Azzura

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Ragwynn Lith'iel - Garde Royal du Roi d'Eressa

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◈ Missives : 63

◈ Âge du Personnage : 164 ans
◈ Alignement : Loyal Neutre
◈ Race : Eressåe
◈ Ethnie : Eressåe des Abysses
◈ Origine : Eressa - cité engloutie
◈ Localisation sur Rëa : Eressa - cité engloutie
◈ Magie : Magie arcanique

• Champs de force
◈ Fiche personnage : Un être d'une indéfectible loyauté envers son Roi

Héros
Ragwynn Lith'iel

◈ Jeu 8 Jan 2015 - 6:03


 
   ◈ Prénom : Ragwynn
   ◈ Nom : Lith'iel
   ◈ Sexe : Homme
   ◈ Âge : 164 ans
   ◈ Date de naissance : Le 4ème jour de Siralon durant l'Ere de Paix.
   ◈ Race : Eressåe
   ◈ Ethnie : Eressåe des Abysses
   ◈ Origine : Eressa - cité engloutie
   ◈ Alignement : Loyal Neutre
   ◈ Métier : Dirigeant de la Haute Garde royale d'Eressa
   

   

   
Magie


• Magie Arcanique

Derrière ta froide intempérance et ton indéfectible volonté, Ragwynn, tu t'aperçois que ton unique pouvoir t'échappe, t'épuise. Tu es à des décas de le contrôler avec brio. Et cela possède le don de t'exaspérer. Tu le sais utile et c'est bien pourquoi l'ennui te tord les boyaux à chaque défaite. Malgré tes échecs cuisants, tu n'abandonnes pas. A l'heure actuelle, tes champs de force s'ébrèchent au bout d'une dizaine de minutes, à peine. Et si tu cherches à repousser son déclin, une lancinante douleur te déchire. Des perles de sang coulent de ton nez. Ton corps se remplit de trémolos. Tu finis par abdiquer, ton être en feu. Tu sais qu'un jour, tu parviendras à le subjuguer. Jusqu'ici, tu tairas ton pouvoir derrière la porte de tes lèvres. Tu ne le mentionneras ou ne l'utiliseras  sous regard témoin que lorsque tu le contrôleras. Pas avant.
   


   
Compétences, forces & faiblesses

   

• Connaissance

Noblesse et royauté : Maître
Religion : Intermédiaire
Langue : Maître
Géographie : Expert
Histoire : Maître

• Art des combattants

Combat aux armes à deux mains (Fauchard double) : Expert
Combat à une main (Spatha) : Maître
Combat à mains nues : Maître
Stratégies de Combat  : Expert
Stratégies de Guerre : Maître
Parade : Expert
Esquive : Maître

• Arts d'espionnage

Discrétion : Maître
Evasion : Novice
Psychologie : Maître
Pressentiment : Intermédiaire
Renseignements : Expert

• Art des politiciens

Diplomatie : Intermédiaire
Intimidation : Expert
Perception auditive : Intermédiaire

• Arts des sages

Concentration : Novice
Connaissance de la flore et de la faune : Maître (celles d'Eressa)

• Langues Parlées

Tu parles d'une manière parfaitement fluide l'Eressae et Kaerd, Ragwynn.

• Forces

Dans le but d'être le plus infaillible possible, tu n'as de cesse d'user à l'art du combat. Tu es donc passé maître. Couplé à ceci, Ragwynn, par tes années de carrière militaire et tes entraînements poussifs, tu as acquis une force tranquille, puissante, supérieure à une grande majorité de tes confrères. Tu ne crains donc pas d'être dans le cœur des batailles. Tu es doté d'un psyché d'acier. Il est rare de te voir trembler sous la peur. Tu restes sûr de toi dans tes domaines de compétences.

• Faiblesses

Ton indéfectible loyauté envers ton Roi s'avère être une véritable asthénie. Tu commettrais les pires malversations s'il te le demandait sans remettre en question ses décisions. Par dévouement pour ton ami, Roi et Maitre, tu serais même en mesure de poignarder tous les infortunés qui chercheraient à bafouer son autorité ou salirait son nom. Tu n'es pas fait pour les arts. Si toutefois, tu te perds dans sa contemplation, tu te révèles inhabile d'imiter les artistes. Une rage froide peut t'absorber dans des situations où tu risques la calomnie. Une colère qui te mènerait à rattraper l'objet de ta foudre pour l'occire. Ta pupille se révèle être une énorme faiblesse.

   


   
Physique

   
Ragwynn, tu marques les esprits en bien des façons, non que cela soit le but escompté. Loin l'idée de te pavaner ou de recevoir éloge sur ta virilité. Tu ne passes juste pas inaperçu, toi et ton apparence particulière.

Tu es un géant, une force de la nature, tranquille et silencieuse. Ton imposante stature, ta corpulence guerrière, te rend intimidant.  De tes six pieds, quatre pouces, tu te démarques des silhouettes graciles de tes pairs... Tu les domines de haut. Si ce n'est pas par ta taille. C'est par ta force, ta musculature, tes muscles finement ciselés, dissimulés sous des épais pans de tissu.

Taillé pour le combat, tu n'en demeures pas moins véloce, rapide, capable d'esquive. Rompu à la lutte, aux armes ou au corps à corps, tu en gardes néanmoins des traces. Des scarifications marbrent certaines parties de ton corps. Des preuves assassines que l'art de la guerre n'est pas un jeu pour enfant.

Les oblongues de tes yeux, surplombés par tes sourcils abondants, recèlent deux éméraldines, d'un bleu ensorceleur, profond, bien trop souvent couvert d'une lueur glacée, Ragwynn. Ces bijoux céruléens, trait natif de ton peuple, encastrés dans ton faciès aux traits seyants, révèlent bien l'hybris de tes humeurs, ta force tranquille ou ton indéfectible volonté de ne pas faillir. Ils sont les miroirs de ton âme, des trésors jamais baignés d'amour. Maintes égéries tentèrent de les farder de désir avant d'être éconduites par des gestes fermes.

