Azzura


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Harden de Dévéra - Roi de Kaerdum

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◈ Missives : 133

◈ Âge du Personnage : 48 ans
◈ Alignement : Neutre bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Vreën
◈ Origine : Kaerdum - Raiendal
◈ Localisation sur Rëa : Kaerdum
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Harden de Dévéra

Héros
Harden de Dévéra

◈ Sam 14 Mar 2015 - 16:45

◈ Prénom : Harden
◈ Nom : de Dévéra
◈ Sexe : Homme
◈ Âge : 48 ans
◈ Date de naissance : Né le second Cean de Merä  de l’an 42 après l’Ere des Roi
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Vreën
◈ Origine : Kaerdum - Raiendal
◈ Alignement : Neutre bon
◈ Métier : Roi de Kaerdum
◈ Liens : Père d'Adhémar et de Tristan, Constant Adalbéron, Aldric de Rémat


Magie


Alvar ne jugea pas bon de confier au Roi de Kaerdum le prisme d'une magie, l'oscillance d'un pouvoir. Le souverain émérite dispose déjà de somptueux acquis: un esprit acéré, fourreau de sa verve effilée; loquacité qu'il emploie généralement tel un glaive et pour conclure le tout ; sa patience, une targe inébranlable. Il aurait été malvenu de lui allouer davantage. Cette essence mystique se révélerait bien trop exorbitante pour cet homme baigné par la volition. Et Harven ne récusera jamais le verdict de l'idole créatrice. Il l'assimile à une marque de confiance. Il se trouve chanceux. Il ne déplore pas le fait de ne posséder aucun magisme. En vérité, l'ennui l'aurait fauché s'il s'était découvert détenteur d'une faculté ingouvernable. L'ère sombre au-dessus de sa tête ne lui permet que peu de repos. Alors comment aurait-il pu avoir le temps de recevoir une initiation ? Il aurait transformé l'offrande en un vulgaire surplus. Le Dieu Vreën ne mérite point de voir son acte généreux gâché.


Compétences, forces & faiblesses



> Arts de la noblesse & de la bourgeoisie
(Métier engagé : Roi)
- Lecture & écriture : Maître
- Mathématique (comptabilité, arithmétique de base) : Avancé
= Gérer un royaume entier nécessite comme plus solides bases les deux arcanes de la lecture et des mathématiques.
- Étiquette : Maître
= Le Roi doit être l'exemple pour tous et modèle de conformité aux arts du Noble Jeu et de l'étiquette imposée par son statut.
- Politique : Expert
= Il se veut Roi Juste et bon pour ses sujets. Il sait obtempérer les crises, s'entourer d'alliés fiables. Il est stratège et manipulateur, pour le Bien.
- Diplomatie : Expert
= De savoir s'entourer, de savoir dire les mots, son verbe est policé, gracieux et habile.
- Héraldique (kaerdum) : Maître
= Un Roi se doit de connaître et de maîtriser les noms, les blasons des maisons de son royaume et ce, à la perfection.

> Arts de la guerre
- Maniement d’armes blanches (épée bâtarde) : Maître
= Voie du Fedayin et du Roi-Guerrier, la lignée des Dévéra exige l'excellence en l'art de la Guerre comme en l'art de la Plume.
- Maniement d’armes de pugilats (dagues) : Avancé
= Un apprentissage simple pour le front, lorsquent sonnent les cors et grondent les hommes.
- Maniement d’armes de distance (arbalètes) : Avancé
= Sans avoir l'éclat des archers, de l'art de tenir une arme de tir souvent, par les Nobles, pratiqué.
- Équitation de guerre : Expert
= D'être prompt à dompter une monture sur un champ de bataille, un apprentissage classique des arcanes des Statèges-Guerriers.
- Parade (boucliers, armes, utilisation de son environnement) : Expert
= Apprendre à se protéger est impératif, surtout lorsque l'on représente son Royaume.
- Stratégie de combats : Avancé
= Jadis, il en était expert mais le manque de pratique n'aide pas à se renseigner à propos des nouveautés.
- Tactique de guerre : Génie
= Il offra à son fils un terrain propice. Joueur invétéré des arcanes stratégiques, il comprend les rouages et les intègre afin de mieux savoir défendre son royaume.
- Commandement : Maître
= Par son calme froid et juste, par son rang et son sang, le Dévéra commande à ses sujets tout comme à son armée, dans une obéissance quasi aveugle à tous ses féals.
- Galvanisation : Expert
= Savoir insuffler le courage en les temps les plus durs, en les guerres les plus sanglantes, est une seconde peau dont le Roi se vêt.

> Compétences générales
- Religion : Avancé
= Par naissance il se meut dans la foi en Alvar. Sans en maîtriser tous les aspects les plus celés.
- Histoire (Ordanie) : Avancé
= Il est impératif à cet homme de connaître son monde.
- Géographie (Kaerdum) : Expert
= Il aura appris depuis bien jeune l'intégralité des monts, des vallées et collines de son grand Royaume. Chaque rivière et fleuve, ses forêts et ses plaines.
- Linguistique : Kaerd, Lavernois : Maître, Heisen, Alsvard : Expert, Valdra, Alkhabirois : Intermédiaire, Nymeriin : Novice.
= L'étude des langues se fait par nécessité. Elles ne sont point toutes parfaites dans leurs accents ou leur vocabulaire, mais il saura communiquer.
- Natation : Avancé
= Sans être un nageur professionnel, il aura appris depuis l'enfance à nager.
- Intimidation : Expert
= Par son nom et par ce qu'il est, Harden de Dévéra, le Grand Roi de ce temps, est craint et respecté. S'il n'a point besoin de colère, ses yeux de saphir darderont sans vergogne et sa langue saura claquer comme un fouet.

