Azzura

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Moïra Belgard - Assassin & espionne

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◈ Missives : 169

◈ Âge du Personnage : 26 Ans
◈ Alignement : Chaotique Bon.
◈ Race : Valduris.
◈ Ethnie : Vreën.
◈ Origine : Seregon ; Rhaemond.
◈ Localisation sur Rëa : En Seregon
◈ Magie : Magie Psychique : Marcheur de Rêve.
◈ Fiche personnage : Moïra Belgard

Héros
Moïra Belgard

◈ Mar 12 Mai 2015 - 11:33

◈ Prénom :  Moïra.
◈ Nom : Belgard.
◈ Sexe : Femme.
◈ Âge : 26 Ans.
◈ Date de naissance : Lunae, Élye, 64 de l'ère des Rois.
◈ Race : Valduris.
◈ Ethnie : Vreën.
◈ Origine : Seregon ; Rhaemond.
◈ Alignement : Chaotique Bon.
◈ Métier : Assassin Politique & Espionne pour le Cavalier Noir.


Magie


Magie psychique ;  Voyageur du Rêve.

Voyager dans le rêve des autres n'est pas un don commun.
Alors que le rêveur se couche et sombre dans un profond sommeil, Moïra, comme une petite bête qui se glisse dans son oreille, pénètre le rêve de son hôte. Elle peut agir à sa guise dans le songe et devient maître des lieux, créant des situations dont l'hôte ne pensait pas un jour faire.
Ce pouvoir peut-être utile pour apporter un message à quelqu'un, passer un temps heureux avec celle-ci ou bien encore pour lui envoyer une mise en garde ou le tuer.
Contrairement aux rêves normaux (ceux qui peuvent être interprétés ou qui s'oublient au réveil), les visions de Moïra restent gravés dans la tête de son hôte nocturne.

♦ Dangers pour la Voyageuse:
Il lui est impossible d'amener quiconque avec elle.
Elle doit connaitre le nom et le visage de son hôte nocturne.
Suite à un voyage elle sombre un jour entier dans le sommeil et est donc vulnérable.
Au réveil, les maux de têtes la prennent d’assaut. Plus le temps du voyage est long, plus les maux sont violents.
Pendant l’excursion, son corps est figé et ses yeux sont révulsés. La sortir brutalement d'un instant pareil peut la tuer ou pire encore, la rendre totalement folle.

♦ Dangers pour le Rêveur:
Bien qu'elle puisse être douce, l'illusion peut s'avérée être ou devenir un pur cauchemar. Ce qu'on appelle un mauvais voyage. Les risques pour l'hôte sont nombreux, en voici les périls:
La folie, si les apparitions de la Voyageuse sont trop fréquentes, car il se mettra à confondre vie réelle et chimères.
Le décès, si une peur violente l'envahit.


♦ Moïra et sa magie:
Pour le moment, la jeune Mage des Songes sait seulement pénétrer dans les rêves. Elle connait les joies du "retour" dans le monde réel. Elle ne peut pas - pour le moment- rendre fou ou tuer ses hôtes. Elle ne s'est pas montrée dans ses précédentes esxcursions. Tel un fantôme, elle erre.



Compétences, forces & faiblesses


♦ Compétences:
Artisanat
Cuisine – Maître.
Botanique – Intermédiaire.

Art de l'Assassinat
Combat avec Arme Blanche ; Lame – Intermédiaire.
Poisons & remèdes – Intermédiaire.

Art d'espionnage
Discrétion – Maître.
Renseignement – Intermédiaire.
Évasion – Novice.

Art du Langage
Langage du corps – Maître.
Langage Universel ; Le kaerd – Maître.
Langage d’État ; Le rhaedar – Intermédiaire.

♦ Forces & Faiblesses:
Sincère
Optimiste
Esprit Ouvert
Indépendante
Aventureuse

Frivole
Opportuniste
Gourmande
Rancunière
Capricieuse



Physique


Ô élégante, élégante Moïra. Qui oserait jeter la pierre sur toi et tes formes ? Certainement pas moi. Vêtue de tes plus beaux vêtements d'un bleu nuit ou d'un violet mystérieux. Nippée de tes guenilles aussi sombres qu'une nuit sans astre. Costumée à la mode des femmes du pays ou bien encore en homme, tu ne cesses de m'éblouir. Cependant, ta plus belle tenue, celle qui de toutes est celle qui me transforme en esclave, est sans nul doute lorsque tu ne revêts rien.

