprit ouvert et qu'il ne me voyait pas simplement comme une femme. A partir de ce jour, certaines règles se sont mises en place. Je retournai dormir auprès de lui, j'apprenais à maîtriser les armes et à me battre véritablement auprès de ses hommes, les baisers étaient bien entendus proscrit jusqu'à preuve du contraire, mais une nouvelle fonction me fut assignée. J'étais la porte-parole de plus de 40 voleurs.

Mon premier secret était connu à présent de mes semblables. Certains étaient encore méfiants, d'autres ne voulaient pas y croire et quelques-uns avaient trouvé un certain courage dans l'aide que j'avais apporté à Nassim. Certes, je lui avais transmis ce mal, mais j'avais également tout fait pour qu'il en échappe. J'étais quelqu'un de bien, malgré mon pouvoir instable et si le seul moyen, le plus sûr, de ne pas l'attraper était de ne pas m'embrasser, le reste était faisable. Ma nouvelle fonction de « porte-parole » s'installa plus facilement qu'on ne le pense. J'étais proche de Sephalar et également proche de ces hommes, je me faisais parfois le défendeur de l'un ou le protecteur de l'autre. Je souhaitai qu'aucune tentions ne s'installe entre lui et ses frères. Cependant, ce rapprochement ne plu pas à tout le monde. Nassim et ses suiveurs trouvèrent comment se débarrasser de moi. Je mets ma main à couper que cet homme amer, qu'est Nassim, a fait exprès de ne pas couvrir mes arrières lors de notre dernier raid. En plus de causer la mort de nombreux des siens avant le repliement, il m'a volontairement laissé aux mains de l'ennemi. Je me souviens parfaitement bien de son regard et du signe qu'il fit à ses bouffons pour repartir et se mettre à l'abri. Dans le fond, je comprenais la jalousie et la haine que Nassim pouvait avoir pour moi. Il manqua de mourir par ma faute, j'étais proche de leur leader et il avait toujours jalousé sa place, j'étais une femme... une femme qui avait bien moins de peurs que lui. Tout pouvait très vite devenir une parfaite excuse pour me laisser aux mains de marchands d'esclaves. Ainsi, après six mois à me battre pour une place, à aimer celle-ci, je me retrouvai une nouvelle fois dans une cage, les fers aux pieds, aux mains et au cou, à grincer des dents, à prendre des coups et à réclamer ma liberté.

Après plusieurs jours dans le désert, nos tortionnaires vendirent une partie des esclaves à des hommes blancs. J'en faisais partie. Je me sentais vide de toutes émotions lorsque j'ai vu pour la première fois la mer. Mais lorsque je réalisai que j'allais grimper à bord d'un bateau pour un territoire inconnu, une peur effroyable me saisie. Les hommes parlaient de donner une partie des filles à des macros d'autres continents. La couleur de notre peau nous rendait exotique et plairait beaucoup aux hommes d'ailleurs. Je n'en revenais pas. On allait vraiment me vendre comme une bête simplement pour amuser des hommes ? J'allais vraiment quitter mon pays ? Prendre la mer ? Tout ceci me fit peur et c'est dans un tel moment de panique que je tentai une fois de plus de m'enfuir. Hélas, manquant d'énergie, moins libre de mes mouvements, mais surtout bien moins forte qu'un marin, j'embarquai de force sur le navire marchand, enchaînée comme une bête dans la cale avec mes sœurs de peau et quelques jeunes frères. Prenant ma tête dans mes mains, je réalisai soudainement la montrueuse misère qui pesait sur ma tête. Prise de nausées et de sanglots, je laissai ma souffrance s'écouler de mon corps et cela du énerver les hommes sur le pont, car l'un d'eux finit par descendre et ma souffrance fut doublement plus amer. En plus de perdre mes frères d'armes, mon pays, mes racines, ma liberté, je venais de perdre mon honneur et gagnai de nouveaux bleus et coups. Aucun ne fut profond, car voyez vous, bien qu'on peut se réserver le droit de fouetter un esclave pour le corriger, la marchandise ne doit pas être abîmée. C'est le dos brûlant, les jambes tremblantes et mon intérieur démonté que je me laissai glisser le long de la coque en bois. Là, devant des vingtaines d'yeux et une dizaine de bouches closes, je n'avais plus aucune foi en qui que ce soi. Je voulais juste rentrer chez moi et y mourir.


Ambitions & Desseins


Naïsha souhaite que l'esclavage cesse, que chacun soit libre de droit, que chacun soit l'égal de son voisin et que chacun soit bon avec autrui.
Néanmoins, elle a une seconde ambition, plus personnelle, celle d'être de nouveau mère et d'aimer un homme bon dont les défauts ne seraient que poussières devant les qualités qu'il possède.
Cependant, son ambition première, en ce moment, est de retourner auprès des Infidèles et de Sephalar.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé de 18 ans ? : Parfaitement. J'ai même 4 ans de plus.
Si vous prenez un personnage important et que vous disparaissez, nous autorisez-vous à nous inspirer de votre personnage pour créer un nouveau prédéfini ? : Non ♥.
Moultipass :oki par baltou

Petit DC pour célébrer mes 3 mois sur ce magnifique forum.
J'annonce officiellement que ce DC a la poisse ;_; .
/!\ En accord avec Sephalar Al Zhiwa.


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◈ Missives : 613

◈ Âge du Personnage : 79 ans, en oubliant les cinq millénaires plongés dans l'obscurité...
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Vreën
◈ Origine : Azzura
◈ Localisation sur Rëa : Azzura
◈ Fiche personnage : Baltazar Numengar / Onyria Azzura

Maître du Jeu
Baltazar Numengar

◈ Mar 4 Aoû 2015 - 20:57

Hé bien je peux te souhaiter pour ton DC Validé!

Très chère, tu connais la maison, donc tu sais où aller. Et je ne doute pas que tu as de quoi faire pour la lancer en rp Wink