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Capucine Pérégrine - Le Faucon Roux de Kaerdum (Duelliste/bretteuse)

Capucine Pérégrine
◈ Missives : 1

◈ Fiche personnage : [url=][/url]
◈ Crédit Avatar : Thomasz Chistowski - https://www.artstation.com/chistowski

Aventurier
Capucine Pérégrine

◈ Ven 25 Jan 2019 - 14:06

◈ Prénom : Capucine
◈ Nom : Pérégrine
◈ Sexe : Femme
◈ Âge : 27 ans
◈ Date de naissance : An 64
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie :  Alsdern
◈ Origine : Kaerdum
◈ Alignement : Chaotique Neutre
◈ Métier : Duelliste/Bretteuse
◈ Crédit avatar : Swashbuckler https://www.artstation.com/chistowski par Thomasz Chistowski


Magie


Aucune connue ou manifestée.


Forces & faiblesses


Forces :
Déterminée, intrépide, courageuse, intelligente, rusée, agile, souple, rapide, difficile à influencer, escrimeuse hors-pairs, sens du mouvement et tacticienne de combat hors-pair, oreille musicale développée, sens du rythme, passionnée dans ce qu'elle entreprend, charismatique et éloquente, compétitive.
Faiblesses : aucun tact, impatiente, insouciante, égocentrique, compétitive, rebelle, rancunière, impétueuse, très peu empathique.


Physique


Comme toutes Alsdern, Capucine est grande naturellement et possède un corps athlétique. Mesurant exactement 1m83, aussi grande que la plupart des guerriers Vreens masculins (peuple qui l'a recueillie). Cependant, sa musculature semble plus fines que celles des femmes de son sang. En effet, ayant grandit dans la noblesse, son développement fut bien différent de celui d'une Alsdern typique. Sa silhouette dessine plutôt un corps souple et agile, endurant plus que puissant. Si ses muscles sont tout de même saillants, ils sont loin d'être gonflés et très apparenta sous ses vêtements de tous les jours. D'ailleurs, il suffit de regarder ses doigts pour se rendre compte qu'elle n'a jamais travaillée la terre ou soulever des objets lourds toute sa vie durant. Non, ils sont longs et effilés, preuve de son adresse dans les arts, au violon plus précisément. Ses épaules restent néanmoins droites, et sa nuque et son cou démontre un corps mince, mais en santé. Ses bras, eux, sont solides. Sa poitrine est ronde, quoique pas nécessairement volumineuse, et son dos lui effectue une belle courbe jusqu'à ses hanches. Son ventre plat semble être le prolongement de ses longues jambes au cuisses toutes aussi solides que ses bras et ses mollets. Ses jambes sont, définitivement, le point fort de son anatomie, résultat de l'effort fournis dans ses pas de danses, mais surtout de son jeu de pied phénoménal a l'escrime. Enfin, au-delà de son anatomie, Elle est une rousse aux cheveux épais et ondulés, sortant de son grand chapeau au plumage bicolore et descendant en cascade sur ses épaules, jusqu'à la moitié de son dos. Son corps, très féminin, est recouvert d’une chemise blanche qui elle, est surmontée d'une très grande veste bleue pâle aux boutons d'ors et motifs aérien. Sur son torse, une ceinture de cuire retenant un *** sur son épaule droite et à sa taille, une autre retenant trois lames au total. Son flanc gauche supporte une rapière classique, à droite une lame d'estoc plus longue et tout juste derrière celle-ci, une main-gauche qu'elle use en duo avec sa rapière. Enfin, ses pantalons et bottes de cuirs hautes