Maintenir ou instaurer de nouvelles coalitions s'avère plus facile lorsqu'on maîtrise plusieurs patois. Un confédéré ou un potentiel allié se dévoilera bien plus séduit s'il voit que son voisin, lui présente outre sa sagesse, une connaissance de son peuple et un respect de ses traditions. C'est ainsi que voit Harden. Pour des raisons personnelles, il aurait souhaité aussi acquérir le jobelins eressåe & gordhien. Il dut rester sur sa faim.

◈ Avantages

⌘ Son psyché : Puits d'intelligence, l'esprit du dynaste lui permet de voir loin, de se débarrasser de tous préjugés et ne pas se confondre en erreur. Affûté par le poids des années et l'expérience, il n'en est que plus aiguisé. Celui-ci lui a toujours servi. Grâce à cette immatérielle arme, Harden a prouvé maint fois sa valeur, s'est sorti de bien des complications, a pris les meilleures décisions possibles.
⌘ Sa présence : Elle étouffe dans les flammes tout souhait de le considérer tel un impotent ou faiblot. Elle inspire respect et crainte. Elle semble malléable et force à la déglutition lorsqu'il demande le silence, d'un regard d'acier ou du levée de sa main.


◈ Impotences

⌘ Le poids de l'âge : Harden a conscience qu'il n'est plus au sommet de sa quintessence. S'il reste encore un excellent bretteur, l'enveloppe charnelle dont il est le digne possesseur se mouve bien moins rapidement, l'esquive s'avère plus difficile, son agilité n'est plus aussi efficace. Il se sait incapable de bretter longtemps.
⌘ La situation actuelle : Le monarque de Kaerdum se répugne à reconnaître que ses synopsis se trouvent restreints par les combines de Constant. Même s'il refuse de capituler, il sait sa marche d'erreur nulle. Il doit veiller constamment à l'imperceptibilité de ses intrigues. Si elles venaient à être apprises, la ruine tombera sur ses efforts.


Physique



Le voile du silence s'impose aux confins d'une pièce où loge une force de caractère, un enfant d'Alvar révéré comme haï : Harden de Dévéra. La face recouverte d'un masque de fermeté, il travaille, éclairé par la nitescence de son lumignon. La nuit passe et doucement s'élève du sol l'ébauche d'un contour solaire. Le souverain arrête sa besogne. Les aiguës marines du Roi se baladent sur les décorations de l'office. Elles observent, tour à tour, les déliés et silhouettes de l'imposante bibliothèque et l'armoire en bois d'if. L'observation cesse. Il s'octroie un moment de paix. Les paupières se ferment. La respiration du dynaste devient un fin filet d'air. Il chasse de son être tout parasite. Les grains du temps s'égrainent derrière leur prison de verre. Le monarque a retrouvé sa pleine sérénité. De nouveau, l'acier de ses prunelles englobe le monde.

Le monarque quitte la station assise. Par sa nouvelle position, debout, la chemise d'ivoire coule sur l'étang noir de ses chausses. Par des petits mouvements de ses pognes, il remet bien en place sa tenue. L'océan de ses prunelles s'appose sur sa cape, ornant un des coins de la chaise. Le dynaste l'attrape. La pelisse céladon, attribut royal, se voit victime de l'attention de la tête couronnée. Il l'accroche à la brigandine lapilli. Le somptueux oripeau retombe le long de la colonne droite, lèche  les rebords des hautes bottes d'Harden. Par ses atours, il brille par sa présence et sa grâce. Toutefois, il lui manque un élément-clé, sa bâtarde, précieuse amie inanimée. Il est connu dans les contrées qu'il ne se déplace jamais sans elle. L'épée repose tout contre le meuble. Bientôt, mille lunes et sa lame gainée, se trouve harnaché à la ceinture de cuir autour de la taille fuselée.

Bien fagoté, Harden souffle sur la flamme oscillante. Et, volte-face, il quitte son exutoire. À pas pressé, le magnat traverse les multiples corridors. Il s'arrête subitement devant l'un des tableaux à son effigie. Le jour où le peintre grava son portrait sur la toile, il était au seuil de sa quintessence : des cheveux de blé sombre, soyeux, un visage ferme, un plastron brillant, une lourde cape andrinople reliée par une chaîne d'or. Et aujourd'hui. La cendre grignote pas à pas l'or, rides et ridules se nichent sur sa face, une barbe de quelques jours a pris conquête de sa mâchoire. Nul regret ne le traverse. Il prend plutôt bien sa vieillesse.

Si sa beauté se récuse, le poids des âges lui a offert maturité, haute stature et présence écrasante. Les regards qui volettent sur sa personne ne voient point en lui un jeune péremptoire, mais, un homme avisé, expérimenté, la tête sur les épaules. Il voit en sa globalité, un dynaste paré d'une toilette impeccable : des atours nobles sans trop tomber dans le luxueux. Ils s'attardent sur sa haute stature de cinq pieds, sept pouces. Ils s'arrêtent sur le symbole de son fardeau à sa main. Ils évitent d'apposer trop longtemps les orbes inquisiteurs sur la cicatrice au-dessus de sa bouche. Un jeu visuel qui ne dure jamais longtemps. La froideur de ses éméraldines, gouffres d'inquisition, forcent à revenir sur son visage...

Sous les pans de ses hardes, la chair se montre ferme, marbrée de cicatrices. Batailles et entraînements sculptèrent son corps. Le dynaste, sans prétention, ne se sait pas bellâtre. Il est homme esprit. Il cesse sa contemplation et repart. Il a fort à faire.



