Azzura

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Tomoe Miura - Shinobi

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◈ Missives : 30

◈ Âge du Personnage : 30 ans.
◈ Alignement : Loyal neutre-mauvais.
◈ Race : Valdur.
◈ Ethnie : Inoë.
◈ Origine : Usha.
◈ Localisation sur Rëa : Yune (Usha)
◈ Magie : Magie Métabolique : Dernier Souffle.
◈ Fiche personnage : Tomoe Miura

Âme Damnée
Tomoe Miura

◈ Sam 11 Avr 2015 - 23:41

◈ Prénom :  Tomoe.
◈ Nom : Née Shinziwa, utilise désormais le nom de Miura, intégrée secrètement dans le clan Kamitsuki.
◈ Sexe : Féminin.
◈ Âge : 30 années.
◈ Date de naissance : Deuxième Astar de Phra, an 60 de l’Ère des Rois.
◈ Race : Valdur.
◈ Ethnie : Inoë.
◈ Origine : Usha, un village perdu dans les forêts du Sud.
◈ Alignement : Loyal neutre, oscillant vers le mauvais.
◈ Métier : Shinobi impérial d’Usha, limier de Morimane et lame des Kamitsuki ; couverture favorite : membre des Ize Zumi.


Magie



Elle rit. Un rire las, dépité. Il a atteint le bas du mur, les documents avec lui. Son regard narquois balaie la demi-douzaine de soldats qui brandissent leurs armes vers elle. Inutile. Elle a réussi. Ils pourraient s’en aller. Ils devraient. Ce n’était qu’un travail. Mais non. Leur fierté, leur orgueil de guerrier, de mâle, ne peut laisser passer cette humiliation. Alors l’un d’eux avance. Elle sourit. Un sourire féroce, qui dissimule mal sa souffrance. Elle tâte machinalement son épaule. Déboîtée. Impossible de s’échapper. Pas dans son état. Son bras ne supportera pas la descente. D’un geste faussement désinvolte, bravache, elle tranche la corde et laisse tomber son poignard. Qu’ils viennent. Ils ne l’auront pas vivante. Non pas qu’ils en aient l’intention. Leurs yeux brillent de fureur. Elle ne pourra pas tous les vaincre. Mais là n’est pas l’important. Pour chacun des leurs tués, c’est un peu plus d’avance pour son camarade. Ils avancent. Elle s’efforce de se mettre en garde, mais la douleur est trop forte …

Alors, quelque chose s’éveille en elle. Un refus. Un cri. Non. Pas ici. Pas comme ça. Elle sent l’énergie l’envahir, chasser la douleur. Tout devient clair, limpide, comme dans un rêve. Sa main jaillit, intercepte le poignet en pleine descente. Une torsion, une articulation qui se brise, un cri de douleur rapidement interrompu lorsque l’épée transperce la gorge de son propriétaire. Son pied fouette l’air vers l’arrière, percutant un sternum, brisant deux côtes. Son bras blessé se soulève. Elle sent l’os racler, mais la douleur n’afflue pas. Nulle hésitation. Ses doigts crèvent un œil, puis un deuxième. Par instinct, elle se baisse. Elle ne marque pas l’arrêt, se retourne d’une volte, agrippant avec force les épaules de l’agresseur. Son genou percute son diaphragme. Une fois. Deux fois. Trois fois. Il s’effondre. Un cri de rage. Elle esquive le premier coup, agrippe la lame à pleine main, sous le regard ahuri du soldat. Un regard qui se voile rapidement lorsque le front de la furie entre en contact avec le nez de l’homme. Il chancelle. Une paume frappe sèchement sa glotte, lui coupant le souffle à jamais. Le dernier reste bloqué, terrorisé, tandis que la mort s’approche. Un bruit sec de cervicales brisées. Il s’effondre telle une poupée désarticulée.

Elle secoue sa tête, comme si elle se réveillait. Un bref instant, sa lucidité lui revient. Elle contemple le carnage. Quatre hommes sont déjà morts. Le cinquième agonise. Le sixième, aveugle, cherche en vain son épée sur le sol. Et puis la douleur revient. Horrible. Démesurée. Le moindre mouvement de son épaule blessée lui fait frôler l’évanouissement. Elle remarque alors seulement la dague plantée dans sa cuisse, le sillon d’une lame sur son avant-bras, ses phalanges qui s'ornent d'une plaie béante. Elle ressent le coup d’épée qu’elle n’a pu esquiver à temps, la ligne de feu qui lui cisaille le dos. Elle chancelle et trébuche, alors que sa cheville tordue se manifeste à son tour. Elle se recroqueville et hurle à la mort. Elle s’évanouit.

Spoiler:
Magie métabolique : Dernier souffle.

Si Tomoe a encore le plus grand mal à discerner la réelle nature de cet étrange pouvoir, une chose est claire : il ne se déclenche que face à un danger extrême, une question de vie ou de mort. Puisant dans ses ultimes ressources, une décharge d’adrénaline balaie la souffrance, la fatigue, la moindre hésitation, la forçant à se mouvoir avec une seule finalité : survivre, éliminer la menace. Insensible à la douleur, capable d’exploiter son corps à son potentiel maximum, l’Inoë se mue en une véritable machine à tuer. Premier hic, son corps n’en reste pas moins humain, et donc restreint à des normes strictement humaines. Deuxième hic, la disparition de la douleur la pousse à mobiliser ce corps bien au-delà du raisonnable. Fractures, déchirures musculaires, et pire encore sont à prévoir en pareille extrémité. Troisième hic, il est alors impossible de communiquer avec elle, quelle que soit la méthode employée. Quatrième, et le pire, la débauche d’énergie que cette magie nécessite est telle qu’elle ne peut être mobilisée que durant un laps de temps très court. Quinze secondes se traduisent déjà par un épuisement sévère. Trente, et elle aura le plus grand mal à ne pas défaillir. Une minute, et c’est un coma de plusieurs jours qui l’attend. Au-delà … c’est sa vie qui est mise en jeu.


Compétences, forces & faiblesses



• Art des Shinobis:

- Agilité & adresse : experte
- Crochetage : experte
- Déguisement : intermédiaire. Dissimuler les tatouages de son corps s’avère difficile.
- Discrétion : experte
- Détection : maître
- Armes de jets & dagues : maître
- Alchimie (Poisons, antidotes & fumées) : experte. Aussi bien dans l’utilisation que dans la confection.
- Évasion : experte
- Stratégie de combat : experte
- Torture : experte


• Art des Ize Zumi

- Survie & pistage : experte.
- Equitation : intermédiaire. Elle tient sur le cheval, mais préfère cheminer à pied …
- Art martial (mains nues & bâtons) : maître.
- Méditation : intermédiaire. Tant que c’est au calme …
- Natation : experte.

• Connaissances Inoës

- Géographie : experte
- Histoire : novice
- Nature : intermédiaire
- Coutumes : experte
- Religion : intermédiaire. Croyante, pratique les rites, mais sans zèle excessif.

• Connaissances extérieures :

- Coutumes : intermédiaire (Vreën), novice (le reste).
- Nature : intermédiaire (Seregon), novice (le reste).

• Langues

- Inoës : Shaë (maîtrise), Yseï (expertise).
- Vreën :  Kaerd (intermédiaire) : compréhension correcte, expression plus passable, avec une syntaxe et un vocabulaire approximatif, et surtout un fort accent shaé.
- Par bribes (formules de politesse et de remerciement, quelques injonctions) : algaréen, élirois et rhaedar.


• Points forts :

- L’Inoë est une combattante aguerrie, expérimentée, disciplinée. Difficile de la distraire, de la provoquer. Elle sait improviser et s’adapter aux imprévus. Elle n’a aucun scrupule à employer des coups bas ou à s’enfuir si la situation l’exige. Pas de fierté mal placée, ni d'honneur dans le combat.
- Même si ses connaissances alchimiques n'ont rien d'académiques, elle n'en est pas moins capable d'identifier l'écrasante majorité des poisons, drogues et autres substances existantes. Et, bien évidemment, d'en déterminer la parade en un éclair.
- Si elle n'est pas la plus furtive de son ordre, ni celle qui se déguise le mieux, elle a un talent incroyable pour repérer des confrères hostiles, qu'ils soient déguisés ou dissimulés. Ses sens sont rudement aiguisés, et elle n'a pas usurpé son surnom de limier !
- Sa couverture favorite, celle d’un membre de l’ordre Ize Zumi, lui permet aussi bien de justifier sa circulation à travers les territoires Inoës que de se prémunir de toute attention indésirable. Seul un fou se risquerait à importuner l’un de ces maniaques du combat, quand bien même ce serait une femme …


• Points faibles :

- Ses allégeances envers l’empereur et le Clan pourraient s’avérer contradictoires, à l’avenir. Un conflit ouvert entre ces deux entités ne manquerait pas de la secouer durablement, voire de la briser psychologiquement. Sa fidélité au clan est absolue, mais renier son serment de servir le souverain d'Usha serait un véritable cataclysme pour son équilibre intérieur.
- Le problème d'un assassin, c'est qu'il faut voyager léger. Alors oui, une dague, c'est discret, un bâton, ça n'attire pas l'attention, les armes de jet, c'est tout aussi facile à dissimuler. Mais pour affronter de front un guerrier en armure, surtout les spécimens équipés d'une arme à rallonge (espadons et autres hallebardes en sont l'exemple extrême), c'est bien léger ! Et ne parlons pas des archers !
- Son manque de compréhension envers les non-Inoës et les parias de sa société frôle souvent l’intolérance, quand elle ne se vautre pas allégrement dedans. Elle est loin, très loin d’être mesurée et conciliante quand on exprime un avis contraire aux codes Inoës. Ce n'est pas une diplomate, ni même une espionne : d'autres qu'elle se chargent de ces besognes-là. Elle manie mieux les poings que les mots.
- Sortie des territoires Inoës, la dame est perdue, littéralement et au figuré. C’est un monde que non seulement elle ne comprend pas, mais qu’elle a peu fréquenté (de brefs séjours dans les royaumes Vreën de Seregon, un seul en Ordanie) et où elle ne passe pas facilement inaperçue (accent, apparence, attitude).