Caractère


Le Faucon Roux de Kaerdum est reconnu pour sa hargne, sa détermination et son intrépidité. La rouquine en mène large, ne passant jamais inaperçue tant pour son apparence que pour son caractère. Femme d'action, au cœur joyeux et aux milles idées, elle est de nature impulsive et créative. Sa langue est aussi affutée que sa lame et chercher à l'ennuyer ou l'insulter n'est souvent pas une bonne idée, car elle ne connait ni la timidité, ni le tact. Sa patience est assez limité en ce qui attraits à l'interaction humaine. Elle perd rapidement son sang froids lorsqu’elle se sent diminuée ou remise en question, lui valant cette réputation de « tout feu tout flamme » qui lui colle comme un gant. Cependant, dans le travail et la pratique d'activité qu'elle aime, elle trouvera un semblant de discipline, car étant facilement absorbé par ce qu'elle fait , mais si ceci est valable au sein de ses champs d'intérêts, il ne faut pas s'attendre à ce dynamisme et cette concentration envers ce qui ne l'intéresse pas. Capucine est un électron libre, faisant ce qu'elle veut, quand elle veut et n'ayant absolument rien à foutre de ce qui ne lui apporte aucun plaisir. La notion de liberté est un élément fort, très fort de sa personne et elle se battra toujours contre ce ou ceux qui tenteront de l'entraver ou de lui imposer un rôle qu'elle ne veut pas.


Inventaire


-Une rapière
-Une main-gauche
-un estoc
-une spalière à l'épaule droite
-une gourde
-une plume et de l'encre
-une bourse
-un violon, son archet et de la cire
-Un foulard noué en tout temps à son bras
-un recueil de contes et légende d'Ordanis


Histoire


Ô, fleure de feu, insoumise aux tourments de la vie et qui brille de milles-feux en ce monde cruel, froid et vicieux, qui es-tu si ce n'est qu'un cœur plein de chaleur, d'entrain…de bonheur. Chevelure flamboyante, regard d'azure, teint pâle et doux de neige, pas feutré, courbes élégantes et couleurs pétantes. Tu danses comme le feu, à la fois fière et imprévisible, beau et dangereux. Heureux sont ceux qui croisent ton regard, si seulement il n'était pas à double tranchant ! Car comme ta lame, il perce les cœurs en toute indifférence puisque le tien, bien que chaud et bon, reste sauvage et indomptable !

-Esteban Delagrietta, Barde de Kaerdum.



Cette femme n'est nulle autre que Capucine Pérégrine, bretteuse illustre de Kaerdum et fille du chevalier Victor Pérégrine. Si son nom résonne aujourd'hui tel un écho de légende dans l'imaginaire des Vreens ou mercenaires des mers du Nord, c'est bien parce qu'elle a su forger sa propre réputation grâce à son génie et son acharnement et si aujourd'hui, elle est cette femme dont les exploits sont racontés et enviés de ses pairs, fut aussi un temps où elle n'était rien de plus qu'une petite fille presque ordinaire. Fut un temps où, comme tout le monde, il n'y avait que ses parents qui hurlaient son nom à tue-tête et ce n'était sûrement pas pour ses prouesses rocambolesques et fascinantes…mais bien parce qu'elle n'était rien d'autre qu'une petite peste trop excitée pour bien tenir en place. Et ça, dans une famille comme celle des Pérégrines, ça ne passait pas. Mais aussi, fallait-il dire qu'elle n'était pas née Pérégrine, non! Son véritable nom était Haraldson, et elle n'était pas une Vreen, mais bien une Alsdern. Le sang bouillant des guerriers du Nord circulait dans ses veines.


Mais comment Diable pouvait-elle être fille d'un noble comte et chevalier de la couronne de Kaerdum? Eh bien, laissez-moi simplement vous raconter son histoire. Laissez-moi vous raconter les merveilleuses aventures de Capucine Pérégrine, née Sygrid!