Caractère


Le soleil se couche. La nuit dévore les derniers restes de son passage embrasé. Bientôt, l'éther grimé d'isatis se noie sous un immense voile d'encre. Les étoiles, comme un millier de lueurs opalescentes, pastichent son manteau crépusculaire. La lune, seule maîtresse d'un royaume obscur, domine la coupole céleste. Le bétail est rentré dans les fermes. Les chiens aboient jusqu'à se taire, la truffe enfoncée dans leur gamelle pleine. Où le danger rôde derrière chaque buisson, roche, à l'extérieur, à l'intérieur du fief du monarque déchu, l'heure est à la minauderie, aux jeux tendancieux, aux corps entrelacés et aux complots assassins. Pourtant, il y a un homme qui ne succombe pas à toute ces avilies. Harden, cette figure de poupe extrait à son trône d'or, est loin de s'adonner à tout ces affairements. Au cœur de son bureau, le Souverain de Kaerdum est à moitié léché par l'obscurité de la pièce. La moitié de sa silhouette droite, fière, baigne dans la pénombre. Ce détail ne semble pas l'intriguer.

Penché sur un carnet à l'épaisse couverture de cuir, d'un andrinople profond, le monarque déchu lit les inscriptions qu'il a lui-même consignées. Le visage grave, les rides sur ses tempes, illuminé d'une unique chandelle, il ne porte intérêt qu'à sa lecture. Rien d'autre ne le détache de sa primaire occupation. Le temps coule. Une heure passe. Le Souverain vient de terminer de suivre des yeux ses paraphées, à l'instant. Il tourne la page. D'un mouvement, empreint de vivacité, il attrape une plume d'oie, allongée au sein d'un écrin neigeux. L'embout rejoint la nappe noire de l'encre, un soupçon de seconde. Puis, la rémige s'échappe de ce liquide que la lumière du  jour ne peut altérer. L'embout grave sur le papier les intimes pensées d'Harden.  Sa graphie, aux lettres droites, aux déliés fins, témoigne de son fort caractère. La rapidité de la rédaction, elle, démontre son assurance.

Des coups contre le battant de bois de sa porte le forcent à lever le visage, la penne tenue dans le vide. Il attend. Une seconde, deux, trois passées, sa voix aux intonations grondantes, résonne. Juste un mot. Un entrer. La propylée s'ouvre. Le Roi de Kaerdum avise Aldric, positionné sur le perron. Tout en nettoyant l'embout souillé de ténèbres liquides, l'acier de ses mires l'invite à expliquer la raison de sa venue, en une heure aussi tardive. Comme si le commandement visuel ne suffisait pas, il met corps par des mots, aux accentuations graves, autoritaires.

« Il est rare que vous ne veniez me voir aussi tardivement, sans que je ne vous y sollicite, Aldric. Quelle pourrait donc être cette raison d'importance qui bouleverse vos habitudes ?

—  Nous avons à parler d'une chose capitale. Je vous interdit de fuir. Ou me jeter hors de votre bureau avant qu'on en finisse. Je resterai là, les pieds campés sur le sol, tant que vous n'aurez pas répondu à tout.

— Voyons, Aldric. Vous me connaissez assez bien. Ce n'est pas mon genre. Vous êtes un vieil ami. Je ne vais pas vous chasser avant de vous avoir écouté. Je vous invite donc à me dire ce qui vous ennuie. Mais, tout d'abord, fermez donc cette porte. »


Sous l'acier féroce de ses prunelles, Aldric ferme la porte.  En à peine un soupçon de seconde, Harden a calmé la tempête qu'était le Haut Commandant, et tout cela, sans s'épuiser. Il trouva juste les bons mots. Le visiteur du Monarque se retourne. Son apophtegme commence.

« Vous provoquez la fureur de votre fils, au point qu'il vous hait et votre présence l'horripile. Et maintenant vous acceptez de vous courber devant le Haut conseiller. Si je ne vous connaissais pas autant, je vous prendrais pour poltron dénué d'un fou. »

C'était donc ça ? Il s'inquiète donc pour lui ? Ou le Royaume ? Ou les deux ? Le Roi déchu éclate d'un grand rire franc sous la surprise du Haut Commandant, qui ne voit pas ce qu'il y a de drôle dans ses propos. Le calme revenu, Harden, redevient sérieux. La lueur oscille aux mains qui rangent la plume. Puis, viennent sagement se poser, à plat, sur le bureau. Il est peut-être temps d'éclaircir la tête de l'un de ses sujets les plus loyaux.

« Vous aussi, vous avez pensé que je me courbais devant la décision du Conseil ? Si j'arrive même à tromper mes plus proches collaborateurs, je suis donc bon acteur.

— Comment ?

— Vous avez bien entendu, Aldric. Pensez-vous vraiment que je me contenterais de dire oui et d'obéir ? Je ne suis pas ce genre d'homme. Ni une blanche brebis qu'on offre aux loups.

— Je ne peux pas dire le contraire.

— Je n'ai pas dit mon dernier mot. Je n'ai pas encore joué tous mes atouts.

— Je suis rassuré de savoir ça. A un moment, j'ai bien cru que vous n'étiez plus vous. Quels sont vos plans ? Puis-je me rendre utile ?

— Tout est déjà là...

— Qu'est-ce ? »


L'attention du Haut Commandant se pose sur la pile de parchemins, soigneusement roulés, posée au côté gauche du pupitre. Un sourire énigmatique ourle les lippes du Roi de Kaerdum à la question.

« Peut être un moyen de réparer les erreurs du passé par de nouvelles alliances. Un pari risqué.

— Vous êtes devenu, Fou.