Physique



La silhouette se fraye un chemin parmi les arbres. Un loup fait irruption dans la clairière et se fige sur place. L’humain n’a rien d’impressionnant. A peine cinq pieds de haut, cent vingt livres tout au plus. Et pourtant, le prédateur recule. Son instinct le lui hurle, aussi fort qu’un orage. Danger. Il émet un couinement presque comique, puis déguerpit sans prévenir. Le voyageur ne lui accorde pas le moindre regard. Il avise la cascade et soupire de soulagement. Le bruit d’un tissu qui frotte sur le sol. Il laisse tomber sa courte tunique tâchée de sang sur le sol, révélant le spectacle étrange d’un corps couvert de tatouages, des chevilles au cou. Un corps indéniablement féminin, malgré ses courbes à peine esquissées, sa musculature sèche mais développée, sa démarche énergique, presque sauvage, cette balafre sur son omoplate, cette autre, là, sur son bras gauche. Et puis il y a cette cicatrice en étoile sur sa cuisse droite. Le sillon d’une lame sur ses doigts. Et encore d’autres. Et puis il y a cette économie de mouvements. Cette peau tannée par les éléments, les cals de ses mains. Ses tatouages, à la symbolique qui n’échapperait pas à un Inoë. Ize Zumi. Un ordre de moines, d’ermites, une seule vocation : l’excellence du corps. Artistes martiaux excentriques, considérés à la fois avec respect et répulsion.

Elle se penche vers l’eau et frotte ses bras, lentement, méticuleusement. L’eau claire se teinte de rouge. Elle s’interrompt, se confrontant à son reflet, l’espace de quelques instants. Les traits typiques des siens, réguliers, tout en courbes. Un visage somme toute ordinaire, bien proportionné, harmonieux, sans être d'un exotisme ou d'une beauté renversante. Une face qui lui donnerait volontiers l'air inoffensive, voire même un peu naïve, s'il n'y avait pas le reste de sa personne. Des yeux en amande, des iris d'un marron sombre qu’on devine un rien railleurs, jamais au repos. Une bouche déformée en une moue ironique, arborant la trace d'une ancienne coupure. Un nez volontaire, qui aurait pu être joli si son arête ne gardait pas la séquelle d’une vieille brisure. Des cheveux longs d’un châtain clair, ramassés en chignon, encrassés par des semaines de voyage. Elle les dénoue avec brusquerie, les laissant flotter librement jusqu’aux omoplates/ Alors elle s’immerge enfin dans l’eau de la cascade. Elle ferme les yeux, et s’assied en tailleur, le souffle lent, son cœur presque léthargique. Le torrent se charge d'ocre quelques instants, et puis redevient limpide. Sa chevelure a retrouvé sa teinte naturelle d'un brun foncé, débarrassée de la teinture. Ses muscles se délassent, ses sens se diluent. Un sourire serein s’épanouit sur ses lèvres.


Caractère



- Seigneur, puis-je …

- Parle, Tomoe. Je sens qu’une question te brûles les lèvres.

- Je ne comprends pas … pourquoi vous a-t-il trahi ? Il avait tout. Confort, argent, une promise, une place de choix au sein du clan … alors pourquoi ? Pourquoi tout jeter aux ordures, et son honneur avec ? Non, je …

Il lève la main, interrompant le flot de question avant qu’il ne devienne intarissable. Il est rare qu’elle émette le désir de s’exprimer en sa présence, mais dès lors, elle peut discourir pendant des heures, sans perdre son souffle.

- Une question, Tomoe. Pourquoi m'as-tu servi ?

Elle plisse les yeux, cherchant le piège. Ce n’est pas dans ses habitudes de répondre à des questions aussi directes. Elle se déroberait bien, mais la posture du chef indique qu’il ne l’accepterait pas. Elle baisse la tête.

- Pour l’honneur du clan, et pour la stabilité de l’Empire.

Il rit doucement.

- Une réponse des plus convenues, n’est-ce-pas ? Mais je note que tu n’as parlé du bien de l’Empire … ce n’est pas un hasard, je crois ? Allons, parle honnêtement.

Elle relève la tête. Une lueur effrontée, impertinente. Un sourire s’étire sur ses lèvres.

- Le bien ? Une notion vide de sens, comme le mal. Il y a ce qui est conforme au code, à l’honneur et ce qui ne l’est pas. Il y a ce qui est dans l’intérêt du clan … et ce qui lui est préjudiciable. Il y a ce que vous décidez … et ce que vous condamnez. Vous désirez la stabilité de l’Empire. Soit. Mais le bien de l’Empire … si un clan doit prendre l’ascendant, alors un autre en souffrira. Si un marchand remporte un contrat, son concurrent en pâtira. Si un guerrier remporte un duel, l’autre y laissera la vie. Le bien du plus grand nombre, peut-être, mais le bien de l’Empire tout entier ?

Elle incline la tête sur le côté, une moue ouvertement sceptique. Il hoche la tête, approbateur.

- Et pourtant, tu m'as servi, fidèlement, malgré cette lucidité. Pourquoi ?

Elle se mordille les lèvres, hésitante.

- Parce que je vous dois tout. Un abri, un toit, un nom, une raison de vivre … un clan. L’honneur qui l’accompagne. Parce que j’ai foi en vous. En ce chemin que vous arpentez. Parce que vous, vous êtes lucide. Parce que j’ai plus confiance en un homme avouant son ambition qu’en celui qui la dissimule. Parce que vous avez toujours été sincère avec moi.

Il rit.

- Et pourtant, tu doutes. Oh, j’ai bien entendu tes paroles, et je sais que tu y crois. En partie, du moins. Tu penses pouvoir concilier les intérêts du Clan et de l’empereur … mais ce n’est pas possible, pas toujours, Tomoe. Oh, inutile de nier, je l’ai vu dans tes yeux. Tu t’es attachée à cet enfant. Quoi de plus normal ? Mais ta place est ici. Tu le sais aussi bien que moi. Tu n’es pas une ingrate. De toute façon, il finira soit par ressembler aux autres puissants, tôt ou tard, soit par être éliminé, soit par être contrôlé. Au fond, ce dernier destin est celui que tu devrais lui souhaiter, non ? Une existence insouciante, déchargée des problèmes du gouvernement …

Il lève la main pour lui imposer le silence.

- Mais je divague. Non, ce n’était pas à ça que tu pensais, pas vrai ? Nous ne parlions pas de trahison, mais d’exil, de désertion. Et c’est bien cela que tu ne comprends pas, je me trompe ? Comment un homme peut-il tout abandonner, clan, famille, honneurs, valeurs, pour poursuivre un rêve insaisissable ? La liberté ?

Elle hoche la tête à son tour.

- Tu le sais, la liberté est une illusion. Tous, nous sommes asservis. Mais c’est dans le choix de ses chaînes que réside la valeur d’un être. Ceux qui se subornent à leurs bas besoins matériels, à l’assouvissement de leurs pulsions, ne valent guère mieux que des bêtes sauvages. Pour s’accomplir, chacun a besoin d’un idéal, d’une cause supérieure à laquelle vouer sa vie. Les Inoë ont leur clan. D’autres leur peuple, leur royaume, leur dieu, leur idéal. Et toi, plus que les autres, tu ne saurais survivre sans. Oh, je sais bien que tu étouffes, par instants. Tu voudrais être ton propre maître, Tomoe ? Décider par toi-même de ta vie ?

Ses mots de protestation s’étouffent dans sa bouche devant le regard implacable. Elle reste figée. Les paroles tonnent, implacables. Un jugement ? Même pas. Une simple énonciation des faits, sur un ton calme, confiant.

- Qu’en ferais-tu, de ta vie ? Tu voudrais fonder une famille ? Avoir des enfants, un mari ? C’est normal, pour une femme de ton âge. Mais … tu te connais mieux que quiconque. Quel homme honorable voudrait d’une femme qui se complaît dans le meurtre ? Plus versée dans l’empoisonnement que dans la cuisine ? Qui préfère le craquement des os, le gargouillis d’une gorge tranché, à la douce mélopée d’un instrument ? Qui prend plaisir à extorquer des bribes d’informations dans le sang et les larmes ? Qui aime l’ivresse et la recherche souvent ? Qui privilégie le langage du poing à celui des mots ? Que deviendrais-tu, livrée à toi-même ? Une épée a besoin d’une main avisée pour la manier, sans quoi elle perd toute son élégance, toute sa raison de vivre, pour ne devenir qu’un couperet de boucher.  Voilà, pourquoi, Tomoe, tu ne saurais te permettre d’abandonner cette vie. Voilà pourquoi tu ne peux comprendre ceux qui choisissent de retomber dans la fange. Et voilà aussi pourquoi je ne saurais te laisser faire. Les esprits sont bien farceurs, pour t’avoir affublé d’un tel fardeau, et d’une telle lucidité …

Son regard s’adoucit quelque peu, brillant de ce qui semble être de la compassion.

- Tu te souviens, n’est-ce-pas ? Je te l’ai promis, ce jour-là, Tomoe. C’était le pacte que nous avons passé, tous les deux. T’ais-je trahi ou menti un seul instant, mon enfant ?