En contrebas, sous ton nez grec, point culminant de ton visage viril, trône ta bouche sensuelle. Tes lippes fines, esquissées d'un trait de plume, suggèrent guère ces soupçons de joie, de sentiments, nommés si communément sourires.  Ces boutons de roses, si plaisants à regarder, ne servent que pour trois utilités nécessaires à la vie : s'alimenter, se désaltérer, communiquer. Pas à d'autres fins ou buts que ceux-ci, que ça déplaise.

Une crinière corbeau encadre ton visage, à la carnation pâle. Cette rivière d'encre coule librement le long de ton dos, s'arrête aux trois quarts de ta colonne. En temps de lutte, une attache les retient en arrière, souci de préservation et aussi une volonté de ne pas offrir une prise sur toi. Pour ainsi dire, tes cheveux sont ta fierté. Tu te complais, Ragwynn, à prendre particulièrement soin à ta chevelure de soie. Tu abhorres les impudents qui imposent leurs phalanges dans le cœur de ta crinière, sans ton aval.

 


   
Caractère

   
Un esprit intrinsèque, une volonté indéfectible, une loyauté sans faille, un refus de l'insuccès, voilà ce qui te résume en quelques syntagmes, Ragwynn. Pourtant, les limbes de ton psyché se révèlent diablement plus tortueuses, profondes, mystérieuses que cela. Seule une poignée de quidams en connaît tous les aboutissements ou tout du moins, ce que tu acceptes de dévoiler. Non par pudeur. Mais, bien par souci d'hermétisme.

Amateur de l'art et du beau, épicurien, ton esthétisme s'arrête à l'anagogie. Tes talents se révèlent inféconds et ton sens artistique suranné. Nullement praticien de ces domaines, tu ne te hasardes pas sur une initiation escarmouchée de tes acquis néantesques. Tu laisses aux artistes la faculté de sublimer un Peuple, une Patrie ou une Cité. Là est leur place. Pas la tienne.

Homme de dévotion, tu ne mets de réserve sur l'accointance entre le Souverain Dyr et toi. Tu n'y vois guère intérêt. Il incarne tes convictions, celle de ta famille : la lignée des Lith'iels. Il symbolise la justesse, l'impartialité, la force. Il représente l'être unique apte à diriger les Atlantes des abysses. Tu en es intimement persuadé et c'est de ton libre arbitre que tu te courbes à sa suprématie. Indéfectible et mortel, tu fustiges les délateurs salissant son Règne. Sa Royauté ne doit souffrir d'aucun ombrage ainsi que ta loyauté à son égard.

Cœur glacé, peu enclin aux résipiscences, Ragwynn, tortionner ou pourfendre, ne te soutire aucune larme. Les trémolos des infâmes n'arrêtent ni ton geste ni la peine capitale. Tu les abats froidement, visage de marbre. On peut te dire abdominale ou insensible. Tu considères juste que tu obéis à ton devoir. A toute monarchie, il faut un homme pour se salir les mains.
 
Silencieux, tu te montre la plupart du temps taciturne. Tu ne vois pas l'utilité d'être volubile en langage. Tu ne confabules que lorsque la situation l'exige, sous commandement ou en présence du Monarque. A l'inverse, tes mots sont retenus derrière la porte de tes lèvres, scellés à double tour. Par choix, tu préfères les actions aux paroles, elles sont bien plus révélatrices que les logorrhées.

Désintéressé, tu ne cherches pas partenaire. La chair, sous toute ses formes et facettes, te laisse totalement de marbre, Ragwynn. Imperturbable, tu jetterais un froid sibérien en arrêtant toute tentative de t'envoûter. Tu es dénué de toute concupiscence, lubricité, appétence générienne. Des mauvaises langues pourraient donner en raison une potentielle impotence. Ce serait calembredaine.

Adorateur du silence, il te faut parfois te ressourcer dans un lieu dépouillé de toute présence. La paix et le calme combinés te ravient. Les bruits trop fort t'agacent. Les jacasseries t’incommodent. Sous ta verve glacée ou des gestes durs, tu les feras cesser pour retrouver la quiétude de Tacita.

Observateur en toute circonstance, Ragwynn, il est rare que tu agisses de manière précipitée. Tes paroles et tes actes sont le fruit de mûres introspections. Tu sais quelles sont les avaries qu'engendre la promptitude et tu tâches de les provoquer aux minimums. Tu tiens à rester infaillible comme tu souhaites garder intacte ta réputation...

Protecteur, tu ne reculerais devant rien pour protéger ta pupille et ton Roi. Tu veilles constamment sur eux, le bien être. Ces êtres qui te sont chers, sont les nerfs de ton existence et ta raison de te battre. Tu déconseilles à quiconque de poser la main sur eux. Tu as l'arme.. tatillonne.

Rompu aux arts de la guerre, les conflagrations non plus de secret pour toi. Tu sais en lire les signes et tu agis en conséquence. Par ailleurs, tu te montres un excellent bretteur et un adversaire redoutable. Tes talents de guerrier et de stratège, ne sont plus à prouver à ce jour.  



   
Inventaire

   

 • Une chevalière : dernier souvenir de ton père, Ragwynn, l'anneau d'argent ne quitte jamais ton annulaire gauche. Gravée d'un L, ce bijou est la trace indélébile des convictions profondes de ta famille : vouer leur existence aux Dyr. Ce fait, tu te le remémores bien souvent.

Une épée : Protégée par sa gaine de cuir obscure, attachée à ta taille, crépuscule repose. Cette longue lame droite, d'une toise de long, embellie de pictogrammes croisés, possède ta préférence lorsque tu sièges dans la Cité Engloutie. Plus courte que perdition, elle se laisse manipuler avec aisance.

Un fauchard double : Cette arme mortelle, à l'oblongue acérée, d'une toise pour une ambanne, demeurant harnachée en ton dos, est de prime abord, à but d'intimidation. En sa hampe, gaînée de noir se retrouvent incrustés des artefacts. Ses lames, forgées en demi cercle, positionnées de chaque côté, lui donne un aspect menaçant. Perdition, dénomination que tu lui as offerte, est un symbole de mort lorsque tu consens à t'équiper d'elle, principalement en surface, pour des raisons de praticité.  

Un poignard :courte et assassine arme rangée bien souvent dans ta botte. Tu reconnais quelle est forte utile lorsque l'utilisation de ton épée ou ton fauchard se retrouve compromise.