— Peut être. Ou pas. Je vais démontrer à Constant qu'on ne peut facilement faire ployer un Dévéra. Nous régnons depuis des temps immémoriaux sur le Royaume de Kaerdum. Ce n'est pas lui qui va changer les choses.. Il va le comprendre à ses dépends. »


Un silence lourd de sens règne. Plane dans la pièce une autre atmosphère. Celle qu'Harden dégage : une volonté infaillible de ne pas échouer, la férocité d'un grand prédateur protégeant son domaine. Confiant en ses dernières cartes, il ne craint pas l'échec. Le Roi ancre de nouveau le bizuth de ses prunelles en ses voisines.

« Quant à ce qui concerne mes fils, même si mes actes le réprouvent, je les aime et je me suis toujours soucieux d'eux, tout au long de leur vie. Derrière mes absences, ma rigueur, existait la crainte d'un père. Celle de voir le poids de notre lignée les dévorer si je ne les préparais pas suffisamment. J'ai bien fait d'agir ainsi. Adhémar et Tristan se tiennent droit, forts, par leur psyché. Je suis fier des hommes qu'ils sont devenus. Même s'ils pensent être, en ces heures sombres, mes jouets ou mes pions, s'ils me détestent, j'endosse leur ressentiment sans faillir. Je sais qu'un jour, ils comprendront la réelle affection que je leur porte. Et pourquoi il ne m'est pas possible de leur montrer. » Il laisse son vieil ami digérer le tout. « Lorsqu'on est Roi, on ne peux se perdre dans le sentimentalisme. La moindre faille donnée aux hyènes et elles dévorent la dépouille du Lion. Un sourire s'affiche sur son visage. « Maintenant, Aldric, vous possédez vos réponse. La discussion est close, mon cher ami. Je vous convie à me laisser. Je compte sur vous pour être aussi muet qu'une tombe sur tout ce qui touche, de près ou de loin, la discussion de ce soir. »




Inventaire


◈ Thaliom : Le nom porté par sa monture, un magnifique canasson à la robe d'ébène. Loyale et fidèle, la bête le sauva bien des fois et le suivit lors de nombreuses batailles. S'il n'est plus aussi fougueux qu'avant, l'équidé peut se tanguer d'avoir une dizaine d'héritiers. Aujourd'hui, il repose dans les écuries du château. Le dynaste s'occupe lui-même du destrier.

◈ Mille Lune : Relique aux prunelles du dynaste, cette épée bâtarde, adaptée à la taille et l'estoc, lui vient de son gironte. Elle possède une garde ergonomique capable d'accueillir une ou deux mains. La fusée est noire, des liserés d'argent bardent sa surface obscure. Le quillon demeure vertical. Deux gouttières courent sur le dos de la lame d'une coudée et un pied. Sur le pommeau, de forme ovoïdale, repose en or et argent, le lys, symbole des Dévéras.


Histoire

 

◈ Couronnement

Sous les orbes investigateurs du haut conseil, Harden s'avance vers l'assise sacrée : le trône. Le visage impénétrable, il s'installe pour la première fois sur le symbole du pouvoir. Derrière son mutisme, il se sait observé par ses aînés. Il les imite. Leur bassesse transpire derrière le fil de leur syntagme. Les masques bienveillants, apprêtés par ces aides, cachent la laideur de leurs desseins. Il le sent. Leur factice nature dégouline et suinte comme le pois collé sur la carne. Du haut de ses onze ans, il représente une poupée malléable pour ces grands magnats. Ils se pourlèchent déjà les babines du festin. La pensée de le contrôler frôle déjà leur psyché. Sa liberté tient sur le fil. Le roitelet en a conscience.

Aux oraisons de son couronnement, les immenses portes s'évasent. Un homme, pourvu d'une crinière auburn, richement vêtu, suit un autre, contraint par deux gardes, placés de chaque côté. Face à lui, l'étau des cerbères se desserre. Le condamné, sans faire face, aux mers d'azur d'Harden, dételle. Il tombe à genoux, le corps tremblant. L’opulent, sourire aux coins de ses lippes, avise son souverain. Devant sa prime jeunesse, le flot de ses mots jaillit, marque d’insubordination.

« C'est un voleur. Je veux qu'il soit jugé.

— Il aurait été plus courtois d'attendre que je vous convie à prendre la parole. Je suis votre souverain. »


Une légère piqûre de rappel offerte gracieusement pour remettre à sa place l'impudent. Le frisson n'échappe pas à l'éther cobalt. Autour de lui, ses conseillers apprécient sa répartie. Les abîmes inquisitrices coulissent sur le mâle muet depuis son arrivée. Au vue de sa harde déchirée, le dynaste repère en cet être les signes d'une vie de misère.

« Quel est votre nom ? »

Nul écho ne vient répondre à sa question. Harden la répète. Cette fois, l'inconnu comprend que c'est à lui que s'adresse le Roi. Le visage englouti par la surprise, il formule ses mots.

« Balt, messire.

— Qu'avez vous volé ?

— Un pain et de la viande. Ma famille avait...

— Ce brigand les a pris sur mon étal

— Silence. Si vous poursuivez, vous irez aux geôles. »


Le duc blêmit à l'écoute de la sentence. Le conseil analyse ses faits et gestes. Derrière la façade neutre du dynaste, son esprit passe en revue les faits qu'il devrait normalement juger. Cette affaire n'est pas de son ressort. On le teste pour connaître jusqu'où on peut aller avec lui. Il va donc leur servir ce qu'ils attendent tant. De nouveau, le roitelet s’intéresse au bélître.

« Pourquoi ?

— Je voulais nourrir ma femme et mes filles, messire.

— Bien. »


Il ne sentait pas le boniment. La lueur de ses abîmes ne se marbrait pas d'artifice. Elle était honnêteté. Harden ferme ses paupières et réfléchit. En dépit de sa jeunesse, il cherche la punition la plus juste possible. Le maraudage fut poussé par un acte noble : nourrir sa famille. La sentence lui apparaît, nette et impeccable. Il s'adresse à tous.