Elle s’incline profondément, le front touchant presque le sol. Lorsqu’elle se relève, ses yeux sont redevenus sereins, apaisés. Sa bouche sourit à nouveau.

- Jamais, seigneur. Vous m’avez procuré tout ce qu’il me manquait vraiment.

Il incline légèrement la tête sur le côté.

- Et Morimane ? Pourra-t-elle compter sur ta loyauté indéfectible, elle aussi ?

Elle rit doucement.

- Vous me taquinez, seigneur ? Vous connaissez déjà la réponse à cette question-là. Ma vie lui appartient, tout comme à vous. Elle est de mon clan, de mon sang.

Un sourire affectueux passe fugitivement sur les traits du vieil homme, puis il se ressaisit.

- Alors va. Trouve-le, et ramène-moi sa tête. Tous doivent connaître le châtiment réservé aux déserteurs.

Elle se relève et s’incline à nouveau, joignant les poings pour signifier sa résolution. Mais une pensée lui vient. Quelque chose cloche. Ce n'est pas ... Cette scène sonne faux. Les larmes lui viennent aux yeux alors qu'elle se souvient. Ses lèvres s'ouvrent, mais les mots ne franchissent pas ses lèvres. Tout s'effondre.

Elle se réveille en sursaut, le cœur au bord des lèvres. Une année, déjà... Elle s'étire en grommelant, pestant contre elle-même. Il serait temps qu'elle accepte enfin, qu'elle aille de l'avant. C'est la vie ...


Inventaire



" Le rôle des Shinobis impériaux est quelque plus complexe. Plus que de simples assassins et espions, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une unité d’élite, chargée à l’origine aussi bien de protéger la famille impériale contre toute agression, extérieure comme intérieure, que d’accompagner l’armée de l’Empereur lors de son déploiement afin d’assurer la reconnaissance, le sabotage et l’élimination des cibles vulnérables adverses. Au fur et à mesure des années, leur fonction s’est étendue à la protection des hôtes de l’empereur, des ambassadeurs impériaux, la traque des traîtres et l’exécution de cibles sensibles.

Comme leurs confrères claniques, une bonne part de leurs missions s’exécute sous le couvert d’une identité de diversion. Ils n’en disposent pas moins d’une tenue réglementaire, réservée aux mouvements officiels, comme leur service au sein du palais, la protection d’ambassades, un déploiement conjoint à l’armée … ou une démonstration de force. La voici, en substance : un ensemble en coton gris sombre, parfaitement ajusté, sur lequel ils passent une veste du même matériau, pourvue d’un capuchon et d’un couvre-nez. De façon plus inhabituelle, ils arborent quelques pièces d’armure, d’un alliage plus léger que résistant, terni, mais suffisant pour dévier un impact de puissance moyenne. Rien de bien trop lourd, évidemment : genouillères, épaulières et un plastron. Quant à l’armement, ils privilégient bien sûr les armes les moins encombrantes et les plus discrètes : dagues, sabres courts, armes de jet. L’usage de poisons et autres décoctions alchimiques est également attesté."

"Comment reconnaître un Ize Zumi ? Rien de plus simple. Premier point : les tatouages qui recouvrent leur corps. Deuxième point : leur tenue pour le moins … légère, dirons-nous. Il n’est pas rare qu’ils arpentent les étendues sauvages dans le plus simple appareil, dès lors que les températures le permettent. Même en plein cœur de l'hiver, ils dédaignent les lourds manteaux et les fourrures, pour de simples vêtements de tissu. Quelque soit la saison, ils consentent néanmoins à enfiler un habit au moment de rejoindre les villes. Mais quelle tenue … un simple pagne pour les hommes, une courte tunique sans manche et qui ne descend qu’à mi-cuisses pour les femmes … Enfin, elle a au moins le mérite de permettre d’apercevoir leurs tatouages, et d’ainsi se tenir à l’écart. La seule arme dont ils consentent à s’encombrer n’est rien d’autre qu’un grossier bâton de bois …"



Histoire



L’inconscience l’accueille, enfin. Un oasis de paix, cerné par des vagues de souffrance. Elle l’ignore. Peut-être est-elle à l’agonie. Mais ici, il n’y a rien qui importe. Pas de douleur, pas de devoir, pas d’honneur, pas de dette, rien d’autre que l’apaisement. Elle pourrait rester une éternité dans cet état. Mais non. Il y a ces bruits qui viennent bourdonner à ses oreilles. Elle voudrait les ignorer, en vain. Des croassements, des piaillements, qui la harcèlent et l’arrachent à son refuge. Elle se sent remonter, lentement, vers la lumière. Et puis, brusquement, sans crier gare, la douleur dans son épaule s’amplifie. Elle ressent l’os glisser, avec une lenteur effroyable, pour regagner son logement. Elle rouvre les yeux, un hurlement montant dans sa gorge, se débat. En vain. Un corps pèse sur le sien, des mains agrippent ses membres, l’empêchant de ruer des quatre fers. Une autre la bâillonne avec douceur mais fermeté. Et il y a cette voix, à son oreille, familière, réconfortante. Elle ne comprend pas les mots, ni les phrases, mais son corps se relâche, inconsciemment. La douleur baisse d’un cran, moins aiguë, moins agressive. Elle se sent replonger, mais entend encore quelques fragments de la conversation que l’on tient au-dessus d’elle.

- … t’as vu ses blessures ?

- … six qu’elle a étalés … jamais vu ça … magie …

- … vos gueules … faut vite suturer ses doigts, ou elle va les perdre … le pavot, bon sang !

Elle sent que l’on porte un bol à ses lèvres, qu’on la force à boire. Elle grogne, essaie de tourner la tête. Mais ni la main qui bloque sa tête, ni celle qui tient le bol ne lâchent prise. Alors elle laisse le liquide couler. Tout, pourvu qu’on la laisse dormir. Une torpeur bienvenue s’empare d’elle, alors que la même voix calme s’exprime une dernière fois.

- … est bien … calme, Tomoe … en sécurité, maintenant ...

Des souvenirs lui reviennent alors, calmes, apaisés, sans le mordant d’antan. Elle revoit un village d'Usha, une bourgade avoisinant un domaine seigneurial. Elle hume l'odeur du tas d'ordures, elle entend les rires moqueurs, elle goûte son sang coulant de sa lèvre fendue, elle ressent l'impact de la gifle.
 

Le coup de poing part, percute sa mâchoire. Elle pousse un hurlement de rage et fonce tête baissée. L’un des garçons s’effondre, un grognement de douleur et de rage mêlée, les mains plaquées sur son entrejambe. Pourtant, ses deux comparses n’abandonnent pas la lutte. Eux, deux solides gaillards de douze années, admettre une défaite des mains d’une enfant malingre d’à peine dix ? Jamais ! La lutte reprend de plus belle. Malgré l’acharnement dément et la férocité de la puînée, elle finit à terre, le nez en sang, la face dans la poussière. L’un d’eux crache alors, arborant un air méprisant. Ils s’éloignent alors, soutenant leur camarade à la virilité maltraitée tantôt. La gamine reste à terre quelques secondes, puis s’ébroue et se relève tant bien que mal, chancelante. Sur ses traits, la haine le dispute à la déception. Mais ses yeux, eux, recèlent encore cette lueur féroce et étrangement satisfaite qui les a saisis lorsqu’elle a sentit son os percuter les parties du malheureux …

Le temps s'accélère alors. Elle se retrouve dans un atelier de potier. Un homme, les mains enduites de glaise, est penché sur son tour. Lorsqu'il l'entend rentrer, il se retourne, l'air à la fois triste et courroucé devant son piètre état. Il se remet à la tâche, la laissant s'asseoir en tailleur.

- Tu t'es battue. Encore.

Ce n'est pas une question.

- Oui.

Il soupire, sans cesser son travail pour autant.

- Pourquoi ?

Un rictus déforme ses traits, mais elle répond d'un ton égal, monocorde, sans laisser transparaître son mépris.

- Ils m'insultaient. Nous. Mère. Craché sur mon honneur.

Un nouveau soupir s'échappe de la bouche de son père. Il se retourne, ses yeux gardant leur habituelle lueur résignée.

- C'est ainsi. Nous n'avons pas de clan, Tomoe. Seul un acte profondément déshonorable peut nous valoir un tel état. Tu devrais plutôt garder ton calme, et remercier le chef de clan de nous avoir accordé sa confiance malgré tout ...

Elle étouffe un rire méprisant. Des miettes. Voilà ce dont il lui faudrait se contenter. Trimer toute une vie, se casser le dos sur un tour, courber le dos face aux moqueries, et tout ça pour quoi ? Gagner à peine de quoi se vêtir et se nourrir, un toit qui laisse s'écouler l'eau ? Elle pourrait encore l'accepter, si elle avait le sentiment d'être à sa place. Mais non. Même ça, on le lui refuse. La colère monte. Elle la maîtrise tant bien que mal, mais ne peut s'empêcher de la laisser sourdre dans les quelques mots qui résonnent alors.

- Moi, c'est ça ? "Acte profondément déshonorable" ? Alors, pourquoi ... pourquoi je suis vivante ? Pourquoi tu ne me tues p...

Son père se retourne avec vivacité. Sans un avertissement, il la gifle à la volée. La joue brûlante, elle le dévisage, les yeux noirs de colère. Pourtant, la fureur qui couve dans le regard de son géniteur n'a rien à envier à la sienne.

- Ne redit jamais ça. Jamais. Ta mère t'a offert cette vie, au prix de la sienne. Je ne te demande pas de me respecter, moi, mais j'exige que tu la respectes, elle. Tu n'as peut-être pas de clan, mais si tu bafoues cela, aussi, alors tu ne vaudras rien, pire qu'un Ordhaleron. C'est clair ?