Il y a de cela un peu moins d'une trentaine d'années, en 64 pour être bien précis, vint au monde une petite fille. Belle dès la naissance, ce ne fut pas surprenant de voir que les parents choisirent un nom approprié pour celle qui allait faire battre bien des cœurs plus tard. Sygrid allait être son nom, mais celui-ci allait sombrer dans les oubliettes bien peu de temps après sa naissance. Voulant fuir les idées de guerre que le nouveau roi des Alsdern faisait germer dans la tête de son peuple, ils prirent la route vers Kaerdum dans l'espoir de fuir un conflit avant qu'il n'éclate. Sygmund, père de Sygrid, était vétéran des combats qui avaient opposé Heisenk et Valdrek. La guerre n'était pas le destin qu'il souhaitait pour sa fille et sa femme et avait donc décidé de fuir les ambitions démesurées d'Ivar en se rendant plus au sud où il pourrait mettre à profit ses talents de constructeur de navire.


Quittant leur région du sud de Heinsenk, la famille Alsdern prit la route vers Kaerdum en 65. Suivant les côtes afin de bien repérer les endroits où ils pourraient s'abreuver à même les rivières qui se jetaient dans l'océan, c'est à la pointe des terres, tout juste après la limite territoriale entre les deux pays, qu'ils firent une première halte en découvrant une vieille cabane abandonnée sur une falaise, non loin des rivages. N'étant habité que par le squelette de l'ancien propriétaire, ils pensaient donc trouver là une demeure temporaire, le temps de se reposer et reprendre des forces pour le voyage, mais le destin en voulu autrement. Alors que le soleil disparaissait tranquillement sous les vagues de la mer, sa couleur orangée projeta sur la mer une série d'ombre inquiétante, à l'insu de la famille qui se préparait à dormir.

Au loin, des Drakkars naviguaient toutes voiles et rames déployées, et à quelques lieux de là, les armées terrestres d'Ivar pénétraient dans la région. C'est donc dans leur sommeil que périrent Sygmund et Igrid, parents de Sygrid. Sans qu'ils ne s'en aperçoivent, une petite patrouille de reconnaissance Alsdern aperçue la cabane. Venus pour piller quelques vivres qu'ils pourraient y trouver, ils tuèrent simplement les parents dans leur sommeil et, incapable de tuer de leurs propres mains une enfant à peine mise au monde, ils préférèrent la laissée mourir de faim que de planter un poignard dans son petit ventre. Et si elle survivait, elle serait trop jeune pour se rappeler de toute façon.

Cependant, ce fut bien par chance que des troupes Kaerds furent envoyées en éclaireurs aux frontières du pays et rencontrèrent les premiers raids d'Ivar non loin de là. Après une rude bataille où ils durent battre en retraite, le chevalier Victor Pérégrine et ses hommes prirent refuge dans une cabane non loin de là. Rapidement attirée par les pleurs d'une enfant, quelle surprise eurent-ils à découvrir les deux parents Alsderns assassinés par les leurs. Sir Pérégrine, lui, comprit rapidement la situation. Ils avaient été pris pour des Kaerds, et ils avaient été incapables de tuer un bambin. Lâches qu'ils étaient, ils avaient préférés la laissée à une mort lente et douloureuse, dans la torture de la solitude et de la détresse. Cet ignoble spectacle eut raison de ses sentiments et, ordonnant un retour dans ses terres, il ramena avec lui la petite fille rousse, ainsi qu'un ruban que gardait la mère dans ses cheveux. Pourquoi donc avait-il décidé, à cet instant-là, de ramener l'enfant et de la prendre sous son toit ? Personne ne le sait vraiment, car il ne le dit jamais, mais beaucoup pensèrent que le fait d'avoir été en devoir lors de la naissance de son fils deux ans plus tôt aurait joué sur ses décisions. Étant père lui-même et sachant qu'il avait un garçon qui jouirait de toute la sécurité nécessaire à sa survie, alors que cette petite avait à peine eut le temps de devenir consciente de sa propre vie aurait vraisemblablement eut un impacte sur sa décision. L’adoptée était le seul choix humain qui lui venait en tête et lui, qui était un véritable Vreen dans l’âme, mais aussi par principe et bien ancré dans les valeurs de son peuple, savait combien la famille était importante.