Ô blanche, blanche Moïra. Qui condamnerait, à s'en damner, ta peau aussi blanche et précieuse qu'une perle qu'on aurait débusquée à une huître ? Tes formes ni trop minces, ni trop généreuses, chavirent mon coeur. Ta taille fine, tes petites mains et pieds d'enfant, me font toujours autant sourire. Ton petit nombril creux, ton petit bout de ventre rebondi et tes côtes légèrement dessinées lorsque, dans un élan soudain, tu te cambres, me laissent à penser que tu n'es guère épaisse.

Ô séduisante, séduisante Moïra. Qui refuserait, sans même hésiter, ta charmante compagnie d'une nuit tranquille ? Un fou, mais non de toi cette fois. Malheur à lui qui n'aura ni la chance de te presser d'un bras contre lui. Qui ne pourra pas goûter à ton long cou de cygne ou bien encore à tes lèvres sucrées. Bienheureux à celui, qui dans un élan de tendresse, te laissera nouer tes jambes fines à sa taille et sentira dans une douleur chaleureuse, tes longs ongles lui caresser le dos.

Ô petite, toute petite Moïra. Toi dont la taille est légèrement au-dessus des belles de notre peuple. De peu certes, mais juste assez pour te faire garder la tête haute et fière. Belle enfant et pourtant aussi discrète qu'une souris. Qui saurait reconnaître tes beautés hormis moi ? Qui viendra jouer au chat et à la souris comme nous jouions autrefois ? Qui viendra cueillir l'hypocras à tes lèvres ? Un chasseur, sans nul doute, venant rafler l'oiseau rare pour le mettre en cage.
Tilion le Gris.


Caractère


Espiègle Moïra. Je te connais sous toutes tes coutures. Tu es comme une rivale, petite sœur...
Telle la chatte qui guette sa proie, tu prends un plaisir fou à jouer. Tu réclames avec un petit air suffisant tes caresses et lorsque tu en es lasse, te voilà prête à griffer et cracher pour qu'on te foute la paix. Fourbe petite créature, tu aimes jouer de bien nombreux tours, mais lorsque vient ton tour, il semblerait que tu apprécies moins cet humour. Sournoise petite prédatrice, tu te joues de tout, tu dis n'avoir peur de rien. Tu fais la belle, la grande jusqu'au jour où le choix doit se faire. Indécise enfant, je me doute bien que tu ne pensais pas à mal en jouant de cette façon et pourtant, le mal à frapper à notre porte.

Capricieuse Moïra. Combien de têtes as-tu fait tourner avant de faire ton mauvais choix ? Ne regrettes-tu rien ?
Non, Ma Dame est bien trop orgueilleuse pour regretter quoique ce soit ou bien encore s'excuser de ses actions. Vagabonde, petite sorcière, comme le venin d'un serpent, tu viens poser ton baiser mortel avant de fuir à travers champs. Frivole menace. Délivrance toxique. Tu ne sembles pas connaître le mal et encore moins le bien. Bourreau, tu tourmentes jusque dans les rêves mon âme de tes yeux assassins. Si ton cœur est encore immature, ton esprit n'en à pas la moindre ombre.

Calculatrice Moïra. Ta patience est l'un de tes charmes. Douce, souriante, avenante, as-tu toujours fait semblant de l'être ? Il y a bien longtemps à présent que je n'ai pas vu sur ton visage un sourire sain. Néanmoins, je ne perds pas espoir, car dans tes yeux glacials, brille encore la flamme du bien. A moins que tu te joues une fois de plus de moi et prétends des sentiments que ton cœur ne connaît pas. Méticuleuse petite fouine. Tu ne prends que ce dont tu as besoin et pourtant, j'ai la nette impression que tu m'as dépouillée jusqu'à l'os sans la moindre tristesse. Opportuniste princesse, tu te sers sans gêne, sans doute, sans tact.