Elle voudrait répliquer, à son tour. Lui demander, avec ses mots à elle, d'enfant, quelle valeur peut bien avoir sa vie, quand elle n'a ni place, ni honneur, ni passé, ni avenir. Alors elle hoche la tête et s'agenouille à ses côtés. Parce qu'il a raison, au fond. Même cette vie vaut mieux que celle d'un paria, d'un exilé, d'un vagabond, d'un mendiant.

Ses souvenirs se diluent, s'affaiblissent. Des jours, des semaines, des mois s'écoulent. Deux années, mornes et tristes, qui ne s'animent qu'à l'occasion d'une bagarre de plus, d'une rixe enfantine dans la puanteur d'une ruelle. Mais ces affrontements s'espacent, disparaissent peu à peu. Et puis vient le jour, semblable à nul autre. Ce souvenir-là est encore net, brillant même.

- Hé, la bâtarde !

Elle prend une profonde inspiration. Deux années qu'elle s'efforce de se maîtriser, d'appliquer les conseils de son père. Six mois qu'elle n'a plus été impliquée dans une quelconque ruée. Mais ses réserves sont à bout. Elle le hait, cet adolescent de passage. Lui, son arrogance, ses vêtements de qualité, son intonation raffinée, son escorte, et surtout le respect qu'on lui voue. Cinq jours que lui, son père, et leur cortège séjournent au domaine. Trois qu'il imite l'exemple des autres garçons ; quelques fils de soldats, de domestiques et de valets. Elle se retourne et s'incline, s'efforçant de ne rien laisser transparaître de sa rage ... en vain.

- Oui, messire ?

- J'ai soif.

Elle sert les poings, devant son sourire moqueur, elle contracte sa mâchoire, à s'en faire mal. La fontaine n'est qu'à quelques pas. Mais elle s'exécute. Elle remplit la jarre qu'elle avait à la main et s'approche pour la déposer à ses côtés. C'est alors que son pied surgit, lui fauchant les jambes. Elle trébuche, tombe à terre, détruisant ainsi la jarre, s'étalant face contre terre, se meurtrissant les paumes et s'éclaboussant le visage. Des heures de travail ruinées par un simple geste mesquin. Alors retentit le rire, à nouveau. Le voile rouge passe devant ses yeux. Toute raison l'abandonne. C'est comme dans un rêve qu'elle se jette sur l'être honni dans un grognement, qu'elle lui assène une volée de coups jusqu'à lui couper le souffle. C'est sans prendre conscience de ses actes qu'elle le traîne jusqu'à la fontaine avant de lui enfoncer la tête sous l'eau. Pas longtemps, guère plus de cinq secondes. Il crachote, se débat, l'injurie. Elle réitère son geste, ou du moins essaye. Une volée de coups s'abat alors sur ses épaules, la forçant à le lâcher. Elle se débat comme un beau diable, jusqu'à ce qu'un bâton ne percute son crâne, la plongeant dans l'inconscience.  

Elle se rappelle encore de son réveil, à grand renfort d'eau froide, surveillée par deux gardes. Sans même avoir déjà pénétré en ces lieux, elle peut reconnaître l'intérieur d'une résidence seigneuriale. Et puis il y a cet homme, au regard implacable, à l'aura autoritaire presque palpable. Son corps s'incline spontanément, son front touchant le sol. Quelques secondes s'écoulent, le silence s'éternise. Elle reste immobile, figée comme du granit. Cette fois, elle est allée trop loin, elle le sait. Elle n'attend que la sentence. Enfin, le noble s'exprime. Sa voix est froide, maîtrisée, élégante.

- Ton nom ?

Elle prend une profonde inspiration. Pleurer ou s'effondrer ne ferait que lui ôter le peu de dignité qu'il lui reste. Elle parvient à ne pas bégayer, sans pouvoir effacer un léger chevrotement.

- T-tomoe Shinziwa, seigneur.

- Tu as attenté à la vie d'un de mes proches, Tomoe. Connais-tu le châtiment pour ce crime ?

Elle déglutit, péniblement, mais le ton de sa voix l'oblige à répondre.

- La mort. Mais, seigneur, je ne voul...

Il l'interrompt, sèchement.

- Tes intentions n'ont aucune importance. Seuls comptent tes actes. Au moins, n'as-tu pas entaché pas l'honneur de ton clan par ta conduite ...

C'est à ce moment qu'elle s'effondre, nerveusement. Un rire fou, presque dément, s'échappe de sa gorge, alors que les larmes perlent à ses yeux. Son interlocuteur plisse les yeux, surpris par sa réaction, mais pas déstabilisé pour autant. Il attend que le bruit s'arrête, avant de l'interroger, d'une voix non plus accusatrice, mais tout simplement curieuse.

- Étrange ... ne crains-tu donc pas la mort, Tomoe ?

Elle reste silencieuse.

- Parle !

Toujours courbée, elle lâche, d'une voix pleine de rage et de rancœur :

- Pourquoi ? Pourquoi tenir à ma vie ? Je n'ai rien. Honneur, famille, place, rôle, avenir ... rien. Juste pour être née ... juste pour ça. Humiliée, méprisée, rejetée ...

Elle attend. Inutile d'espérer un quelconque apitoiement de sa part.

- Redresse-toi. Affronte la mort dignement.

Elle s'exécute, sans hâte. Alors qu'il croise son regard, il blêmit soudain. Ses yeux se portent vers les gardes, et il aboie, sèchement.

- Sortez. Maintenant !

Alors qu'ils s'exécutent, il se penche vers elle, la dévisageant longuement.

- Si je m'attendais à cela ... oui, la ressemblance n'est pas évidente au premier abord, mais ... pas les yeux, non, mais la couleur des cheveux, la forme du nez, les pommettes, la mâchoire ... et puis ce nom, Shinziwa ! Le prénom de ta mère ?

- Mara.

Il se redresse, tapant du poing sur sa paume, puis se stabilise, à nouveau maître de lui-même.

- Tu me poses un réel problème, Tomoe. La loi est claire. Ton crime mérite la mort. Mais exécuter ma propre nièce ... Même née en dehors du clan, tu restes de mon sang ...

Elle n'ose pas intervenir. Tétanisée, elle ne comprend pas vraiment les mots qui atteignent ses oreilles, leur signification, ce qu'ils impliquent. Son destin ce joue, à ce moment précis. Sa vie est suspendue à la décision de cet inconnu qui prétend être son oncle. Mais tout s'enchaîne trop vite pour que son esprit suive. Une lueur s'allume soudain dans les yeux de l'homme. Une lueur qu'elle apprendra plus tard à reconnaître, avec le temps, comme celle de celui qui vient d'entrevoir une faille à exploiter.

- Dis-moi, Tomoe ... si je te disais que je peux t'accorder tout cela ? Que serais-tu prête à faire pour obtenir ce que tu désires ?

Elle écarquille les yeux. Ce ne doit être qu'un rêve. C'est impossible que ... Sa bouche réagit plus vite que le reste.

- Tout.

Le regard de son oncle devient dur, inflexible. Il saisit le menton de sa nièce d'une main.

- Comprends bien une chose. Tu ne pourras jamais rebrousser chemin. Jamais. Quoique je te demande. Quelle que soit la tâche, tu l'accompliras, sans hésiter. En un mot, tu seras mon instrument. Est-ce clair ?

Elle hoche la tête, lentement.

- Bien. Voilà mes termes du serment. Je te promets une place au sein du clan Kamitsuki. Je veillerai à tes besoins, m'assurerai que tu ne manqueras de rien, et te fournirais toute l'éducation nécessaire au rôle que tu auras à jouer. Surtout, ton honneur sera restauré, et tu seras à jamais des nôtres.

Il attend un nouveau hochement de tête, avant de reprendre.

- Pour les tiens ... ta loyauté, totale, absolue. Exécuter les ordres, sans hésitation, sans jamais les contester. Tu devras tuer des hommes et des femmes qui ne t'auront rien fait, à toi. Tu devras sûrement risquer ta vie, et tu le feras, s'il le faut. Plus que tout, tu ne devras jamais t'en prendre à un membre du clan, sauf si un ordre l'exige. Et, enfin, tu devras protéger le clan et son chef, quel qu'il soit, jusqu'à ta mort ... et par ta mort, si nécessaire. Le jures-tu ?

De là, le temps s'accélère à nouveau, flou. Une brève entrevue avec son père, sous le couvert de la nuit. Les larmes qui coulent sur ses joues, malgré ses efforts pour rester digne. Une brève bénédiction, avant qu'elle ne disparaisse à jamais de sa vie. Tomoe Miura est morte, et elle le restera. Elle ne repartira pas avec son oncle. Il lui assigne un guerrier taciturne pour une destination inconnue. Deux semaines s'écoulent en un éclair. Le flot se stabilise enfin, alors qu'elle se tient dans une clairière.

Devant elle, le guerrier fait face, les bras croisés, à un homme étrange ... un immense, c'est le mot, pour un Inoë. Avec ses presque six pieds de haut, sa musculature impressionnante, et surtout les tatouages qui lui recouvrent tout le corps et dessinent un immense motif aussi mystérieux que menaçant, il l'impressionne, la poussant presque à disparaître sous terre. Et pourtant, l'autre ne daigne même pas paraître impressionné, quand bien même le colosse vitupère, ses yeux lançant des éclairs.

- Une ... une gamine ? Il veut que je m'occupe d'une foutue gamine ... C'est une putain de blague ?

- Vous avez sa lettre. Mon seigneur en appelle à votre promesse.