Ce fut donc à son retour, et après avoir expliqué la situation à sa femme, que la jeune Sygrid fut renommée Capucine, car ses cheveux roux rappelaient les pétales de cette fleur magnifique. Au sein de l'honorable famille des Pérégrines, elle s'était vu offrir une seconde chance. Une chance qu'elle n'aurait sûrement jamais eue d'ailleurs, en terme de qualité d'éducation et de confort. Voyez-vous, étant fille de chevalier anobli au titre de comte venait avec certains avantages à Kaerdum et cette gente dame qu'était devenue sa nouvelle mère s'assura bien que rien ne manque à sa petite fille. Elle était, pour elle, comme un cadeau du ciel. Après l'accouchement de son premier enfant, leur seul fils biologique, la nature avait décidé qu’il serait le seul et unique héritier de ses parents. Elle, qui avait toujours voulu avoir une fille, fut heureuse de pouvoir recueillir Capucine parmi eux. D'ailleurs, elle s'assurera que son éducation sera celle qu'aurait méritée sa fille. Dès l'âge de quatre ans l’enfant appris à lire et écrire, mais aussi à bien se tenir. Tout ce qu'une fille de son rang devait apprendre, elle l'apprit. La calligraphie, comment se présenter, comment lire une lettre, comment se tenir à table et devant les invités. Tout lui fut enseigné ! Mais… de dire qu'elle retenait tout ou qu'elle avait un penchant naturel pour ce genre de discipline relevait du mensonge. Capucine, petite fouine gamine, ne pouvait s'empêcher de rire ou de glisser une grimace espiègle ci et là, ne manquant pas de faire rigoler son frère aîné par la même occasion. Cela lui valait souvent un sermon ou deux, mais le sourire, l'entrain et la joie dont elle était animée avait souvent raison de ces pénitences. Il était simplement impossible d’être en colère longtemps contre elle.

Cependant, s'il était difficile de lui apprendre les arts de la bienséance, il y avait d'autre choses dans laquelle elle excellait de par l'intérêt qu'elle portait à cette activité et c'était la musique. Cette famille qui ne se versait dans les arts que par soucis de ne pas être ignorants dans le domaine, l’enfant rousse, elle, y était plongée tête première. Dès que sa mère adoptive l'eut amenée devant le professeur, à peine une année après qu'elle eût appris à lire, tous furent étonnés du résultat. Cette enfant ultra-énergique qu'était Capucine semblait hypnotiser par la musique, et surtout très intéressée. Assez, pour que son mentor en la matière accepte après quelques séances de lui mettre en main un beau violon et son archet. Bien entendu, les premières notes furent terribles à entendre, et de voir les visages se tordre sous les sons qu'elle produisait, elle ne pouvait s'empêcher de s'esclaffer et de recommencer de plus belle, mais il y avait dans ses coups, un sens du rythme naturel. Les notes étaient criantes, agressantes…mais bien placées dans les temps. Et si les parents furent incertains, le rictus du professeur lui était sincère. Il avait une passionnée devant lui.


-Vous croyiez que vous pouvez lui enseigner, elle est gentille, mais difficile. Dit alors Victor, en croisant les bras et en regardant sa fille d'un air autoritaire en réponse à son comportement excité Nous ne voudrions pas vous donner une tache trop lourde…



-HÉÉÉ!! J'suis pas lourde!Répondit aussitôt la rouquine, se donnant un air courroucé, mais cachant un grain d'humour dans son regard espiègle.[/b]

-Tu sais très bien ce que je veux dire, malicieuse, petite fille ! Tu ne penses qu'à jouer et t'amuser.

-Mais!!!.... …mais avant qu'elle ne puisse terminer sa phrase, une main vint lui ébouriffer sa tignasse orangée. Le professeur, prenant la parole, se porta à sa défense.