Un long manteau : Cascade d'ivoire, harnachée de bandes bleues, qui coule jusqu'à tes mollets. Sa coupe met en avant ta grandeur, ton imposante stature, sans trop restreindre tes mouvements. Tu te complais à le porter, pour son confort, sa finesse et son élégance.  
   


   
Histoire

   

   
Chapitre I : Un petit être ouvre ses yeux

An -73 avant l’Ère des Rois. Premier Cean de Siralon.


Aux confins d'une pièce à la semi clarté, où les rares rayons de la lune peinent à filtrer à travers les rideaux éméraldines, ta génitrice souffre de mille tourments. L'hidrorrhée couvre son corps de sa moite avarie. Tendue au possible, ses yeux sont clos. Le visage blême, la fièvre la dévore sous l’œillade inquiet de ton géniteur. Ton aîné, le visage grave, dépose lentement, ses deux paumes sur les épaules de ton père, geste de soutien en ce douloureux moment. Après un long silence, les ailes de son murmure s'envolent.

— Elle s'en sortira. Dans quelques heures, nous pourrons remercier Céarus pour nous avoir offert ce précieux présent.

— Je ne peux m'empêcher de craindre pour elle, Sirënthil.

— Il ne lui arrivera rien. Faisons lui confiance. Elle n'est pas si fragile. Et, Neriellëa s'occupe bien d'elle.
Le céruléen de ses prunelles se déporte sur la scène. Nous devrons nous retirer... Les affres de notre effarement pourront leur nuire.

— Oui. Mais, avant.  


Ton patriarche s'avance vers ta mère. Les boutons de ses lèvres glissent sur la plaine blanche du front, le bout du nez, la bouche de son épouse. Tendrement, il rafraichit son faciès d'un chiffon humecté. Tout son amour se reflète dans sa manière de la contempler. Et son cœur se pourfend en deux face à son impuissance. Il n'est pas en mesure de lui extraire ses maux. Il ne peut lui arracher sa fébrilité. La rage éclos en sa poitrine face à son désarroi. Il se contente de partir, dernier regard sur sa moitié. Tes ainés ferment la porte derrière leur dos. Ils se refusent de céder aux sombres appétences.

Seule avec ta daronne, Ragwynn, Neriellëa, vérifie le travail. Tu ne sembles pas vouloir embraser ce monde. La chaleur de la matrice te plait surement trop pour la quitter. Malgré les contractions, tu protestes et t'accroches. Les heures s’égrainent. La chambrée se couvre de ses vagissements. Son horrible détresse s'entend en ses clameurs perpétuelles. Derrière le battant, ton patriarche perd son sang froid. Il ne parvient pas à rester indifférent. Et pourtant, ton frère aîné l'encourage à tenir bon. Les poings serrés, il prie Céarus de prendre soin de son épouse.

Trois heures encore et survient la délivrance. Tu es rejeté du noyau confortable de sa panse. A l'air libre, encore un tout chétif bourgeon, Ragwynn, tu éjectes de ta bouche tes premiers trémolos. Tu absorbes ou rejette ce monde nouveau. Ta belle sœur te dépose dans le moelleux d'un berceau, indifférente à tes supplications. Préoccupée, elle retourne se loger entre les cuisses de ta mère. Elle empaume précautionneusement, Ragwynn, ta sœur. Ta procréatrice, épuisée, glisse sur ses lèvres, un soupçon de sourire. Vos naissances, un bonheur pour elle. Épuisée, fatiguée par l'épreuve, elle tombe dans l'indolente inconscience.

La porte se déchausse. Tes aînés reviennent. Sur celui de ton père, s'y lit l'appréhension, la fébrilité, le questionnement. Allez-vous bien ? Neriellëa tourne sa tête de droite à gauche. Ta cadette, ta jumelle, ne bouge pas aux creux de ses bras. Morte née. Sous la nouvelle, ton frère s'assombrit.

— Comment va Mère ?

— Elle va bien. Elle s'est endormie. Ses jours ne sont pas en danger.

— Bien.
L'igné de ses mires s'attarde sur ton Père. En silence, il récupère le chétif cadavre de son enfant.

— Que Céarus en soit témoin, nous préparerons une cérémonie pour Nerëa. Qu'elle repose en paix.

Sirënthil se penche sur ta nacelle en crinoline, noire d'encre. De la pulpe de ses doigts, il caresse tes rondes joues, le bout de ton nez, Ragwynn. De la fierté brille au creux de ses azurs. Doucement, il te porte, te pose près de son cœur. Plein de condescendance, d'orgueil, il babille pour tous.

— Il est magnifique. Quel sera son nom ?

— Ragwynn. C'est ce qui fut décidé avec ta mère.

— Il fera la fierté de notre famille.

— Je l'espère. En parlant de famille, Sirënthil et Neriellëa, quand sera venu le moment de m'honorer d'un petit fils ou petite fille ?

— Nous ne le savons pas. Nous aimerions.

— Vous en aurez tellement que vous deviendrez gâteux.


Flopée de rire pour couvrir leur déchirement dû à la tragique perte de ta sœur. Tous touchés, ils ne veulent pas se laisser happer par le voile marmoréen des suppliques et du deuil. Ce jour, est aussi un symbole de joie. Ta naissance. Ta venue en ce monde. Ils ne veulent pas la gâcher.



Chapitre II : L'avenir qui t'attend

An -63 avant l’Ère des Rois. Second Lunae de Merä.


Du haut de tes dix ans, Ragwynn, tu ne connaissais rien encore à l'histoire de ta lignée. Leur indéfectible pharisaïsme envers les Dyrs. Tes géniteurs te laissaient croitre, en paix, telle une fleur, avant de dorer tes pétales de la connaissance. Peut être qu'ils craignaient ta réaction le jour venu. Ou bien, ils t'offraient juste encore des années d'indolence, de liberté, de tendresse candide. La vérité, ta mère, apposa son veto. Il n'était pas encore l'heure que tu le saches. Le patriarche, non de gaieté de cœur, consentit à obéir à son épouse à condition que tu saches tout à la veille de tes dix huit ans. Ainsi en fut conclu leur accord.