Le colosse passe sa main sur son crâne rasé. Il serre les dents, lève les yeux au ciel, grommelle, puis acquiesce, un sourire féroce sur les lèvres.

- Soit. Mais je la teste d'abord. Si elle a pas l'étoffe, on y perdra notre temps.

Il pointe alors Tomoe du doigt.

- Toi. Approche.

Elle s'avance lentement, méfiante. Son instinct lui chuchote des mises en garde. Mais elle n'est pas assez prompte pour esquiver le poing, alors même qu'elle ne perçoit qu'un mouvement flou, suivi d'une douleur intense quand son nez se tord sous l'impact. Elle recule d'un pas, portant machinalement la main à son front. Ses yeux s'emplissent de rage, mais aussi d'une certaine satisfaction.

- Première leçon, gamine. On baisse jamais sa garde. Jamais. Allez, viens, montre-moi ce que t'as dans le ventre. Attaque !

Son sang bouillonne, mais un reste de raison la retient. Ce n'est pas une rixe d'enfants. Son adversaire l'impressionne, la tétanise presque. Si l'on devait le résumer en un mot ... dangereux. Mais elle ne peut plus reculer. Elle ne perdrait pas seulement la face, elle trahirait aussi la confiance qu'on a enfin placé en elle. Pire, elle perdrait sa seule chance d'exister. Alors elle se ramasse sur elle-même, et fonce droit sur lui. Une jambe vient aussitôt percuter son  ventre, l'envoyant à terre sous le rire de son adversaire. Une nouvelle tentative se finit d'une manière aussi piteuse, lorsqu'il agrippe son poing avant de profiter de l'élan pour l'envoyer voler au dessus de son épaule. Elle se relève d'un bond, toujours aussi déterminée, ramassant discrètement un peu de terre avant de se retourner. Alors qu'il la considère avec son air goguenard, elle projette la poignée d'humus droit vers son visage, puis s'élance et lui assène son poing, de toutes ses maigres forces, visant l'entrejambe. Hélas, une main s'interpose, enserrant la sienne dans un étau, la forçant à l'immobilité alors qu'il essuie son visage de l'autre.

- Pas mal, pas mal. Prévisible, mais y'avait de l'idée.

Il la considère quelques instants, avant de rire aux éclats. Il finit par s'interrompre et déclare, sans une once de moquerie dans la voix :

- T'as du cran, gamine. Des couilles, des tripes, et même de la cervelle. Va juste falloir que tu saches te maîtriser, gamine. La colère, c'est qu'une béquille. Utile au début, mais un vrai boulet, au final. Et puis, t'aimes ça, hein ? Te battre. Entendre un os se briser, un cri de douleur, ... ouais, je connais ce regard.

Il se retourne vers le guerrier qui n'a pas bougé d'un pouce.

- C'est d'accord, je vais m'en occuper. Quand j'en aurais fini avec elle, soit elle sera devenue une combattante digne de ce nom ...

Son regard se plante alors dans celui de Tomoe, mais elle le soutient avec détermination. Il esquisse une moue approbatrice.

- ... heu, et puis c'est tout, en fait. Allez, viens, gamine, on va soigner ton nez.

Souvenirs heureux d'une période bénie. La vie est rude, sous la férule du moine Ize Zumi. Mais chaque jour est exaltant, dangereux. Elle s'y sent vivante, pour la première fois de son existence. Les images et les scènes se succèdent, réconfortantes. Des mots, aussi. Une clairière où elle répète des gestes, inlassablement."Pense, gamine. Sers-toi de ta caboche. T'auras jamais la puissance brute pour rivaliser avec moi, et je te parle pas d'un Vreën, d'un Alsdern, d'un Sharda ou d'un Ordhaleron ! Les Eleärs seront toujours plus rapides. Alors tu te creuses la cervelle, pigé ? Tu ruses. Tu feintes. Tu trouves son point faible." Ils s'affrontent, encore et encore. Il ne lui fait aucun quartier, retenant tout juste ses coups pour ne pas la mutiler, lui briser un os. Elle se retrouve à terre, encore et encore.

Mais elle se relève, à chaque fois. "Y'a qu'une seule règle au monde dans un combat. Le dernier debout a gagné. Le reste, c'est qu'un ramassis de niaiseries." Son corps maigre, presque décharné, se renforce et se muscle. Ses réflexes s'affûtent. Mais ce n'est pas la seule leçon. Elle apprend à survivre, dans une nature parfois hostile et toujours indifférente. Elle commence à chasser, à fabriquer des pièges, des armes primitives, à faire du feu. Elle s'endurcit, à supporter les éléments, à maintenir son corps au chaud malgré une tenue découverte, voir inexistante. Alors viennent les premières neiges, et le retour du guerrier. Elle reviendra, mais elle n'est pas encore prête à affronter l'hiver, à la mode Ize Zumi. Et surtout, il y a d'autres savoirs à acquérir, ceux du monde des hommes, des nobles, ceux de la société de ses semblables. Alors elle prend congé, et découvre ainsi la ville, la première de son existence.

Immense, c'est le mot, pour une pécore tout juste sortie de sa campagne. Tant d'activités, de personnes, de cris, de bousculades, d'odeurs, de sons ... Et puis elle arrive enfin à la résidence clanique. Son oncle qui hoche la tête, approbateur, évaluant les progrès accomplis de son œil exercé. Alors elle réalise qu'elle a réussit la première épreuve, et qu'il y en aura d'autres. "Bienvenue, Tomoe, dans notre demeure."

Les images s'interrompent à ce moment précis. Elle papillonne des yeux, alors qu'un cri d'enfant vient l'arracher à son repos. Enfin, sa vision se stabilise, devant un plafond qu'elle connaît bien. Sa modeste chambre. Elle est de retour chez elle. Ses pensées sont encore brouillées, mais elle se sait en sécurité. Son corps tout entier est engourdi, sa bouche pâteuse, son estomac grogne sa faim. Elle essaie de se redresser, et ne réalise son erreur que lorsque la douleur éclate dans son dos, dans son épaule. Quelqu'un l'agrippe alors et la force à se rallonger.

- Couchée, Tomoe. J'apprécierais que tu m'épargnes des heures de couture supplémentaires !

Elle grimace mais obtempère. Elle connaît cette voix,  tourne la tête pour contempler un visage ravagé par le temps et par un acide sur une bonne moitié. Abe. Alchimiste et empoisonneur, mais aussi médecin. Elle essaie de parler, mais seul un horrible croassement sort de sa bouche.

- ... ombien de ... gours ... boire ...

Il lui apporte une outre qu'il porte à ses lèvres, la soutenant un peu. Elle la vide presque entièrement. Il la repose en douceur, puis daigne enfin répondre à sa question.

- Trois. Tomoe, je te préviens d'emblée, il est hors de question que tu quittes ce lit pendant deux semaines, au minimum. Tu peux remercier Nachi. Sans lui, tu y laissais tes doigts ... et tant ta cheville que ton épaule n'auraient jamais pu être rétablies correctement. Ses premiers soins t'ont épargné ce triste sort.

C'est alors seulement qu'elle réalise son état. Sa cheville droite, immobilisée par une attelle, son bras gauche en écharpe, sa main droite bandée. Elle hoche la tête. Jamais elle ne s'était retrouvée dans un état aussi déplorable, par le passé. Elle voudrait poser d'autres questions, mais son estomac se rappelle à son bon souvenir. Anticipant sa demande, Abe lui fait boire un bouillon. La fatigue reprend rapidement le dessus, et le sommeil la happe à nouveau dans ses filets.


Elle rentre dans une pièce enfumée, toussotant sous les vapeurs âcres qui montent à ses narines. C'est alors qu'elle remarque l'homme penché sur l'un des nombreux récipients en verre qui garnissent la salle. Partout, des bocaux, sur les étagères, sur les tables, et même sur le sol, par endroit. Elle attend quelques secondes, puis devant son manque d'attention, elle se décide à manifester sa présence en se raclant la gorge.

- Hmmm ... qui ose ... ah, oui, Tomoe, c'est cela ? Tiens-toi tranquille, cette opération est extrêmement délicate ...

Cinq bonnes minutes s'écoulent avant qu'il ne s'intéresse enfin à elle. Il se retourne enfin, lui laissant entrevoir sa face dévastée. Même elle marque un temps de recul devant l'horrible spectacle. Son trouble ne dure qu'un instant, mais le quinquagénaire malingre n'en sourit pas moins, visiblement satisfait de son petit effet.

- Laid, pas vrai ? Mais je dois te prévenir, mon enfant, c'est à cela que tu t'exposes, en suivant la voie qui était la mienne ... Mais la véritable question est ...

Une dague jaillit soudain de ses longues manches, filant droit vers le torse de l'adolescente. Ses réflexes aiguisés par l'entraînement qu'elle a reçut, mais pas assez pour l'intercepter, Tomoe préfère se jeter à terre, le laissant passer en sifflant au-dessus d'elle. Elle se relève, une lueur provocatrice dans les yeux, comme si elle le défiait de recommencer.

- Un choix judicieux, mon enfant. Le poison sur la lame ne t'aurait pas tué, mais il t'aurait bien valu trois heures de douleurs musculaires intenses ...

Elle blêmit.

- Ah, je devine ton trouble. Je vais t'ôter tout doute. Oui, je suis ... enfin, j'étais plutôt, jusqu'à ce petit incident ... un Shinobi. L'un des meilleurs du clan, sans me vanter.

Pris d'une quinte de toux, il porte en hâte une fiole à ses lèvres.