Douce Moïra. La voilà. La souriante, la bonne, la tendre Moïra. Celle dont le rire fait tomber la rosée à l'aube. La généreuse jeune femme qui, donne lorsqu'elle n'a plus besoin. Celle qui rend sa liberté à ce qu'elle a jadis usé. L'enfant réfléchie qui, avec courage, se dresse sans mal devant le fort pour protéger le faible. Celle qui, dans un élan, saute sans la moindre hésitation le ravin pour venir en aide à ses frères. Téméraire guerrière qui ne recule pas même devant le feu. Plus d'une fois je t'ai vue loyale, mais une part d'ombre, au fond de toi, te supplie de la laisser s'étendre et ça, tu ne le vois pas. Ta ballade se trouble bel oiseau, la noirceur envahie ton cœur.

Triste Moïra. Mais qu'as-tu donc fait de moi ? Un monstre, parfois...
Melian, Seigneur de l'Ouest.


Inventaire


♦ Inventaire de Voyage:
Des gants noirs.
Une bourse à poison.
Une bourse.
Un poignard.
Une sacoche.
De la viande séchée.
Une gourde d'eau.
Une plume & de l'encre.
Un cahier.
Un petit livre de prières.
Une cape noire.
Des aiguilles & une sarbacane.


Histoire


Moïra a été conçue d'une manière assez particulière. Je suis probablement la personne la mieux placée pour vous conter son histoire puisque je suis sa mère. Dame Ganäelle Belgard plus connue sous le nom de « La Macasse du Shanoiry ». Pour ceux qui ne sont pas au courant des superstitions qui courent nos terres, ou pour ranimer la mémoire de certains, le Shanoiry est ce qu'on nomme un félin des ombres. Une créature magique qui est attirée par les magies ténébreuses. Son pelage entièrement noir le confond avec la nuit elle-même si bien que nombreux sont ceux qui disent qu'elle aurait en réalité la capacité de devenir invisible. Les yeux de la bête sont violets et animés par des flammes qui vous glacent le sang. Ses dents, dont deux longues et sortantes de sa puissante gueule, coupent aussi bien qu'un rasoir de barbier. Dans mon cas, Shanoiry n'est autre que l'établissement monté par mon défunt époux. Suite à sa mort, c'est donc moi qui ai hérité de la maison close et de ses filles. Quand je dis ses filles, je parle des petites qui travaillent ici. Elles sont au nombre de cinq. Chacune bien différente, mon époux aimait varier les plaisirs... Revenons à la conception de Moïra.

Le Shanoiry venait d'ouvrir ses portes et nous attendions déjà la visite de quelques grands hommes pour inaugurer les lieux et nos filles. A l'époque, j'étais l'une d'elle, la plus âgée sans nul doute. Ce soir-là, des rois et princes étaient présents puis, soit par mesquinerie de mon époux ou bien pour la bonne conscience de l'un d'entre eux, je fus la partenaire d'une tête couronnée. Je ne saurais dire si c'était la pire nuit ou la plus belle qu'il me fût permis d'avoir dans ma jeune existence, mais ce qui est certain c'est que je n'oublierai jamais le regard de ce sang royal. Bien qu'il portât un loup pour garder son anonymat, on ne peut oublier de tels yeux qui vous percent au plus profond de votre âme. Moïra a d'ailleurs hérité de ce regard et c'est probablement pour cette raison que je n'ai pas pu me débarrasser d'elle lorsqu'elle est venue au monde. Ma grossesse fut des plus agréables. A vrai dire, personne ne se doutait qu'à l'intérieur de mon être, une vie était en train de grandir. C'est à ma grande surprise, la veille du Lunae, Élye, 64 de l'ère des Rois, que d'affreuses douleurs me tordirent le ventre au point qu'on dût me monter au grenier pour ne pas affoler la clientèle. Par chance, un médecin alerté par mes hurlements trouva le courage de monter au grenier, je venais de perdre les eaux et je ne comprenais pas. C'est avec un chiffon dans la bouche que je poussais et donnais naissance à Moïra dans la poussière de ce pigeonnier qui, par la suite, allait devenir sa chambre.