Au fil des jours, il rongeait son frein. Il se sentait blessé en son orgueil et fierté. Celle d'un père pour le fruit de sa chair, son hérédité, caché aux yeux des êtres qu'il vénérait. Il fallut que tu crèves l’abcès de ce malaise, en citant, plein d'allégresse, tes rêves d'enfants. Assis auprès de ton grand frère, ton modèle, tu te complaisais à lui dire.

— Quand je serai grand, je voyagerai à travers les terres de Rëa. Je découvrirai pleins de bêtes et de contrées.

— Il est beau de rêver, Ragwynn.

— Il en est absolument hors de question ! Tu es destiné à rester à Eressa et servir les Dyrs. Il en sera ainsi. Pas autrement...

— Père.

— Sirënthil. Ferme-la.

— Je te déteste. Et je refuse de les servir !!


Tu déguerpis, le cœur et l'âme ombrageux, Ragwynn, après avoir versé de la poudre sur le feu. Tu te diriges vers ta chambre, doux réconfort, fruit de tes attentes, souhait de quiétude. Parvenu en ce sanctuaire de paix et sérénité, tu espères que quiconque ne viendra t'y déloger. Tu ignores à quel point ton attitude velléitaire blessa ton géniteur. Et si tu le savais. Il est probable qu'en cette heure, ce moment présent, immédiat, tu t'en gouaillerais.

Emmitouflé sous les pans de tissu opalin de ton lit, tu t'égares sur les gravures fardant les pages de ton livre. Tu t'émerveilles devant les cartes de ce monde inconnu. Tu t'y vois explorateur, au côté de ces animaux. Tu t'imagines parler avec les ethnies étrangères. Boum et fracas, tu te remémores l'immixtion de ton géniteur. Tu te roules en boule. Tu écumes les fruits de ta colère par tes trémolos naissants. Tu refuses d'obéir à son injonction.

Sous peu, tu finis par t'ankyloser. Ton esprit s'éteint. Tu t'endors. C'est des doigts vagabondant dans l'encre de ta chevelure qui te réveillent des heures après. Face au visage chaleureux de ta mère, une certaine sérénité te traverse. Ta tête se pose sur ses genoux.

— Ne déteste pas ton Père, Ragwynn. Il veut juste ce qu'il y a de mieux pour toi.

— C'est faux ! Il veux juste que je fasse ce qui lui plaît.

— Tu te trompes. Et tu le sais.

— Non. Il pense qu'à lui !

— Tu as tort et tu le sais.

— Pourquoi veut-il que je serve ces étrangers ?

— Ne parle pas ainsi d'eux, Ragwynn. Les Dyrs ne te sont pas aussi étrangers, mon fils. Ils sont issus d'une branche cousine du Monarque actuel et ils sont des Atlantes formidables. Nous les apprécions. Un jour, tu comprendras pourquoi.

— Je ne veux pas les comprendre.

— Même pour moi ? Je serais fière de toi si tu acceptais cette voie, par ta propre volonté.

 
Le silence de Tacita s'installe. Ragwynn, tu rends les armes devant ta daronne. Encore qu'un enfant, tu cèdes un grain de ton impétuosité.



Chapitre III : Sortir du lot

An -48 avant l’Ère des Rois. Premier Astar d'Auldera.


Redoutable et colossale, tu ne passes plus inaperçu au travers de la Cité engloutie, pour ton propre désabusement, Ragwynn, lorsque tu te diriges vers Firyel'as pour tes circonspections. Tu entends le brouhaha enflant à ton passage. Les Enfants taquins. Les femmes affamées, avides, derrière toi, leur regard focalisé sur ta marche. Soupir hors de ta bouche, tu ne donnes guère intérêt à ces babils. Seul te préoccupe ton but primal : la fierté de tes géniteurs, des tiens. Rien d'autre ne prend place en ton corps solitaire.  

Concentré sur cette unique volonté, tu fais rempart à toute autres pensées vindicatives, inhérentes. C'est le nerf, le moteur, qui te fait avancer en ta voie sélecte et choisie.  Le visage clos de toute émotion, même derrière des murs de l'école, tu ne cherches pas à saillir ou confectionner de nouvelles amitiés. Tu n'es pas là pour ça. Tu te retrouves en ces lieux pour te rapprocher de ta vocation.

Si tu ne brilles pas dans les arts, tu fais preuve de prouesse pour les stratégies et le combat. Ces matières suscitaient ton éréthisme.  La bataille, la virtuosité des coups, te complais, Ragwynn. Tu ne peux prétendre le contraire. Tu te sens bien, à ta place un fauchard double ou une épée entres les mains. Tu transpires l'assurance. Ce transport, cette exaltation se ressent en tes gestes dépouillés de surplus. Tu acceptes les échange, par plaisir de croiser le fer, de communiquer autrement que pas les logorrhées.

C'est lors d'un de tes exercices que tu fus remarqué par un général. Ébranlé par ta force prodigieuse, il vint à toi.

— Rejoins le bastion. Nous avons besoin d'hommes comme toi pour assurer la protection d'Eressa.

— Je suppose qu'il est préférable que ma réponse soit positive ?

— Tu ne seras pas forcé. La décision viendra de toi... Saches juste que gâcher une telle force serait dommage.

— Je vais y réfléchir.

— Je retourne au bastion. Je serais satisfait de te voir nous rejoindre. Je te recommanderais à mes supérieurs.


La logomachie se termine et l'homme de guerre repart sous la braise de tes prunelles bleutées. Tu suis jusqu'au bout son départ. Quelle impressionnante entité au mental d'acier.  Derrière ton visage inaltérable, Ragwynn, des sentiments antipodes te foudroient : la liesse, l'appréhension, la fierté, la dignité. Toi qui ne cherchais pas à briller par ton éclat, une voie tout à fait profitable se dresse sur ta route. Tu loues, en silence, Céarus, pour cette carrière inopinée et forte imprévisible.

Entité de chair immobile, tu finis par clore tes paupières. Tu t'octroies une longue introspection. Suite à tes aphorismes, ton choix te paraît l'évidence même. Refuser cette proposition serait du gaspillage. Tu sais quelle décision prendre. Tu l'as au bout de ta langue. Mais, pragmatique, de manière concrète, ta résolution ne dépendra pas de ton unique volonté.