- Tu es ici pour apprendre à tuer, Tomoe. Je sais qu'un Ize Zumi t'apprends à te battre, mais vois-tu ... assassiner quelqu'un n'est pas le combattre. Il faut être rapide, efficace, discret. Frapper dans le dos, empoisonner un plat, tendre un piège. Laisse les idéaux de gloire et de combats grandioses aux autres brutes. Pas d'état d'âme ni de crise de conscience, quelle que soit la cible, tu comprends ? On saisit l'occasion propice, on tue, on disparaît. Un assassin qui se laisse entraîner dans un combat a déjà à moitié échoué ...

Il saisit une fiole et l'agite sous le nez de son auditoire.

- Le poison, voilà l'un des savoirs que je vais te transmettre. Comment l'utiliser, le produire ... mais aussi le repérer, le neutraliser, le soigner. Mais ce n'est pas tout.

Il pointe du doigt Tomoe.

- As-tu seulement idée d'à quel point le corps humain est fragile ? Non, probablement pas ... Et bien, ça aussi, tu l'apprendras. Les différentes manières de tuer. En silence. En douceur. Sans souffrance, ou avec. Comment mutiler ou rendre impotent ... Les points vitaux, les muscles, les tendons, les nerfs ... Comment infliger la douleur pour délier les langues, aussi, si nécessaire. Et bien d'autres choses encore ... te grimer et jouer un rôle, crocheter les verrous, arpenter la ville comme l'ombre que tu devras être, t'évader de n'importe quel endroit ...

Il écarte les bras, un rien théâtral.

- En bref ? Tout ce qu'il te faudra pour servir notre seigneur. Allons, commençons, nous n'avons pas une seconde à perdre. Tu vois cette fleur ...

Elle sourit dans son sommeil. C'est au cours de ces semaines-là qu'elle délaisse ses dernières illusions sur sa propre nature. Non, elle n'est pas quelqu'un de bien. Ce n'est pas seulement qu'elle met un point d'honneur à maîtriser tous les savoirs qu'Abe est chargé de lui transmettre. Non, la vérité est bien pire. Elle y prend plaisir, et pas uniquement à cause de son talent en la matière. A envisager le passage à l'acte, des frissons d'excitation lui viennent. Mais sa discipline intérieure est plus forte que cette sombre pulsion. L'ordre n'a pas encore été donné. Alors elle attend, elle s'applique à perfectionner ses talents. L'ordre fatidique finira bien par tomber. Mais ce n'est pas la seule révélation majeure de cet hiver. Morimane. La fille de son bienfaiteur.  Sa cousine, donc. Celle que les esprits semblent avoir destinée à prendre la tête du clan.

Elle est assise en face de son oncle. Celui-ci parcourt des yeux un rouleau, puis son regard se pose sur enfin sur sa nièce. Il hoche la tête, un sourire satisfait sur les lèvres.

- C'est bien, Tomoe. Tes progrès sont rapides, et tes deux maîtres louent ta persévérance et ton talent. A ce rythme, je pourrais t'affecter une mission dès ...

Son intendant fait alors irruption dans la pièce, interrompant de fait l'entrevue. Il se penche et murmure quelques mots à l'oreille de son maître. Celui-ci plisse les yeux, comme s'il réfléchissait.

- Fais-là entrer. Elles devaient bien se rencontrer, un jour ou l'autre ...

Écrasante, c'est le mot. Non pas pour sa stature, mais pour l'aura qu'elle émet, cette élégance, cette manière de se mouvoir. L'incarnation de la noblesse même. En un mot ? Régalienne.

- Tomoe, voici Morimane. Ma fille. Mon héritière. Tu comprends ce que cela implique.

Elle comprend, et elle s'incline. Qu'importe, en cet instant précis, qu'elles soient reliées par le sang. Cette pensée n'a même pas effleuré son esprit. Il n'y a qu'une seule chose qui compte : cette jeune femme, déjà adulte, représente le futur de ce clan auquel elle appartient désormais. Un être qu'il lui faudra respecter, protéger au prix de sa vie, et dont elle devra suivre les ordres, tôt ou tard. Elle croise son regard, et elle se sent ployer, presque malgré elle, sous le poids de ces iris sombres qui l'inspectent sous toutes les coutures, qui la jaugent. C'est à peine si elle remarque son salut, d'une légère inclinaison de la tête.

- Bienvenue dans notre clan, Tomoe. Puisses-tu nous faire honneur.

Quoi qu'il en soit, sa résolution ne faiblit pas au cours des années qui suivent. Car oui, désormais, le flot de ses souvenir s'accélère considérablement, comme si Tomoe ne recherchait que les éléments les plus marquants.De longs mois à affronter la rudesse de la nature, loin des siens. Des séjours plus courts, au domaine,  afin de s'imprégner du monde des hommes, de celui des ombres, des insignifiants et des servants. Elle acquiert la discipline, la maîtrise de soi, la patience. Son corps achève de grandir, de se muscler, de s'endurcir. Sa silhouette se dessine pour les années à venir. Il y a cette cousine, qu'elle recroise, qu'elle revoit, qu'elle fréquente même lors de trop rares occasions. Nulle fausse camaraderie entre elles. La différence de statut est, et restera, toujours marquée, présente. Mais une véritable relation ne naît pas moins, respectueuse, presque fraternelle. C'est bien plus que ce qu'une bâtarde souillée aurait pu espérer ...

Brusquement, le temps se ralentit, s'arrête presque. C'est le reflet d'une lame d'acier qui s'éternise sous ses yeux, alors qu'une main la dépose avec fermeté devant elle, sur la table. Alors elle se souvient. Le moment du choix. L'entrée dans le monde des adultes, l'année de ses seize ans.


- Tiens.

Elle jette un coup d’œil interdit à Abe tout en ramassant la dague. Elle la soupèse, reconnaît la forme disgracieuse d'une lame de colporteur ou de vaurien. D'une maniabilité qui laisse à désirer, pas très aiguisée, et encore moins efficace.

- Mais c'est ...

Il se contente de la fixer du regard. Les yeux de Tomoe s'écarquillent, alors qu'elle réalise enfin les implications de cet étrange présent.

- Oh.

Son mentor hésite, pendant de longs instants, avant de prendre la parole sur un ton neutre et froid.

- Il doit mourir. Son sort doit être scellé ce soir. Pas de poison. Il faut qu'on croie à un vol. Tu as ses habitudes en tête ?

Elle hoche la tête. Les mots seraient de trop.

- Alors vas-y. Tu es prête, Tomoe. Cette cible est à ta hauteur.

Mais en aura-t-elle les tripes ? Le message est clair, sans avoir été clairement exprimé. Encore un test. Le dernier, peut-être, avant qu'il ne l'estime prête à tenir son rôle. Elle s'incline et sort de la pièce.

Elle pue, désormais. Littéralement. Des heures pour peaufiner ce déguisement de pouilleux, et l'odeur qui l'accompagne. Le plus dur est sans l'ombre d'un doute de rester impassible, de ne même pas froncer le nez. Les haillons crasseux, ses cheveux courts en pagaille et parsemés d'immondices, la rendent méconnaissable. Voilà bien deux heures qu'elle ne remue guère, ne s'agitant qu'au passage d'un innocent passant pour brandir son bol en marmonnant des supplications. L'attente lui paraît interminable. Elle en viendrait presque à douter. Mais non. Il vient toujours à cette maison de passe, à Sheal, traversant cette même ruelle, peu fréquentée à cette période de la soirée. Elle rit doucement. Abe avait raison. La routine et les passions peu avouables, deux des principales failles à exploiter. L'endroit se vide, peu à peu, alors que la lumière décline. Le doute refait surface. Et s'il ne venait pas ?

Elle s'arrête de respirer, une fraction de seconde, lorsqu'elle l'aperçoit enfin. Elle le reconnaîtrait parmi mille autres, après ces jours de filature. Elle regarde l'homme s'approcher du coin de l’œil. L'Inoe typique. Des habits plutôt simple, mais bien coupés, comme ceux d'un marchand ou d'un érudit sans prétention. Elle avise sa bourse alors qu'il s'approche. Bien rebondie et garnie. Il passe enfin à sa hauteur. Elle s'anime alors, agrippant sa manche avec insistance.

- Une p'tite pièce, pitié, messire. A pas graillé d'puis des nuits ...

Elle voit sa grimace de dégoût, devine son corps qui se raidit, agressé par son odeur et son apparence, remarque sa main qui esquisse un geste pour se débarrasser de celle qui agrippe sa manche. L'instant parfait. Son couteau jaillit de sous son aisselle. Mais son geste a été trop hâtif, mal assuré. Elle rate le cœur. Du sang jaillit, lui éclabousse le visage. Un cri de douleur et de surprise jaillit d'une gorge. Il porte la main à sa ceinture. Cherche-t-il une arme ? Elle ne le saura jamais, car son entraînement reprend aussitôt le dessus. Elle frappe à nouveau, plus fermement, à deux reprises. Le poumon, d'abord, puis le cœur, enfin. Il s'effondre, alors qu'elle exulte. Elle se penche sur lui, examinant son visage avec fascination, passant le doigt sur la blessure. Un cri d'horreur retentit. Son enthousiasme retombe comme un soufflé lorsque son regard croise celui de la femme qui la contemple, une main plaquée sur la bouche. Il lui faut fuir, maintenant. Elle se rappelle alors les instructions. Sa lame jaillit une dernière fois, coupant net les cordons de la bourse. Arme comme butin disparaissent alors dans sa poche, avant qu'elle ne prenne ses jambes à son cou. Derrière elle, les cris reprennent de plus belle ...