La mort de mon époux arriva lorsque Moïra était âgée de six, peut-être même sept ans. Elle n'était encore qu'une enfant et Mon seigneur Belgard l'avait enfermée avec l'un de ses clients particuliers. C'est entre deux fidèles de l'établissement que je cherchais ma fille et me rendis compte qu'elle n'était ni dans sa chambre, ni en cuisine, lieux où elle devait rester lorsque le Shanoiry s'éveillait. Savez-vous quelle rage et quel tourment peut alors avoir une mère à ce moment ? C'est dans une de nos suites que je la retrouvais, nue, en train de courir partout avec cet homme masqué. Pas un mot ne fut dit. C'est avec l'air le plus sévère que j'allais récupérer le trousseau des clés pour sortir ma fille de cette chambre. Je reçus des coups, par la suite, plus tard dans la journée pour mon audace d'avoir défié la grande autorité de Mon Seigneur Belgard. Ah ! L'histoire ne s'arrêta pas là. Ma vengeance fut longue et conduisit mon époux à une fin funeste dans la cave du Shanoiry. On ne s'amusa pas à dire à Moïra que Belgard était parti pour X raison. Il n'avait jamais été connu comme son père, mais comme un oncle peu aimé des femmes de la maison. Il était à présent mort et la demeure me revenait de droit après un certain temps à régler les magouilles et dettes de mon défunt époux.

Moïra grandit donc dans la luxure de Rhaemond. Comme les jeunes enfants, elle reçut la bénédiction de la vie dans un temple dédié à notre dieu. Elle vivait principalement dans la cuisine et l'étage de celui-ci qui donnait sur une chambre tout aussi grande. Ici, elle était à l'abri des courants d'airs qui avaient rendu sa santé fragile étant enfant. C'est auprès d'Ariane, notre cantinière et macompagne, qu'elle apprit l'art culinaire et la botanique. Ariane était très maternelle et ressemblait plus à sa mère que je pouvais l'être avec elle. Elle lui donnait toute l'affection que Moïra devait recevoir pour bien grandir et s'épanouir. Je ne m'occupais que de la vêtir, de la nourrir et de l'instruire pendant longtemps. Ariane a toujours voulu que je me rapproche de ma fille. Elle trouvait que cette petite avait un aussi fort caractère que moi et qu'elle me ressemblât bien plus que je voulusse bien admettre. J'étais réputée pour être une femme sévère et en devenant la macasse du Shanoiry, ce trait de caractère devenait de plus en plus prononcé. La demeure avait bien changé depuis que j'étais l'heureuse propriétaire de cette débauche. Ici on ne vendait pas que les charmes de cinq demoiselles, mais également de la fumée, de l'alcool, des pâtisseries et des séances de bonne fortune. J'étais fière de mes filles et du succès de notre bordel.

Plus Moïra grandissait, plus elle me donnait du fil à retordre. Elle était un véritable ouragan. Pleine de témérité, d'audace, un fort caractère qui nous coûta au seuil de ses dix-sept ans une belle confrontation où je vis que la petite fille que j'avais enfanté n'était plus là. Un soir, je l'ai surprise avec un client. Depuis quand jouait-elle à être une fille de charmes dans mon dos ? Savait-elle que son comportement pouvait me coûter cher ? Non loin de là, car pour elle, elle se pensait supérieure et bien lotie en devenant belle de nuit. Elle pensait qu'il ne pût être que plaisant de rester ici, de connaître plusieurs hommes et femmes, d'être leur confidente, de se sentir chaque nuit belle et désirée, d'être tout simplement la belle et mystérieuse jeune fille du Shanoiry. Je démontais chacune de ses argumentations sans le moindre scrupule en lui disant qu'elle ne savait même pas quelles véritables merveilles se trouvaient hors de ses murs, qu'elle n'aurait qu'une petite renommée si elle restait là, qu'elle ne serait même jamais libre. Sa réponse me remplit d'effroi. Son corps était peut-être au Shanoiry, mais son esprit, son âme seraient toujours libres. Comment en vivant entre ses murs elle avait pu se hisser à une telle philosophie ? Aucune de mes filles n'étaient capable de penser ainsi, pas même Ariane. C'était sur ce coup que je quittais folle de rage la suite pour me confiner dans mon bureau. Le septième jour de la semaine, je l'amenais donc avec nous au temple d'Alvar. Pour leur sortie hebdomadaire, les filles du Shanoiry pouvaient quitter leurs murs pour se rendre au temple d'Alvar. Elles avaient pour obligation d'être couvertes de la tête aux pieds pour ne pas être reconnues par les hommes qui fréquentaient leur lieu de travail et les protéger de toutes représailles. Je fis connaître le même sort à Moïra. A la suite de cette journée, elle comprit que sa place n'était pas au Shanoiry et pour ses dix-sept ans elle me demanda d'intégrer les ordres religieux d'Alvar à mon plus grand bonheur. Les jours qui suivirent elle dut faire ses adieux à un jeune homme de l'Ouest, Melian et lui jura qu'à la fin de son apprentissage elle serait heureuse d'être sa femme. J'étais pleine d'espoir pour ce jeune couple qui avait vu le jour dans un bordel. J'étais loin de penser que les sentiments de Moïra changeraient avec le temps …