A table, le soir venu, ton manque de loquacité et de gloutonnerie alerte tes géniteurs. Ils posent leurs couverts. L'océan de leurs abîmes s’unit aux tiennes.

— Tu te sens fiévreux ?

— Loin de là, mère.

— Qu'as tu donc ?

— J'ai une nouvelle à vous annoncer. Je vais rejoindre le bastion. Je me destine à recevoir leur instruction militaire.

— C'est formidable. Je suis heureuse que tu prends un chemin qui te plaît.

— Quoi ? Te moques tu de moi, Ragwynn ? Tiens tu encore, par Céarus, m'enrager ?

— Avant d'apposer votre véto, Père. Je ne tiens pas à fuir mes engagements. Après mes instructions, je donnerais ma loyauté aux Dyrs et mettrais à leur service les compétences que j'aurais acquis.

— Bien. Que ta volonté soit faite.

— Merci

— N'oublies pas ta parole. Je n'accepte ta décision que grâce à cette mention. Si tu ne la tiens pas, je n'aurais rien contre te déshériter.  

— Je le sais.

— Maintenant, retire toi.. Ragwynn.




Chapitre IV : La fierté d'un Père

An -17 avant l’Ère des Rois. Troisième Dermedrek d'Ansbar.


Froide expression glissée sur ton visage, Ragwynn, tu sors du bastion qui a vu croître tes compétences martiales. Ta coupe pleine de leur enseignement, c'est un regard glacé que tu portes sur la Cité Abyssale. Aux confins de ta poitrine, un vide intersidéral, néantesque. Nulle sensation t'embrase à effeuiller de tes prunelles ce lieu. Ce n'est pas que tu es devenu coque vide. Tu maîtrises maintenant jusqu'à tes états d'âmes. Ou presque. Seuls les évènements les plus corrosifs pourront t'arracher d'indolentes suppliques ou rage.

D'une prompte marche, tu parcours le chemin qui te sépare de chez tes géniteurs. Les minutes s'écoulent, languissantes. Parvenu au berceau de ta naissance, c'est un port altier que tu traverses les couloirs. Il n'y a qu'écho d'un silence pour t'accueillir après trente ans d'absence. Tu trouves ce fait étrange. Inhabituel. Cela ne correspond pas à tes souvenirs de ce lieu.

En silence, tu te diriges vers le noyau : le salon. Ton paternel se tient donc ici, son attention portée sur les flots visibles à travers la fenêtre, les mains croisées derrière son dos. Tu engloutis la distance qui vous sépare, tes mots retenus derrière les boutons de tes lippes.

— Mon fils prodige est donc de retour.

— Où est...

— Ta mère ? Elle s'est éteinte il y a dix ans. Le premier Ellsya de Margrh. Elle était restée faible depuis son accouchement de toi et ta sœur.

— Je m'en vois navré.

— Tu n'as pas à l'être, Ragwynn.


Volte face, ton procréateur appose l'or bleu de ses mires sur toi. De haut vers le bas, l'ignée de ses mers suit la courbe de ton corps, ta stature. Il se plait à contempler l'insigne sur ton poitrail. Tu fais de même. D'un rapide constat, tu assimiles une perte de poids de ton daron. Le deuil lui a donné un air plus sec, fermé. L'atrabile a dévoré son être, émacié sa froide apparence. Il t'impressionne beaucoup moins. Cependant, tu ne le sous-estime pas. Son psyché demeure encore.

— Tu as belle figure, Ragwynn. Tu fais la fierté des Lith'iels.

— Merci, Père...

— L'heure n'est plus aux flagorneries. Il est temps de remplir ta parole.

— Oui.


Le conciliabule s'achève. Il est l'heure de vous absoudre du cocon douillet et rejoindre l'extérieur. Imperméable à la vie de la Cité, tu te contentes de suivre ton Père. Son pas vif te démontre que la mort n'a pas encore son emprise sur lui. Tu apprécies cette découverte, il en est certain. Mais, il n'est pas le moment à la vérification. Les mots retenus par la barrière de ta bouche, tu mémorises le chemin. Bientôt, vous vous retrouvez là où ton daron veux te mener. Face à l'immense ronde grouillante des serviteurs, tu ne te laisses pas intimider. Tu avances, d'un pas ferme, dans la direction qu'il te mène.

Devant toi, Loraliën s'immobilise. Tu t'installes à sa gauche, Ragwynn. Tes oblongues, aux éméraldines perles, se déportent sur la famille qui vous tient face. Leur visage avenant, leur port altier, et leur aura, les placent au sommet de la hiérarchie sociale. Un instant figé, tu restes ébloui par l'éclat de leur héritier. Tu tires ta révérence à ces êtres placés bien au dessus de toi par la pureté de leur lignage.

— Mes salutations, vos éminences. Je vous présente enfin mon fils cadet, Ragwynn.

— Je vous offre, à dater de ce jour, mon entière loyauté. Ma lame et mes talents de guerrier seront à votre unique service.




Chapitre V : Naissance dans le sang

An 28 de l’Ère des Rois. Second Ellsya de Bremisc.


Auprès de ton aîné, tu observes d'un calme plat, son visage pâlir. Sous les tourments violents de sa moitié, les traits de son faciès se décomposent. La suée couvre le marbre de son profil. De glace, les mers azurites de tes prunelles reviennent se nicher sur le corps de Neriellëa.  Parcourue par ses géhennes, ses moults élancements, elle tient bon. De sa bouche aux lèvres frémissantes, jaillit ses vagissements. Une éternelle mélopée, sinistre, venue du fin fond de sa gorge. Elle ne connaît nulle fin. Elle prend de plus en plus d'ampleur.

Ces cris s'estompent au passage du tissu humecté. Et ils poursuivent ensuite. Remplacés par un souffle tremblotant. Ta belle sœur n'en peux plus. Pourtant. Malgré sa fatigue visible, sa souffrance horrible, elle pousse comme une damnée. Elle contracte son corps pour expulser la vie prisonnière de ses chairs.

En vain. La fragile chose, l'enfançon refuse de s'extirper de la matrice de sa matrone. L'accouchement se prolonge. La tension atteint son seuil culminant. Une part de ton être en connait déjà l'aboutissement. Tu perçois la gravité de la situation et tu y es préparé. Quant à ton frater, tu suggères que non. Ta paume cavalière se réfugie sur son épaule. Tu le pousse, sans mettre un soupçon de force, Ragwynn.