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◈ Missives : 30

◈ Âge du Personnage : 30 ans.
◈ Alignement : Loyal neutre-mauvais.
◈ Race : Valdur.
◈ Ethnie : Inoë.
◈ Origine : Usha.
◈ Localisation sur Rëa : Yune (Usha)
◈ Magie : Magie Métabolique : Dernier Souffle.
◈ Fiche personnage : Tomoe Miura

Âme Damnée
Tomoe Miura

◈ Lun 20 Avr 2015 - 1:53



Histoire



Les images redeviennent désordonnées, confuses. Une course dans l'obscurité. Un tas de vêtements dont on se débarrasse dans un cours d'eau, suivi d'une lame. Un plongeon. La sérénité de l'eau. L'air qui pénètre à nouveau dans ses poumons, après une éternité. Des pas, traînants, hésitants. C'est l'ombre d'une ancienne douleur qui leur permet de se stabiliser. Une gifle qu'on lui assène, un verre qu'on lui glisse dans la main. L'odeur et le goût de l'alcool, qu'elle rencontre pour la première fois. Le regard d'Abe, indéchiffrable, lorsqu'elle répond enfin à sa question. Et puis les quelques mots qu'il lâche. "Aimer son rôle n'est pas un crime, Tomoe. Mais nos désirs doivent passer après nos devoirs. Notre honneur, celui de notre clan, en dépendent." Elle comprend, et elle fait sienne cette maxime. Elle se proscrit à jamais tout meurtre gratuit. Elle n'est pas une bête sauvage, incapable de résister à ses pulsions.

L'écoulement du temps reprend, se fluidifie. Quelques autres contrats, mais rares, bien trop rares à son goût. L'apprentissage se poursuit, encore pour deux ans. Mais cette existence touche à sa fin. Bientôt, il lui faudra assumer le rôle qu'elle a choisi d'endosser.


Elle esquive le coude de justesse, retirant son crâne juste à temps. Son pied jaillit, visant l'arrière du genou, intercepté par un tibia. Elle enchaîne par une manchette sur un nerf, un début de clé de bras. Mais les muscles du membre se gonflent, et avant qu'elle n'ait eu le temps d'assurer sa prise, la voilà qui s'envole. Par un réflexe bienvenu, elle le relâche aussitôt, décochant un chassé dans la mâchoire et retombant sur ses pieds un mètre plus loin. Elle marque une pause et sourit, haletant légèrement.

- Damnation, j'étais sûre d'y arriver ...

L'homme rit aux éclats. Les années n'ont pas épargné l'Ize Zumi, les rides ont fait leur apparition, de même que les cheveux gris. Pourtant sa vigueur reste impressionnante.

- Tu t'es améliorée, mais tu restes une gamine ! Il va te falloir mieux que ça pour me faire mordre la poussière !

Ladite gamine ne cède pas à la provocation, signe de sa maturité. Ses yeux se plissent alors qu'elle ramasse un bâton qui gît à ses pieds. L'homme écarquille un sourcil, faussement moqueur.

- Tu crois que cette brindille va t'aider ?

Elle ne dit rien. Les deux combattants se mettent en mouvement, lentement, dessinant un cercle dans la clairière. Sans prévenir, les coups commencent à fuser. Un néophyte aurait déjà succombé au premier échange, mais Tomoe supporte le choc. Sa vivacité, sa souplesse, son énergie, compensent l'avantage de l'expérience et de la corpulence. Chaque attaque est parée, déviée, contrée, avant de laisser place à une riposte foudroyante. Mais nul n'arrive à s'imposer, désormais. Le statut quo ne pourra pas durer, pas avec une telle intensité. Déjà chacun se met à suer à grosses gouttes, à haleter. La plus jeune capte le danger. Avec la fatigue, le plus lourd et le plus fort dominera. Il lui faut tout parier sur un ultime coup de dé. Elle multiplie les attaques hautes, le forçant à reculer, pas à pas. Elle n'espère pas le vaincre, pas ainsi. Elle guette la riposte, inéluctable. Un pied qui se lève, visant son flanc. Son bâton esquisse un mouvement pour s'interposer. C'était une fente. Le mouvement se modifie, droit vers sa jambe découverte. Intérieurement, elle sourit. Comme prévu. Elle altère brutalement la trajectoire de son arme, la plantant dans le sol. Une solide impulsion suffit à la faire décoller du sol, un battement de cœur avant l'impact. Profitant de son élan, elle détend brusquement ses jambes. Ses pieds joints percutent de plein fouet la mâchoire vulnérable.

Elle lui tend la main pour l'aider à se relever. Il la regarde, interdit, l'air encore stupéfait, avant d'accepter. Une fois debout, il s'incline. Le salut, d'un égal à un autre.

- Félicitation, gamine. Tu es une Ize Zumi, à part entière. Je n'ai plus rien à t'apprendre.

Elle lâche un hoquet de surprise.

- Mais ... je n'ai pas encore fini ! Je peux encore devenir plus forte que ça !

Le rire du moine retentit à nouveau, plus fort que d'habitude.

- Bien sûr que oui ! C'est une quête sans fin ! Il y a toujours de nouveaux adversaires à surpasser, gamine !

Il se ressaisit et se recompose une attitude plus digne, plus appropriée à la gravité de l'instant.

- Tes fondations sont solides, gamine. Tu sais te battre. Tu sais affronter la nature. Tu connais nos coutumes, notre mode de vie. Le reste ... la vie s'en chargera. Les voyages et l'expérience, voilà ce qu'il te faut. Tu ne pourras pas t'épanouir, à combattre encore et encore un vieil homme sur la pente descendante. A compter de demain, inutile de revenir. Il n'y a plus rien pour toi, ici.

Elle comprend et s'incline à son tour.

- Merci pour tout, maître.

Il rit et décroche son sac de ses épaules.

- Pas si vite. Il te manque encore quelque chose ... Déshabille-toi.

Sans fausse pudeur, la jeune femme ôte sa tunique. Elle le regarde sortir de son sac des aiguilles et des pots d'encre. Elle frémit en devinant ce qui l'attend, à la fois d'excitation et d'appréhension.

- Attention, ça va piquer...

Elle serre les mâchoires et se prépare à la douleur.

La scène s'interrompt soudainement, se brouille. L'odeur particulière d'une taverne. Des conversations dans un langage Vreën qu'elle ne comprend qu'à moitié. Du kaerd, et ... de l'élirois ? Alors elle se souvient, les images reviennent, nettes. Ce tripot d'Éliran où ils s'arrêtent en revenant d'une mission, elle et Abe. La piquette, selon les mots des clients alentours, qu'elle sirote.

Des rires étouffés par les murs descendent du premier étage. Elle jette un regard perplexe à son compagnon. Si elle n'est pas naïve au point d'ignorer ce qui se passe plus haut, ni suffisamment innocente pour en rougir, elle ne s'y sent pas à l'aise pour autant. Une perte de temps, qui plus est, sans raison valable ...

-Pourquoi ?

La réponse ne tarde pas, indirecte, biaisée.

- Tu te souviens de mes avertissements, Tomoe ?

Elle hoche la tête, restant silencieuse. Il enchaîne sans attendre.

- Oui, le désir est dangereux, il ouvre des failles. Mais ... comment se prémunir d'un péril qu'on ignore ? Oh, je sais ce que te répondrais un moine. Mais l'ascétisme n'est pas fait pour tous. Pour nous, qui vivons dans le monde, en accord avec lui, c'est une illusion. La tentation de l'inconnu est trop grande. Voilà pourquoi je t'ai amenée ici. Pour que tu saches contre quoi tu devras lutter. Pour que tu saches où l'apaiser sans risques, si jamais la pression est trop forte.

Cette fois-ci, elle rougit, malgré elle. Il ignore son embarras et dépose une clé sur la table.

- Deuxième étage, quatrième porte. Le payement est déjà versé. Profite de cette soirée. Dès notre retour, tu intégreras l'escorte de ta cousine.

Elle hésite quelques instants, vide son verre, avant de le remplir aussi sec et de lui faire subir le même sort derechef, grimaçant devant le goût infâme du breuvage. La main d'Abe jaillit, lui subtilisant le cruchon. Elle reste quelques instants les yeux dans le vague, prend une profonde inspiration et récupère la clé, d'une main qui tremble légèrement. Elle se lève avec brusquerie, manquant de renverser la chaise, et se dirige d'une traite vers l'escalier, sans un regard en arrière.

Le flot s'accélère et devient torrent, mû par un sentiment d'urgence, alors que le réveil s'approche. Huit années défilent en un éclair. Son service auprès de sa cousine, servante et protectrice à la fois, leur lien qui s'affirme, de plus en plus fort. Les missions qui s'accumulent, ardues, délicates, sensibles, de moins en moins solitaires. Elle apprend à travailler en équipe. Nashi, Azumi, et tant d'autres. Des voyages, à travers les territoires Inoës, sous l'identité d'une Ize Zumi. Des combats, bien sûr, des victoires, des défaites, des fuites. Des nuits à discuter avec Abe d'un poison ou d'un mélange, une jarre d'alcool à portée de main. Des journées solitaires, à boire sur une branche. Quelques rares moments de détente. Des meurtres commis, d'autres empêchés. Et brusquement, tout s'arrête. Ce souvenir-là est encore à vif.

Son poing vole et frappe le mur. Une seule fois, mais d'une violence extrême. La paroi aurait été de pierre, elle s'en serait mutilé les phalanges, mais elle n'est que de bambou. Elle refrène son hurlement de rage, de justesse. Son sang bouillonne. Face à elle, Abe détourne le regard. Il a failli, tous deux le savent.

- Pourquoi ? Pourquoi l'avoir laissé mourir, Abe ? Le poison ... tout, mais pas ça ! Tu t'es vautré ? C'est l'âge ? Réponds-moi, abruti !