Moïra n'acheva pas son apprentissage au sein de l'ordre du temple blanc. Pour tous elle avait été victime d'un enlèvement par deux hommes musclés qui maniaient les armes, mais n'avaient pas répandu le sang. Je connaissais trop bien ma fille pour savoir que tout ceci était une mascarade. C'était auprès de l'une de mes filles que j'appris que son cœur aimait un jeune Tilion, musicien et poète qui après son passage obligatoire dans l'armée, n'avait pas souhaité poursuivre le corps militaire et qu'il lui avait été présenté par Melian. Que pouvais-je faire à présent ? Elle était dehors à courir les chemins avec ces deux hommes. Insouciante enfant. Je m'en voulais de lui avoir donné le goût de l'aventure. C'était grâce à l'une de mes filles que je pusse donc prendre connaissance de ses aventures qui troublaient mes émotions. Au Shanoiry, la réception de ses lettres était un véritable moment d'effervescence. Elle nous décrivait avec passion ses aventures et l'amour qu'elle partageait pour deux hommes. L'un prêt à devenir un véritable paladin, l'autre un grand voyageur.

Un jour, nous recevions sa dernière lettre. Un drame s'était produit dans le trio. Melain fou de rage et de chagrin avait tué Tilion. Dans la peur du moment elle avait fui et courut à travers champs et bois avant de gagner une auberge pour nous écrire. Les portes du Shanoiry restèrent closes ce soir-là. Par la porte de derrière des chasseurs et traqueurs entraient et prenaient place dans le ventre de la maison noire. Ce soir, aucun d'eux ne paya. En échange, ils avaient pour mission de retrouver Moïra et de me la ramener saine et sauve. Pour la deuxième fois de ma vie j'éprouvais l'inquiétude qu'une mère pouvait avoir pour son enfant. Il m'était impossible de sortir d'ici, mais je pouvais en envoyer d'autres le faire à ma place et j'allais user de mes droits pour retrouver ma seule descendance. La nuit, je dormais terriblement mal. J'étais prise de cauchemars violents, qui au matin me laissaient nauséeuse. Nous n'avions rien trouvé jusqu'ici et j'angoissai. Grâce à Alvar, un homme frappât un soir à notre porte pour nous annoncer que ces hommes avaient une piste. Quatre mois et demi plus tard, Moïra revenait saine et sauve au Shanoiry, le ventre gros.

Les filles furent les premières à prendre soin d'elle puis Ariane me devança. Je ne savais pas encore comment agir face à ce ventre rond. Ma fille était enceinte. Au fond de moi, je sentais une pointe de jalousie. Elle allait connaître ce moment, la grossesse. Elle allait pouvoir se préparer à cet événement contrairement à moi qui l'avait subi dans la plus douloureuse des mises au monde. Ravalant ma jalousie, je la pris dans mes bras, au moins elle était là. Le jour suivant, un médecin herboriste vint l'ausculter. Il n'y avait aucun doute, elle était enceinte et donnerait naissance au mois d'Eldra. Petit à petit, la routine du Shanoiry reprit. Moïra regagnait les fourneaux la nuit et profitait de ses amies en journée. Une douce idylle avait reprit son court pendant les derniers mois avant la naissance des jumeaux.