— Va à son chevet, Sirënthil. Je doute qu'elle en a encore  pour longtemps à vivre.

— Non. Que Céarus ne me la prenne pas.
 

Ton aîné s'approche de son épouse. Leurs doigts s'entremêlent. Encouragée par sa présence, l'étreinte de son amant et moitié, elle parvient à la délivrance. Des pleurs de nouveau né embellissent la chambre à l'atmosphère mortuaire. Entre ses cuisses ouvertes, une rigole de sang s'écoule. Elle se vide. La mort, infâme, affamée, de ses phalanges osseuses, happent déjà son tribu. Pas à pas, elle part conquérante sur la Vie. Proche de sa fin, Neriellëa murmure.

— Cïrythïelle.

Son bras retombe inerte sur le lit. Ses paupières se ferment. Ta belle sœur est décédée, morte en couche. Sirënthil, abattu par le choc létal, la perte de sa moitié, s'écroule à genoux. Ses sanglots ravagent les monts de ses joues. Ses mains s'écrasent contre sa tête. Dans sa folie, ses ongles lacèrent son crâne sous ton regard contrit.

Tu happes de tes longues enjambées la distance qui vous sépare. Fatale erreur et faute qui t'incombe cette décision. D'un geste vif, sa dextre attrape ton poignard dormant au fond de ta botte. Avant même que tu ne puisses réagir, il se poignarde mortellement. Maintenu par tes bras, il s'éteint contre ton torse puissant, sourire aux abords de ses lippes. Il va la rejoindre. Tu exultes ton deuil d'une lourde plainte.

Les minutes s'égrainent, Ragwynn. Tu es toujours penché sur la dépouille. Tu berces le corps tendrement, tout contre toi. La lourdeur, la souffrance t'assaillent. Tu fulmines. Tu te mords la lèvre inférieure. Ce jour, qui aurait dû être baigné par les meilleurs auspices, se farde d'une odieuse couche d'obscurité. C'est une journée funeste pour les Lith'iel. Tu craches ta fétide vérité.

— L'amour est un poison mortel. Je jure par Céarus que quiconque n'aura mon cœur. Seule ma loyauté envers les Dyrs, mes seigneurs et maîtres, comptera.. Et rien, en outre mesure, ne changera ma décision..

Poussé par une forte volonté, par ton mental d'acier, tu te relèves. Tout proche du berceau, tu observes ta pupille. Sa beauté rafraichissante te touche. A partir de maintenant, il ne reste que toi et ton paternel pour veiller sur cette rose bourgeonnante. Vous vous acquitterez de cette tâche tout en continuant à vous dévouer aux Dyrs. 


   
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◈ Missives : 63

◈ Âge du Personnage : 164 ans
◈ Alignement : Loyal Neutre
◈ Race : Eressåe
◈ Ethnie : Eressåe des Abysses
◈ Origine : Eressa - cité engloutie
◈ Localisation sur Rëa : Eressa - cité engloutie
◈ Magie : Magie arcanique

• Champs de force
◈ Fiche personnage : Un être d'une indéfectible loyauté envers son Roi

Héros
Ragwynn Lith'iel

◈ Mar 13 Jan 2015 - 15:51


Histoire

 

 
Chapitre VI : Une Femme de bien s'en est allée

Auldera, An 33 de l’Ère des Rois.


De biens mauvais augures étendent ces ailes macabres sur Eressa. Elles déversent sur la Cité Engloutie de sombres appétences. La tragédie de Ristål'kyn en est sa preuve la plus irréfutable. La demeure des Dyrs n'est bercée que par l'hécatombe qui remplit le Peuple de clameurs et de sourdes colères. Les domestiques, œuvrant avec toi, se laissent aller à leur babillage. Écoutant à peine ces badinages, tu portes ton attention uniquement sur ta tâche.

— C'est affreux ce qui s'est passé...

— Dame Lyna'an  n'était pas censée s'y rendre aujourd'hui ?

— Je crois.

— J'espère qu'elle n'a rien.

— Que nous arrivera t-il si  par malheur elle était...

— Ne nous lançons pas dans les "et si" sans savoir. Elle doit être saine et sauve.. Retournons à nos tâches respectives sans palabrer.


Par ta voix aux intonations polaires, tu mets un point final à cette discussion qui n'aurait pas du être. Les servantes t'observent, retroussent le nez et retournent au travail. Cette obéissance te complaît. Vos maîtres ne doivent pas souffrir des lèses majestés. En silence, tu te remets à ton ouvrage, Ragwynn. Derrière ton faciès de marbre, tu ne peux t'empêcher d'être soucieux.

L'appréhension persiste à échauffer vos esprits. Vite remplacée par une profonde accalmie. La funeste nouvelle parvient aux portes de la demeure des Dyrs. Enflée, répétée, elle grise les humeurs de manière spectaculaire. Plus personne n'arbore de vaine joie, d'un bonheur ensoleillé. Lyna'an n'est plus. Elle a succombé à l'accident.

Tu te recueilles dans une des pièces vides. La tête penchée, tes épais poings fermés, tu ravales ta rage, Ragwynn. Tu étouffes cette obscène envie de répandre par des notes ta fureur. Cette flamme qui te dévore la poitrine. Une nouvelle fois, une personne que tu révères rejoins Céarus. Et cette fois, il s'agit de ta maîtresse, une mère aimante, une femme respectée et appréciée. Toi, le colosse au visage bien souvent marmoréen, tu n'es pas si insensible. Derrière ton ample carcasse, tu éprouves de l'asthénie. Tu vocifères et te sens impuissant.

Tu désires offrir condoléances et soutien, réconfort, auprès de cette famille brisée depuis le tragique évènement. Mais, tu refoules ces intentions louables, juste, fruit de ton pharisaïsme. L'idée serait mal perçue. Tu connais ta place et tu ne cherches pas à briller parmi les autres domestiques. Tu te tiens en arrière, juste, au cas où ils auront besoin de toi. La tête penchée sur la table, tu clos tes paupières. Ta crinière forme un rideau de soie noir devant ton visage.