« Qu'on rembourse le marchand. Balt aidera à la construction de la ville. Son épouse travaillera aux cuisines. Si ses filles sont assez âgées, elles cireront les bottillons, laveront les hardes et lustreront les armures de tous les militaires de la caserne. Pour ces travaux généraux, ils auront le droit à des vivres.

— Qu'Alvar vous offre sa grâce, messire.

— Je refuse. Les voleurs ne doivent pas être libre.

— Vous n'avez pas votre mot à dire. Ma décision est sans appel. Vous auriez dû avoir recours au conseil et à la place, vous avez demandé audience. Je suis ici pour des affaire plus urgentes. »



◈ Disparition & Mort

La chambre régalienne jouit d'un silence austère. Malgré la somptuosité de la pièce, l'atmosphère transpire la lourdeur d'un trépas proche. Une tension presque palpable se ressent sur les épaules et la peau... Quiconque autorisé a pénétrer la couche royale se sentirait accablé. Pourtant, Harden reste bien campé sur ses jambes. Il supporte l'ambiance funeste comme il peut tenir debout sur un champ de guerre. Il en est de son devoir. Les mots retenus derrière la porte de ses lèvres, le dynaste observe celle qui partagea des moments de sa vie. Eléonara, allongée sur le lit à baldaquin, souffre. Le teint cireux, le corps étique par les affres de la maladie, la Reine gémit. Ses forces s'étiolent. Une quinte de toux lui prend. Pour rassurer son époux, un sourire coulisse sur ses lèvres fendillées. À l'approche de la mort, elle reste digne. La maladie ne la prive pas de son étincelle.    

Derrière sa droiture et son masque parfait, Harden se sent impuissant.  L'époux gronde en lui.  Il refuse de la perdre. Il souhaite déverser sa peine. Se libérer du carcan du Roi. Mais, n'y parvient pas. La mort de son épouse ne fragilisera pas le magnat. Il se refuse de lui offrir de l'inquiétude. Le cobalt de ses mires acérées coule sur le visage aimé.

« En dernière volonté, je souhaite que tu amènes avec toi, Adhémar. Je ne tiens pas à ce qu'il me voit mourir. Notre enfant a déjà souffert de mon état. Le chagrin et l'incompréhension le gagne déjà.

— Bien.

— Veillez à ce qu'il ne lui arrive rien.

— Je vous le promets.

— Merci. Laissez moi, maintenant, mon époux. Je ne souhaite pas vous affliger la vision de mon corps malade. Je ne veux pas que vous ne vous souveniez de moi ainsi.

— Il en sera fait selon vos désirs. Qu'Alvar vous garde une place auprès de lui.

— Aldric. Prenez soin d'eux comme s'ils étaient les prunelles de vos yeux. Je ne peux plus le faire, dorénavant. »


Dernier lexie hissé hors de sa bouche et Harden s'éclipse de la salle, suivit par le Haut commandant. Le chagrin ou le regret ne parviennent pas à le submerger de leurs flots acides. Fort, le dynaste se tient droit, le port altier, devant la porte où son épouse vit ses derniers jours. Telle la montagne des Dieux dans le Royaume d'Azzura, le petit-fils de Nardh ne ploie pas. Il se contrôle. Aldric l'observe. Nul chuchotis ne franchit la porte des lèvres de l'un ou l'autre. Juste le voile d'un silence, une compréhension mutuelle. Ils ne doivent pas tarder.

Le magnat réunit une troupe d'une vingtaine d'hommes. Chargée du nécessaire, l'escouade part en mission de reconnaissance. Parmi eux, jugé sur le cheval du Roi, emmitouflé dans le manteau de son père, Adhémar. Les destriers galopent sur les plaines de Kaerdum. La coupole céleste est irisée de gris au-dessus de leur tête. En dépit de ce temps, le souverain et sa garde patrouillent au nord des frontières du Royaume, à la limite du territoire d'Heisenk. Ils ne se permettent qu'une halte rapide. La journée s'effiloche.

Face à la fatigue visible de son héritier, le potentat exige la mise en place du camp, au plus profond de la gorge menant au royaume d'Azzura. Les soldats s'affairent à hisser les tentes. Le crépuscule commence à engloutir les cieux et les hommes viennent tout juste de terminer le campement. Sous l’œil de la lune, le crachin de la pluie macule le monde de son rideau d'eau. À l'abri, les sentinelles se content des histoires. Échange des rumeurs. Aux confins du pavillon, placé au cœur, Harden observe les parchemins, à la flamme d'un lumignon.

L'aube passe, le dynaste ne dort point encore. Debout, il appose de temps en temps, une œillade attentive sur le Prince endormi. Adhémar présente un visage paisible, rareté depuis que la maladie foudroya Eléonora. La langue claque contre le palais. Le potentat refuse de le sortir du monde des songes. Il s’extirpe de la tente, ombre silencieuse pour ne pas réveiller la chair de son sang. D'un pas sûr, il se dirige tout droit vers la dais d'Aldric. Invité à entrer, les joyaux lactescents de ses abîmes accrochent ses voisins.

« Je pars du campement en prenant cinq hommes avec moi. Nous rentrerons un peu avant les premières lueurs du crépuscule.

— C'est une mission suicide. Vous risquez votre vie avec si peu de soldats. Vous êtes devenu fou ?

— Aldric, c'est nécessaire. Adhémar n'a pas dormi aussi bien depuis la maladie de la Reine. Je me refuse de le réveiller. Vous êtes le seul que je juge capable de veiller sur lui durant mon absence.

— Dit comme ça, comment je peux refuser ? Vous savez vraiment me parler.