- Ne vous inquiétez pas Sir Pérégrine. Elle a l’oreille, elle apprendra rapidement, j'en suis certain et son comportement n'a rien de mauvais. Vous savez, certains enfants sont bons pour obéir, être un exemple et suivre les règles, d'autres sont bon pour tester leurs limites et faire de grandes choses. Je suis persuadé que Capucine sera une grande violoniste.

- Hmmm…si vous le dites. Je vous fais confiance alors. Pérégrine, tu commenceras les cours demain et les poursuivras tous les matins avant le déjeuner et après tes leçons d'écritures. Tu te lèveras plus tôt, dorénavant. Et ne soit pas en retard, je ne veux pas faire perdre son temps à Monsieur !

Et effectivement, la petite boule d'énergie qu'était Capucine demanda beaucoup de patience à son nouveau mentor qui, malgré tout, réussit à garder l'intérêt de l'enfant envers le violon en lui proposant une méthode d'enseignement qui s'avéra très fructueuse. Rapidement, il avait vu en elle un esprit de compétition féroce, et il exploita cette nature compétitive dès qu'il le put. Chaque leçon devenait un défi, chaque défi devenait un jeu, chaque jeu devenait un accomplissement. Cependant, si les parents avaient cru que ces leçons de violons allaient finalement réussir à épuiser la bête qu'ils avaient adopté comme fille, ils furent bien loin du compte. Plus que jamais, elle revenait avec la bouche pleine de mots, pleine d'expérience à raconter. Elle était increvable ! À peine avait-elle sept ans, que son horaire commençait réellement à être chargé et si le matin elle se plaisait dans la calligraphie, l'écriture et la musique, l'après-midi et le soir lui semblait long et pénible avec les cours de bienséances, l'éthique et la religion. Cours dans lesquels on rapportait son comportement comme étant « peu digne d'une demoiselle de ce nom" et où on la qualifia rapidement de « petite ingrate indiscipliné », ce qui lui valu plusieurs corrections.

-PAR ALVAR! MAIS QUAND APPRENDRAS-TU À TE TENIR ! Cette voix grave et autoritaire, elle l'entendait souvent. Lui qui était chevalier, un homme ordonné et loyal au code envers lequel il avait prêté allégeance, attendait de ses enfants le même dévouement envers la discipline.

S'il aimait Capucine comme sa propre fille, il ne pouvait néanmoins s’empêcher de faire un lien entre les agissements de celle-ci et sa véritable origine. Il en vint à détester cette partie de ce qu'elle était, assez pour que son propre comportement ne change envers elle. Rapidement, un gouffre se forma entre son attitude envers son fils, qui était de nature calme, mature et obéissant, et l'attitude qu’il avait envers elle. Il la traitait plus froidement, n'osant poser son regard sur elle que pour élever la voix et la sermonner. La réalité le rattrapait, semblait-il penser, et il réalisait intérieurement qu'elle n'était pas de son sang, malgré tout ce qu'il lui offrait. Et elle, qui l'aimait tant, cessa de lui sourire, à jamais honteuse de n'être pour lui qu'un fardeau…ou du moins…c'est ce qu'elle gardait comme impression. Et ce changement soudain, cette cicatrice sur leur relation n'allait offrir comme réponse de sa part qu'un désintérêt total envers ce que croyait le chevalier Pérégrine être important. Elle n'allait plus à ses leçons de religions, d'abord. Alvar, qui était devenu pour elle une figure trop autoritaire et punitive de par son expérience, ne l'intéressait plus. Son nom, plus souvent qu'autrement, avait été prononcé dans un contexte de représailles et était tranquillement venu une barrière à sa libre expression. Elle ne connaissait donc pas « Alvar le bon », mais plutôt « Alvar le contraignant ». Fuyant donc ses cours du soir, elle se trouva plutôt à errer dans les couloirs du château, jusqu'à se perdre définitivement dans la bibliothèque.