— Pourquoi resterons nous ? Je n'étais à l'aise qu'avec Dame Lyna'an.

— Je vais partir et travailler pour quelqu'un d'autre.

— Aedril, me met mal à l'aise.


Tu grondes à l'écoute de ces jérémiades, Ragwynn. Tu ouvres la porte, tes prunelles bleutées chargées de colère. Toi, si taciturne, tu mets à plat tes plus profonds ressentiments.

— Votre loyauté est donc aussi faible pour que vous encensiez de tels propos ? N'avez vous donc aucune honte ?


Sous l'acier de ton regard, elles se taisent. Tu les vois partir. Tu soupires. Ces bien funestes oraisons ne rendent pas hommage à cette vénérable famille.




Chapitre VII : L'appel de la Vengeance

Bremise, An 55 de l’Ère des Rois.


Les bras croisés, Ragwynn, tu t'imprègnes de leur verbe. Pas un instant, tu ne coupes la discussion. Tes ovoïdales, aux billes turquoises, passent, tour à tour, de l'un à l'autre. Au fur et à mesure que les mots coulent, une lueur de rage y transparaît. Tu ne peux y croire. Aussi terrible que cela soit, c'est l'inévitable vérité. La mort de Lyna'an n'est pas le fruit d'un terrible accident mais d'un odieux attentat. Tu serres les dents. Ils ont osé s'en prendre aux Dyrs ! Monte en toi l'hybris d'une rage foudroyante. Tu emploies toute ta volonté dont tu peux faire preuve pour contrôler la vague de colère.

— Votre confiance m'honore..

Ta haine pour leur acte demeure visible, gravée sur ta face. Tendu, tu es prêt à fondre sur les délateurs. Leur broyer os, crâne, à mains nues ou à l'aide d'une lame aiguisée. Arme de guerre en forme d'être de chair, Ragwynn, tu comptes abattre la fureur des  Dyrs sur eux de la plus horrible des façons, sans un soupçon de regret.

L'espace d'un soupir, tu fermes tes paupières. Tu te souviens de Lyna'an. Lorsque tu libères le bleu de tes yeux de leur prison, c'est pour dévoiler une volonté inflexible, le bourreau lancé aux trousses du groupuscule de l'ombre. Les Jorsyn'tål  seront bientôt qu'un simple souvenir. Tu t'en faisais le serment, Ragwynn. D'une voix douce, à contrario de ton expression faciale, tu poursuis.

— Lyna'an était une femme formidable que je révérais pour sa gentillesse et son éclat. Sa perte fut une tragédie.

Tu décroises tes bras, Ragwynn. Tu ploies devant eux. Devant tes seigneurs, tu viens à poser ton genoux au sol, ton visage s'abaisse. La mer d'encre de tes cheveux cache à demi ton visage. Là, en cet instant, tu incarnes un étrange tableau. Fabuleux par ta loyauté, terrifiant par tes mots.

— Je puis vous jurer, ici et maintenant, que sa mort ne restera pas impunie.  Ils regretteront d'avoir éveillé l'appel de la vengeance. J'abattrai les Jorsyn'tål sans aucune forme de procès.  

Tu te relèves. Debout, devant tes maîtres, tu tires ta révérence. Il est temps pour toi de commencer les hostilités. Après quelques pas, tu souffles.

— Vous pourrez dormir en paix. Les survivants en sursis ne feront pas le rapprochement entre vous et les meurtres.

Après ton dernier babil, tu quittes la demeure des Dyrs, Ragwynn. Tu rejoins le berceau qui t'as vu naître. Tes pas te mènent à la chambre de ta pupille.  Elle est là, allongée aux creux de ses draps. Tout silence, tu la contemples. Elle bouge en son sommeil. Dans son mouvement, sa couverture met à nu sa nuque et épaules. Tu la bordes, cachant l'épiderme. Quel conservateur tu es... Sur cette pensée, tu chemines vers ta chambre. Couvert de ta longue pèlerine, tu te prépares à partir.

— Mon fils, où vas-tu habillé ainsi ?

— ...

— Tu ne peux répondre. Enquis toi de la tâche qu'ils t'ont donné et reviens nous, sain et sauf.

— Merci. Prends soin de Cïrythïelle pendant mon absence.

— Tu n'as pas besoin de me le demander, Ragwynn.


Ton géniteur te connais assez bien pour savoir que ta "mission" a un rapport direct avec les Dyrs. Lui ainsi que toi, vous êtes des Lith'iel. Vous êtes nés pour leur obéir et servir. Tu lui jettes un dernier regard. Et une mine sérieuse se dessine sur ta face. Il est temps d'y aller. Tu pars. La chasse.. La mise à mort commence à partir de maintenant.. 



Chapitre VIII : Destitution

Merä, An 59 de l’Ère des Rois.


A la suite de ton souverain en devenir, Ragwynn, tu couvres ses arrières. Des guerriers, dont les faits d'armes te sont inconnus, participent aussi à la procession funèbre. Tu les dévisages d'un coup d’œil rapide. Froid colosse, dévot loyal, tu t'acquitterais de les tuer s'ils représentaient une gêne pour Aedran ou Aedril. Les nuisibles ou couards sont malvenus dans une mission aussi importante que celle-ci. Ils coûteraient la vie. Ce n'est pas le résultat escompté. Le but : retrouver le Roi déchu caché quelque part dans les boyaux de la cité.

La tâche ne sera pas facile. Tu l'avoues. Il existe de nombreuses sorties. Prendre la mauvaise lui offrira un laisser passer à l'extérieur. Et.. A côté..Tu penses à la foule. Le peuple en liesse et tous les dissidents de ton Sire prendront un plaisir certain à le vendre. A tout y réfléchir, Lorel a devant lui.. Un échec et mat. Toute chance de victoire lui est soutirée. Tôt ou tard, l'être que tu vénérais aurait sa tête sur une pique.

Les grains du temps s'écoulent librement dans l'immense clepsydre et la marche ne souffre d'aucun arrêt. Tout le monde maintient l'allure pour ta propre complaisance. Tu es assuré que ces griveton possèderont leur propre utilité, une fois arrivé au but, la fin de la course poursuite. Puis, tu reviens à toi.