Il reste impassible devant la colère de sa cadette. Son manque de respect lui aurait d'ordinaire valu une réplique cinglante ... mais pas cette fois. Son déshonneur et l'humiliation le rendent incapable de la moindre autorité. Abattu, c'est le mot.

- Un mélange ingénieux. Un poison dissimulé par un autre. Indétectable.

Elle ravale ses émotions, dans un colossal effort de volonté. Son oncle désapprouverait une réaction si passionnée, elle le sait pertinemment. C'est d'une voix presque calme qu'elle pose sa question suivante.

- Alors quoi, maintenant ? Quoi ? On va pas rester assis, hein ? On ne peut pas laisser ce crime impuni !

Il s'ébroue, s'efforçant visiblement de rassembler ses pensées.

- Notre dame m'a refusé le suicide. Je vais les traquer. C'est le seul moyen de retrouver mon honneur.

Elle hoche la tête. Un sourire amer mais féroce se dessine sur se lèvres.

- Une piste ?

L'aîné dodeline de la tête, hésitant visiblement à livrer ses conclusions.

- L'empereur mort d'une maladie mystérieuse ... la même année, notre seigneur empoisonné ... il était membre du Conseil. Coïncidence ? Pas pour moi, ni notre dame. Et ces poisons ... chers, très chers.

Les yeux de Tomoe s’étrécissent.

- Un autre clan ? Des hautes sphères ? Un conseiller ?

Il acquiesce.

- Possible. Mais quelque chose se trame là-bas. Tu vas intégrer les Shinobis impériaux. Il faut aux Kamitsuki quelqu'un de fiable, au sein des ombres de l'Empire. Quelqu'un de loyal. C'est un ordre de notre dame.

Elle joint les poings. En son cœur, la rage ne s'apaise pas, mais se retrouve contenue par une résolution d'acier. Il faudra du temps avant qu'ils ne puissent frapper ...

Quelques fragments de son passé récent ont encore le temps de se manifester. Le serment de fidélité envers l'Empire et l'Empereur, moment solennel, à l'ambiance mystique. Des missions, encore. Des voyages, mais loin, plus loin, pour escorter des ambassadeurs. La vision d'un Eleär, d'un Nain, d'un Ordhaleron pour la première fois. Une traque à travers tout Seregon pour ramener un criminel devant la justice impériale. Bien d'autres péripéties pourraient y retrouver leur place, mais elle revient à elle, un flot de lumière balayant les vestiges. Ses yeux s'ouvrent. Elle croise à nouveau le regard d'Abe.

- Tu as dormi cinq heures. Maintenant, que s'est-il passé ?

Elle soupire et ferme les paupières. Le sommeil la rappelle, encore. Elle répond en grommelant.

- Sato a dû vous faire un rapport complet. Vous avez les registres codés, non ?

Un claquement de langue désapprobateur retentit.

- C'est ta version qu'il me faut, Tomoe.

Elle voudrait protester, mais elle renonce. Impossible de gagner ce combat-là, surtout parce qu'aussi agaçant que ce soit, il a raison. Alors elle raconte, jusqu'à en avoir la gorge sèche comme un vieux manuscrit. L'information obtenue sur le pourvoyeur de poison, un riche marchand. La nécessité d'agir immédiatement, sous peine de le voir dissimuler ses traces. L'infiltration, initialement fructueuse, qui dérape à cause d'un malheureux aléa. Les combats, la course contre le temps. La séparation de l'escouade, et sa blessure. La main-mise sur les registres codés, sa décision de gagner du temps pour son camarade. Et là ... cette étrange transe qui s'empara d'elle. Il l'écoute sans broncher, et lui tend une outre d'eau dès lors qu'elle achève enfin son récit. Pendant qu'elle étanche sa soif, il s'éclaircit la gorge, avant de se lancer.

- Nachi, Azumi et Kyoukai ont réussi à te rejoindre et à t'évacuer. Pour ta transe .... la magie. C'est ça, l'explication. Tu n'es pas la seule. D'autres phénomènes ... étranges, disons, ont frappé la région, et tout Seregon. Et puis il y a cette vague de ...

Elle l'interrompt. Ses problèmes-là, elle les étudiera plus tard. Pour l'heure, une seule chose importe.

- Les registres ...

Abe s'interrompt dans son élan, compréhensif. Après avoir manqué de perdre la vie pour les obtenir, il est normal qu'elle s'en préoccupe.

- Un code très élaboré, complexe. Le bon côté, c'est que ce sont des écrits sensibles. Si identité de l'acheteur il y a, nous la trouverons là-dedans, j'en mettrais ma main au feu. Le mauvais, c'est qu'il va me falloir longtemps pour le déchiffrer. Des mois, sûrement. Peut-être même des années. Dommage que le receleur ait réussi à fuir ... mais j'y arriverais, Tomoe, je t'en fais le serment.

Elle commence à rire, avant de s'interrompre en lâchant un grognement lorsque la douleur reprend.

- Huf ... me briserait le fessier d'avoir fait ça pour rien, dois bien l'avouer. J'ai une seule requête. Si je suis coincée ici pour deux semaines ...

Il secoue la tête, un léger sourire aux lèvres.

- Non. Pas d'alcool tant que tu ne pourras pas te tenir debout.

Elle lâche un ricanement dépité.

- Salaud, va. J'suis sûre que la situation t'amuse, hein ? Attends que je sois rétablie et ...



Ambitions & Desseins


Elle fait jouer ses muscles, son épaule, sa cheville, sa main. Parfait. Elle esquisse quelques mouvements, se lance dans un bref enchaînement face à un ennemi imaginaire. Rien, pas la moindre douleur, pas le plus petit tiraillement. Le printemps est déjà bien amorcé, depuis deux mois, et la voilà enfin rétablie. Ses sens l'avertissent d'une présence dans le jardin. Elle fait immédiatement volte-face, toisant Abe de ses yeux remplis d'une vigueur finalement retrouvée.

- Complètement guérie, hein ... Ce mage n'était décidément pas un charlatan. Il valait bien chacune de ses pièces.

Elle s'étire, savourant la simple sensation de son corps en parfaite forme, avant de lâcher un grognement de satisfaction.

- Tu ne peux pas savoir à quel point ... Je suis toute ouïe, Abe. Quelle est ma prochaine mission ?

Il sourit.

- Le service de l'empereur, encore une fois. Le Conseil est déterminé à mettre un terme à cette vague de crimes qui frappe tout l'Empire. Il est temps de résoudre ce mystère.

Elle hoche la tête. Même pendant sa convalescence, elle a reçu des nouvelles de cet événement-là. La crise couve, et il est de son devoir, en tant que Shinobi de l'Empire, en tant que lame des Kamitsuki, de contribuer au mieux de ses compétences à la désamorcer.

- Et ... les autres ?

Abe se penche vers elle.

- Continue de laisser traîner tes oreilles. Peut-être trouveras-tu d'autres indices sur la mort de notre seigneur auprès de tes confrères impériaux ... Dès lors que j'aurais déchiffré les registres, je te ferais connaître ta prochaine cible. Sinon, acquitte-toi fidèlement de tes tâches. Continue de rester insoupçonnable. Officiellement, tu as été victime d'une attaque de brigands en revenant d'un séjour auprès de ta famille. Surtout, reste à l'affût du moindre de mes messages. La situation pourrait évoluer rapidement ... notre dame pourrait bien avoir besoin de tes talents.

Elle joint les poings et s'apprête à s'éloigner. Il la rappelle.

- Tomoe ... as-tu déjà été en Ordanie ?

Elle se retourne, penchant la tête sur le côté, profondément perplexe.

- Une fois. Elra ou Lavern, il me semble. Pourquoi ?

Il lui tend un parchemin, marqué d'un sceau qu'elle ne reconnaît pas.

- Des émissaires de Kaerdum distribuent cela à travers tout le pays. C'est le sceau du fils aîné du roi, Adhémar de Dévéra. Il appelle les mages, comme toi, à venir à Azzura, afin de maîtriser leur ... don.

Elle s'empare du parchemin et le cale dans un étui.

- Ce n'est pas le moment, Abe. Mais si les choses se calment franchement ... peut-être, oui.




Divers


Reconnaissez-vous être âgé de 18 ans ? : J'le jure sur mon honneur votre altesse.
Si vous prenez un personnage important et que vous disparaissez, nous autorisez-vous à nous inspirer de votre personnage pour créer un nouveau prédéfini ? : Bé ... oui.
Moultipass : MDP validé par pépé


J'avais dit que je ferais court, non ? Je l'avais dit ? 'Vindju, moi et mes illusions ... Bon, j'avoue, quand le forum a beuglé "Ce message dépasse la longueur autorisée", j'ai su que c'était foutu !

Félicitation, vu que vous êtes enfin parvenus au bout de ce ... pavé, oui, c'est le mot. J'espère qu'il ne vous restera pas sur l'estomac !

Ah, et pour tout le staff :  je vous adore, moi. Même quand je vous balance un monstre pareil dans les pattes. Ça doit être ça, l'amour vache ...

Message de pépé : t'inquiètes, on les aime tes pavés <3


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◈ Missives : 2065

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Mar 21 Avr 2015 - 13:14

C'est avec un immense plaisir que j'accueille ici ton nouveau personnage !

J'ai adoré lire ta fiche, même si elle est longue. Ici, point de place à l'ennui.

Nous nous languissons de voir naître ta chef de Clan et de voir les RP qui découleront de l'intrigue que vous allez suivre à propos de la mort de l'Empereur !

Encore félicitations !

Nous aussi on t'aime <3