— Toujours. »


Sans d'autre mots, le petit-fils de Nardh s'esbigne du campement, escorté par une escorte réduite. Pas une âme Alsdern semble vouloir traverser les frontières pour répandre sur les terres, l'écarlate du sang. Aucun danger n'attente la vie du Roi tout au long du jour. C'est en sécurité qu'ils reviennent, comme promis. Voir une heure avant. Revenu à son pavillon, Harden avise une missive, originaire de Raiendal. Pris par une certaine fébrilité, il la décachette et l'ouvre. Les pattes de mouche inscrites sur le papier parviennent à créer un frisson à la montagne.

Une plaie béante s'imprime sur sa face, la douleur asperge les aspérités de son visage. Fort de caractère, le dynaste reste pourtant un homme. Chagriné, ses lourdes paupières se ferment. Sous la peau du Roi, l'époux endeuillé verse ses larmes, reliquat de l'amour qu'il portait à la Reine. La pulpe de ses doigts caresse l'arrête du nez. La langue claque contre le palais, symbole de son affres. Sa dextre se ferme jusqu'à provoquer le blanchiment de ses phalanges. La nouvelle l'a chamboulé. Même s'il s'y attendait, le décès d'Elénoara ne le laisse pas de marbre. La lourdeur de la tragédie se ressent tel un pic froid sur sa carne.

Les grains du temps passent. Il est venu le moment de se ressaisir. Chassant toute trace de l'affliction altérée, Harden revient vers le haut commandant. À peine ses pas foulants le sol de la tente, le bleu de ses iris recherche une silhouette particulière. L'absence de son fils provoque les tisons d'une ire prochaine. Le roi se retient d'éclater, de cuire au cours bouillon son voisin, tant qu'il ne dispose pas de toutes les clés nécessaires à la compréhension.

« Mon fils n'est donc point auprès de vous ?

— C'est justement de ça dont je souhaitais vous parler. Il a échappé à ma vigilance.

— Bien. Nous allons donc le chercher. Et le retrouver. »


Les gardes et le monarque ratissent le campement de fond en comble. Sous l'injonction du dynaste, la recherche se dilate jusqu'à la glaciale contrée d'Azzura. Le froid mordant de ce royaume endormi, aux pléthoriques anecdotes, leur complique la tâche. Les épais pans de cristaux d'opales ralentissent la marche des chevaux. De gros flocons tombent de la coupole céleste marbrée des premières marques de la nuit. Le vent fouette la chair et gronde en ces contrées hostiles que nul homme ne doit souiller. Les mires observent au loin. Pas l'ombre du prince ne se détache du paysage lacté. Seul les interminables manteaux blancs, la couronne de roche et le mont des Dieu loin à l'horizon, accueillent les sentinelles répondant bientôt au courroux de leur Roi. Face à ce panorama de neige et de brume, la boule au fond du dynaste éclate. Par rage et par inquiétude, son timbre gronde, se déchaîne hors de sa cage thoracique.    

« Comment avez-vous pu baisser votre garde ? Aldric, je puis vous assurer que je vous ferai mettre aux fers pour ce manque de vigilance ! Où est mon fils ? Où est-il ? »

Personne n'ose répondre à l'éclat de sa voix. L'angoisse s'est répandue sur eux comme une traîne huileuse. Tous le savent, si par malheur, ils ne retrouvent pas le Prince, Harden deviendra fou. Derrière son expression contrôlée, le petit-fils de Nardh bouillonne. La chair à vif, il contrôle ses impulsions. Malgré la fureur qui l'étreint, il ordonne à ses hommes de rentrer. À leur retour, l'ambiance étouffante écrase les esprits. Personne ne ressent l'envie d'offrir une pluie de rires et d'histoires. Les esprits se tournent vers cet enfant disparu. À l'écart, le monarque s'enlise dans sa bisque. Les poings fermés, il espère qu'Adhémar soit sauf. Il ne tient pas à perdre aussi son fils unique.

Durant trois jours, ils écumèrent sans relâche les contours du Sud d'Azzura. Ils luttèrent contre le désert blanc et le froid. L'épuisement pesa sur les hommes autant que le désespoir de recouvrer le Prince. Les tempêtes de givre mirent mal le moral des troupes. Fourbus, ils se résiliaient. Ils se rendaient à l'évidence, l'enfançon royal, à l'heure actuelle, ne pouvait qu'être mort. Poursuivre la quête revenait à la folie. Mâchoire serrée, le dynaste se retient de vociférer sur les sentinelles lasses de combattre une terre hostile. Aveuglé par son refus d'abandonner la chair de son sang et l'évidence, Harden pousse ses gardes jusqu'aux frontières de leur limite. Éreintés, ils cessent de suivre leur monarque. La langue du roi de Kaerdum claque contre son palais. Ses lapis-lazulis, telles des armes immatérielles, les foudroient.

« Que faites-vous ? Je ne vous ai pas demandé d'arrêter les recherches.

— Assez de votre entêtement. Regardez vos hommes. Ils sont à bout. Nous devrions nous rendre à l'évidence, Adhémar n'est plus. Nous devons rentrer à Raiendal.

— Comment pouvez-vous dire cela, Aldric ?

— Vous n'être pas le seul a être affecté. Nous le sommes tous.

— Je refuse d'abandonner. Je le retrouverais. Je ratisserais tout Azzura s'il le faut. Il ne me reste plus que lui.

— Là bas.. Là bas. Il est là bas. »


Véloce, à peine soufflé le nom d'Adhémar, Harden descend de sa monture. Il accourt vers sa progéniture. Ses bras encerclent le petit rescapé dans une étreinte protectrice. Les mains, sous l'émotion tremblent. Dégouline de sa chair et sa peau, l'angoisse. Pour la toute première fois, tous contemplent leur souverain sous une nouvelle facette, celui d'un père. Ils le savent, ils ne devront jamais rien dire de cette scène à personne où tombera leur tête.