Inébranlable, tu te concentres sur la bataille à venir. Tu t’absous de tes aphorismes au rapport du Général. Bien. Sa position est dorénavant connue. L'allure s'accélère et le piège se referme. Arrivés au but, les clameurs du peuple retentissent.

— Vive le nouveau Roi !

— Que Céarus vous guide pour abattre Lorel.


Au détroit de la ruelle, le gros de la troupe doit demeurer en barrière. Et, toi, tu es le seul à suivre tes maîtres. Tu te sens honoré, Ragwynn. Reconnaissant, tu restes dans leur dos. Ensemble, vous vous retrouvez devant le Roi moribond, au règne achevé. A ces vociférations, s'éveillent la douleur d'Aedril. Face à cette tristesse, nuage de tourment en sa poitrine, tu déposes ta paume chaleureuse sur son épaule. Tant de légèreté dans l'acte dénote avec ta carrure imposante. Tu n'as cure de ce détail. Tu fais ce qui te sembles bien. L'émeraldine de tes yeux s'ancre dans les siens, message muet de réconfort.

Ta tête se tourne en direction d'Aedran. Tu observes la situation. Tu n'as pas besoin d'intervenir. Tu joues le rôle de témoin, spectateur. Les évènements se succèdent. Un bruit de métal t'alerte. Deux pointures attaquent le Souverain en devenir. Face à l'Amiral Ronsthar et Commandante Mayna, ta rage éclate. Arme en main, tu rejoins la bataille. Les coups pleuvent, la lutte met en exergue vos compétences martiales. La moindre erreur peut se révéler... Fatale. Tu le sais. Tu uses de tes connaissances, de ta force sur ton adversaire. La ronde endiablée des lames ne cessa qu'après dix minutes et s'achève sur votre victoire. Sous l'impossibilité d'avoir leur servitude, l'un et l'autre sont abattus.

Vint le moment de l'affrontement. En retrait, tu restes envouté par les talents d'Aedran. Des palpitations te parcourent, t'enveloppent. Tu mémorises cette lutte, cette grâce d'un génie incarné. Tu ne puis te détacher de cette "danse" mortelle. Presque avec regret, tu la vois se terminer. Et le châtiment arrive. Tout du moins... Lorel est laissé là, impuissant. Qu'il survive ou meurt, quelle importance.



Chapitre IX : Une nouvelle Ere

Friest, An 89 de l’Ère des Rois.


Bien des choses changèrent depuis la destitution de Lorel, monarque déchu, fuyard des abysses. La magie revint, créant bien des perturbations au sein de la Cité engloutie, des dégâts physiques et matériels. Ton souverain, maître et ami devenait plus inflexible avec le temps. Plus fort et puissant de corps et d'esprit. Et... derrière, tu le savais, se cachait une profonde solitude. Le revers d'un statut de Roi.

Aujourd'hui encore, tu le soutiens de toute ton âme et dévotion. Tu lui donnes ferveur, confiance aveugle, vénération. Et, même lorsque tu es, comme en ce moment dans tes quartiers, pour tes rares heures de repos, tes pensées demeurent égales. Tout du moins jusqu'à ce que des menottes se dressent devant tes yeux. Ta pupille encore. Marquant l'impatience, elle les enlève. Dorénavant assisse sur ton lit, elle t'observe.

— Les servantes ne cessent de cancaner sur ta beauté.. Ta stature.. Tu ne les laisses pas indifférentes. Mais, pourtant, il est dit que tu les repousses. Tu ne tiens pas à fonder une famille ?

—  Cïrythïelle

— Tu sais que je poursuivrai jusqu'à ce que tu me répondes. Je peux t'avoir à l'usure, mon Oncle.

— Je n'y tiens pas, non.

— Quelles sont les raisons qui t'en empêchent ?

— Je suis un Lith'iel. Maintenant.. Cette conversation prend fin. Tu sais à quel point elle me débecte..


La laissant pantoise sur ta couche, tu te retires de ta chambre. Tu retournes auprès du Roi, épuisé par les questions de ta pupille. Tu la chéries. Tu l'aimes... Mais, tu possèdes tes propres limites. Tu te surprends à espérer que jamais Aedran ne se retrouve avec une fille s'occupant de sa vie sentimentale. Cela te prouve à quel point, Ragwynn, qu'il y a des choses que tu ne pourras jamais supporter.



 
Ambitions & Desseins

 

Tu souhaites, Ragwynn, très fort que la Royauté de ton Souverain soit longue. Au fond de la Cité Engloutie, tu ne vois pas d'autres Atlante, aussi compétents, pour tenir ce rôle. Dans ces desseins et par dévotion, tu veilles à ce qu'aucun vibrion ne nuise à son majestueux règne ou ne cherche à l'éradiquer. Un deuxième sujet te tiens à cœur... C'est que ta pupille puisse choisir la voie qu'elle souhaite. Tu ne l'obligeras pas à servir Aedran. Si elle souhaite quitter Eressa, tu ne l'empêcheras pas.



 
Divers

 

  Reconnaissez-vous être âgé de 18 ans ? : Oh que oui... Cela fait un bout de temps que j'ai passé la barre des 18 ans.
  Si vous prenez un personnage important et que vous disparaissez, nous autorisez-vous à nous inspirer de votre personnage pour créer un nouveau prédéfini ? : Bah oui. Mais, de toute façon, je n'ai aucune envie de disparaître... Puis... C'est un risque que je me fasse traîner par les cheveux pour revenir illico presto sur Azzura ._.
  Moultipass : Ok par Onyria
Autre : J'espère que vous prendrez autant plaisir à lire ma fiche que j'ai pris plaisir à l'écrire. Et, pardonnez moi pour cet immense pavé. Ce personnage, très intéressant m'a... Inspiré. Je n'ai pas réussi à faire plus court ^^
 


 
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◈ Missives : 2158

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Sam 17 Jan 2015 - 21:38

Et bien, nous nous devons maintenant de te souhaiter la bienvenue sur Azzura, car c'est un énorme OUI, pour cette fiche au style si particulier, que tu viens de recevoir de quatre d'entre nous !

Nous sommes donc très heureux d'accueillir cette sublime plume parmi nous et te souhaitons ici un agréable voyage en notre compagnie.