Là, elle découvrira des histoires beaucoup plus intéressantes que celles que l'on racontait sur la création du monde ou de la misère des hommes sous la toute-puissance d'Alvar. Là, elle ouvrit un livre relatant des exploits d'un monde passé, disait-on, où dragons et monstres ailés envahissaient le ciel et où gobelins et lutins fouillaient les maisonnées à la recherche de petits trésors qu'ils pouvaient voler. Mais, aussi, découvrit-elle des légendes étranges en rapport aux hommes du Nord, les Alsdern, qui semblaient croire en des dieux autres qu'Alvar. Alvar n'était donc pas seul ? Il y avait d'autres dieux ? Qu’étaient donc ces divinités que l'on décrivait presque comme des héros dans ces contes et légendes perdues au fond des tablettes poussiéreuses d’une section peu visité de la grande bibliothèque. Pour la première fois, l'esprit de Capucine trouvait un refuge paisible et calme. Ses pieds cessaient de battre l'air au-dessus du plancher qu'elle était incapable d'atteindre, lorsqu'elle était assise. Son regard restait presque fixe pendant que son petit index suivait les mots qu'elle lisait à haute voix. Elle était absorbée et tranquille. Elle y allait, chaque soir pour se perdre dans ces univers imaginaires qu'elle aimait tant découvrir.


-Ah! C'est là que tu te caches. Il fallu plusieurs semaines avant que quelqu'un ne finisse par la retrouver. Si ses parents avaient baissé les bras quant à essayer de lui faire entendre raison, son frère lui avait fini par la suivre, curieux de savoir ce qu'elle avait de mieux à faire que d’apprendre la sainte-voie d'Alvar.
-Ne le dit pas à Père…s'il te plaît Médéril.Sa voix était à la fois inquiète et sérieuse, jurant un peu avec son apparence de petite fille d'à peine 8 ans.

-Tu sais que s'il me le demande, je ne lui mentirai pas. Tu ferais mieux de lui dire toi-même…

-Pourquoi?!? Pour qu'il me punisse encore et m'interdise de venir ici au lieu d'écouter ce vieux fou de Frère Alfonse ? Je le déteste !

- Je ne vois pas pourquoi, je n'ai jamais eu de problème avec lui

-Bien-sûr que non ! Ils t'aiment tous toi hein. T'es le chouchou ce n'est pas juste.

- Parce que j'écoute ce qu'ils ont à me dire Capucine, on peut pas toujours tout faire à sa tête ! C'est pas comme ça que l'on devient une grande personne !

- Bha tant pis ! Je resterai petite ! Non, mieux, je deviendrai grande à ma façon! Comme la reine dans le livre que j'ai lu hier ! Ou comme l'Alsdern Dompteur de Arkvald! Ou encore comme Harald le tueur de Pendek ou…ou..!!! Et en réponse à cette envolée délirante, Alfonse ne fit que s'esclaffer. Lui qui riait rarement, sauf en présence de sa petite sœur, avait peine à retenir son amusement. Mais ce sont des histoires Capucine !

-Eh bien je vais la faire moi! Mon histoire ! Ma vie, mon histoire ! Tu verras, on écrira mon nom dans les livres un jour et Papa sera fier de moi ! dit-elle en se pointant le visage et en se dressant sur le bout des orteils, comme pour essayer de se donner de l'importance.

-Oui oui, Capucine, oui oui!!! Mais là, tu ferais mieux de te préparer à aller au lit, avant qu'il ne se mette à te chercher. Le soleil se couche bientôt. Allez, va.