◈ Guerres & sang

Le monarque, escorté par ses guerriers, évolue à travers l'un des sempiternels villages ravagés par le primitivisme des royaumes du Nord. Les sabots des chevaux s'écrasent sur la fine couche d'allusion. L'odeur âcre du sang, du feu, de la chair roussie et de la mort plane sur ce qui reste du hameau. L'ossature calcinée des maisons s'échappe des décombres. Les larmes ruissellent sur les visages peints d'effroi. La terreur a marqué leur âme. Expression impénétrable glissée sur sa face, le dynaste observe l'étendue des dégâts sur le dos de son cheval. Le cérulé de ses prunelles coule sur les plaies, l’infamie et les pertes infligées par Heisenk et Valdrek.

Il s'arrête devant un spectacle à fendre l'âme. Un enfançon bouge de ses pognes le corps étendu de sa mère. Le limon et la cendre souillent sa chétive silhouette. Ses sanglots ravagent ses rondes joues. L'hémoglobine de sa génitrice teinte les paumes de rouge. Encore et encore, il la secoue. Mais, elle ne bouge pas. Elle ne peut plus. Un carreau d'arbalète traverse sa panse, mi-dévêtue, de l'inanimée. Son âme a rejoint Alvar. Sous la dépouille couchée sur le limon, une mare de sang rougit le sol. Il est trop tard pour elle. Ce tableau de la laideur des guerres l'accroche au souvenir de son fils et son épouse décédée récemment. L'époux gronde et souffre en lui. Mais, le Roi se tient droit et digne face à la fatalité. Harden se dégage de cette vision. Des soldats viennent vers lui.

« Majesté. Il ne reste quasiment plus de survivants. Et, les femmes ont été abusées.

— Et ils se disent des hommes. Par Alvar.

— Aldric, toute âme n'est pas bonne et juste. Alvar les punira pour leurs atrocités. A leur mort, ils rejoindront le royaume noir.
A l'adresse du soldat Bien. Il est temps de mettre fin aux infamies perpétuées par Heisenk et Valdrek. Envoyez des messagers à Lyria, Lavern et Elra. Qu'ils joignent leurs troupes aux miennes. Ensemble, nous déferons les envahisseurs Alsderns de Kaerdum. Ils comprendront ainsi qu'il est risqué de s'en prendre aux Royaumes Unis.

— Très bien majesté. Nous ferons selon vos ordres. »


À l'aube du trente-cinquième jour, les renforts envoyés par les alliés parvinrent au campement. Le magnat observe les valeureux soldats. Les armures rutilantes brillent sous les rayons de l'astre solaire. Leur mine montre leur valeur. À peine d'une stratégie de guerre créée et l'immense escadron affronte les envahisseurs du Nord d'Ordanie. La bataille fait rage. Elle dure de longues semaines. Ils finissent par gagner, repoussant les envahisseurs. Le cérulé des yeux d'Harden coule sur les cadavres disséminés ça et là. Le monarque pense en avoir fini. Il revient au campement, assuré que son peuple pourra se guérir de ses plaies.

Au crépuscule, un soldat entre dans sa tente. L'acier des abîmes du Dévéra scrute le trublion. Il lui semble abattu. D'un mouvement de la main, il l'incite à parler.

« Majesté. Un messager. Un messager vient d'arriver de Lyria. Avant de mourir, il nous a dit que des troupes alsderns étaient venues de la mer et de la terre.

— Les attaques sur Kaerdum étaient donc une diversion pour nous forcer à détourner les yeux des pays alliés. Je ne m'attendais pas à ça de leur part.

— Nous forcer à demander des renforts pour profiter de leur faille. Ma parole. On s'est fait avoir comme des bleus.

— Que la moitié du bataillon partent à Lyria et Elra. L'autre restera sur Kaerdum au cas où Heisenk et Valdrek s'en prenne à nouveau au Royaume.

— Bien, Majesté.

— Il y a quelque chose que je trouve étrange, cette stratégie.

— Vous aussi, vous avez remarqué, Aldric ? Elle est bien trop poussée pour être l'oeuvre d'Ivar. Quelqu'un de plus habile a du l'aider. Mais qui ?

— Permettez moi de prendre le bataillon des forces alliées.

— Je comptais justement vous l'ordonner. Prenez les commandes et revenez avec les troupes lorsque la bataille sera achevée.



◈ Le crépuscule d'un règne

Des jarls de tout origine, des seigneurs des royaumes unis, se sont réunis en ce jour. La foule hétéroclite s'amasse devant le cœur du pouvoir, bien décidé à dire leur pensée. La salle du trône bourdonne bientôt de mille et un bruit. Les ministres et les gardes ne parviennent pas à calmer les clameurs. Tumulte et huée rebondissent sur le plafond, les murs. La foule se densifie. Son expansion ne semble connaître aucune fin. Le dynaste sent venir une migraine. Il perd patience. Pourtant, expression immuable sur le visage, il attend que les choses se tassent. Mais, rien ne change. Ses habiles tapotent contre les accoudoirs, symbole de sa fadeur. Las, il appose un point final à ce jeu.

« Silence »

A l'écoute de la sentence, le mutisme engloutit les babils. Les prunelles coulissent sur le visage du monarque. Le brouhaha n'est plus qu'un souvenir.

« Puis-je savoir tout ce que cela signifie ?

— On en a assez de la misère.

— Nous voulons du changement !

— Nous souffrons de plus en plus. »


Les giries se poursuivent. Une liste interminable de plainte retombent sur les épaules du roi forcené. L'inquiétude se rive sur les mers d'azur de ses prunelles. Il ne voit pas derrière l'Adalbéron  amusé par cette mise en scène. Il savait que les maux du peuple toucheraient Harden. C'est un poignard glissé dans le cœur de l'homme. Tout du moins, le pense t-il. Le petit-fils de Nardh ne dit mot. Après un long et pénible silence, le timbre du Haut Conseiller résonne.