Je me souviens encore très bien de cette journée pluvieuse d'Automne où il fallut aller chercher un homme qui pourrait aider ma douce Moïra à mettre au monde ses petits. Au début, nous ne nous attendions pas à voir deux enfants sortir de ses entrailles. Le sort en décida ainsi et deux petits garçons virent le jour au Shanoiry. Deux bouches de plus à nourrir. Est-ce qu'on pouvait se permettre cela ? Rares était les naissances ici, car mes filles prenaient soin de mâcher et d'absorber suffisamment d'Absolène pour éviter la grossesse. C'était un moyen de contraception coûteux, mais rentable. Ne sachant que faire d'eux, ils restèrent au Shanoiry et ça même après que Moïra nous quittât pour la seconde fois, toujours en quête d'aventures et de sa soif de savoir. Elle partit très vite. A l'aube, une semaine après la naissance des jumeaux. Je crois bien que tout comme moi, elle n'était pas prête à devenir mère. Elle me confia que sa vie sur les routes été formidable et qu'elle souhaitait la goûter de nouveau. Elle me montra avec quelle finesse et agilité elle savait manier une lame. J'étais surprise de la voir ainsi se mouvoir. Quand je lui posai la question, elle me répondit, sans détour, que les deux hommes qui l'avaient accompagnés pendant ses voyages lui avaient apprit l'art du combat. Nous échangeâmes énormément cette nuit-là. Probablement plus que toutes les années où elle était restée ici. Je fus la seule à la voir partir et rien ne me vint à l'esprit pour la faire rester d'avantage et l'obliger à prendre ses responsabilités.

Les jumeaux grandirent bien et avec le temps ils devenaient de plus en plus différents l'un de l'autre. L'un était d'un blond angélique, l'autre d'un brun ténébreux. Physiquement ils avaient à peu près le même gabarit, mais leur caractère était totalement différent. L'un était toujours très souriant, l'autre au contraire toujours morose. L'un plutôt courageux, l'autre plutôt trouillard. L'un plutôt sincère, l'autre plutôt fourbe. Ne connaissant ni Melian ni Tilion, j'avais du mal à savoir de qui ils étaient. Est-ce à cause de la grossesse de Moïra que Melian était devenu furieux au point de tuer son ami ? Je finis même à croire que les deux enfants ne pouvaient avoir le même père tellement ils étaient si différents. Néanmoins, c'est auprès d'eux que je connusse mon instinct maternel, guidée par les douces mains d'Ariane. Aujourd'hui les jumeaux sont âgés de 6 ans et nous ne recevons plus aucune lettre de Moïra depuis leur venue au monde. Je ne pense pas qu'elle soit morte, elle doit encore courir les terres à la recherche de bien des choses à découvrir, sous de nombreux noms. J'espère qu'elle utilise sagement l'absolène, qu'elle ne manque de rien et je me rassure chaque matin en me disant que si un jour elle devait mourir, son corps reviendrait au Shanoiry.

Ganaëlle Belgard
La Macasse du Shanoiry.