Et, après avoir fermé son livre et l'avoir rangé, se dirigeant vers la sortie, elle se retourna une autre fois vers son frère, cette fois-ci en serrant les poings. Depuis quelques mois, il était devenu assez grands et fort pour commencer ses premiers entraînements armés et à quelques reprises, elle avait surprise quelques conversations entre lui et leur père. Elle savait qu'il entamerait sa formation militaire bientôt

-Dit…Quand tu apprendras à manier l'épée…tu me montreras hein?!? Dit oui s'il te plait ! Sinon je vais me faire écraboutiller par les Pendek si je ne sais pas me battre!

-Écraboutiller? Vraiment?!?...hmmm on verra Capucine. Si j'ai le temps, on se battra avec des bâtons. Mais je ne te promets rien. Je ne pense pas que Père aime.

-On se cachera alors! Il ne saura pas!

- on verra j'ai dis…

Mais elle savait bien que son frère, à moins d'obtenir un refus catégorique du paternel, allait lui apprendre ce qu'il saurait. Et puis, s'ils n'en parlaient pas, personne n'allait être au courant. Comme le disait le dicton « ce que l'on ne sait pas, fait pas mal ». Pour ce qui était de se cacher à la bibliothèque par contre, c'était une autre histoire. Sachant qu'elle devait avouer ses torts à ses parents, la rouquine n'eut d'autre choix que de se livrer elle-même. La réaction reçue fut toutefois étonnante. Bien que le chevalier eut un regard strict sur sa fille adoptive, il n'en dit rien en retour. Il se contenta de murmurer qu'il préférait la voir le nez dans les livres à apprendre quelque chose que de la voir flâner dans le château à ne rien faire de productif. La réalité étant que lui, comme elle, n'était pas un fervent pratiquant. S'il croyait en Alvar et s'il le priait, il se contentait de penser que la croyance se devait d'être pratiquée de manière personnelle.

Les mois s'enchaînèrent au rythme de deux années durant lesquelles notre héroïne eut une vie somme toute tranquille. Ses études auprès de frère Alfonse prirent fin rapidement et furent remplacées par des cours d'histoire durant lesquels elle apprit la généalogie de sa famille ainsi que les accomplissements de ses ancêtres. Parfois, lorsque son instructeur se sentait généreux, ils étudiaient les contes et légendes de l'Ordanie, sachant que cela lui permettait de s'assurer un intérêt continue de la part de son élève. Puis, vint finalement le jour tant attendu. Mérédil était fin près à commencer ses entraînements militaires afin de suivre les traces de son père. Enfin, il pouvait enseigner à sa jeune sœur ce qu'il apprenait dans le cours de maniement d'armes et, bien entendu, elle assistait de toute manière à chacun de ses entraînements dans la cours extérieur. Violon en main, elle allait pratiquer ses coups d'archet et sa technique un peu plus loin tout en gardant un œil sur ce que lui et son père faisait et, aussitôt, elle sut qu'elle le voulait vraiment. Elle aimait cette discipline, elle aimait ces mouvements puissants et précis qu'elle voyait là. Jamais, encore, elle n'avait vu leur père faire une démonstration de ses talents guerriers, mais elle comprit enfin pourquoi il était aussi respecté dans son unité. Tout semblait si facile pour lui ! Bon d'accord, le fils n'en était qu'à son premier essaie, mais elle pouvait voir en quoi il était un prodige de son art : la guerre. Et le jeune en payait les frais. Il apprendrait à la dure.