« Laissez-nous seuls. Le Roi, moi-même et le Conseil, réfléchiront à une autre voie qui pourraient convenir à vous tous. »

Tous partent en silence, comme si la masse ne représente qu'une matrice, unie d'une conscience commune. Le Haut Conseil scrute le souverain. Il est temps d'amorcer leur plan alors que la pointe de la flèche s'est logée entre les chairs du dynaste. Visage bienveillant, Constant entame la discussion. Moment qu'attendait Harden, en vérité. Sous la facette épuisée, lasse, le magnat teste son Haut Conseiller.  

« L'un comme l'autre, nous voulons le bien du peuple. Il n'existe qu'une solution pour leur offrir ce que tous deux souhaitons : instaurer une nouvelle institution. 

— Laquelle est-ce ?

— Créer un nouveau gouvernement où le  Peuple sera traité au même niveau. C'est nous le Conseil qui siégeront aux futures places.

— Et qu'en sera t-il de la Royauté ?

— La monarchie n'existera plus. Elle est désuète depuis longtemps. Il est temps qu'elle ne cesse, pour le bien de tous. Il faut savoir libérer le peuple quand les chaînes l'étouffent.

— Je vais peser les pour et les contre. Je vous dirai ma réponse suite à ma réfraction. »


Le déclin des Dévéras. Voilà la récompense à ses années de service au peuple. Une froide fureur souhaite émerger du fin fond de ses tripes. Mais, le dynaste la ravale. Il s'attendait à ce genre d'issue, depuis qu'il a découvert l'ombre de Constant : la vérité derrière ses paroles bienveillantes. Son hésitation suite au pourparler avec Calim n'est plus. Il sait ce qu'il doit faire. Affublé du masque de dépit, il s'éloigne de la salle du trône. Ses pas le mènent à Tristan ou une longue discussion commence. L'intelligence innée du Prince plaît à Harden.

La première étape de son plan est instaurée. La seconde lui coûtera cher : le magnat risque l'hostilité d'Adhémar pour sa sentence. Il ne tressaille pas devant l'acrimonie prochaine du Sénéchal. Il se bat pour leur bien, celui du peuple de Kaerdum. Un jour, son aîné comprendra. Jusqu'ici, il va devoir retrouver la légendaire Azzura. Le dynaste ne craint pas pour la vie de son héritier, il est l'avatar de sa confiance, une âme vaillante et aguerrie. Le doute ne suppure point en sa chair. Le dynaste reverra son aîné et plein d'assurance, le monarque prévient donc Théobald du prochain voyage qu'ils entreprendront. Quarante hommes sont donc rassemblés. Et lui... Revient à la salle du trône, escorté par la garde royale. Le Conseil l'observe, lui et la lassitude affichée sur son visage.

« Pour le bien du peuple, j'accepte de voir le règne des Dévéra s'achever. Mais, seulement si le nouveau gouvernement se montre adapté au besoin du Royaume.  

— Vous avez pris la bonne décision. Nous ferons le nécessaire pour convenir à vos attentes, majesté. Jusqu'à que ce jour arrive, vous devrez choisir votre héritier. Il devra se soumettre à nos ordres. Il ne devra pas chercher à aller contre. Il devra accepter le déclin des Dévéra dans les années à venir. Nous prendrons les décisions importantes. Il ne pourra plus promulguer de loi.

— Très bien, dans ce cas je vais destituer Adhémar et mettre Tristan sur le trône. Il accepte ces conditions. Je pourrais plus facilement lui faire accepter tout cela. Dans tous les cas Adhémar ne peut assurer la lignée désormais. Il est moins malléable que Tristan.

— Très bien votre Majesté, vous savez que si je puis faire quelque chose pour vous, je le ferais.

— Il n'y a pas besoin, Constant. Je me soumets au Conseil. J'apprécie grandement que vous me laissiez seul. »


Les phalanges du dynaste massent les lourdes paupières. La décision semble lui avoir donné des années en plus. Elle s'écrase sur ses épaules comme manteau de fer.  L'Adalbéron et les conseillers se retirent, trompés par le masque du perdant d'Harden. L'homme fort de caractère qu'il est n'a en vérité pas abandonné. Il refuse de voir le crépuscule des Dévéra arriver. Il n'abandonnera pas non plus les habitants de son Royaume à ce nouveau gouvernement dont il n'a, en vérité pas confiance.




Ambitions & Desseins


Il se refuse de voir arriver le crépuscule du règne des Dévéra. C'est le Roi et le Père qui conteste ce déclin. Le Conseil verra Tristan et Adhémar comme de vulgaires pions. Le peuple souffrira. Cette nouvelle ère engendrera des lacs de sang, de la souffrance et des guerres. Il ne permettra pas à son Royaume de subir de nouveaux affres. Kaerdum ne s'est pas remis totalement des plaies du passé. Pour les protéger des sombres machinations, pour éviter que l'histoire se répète, il usera de sa plus grande arme : son esprit. Il instaurera des alliances inédites et trouvera une solution pour lutter efficacement contre Zeran, menace constante et haïe.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé de 18 ans ? On peut dire ça, oui.
Si vous prenez un personnage important et que vous disparaissez, nous autorisez-vous à nous inspirer de votre personnage pour créer un nouveau prédéfini ? Pour le reprendre, il faut déjà que je parte.. Mais.. de toute évidence, cela n'arrivera pas. Le forum s'est emparé de moi et... vous exploitez ma faiblesse. De beaux prédefs *O*
Moultipass : Ok par Onyria