Belgard ? Connais pas. Passez votre chemin ou demander à l'homme là-bas, à la table d'en face. La seule petite que je connaisse et qui, peut correspondre à votre description, se prénomme Violette d'après mon souvenir. Une petite serveuse sans importance et un peu trop curieuse à son âge. Je l'ai rencontré à la frontière qui sépare notre pays à celui de Desde. Brune, les lèvres plutôt foncées, des yeux bleus, chétive, sans trop l'être. Une fille banale. Sans histoire je vous dis. Elle m'a servi ma commande, puis je suis parti. Il est vrai que plus tard, dans la soirée, j'étais dans un piteux état et elle m'a ramassé alors que ma joue embrassait le pavé. J'en suis peu fier. Mes sales affaires m'avaient coûtées gros ce soir là. Pendant plusieurs jours, je gardais son lit sans que personne ne le sut. Sur la fin de semaine, je me sentais coupable de la laisser dormir à même le plancher humide et dès que je pu me tenir sur mes deux jambes, j'ai déserté sa case. Ça devenait urgent, elle posait bien trop de questions. Quelques nuits se sont suivis, sans que je ne pense à elle, mais un soir, comme un brusque rappel, son visage me revint en tête lorsque je trouvais dans ma bibliothèque un conte de chez moi. Quand j'étais chez elle, cloué au lit comme un vieil homme et que je n'avais d'autre choix que de l'écouter, j'ai remarqué qu'elle possédait un recueil de prières d'Alvar. Jusque là, rien d'alarmant, beaucoup de personnes possèdent ce genre d'ouvrage bon marché à l'exception que le sien semblait provenir directement d'un temple blanc. Vous savez, les recueils que l'on offre aux jeunes filles qui souhaitent entrer dans les ordres. Elle avait corné chaque page qui contait un accomplissement d'Alvar et à la fin de l’œuvre, à la toute dernière page, en bas de celle-ci un petit « M.B ». Vous ne comprenez pas ? Soit Violette était une voleuse comme Ficelle du Bois de Rhaemond, soit Violette n'était pas celle qu'elle prétendait être. Comme une enfant, elle avait marqué son livre et cornées ses pages favorites. Elle avait un bon langage pour une petite serveuse d'auberge. Peut être même un peu trop bon à mon goût.

Une nuit, avec le conte de Ficelle, je retournais chez elle, mais arrivé au seuil de la porte, je me sentais ridicule. C'est vrai. Qu'est ce que ça pouvait bien me faire qu'elle soit Violette ou non ? Je me rappelle encore très bien avoir haussé les épaules à cette réflexion. Puis, plutôt que de passer par la porte de derrière, je suis entré de la même façon que je m'étais enfuis quelques lunes plus tôt. Par la fenêtre. Dans le fond, je me suis dit qu'au moins, elle aurait autre chose à lire que des prières et que je pouvais la remercier par la même occasion. Bêtise que je venais de faire là... J'avais à peine posé le livre sur son lit et m’apprêtais à repartir par la fenêtre, lorsqu'elle rentra dans sa chambre, à la sortie de son bain. Il suffit de quelques secondes à cette furie pour me claquer avec violence la fenêtre sur les doigts. La douleur me ramena bien vite à la réalité et j'ai retenu un grondement sourd avant de pouvoir dégager mes doigts de dessous ce bois usé. Glissant sur le toit comme j'ai pu, j'étais encore sonné de cette entrée brutale et du coup que je n'aie pas vu venir. En temps normal, dans ce genre de situation, une fille, sa crie simplement non ?

Je vous mets au défis de prendre la fuite avec des doigts dans le même état qu'étaient les miens à ce moment... Vous voulez tout faire rapidement et rien ne fonction. Si bien qu'elle eut le temps de s'habiller d'une chemise trop grande pour elle et d'un pantalon avant de me poursuivre, pieds nus, dans les rues. C'est au crépuscule que j'aie pu trouver un peu de tranquillité. Elle n'était plus à ma poursuite et je n'ai jamais su comment elle avait fait pour me suivre aussi longtemps.

Le mois est passé sans que je n'aie songé à elle et c'est là, qu'elle a frappé de nouveau ! Comme ça !

Un soir, mon pied s'est posé sur un fil de pêche si fin que je ne l'aurai pas remarqué, si la pluie n'avait pas parsemé celui-ci de fines gouttelettes. Statique, dans l'ombre, je n'ai pas osé bouger jusqu'à ce qu'une silhouette ne se découpe dans la flore. Un frisson glaçant m'a parcouru. Je me suis demandé : « Et si, depuis le début, elle savait qui j'étais ? ». Vous savez. Un … Hum. Une cape sombre, un cheval, ne parcourant les terres que de nuit, ça vous dit quelque chose ? Enfin. Elle était là, comme un félin guettant sa proie, et moi, j'étais coincé. Je n'ai même pas voulu songer un instant à ce qui pouvait bien me tomber sur la tête, si ma botte s'ôtait de cette fichue cordelette. Lorsque j'ai vu la pointe de sa lame hors de son fourreau, j'ai lentement levé mes mains vers le ciel. Jamais je n'aurais cru qu'elle était capable de prendre les armes. Prudent, je l'ai observé sans geste brusque. Attendant le moment propice pour échanger ma place à la sienne. Je du attendre quelque peu pour une telle opportunité, car elle était sur ses gardes et me tenait en respect. La conversation a semblé être la meilleure solution de faire diversion. Pour une fois, j'ai prit la peine de répondre à quelques unes de ses questions. J'ai apprit, par la même façon, qu'elle était sur mes traces depuis un moment et qu'elle avait saisi mes activités. Soit ma discrétion laissait à désirer -après tout j'étais dans le métier que depuis un an, voire deux, soit elle avait du flair. J'ai envenimé notre petit entretien en lui annonçant à mon tour qu'elle était bien maline pour une serveuse, mais qu'utiliser le pseudonyme et le métier de couverture d'une héroïne de conte pour enfant n'était pas bien brillant.

Après quelques piques que nous nous sommes gentiment échangé, j'ai réussi à lui saisir le poignet pour la tirer vers moi afin que son pied puisse remplacer le mien sur le piège. C'est un bon coup de poing qui vint s'écraser sur ma mâchoire au même instant. Par réflexe, j'ai eus le malheur de lui rendre. Si son coup ne m'avait pas fait bouger d'un pouce, le mien l'avait mit à terre et le filet nous tomba dessus. Une profonde solitude m'a prit à ce moment. La fine épée était à quelques mètres de là, perdue dans la végétation. J'étais, une fois de plus, coincé avec elle. Je ne saurais dire lequel de nous deux est le plus lourd dans ces moments. Est-ce le fait d'être sous un filet qui sentait la poiscaille à plein nez ou bien est-ce d'avoir bêtement rendu un coup plutôt que de reprendre la route ? Pour sortir de là-dessous, nous avons du travailler à deux. Au début, ce n'était pas facile, elle rejetait pour un oui ou un non la faute sur moi. Après un bon moment, on a pu trouver comment sortir du filet. Sans perdre plus de temps j'ai reprit la route sans me soucier d'elle jusqu'à ce que je remarque qu'elle me suivait encore. Bon sang. C'était pénible de l'avoir comme son ombre ! Elle était bornée. D'Ysino jusqu'à Usha je l'ai eu sur mes talons. J'aurai pu la perdre en traversant la Mer d'Ekio, mais les événements ont fait qu'au final, elle m'a accompagnée jusqu'à Rhaemond et que je l'ai présenté à l'ordre.

Je n'ai pas imaginé qu'un jour elle en deviendrait membre. Je l'ai peut être trop sous-estimé. J'ai découvert, plus tard, que Violette n'était effectivement pas son vrai nom, mais Moïra. Elle n'avait aucune attache, des nerfs solides, loin d'être idiote, suffisamment discrète pour soutirer des informations. Elle n'avait plus d'attaches, puisqu'elle avait perdu une bonne partie de son temps à me suivre comme mon ombre aux quatre coins de Seregon. Elle savait la base du maniement des armes, je lui en appris quelques plus ainsi que dans d'autres domaines comme les différents poisons qu'elle pouvait utiliser. Aujourd'hui ça fait maintenant 3 ans que nous nous connaissons et on peut dire que nous sommes devenus amis avec le temps. Elle est toujours aussi taquine, pipelette et volage mais je lui rends bien.

Aiwendil, Le Cruel.


Ambitions & Desseins


Moïra souhaite préserver l'équilibre de Seregon et pour se faire, elle s'est trouvée une place à l'ombre pour attendre sagement le bon moment pour frapper les agitateurs politiques. Elle prône une vie simple et loin de tout excès. Recluse, elle se donne à la magie et à son ordre. Elle espère en secret voir de ses yeux un dragon ou un drake.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé de 18 ans ? : Parfaitement.
Si vous prenez un personnage important et que vous disparaissez, nous autorisez-vous à nous inspirer de votre personnage pour créer un nouveau prédéfini ? : Non.
Moultipass : Mdp validé par pépé



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◈ Missives : 2155

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Dim 31 Mai 2015 - 17:12

Bienvenue ici chère Moïra.

Te voici enfin validée.

Je t'invite à créer ton journal de bord en partie parchemin des héros, à remplir ton profil si ce n'est pas encore fait et à faire une demande de RP pour débuter ici tes aventures ! Smile