-Chaque entraînement sera un combat, Fils. Je m'assurerai que tu en sortes de plus en plus épuisé, de plus en plus brisé. La guerre n'est pas un jeu, et c'est mon devoir de t’inculquer cette notion. Je te demande pardon à l’avance Mérédil, car il y aura des moments où tu finiras par me haïr. Mais je préfère te voir me haïr que de te voir mourir.
Et cette phrase, Mérédil ne fut pas le seul à la garder en tête à ce moment. Quelque part, dans la petite cervelle de Capucine, elle garda précieusement cette parole en espérant, un jour, qu'il finirait par lui dire à elle aussi. Un jour, elle aussi serait une guerrière ! Elle aussi, le rendra fier comme Mérédil. Elle en faisait le serment. Mais, pour l'heure, il lui fallait rester bien discrète quant à ses intentions, et continuer de suivre le programme choisis par ses parents. Aussi, comme énième tentative de combler les besoins énergétiques de la jeune enfant, mais surtout d'essayer de l'éloigner des séances d'entraînements armés entre son fils et lui-même, Victor inscrivit Capucine au théâtre. Si elle avait tant besoin de s'afficher, c'était là qu'elle le ferait, dans un endroit plus convenable pour une demoiselle de son nom. Devenue assez bien élevée pour savoir se tenir à table et en cérémonie, la bienséance fit donc place au jeu d'acteur et au travail de l'éloquence et sans grande surprise, elle s'y plaisait bien. Cela lui donnait la chance de mettre en mot et en geste toutes les histoires qu'elle lisait, d'incarner ces personnages illustres qu'elle aimait tant, et de croire en la magie, bien qu’elle fut totalement mise en scène. Mais de croire que cela éteindrait cette braise qui s'était allumée en elle en rapport aux armes…c'était de la pure folie.

Délaissant quelque peu ses activités à la bibliothèque elle consacra quelques-unes de ces soirées au profit des enseignements de son frère. Armés de bâtons de bois, ils croisaient « le fer » dans le but de s'améliorer pour l'un, et d'apprendre pour l'autre. Tout ce que leur père enseignait à Mérédil, il le retransmettait à sa sœur et là, elle commença à briller plus que jamais dans cette discipline. L'archet du violon avait rendu son poignet souple et agile et son bras infatigable. Si elle manquait de puissance offensive, elle s'avérait être une adversaire agile et rapide. Bien entendu, elle ne faisait pas le poids contre son ainé qui était plus vieux, fort et expérimenté, mais il se rendait bien compte qu'elle apprenait rapidement, mais surtout qu'elle apprenait bien. Pour la première fois de sa vie, elle semblait adopter une certaine discipline. Elle restait calme et concentrée, oui, mais surtout elle écoutait et prenait le temps d'analyser ce qu'on lui disait et de le mettre en pratique à la lettre. Il y avait, chez elle, une véritable volonté de bien faire les choses. Et si leur père se trompait ? Et si la place de Capucine était réellement avec eux, à croiser le fer ? Il le pensait maintenant…mais étant comme il était, Mérédil n'allait jamais remettre en question la volonté de leur paternel. Et il faudra attendre des années avant que le secret gardé entre lui et Capucine ne soit mis à jour.

En 81, à l'âge de 17 ans, Capucine Pérégrine allait disparaître. Son frère, maintenant âgé d'une vingtaine d'années, était devenu un soldat sous le commandement d'un de ses oncles, un autre chevalier et frère de Victor. Ce qui servait de tampon et limitait les conflits entre le père et sa fille adoptive était maintenant en dehors du nid familial et celle qui avait su garder la tête hors du torrent qu'était la pression familiale envers son devoir de jeune femme, avait peine à respirer l'air de la liberté qu'elle chérissait tant. S'il n'était pas un homme mauvais, le respect des règles, de l'ordre des choses et des conventions sociales sous le toit des Pérégrine le rendait insupportable aux yeux de la rousse qui était devenue une très belle jeune femme. Mais si sa beauté était incroyable, son tempérament lui était tout aussi flamboyant que ses cheveux de feu. Face à son père, elle refusait catégoriquement d'entendre ce qu'il avait à lui dire. Criant par-dessus lui, hurlant à plein poumons qu’il ne pouvait pas lui imposer ce qu'il voulait, elle serrait les poings en laissant ses larmes coulées sur ses joues. Lui, restait les bras croisé et campait sa position. La raison de cette querelle ? Un mariage…le sien.


-C'EST TON DEVOIR, CAPUCINE, QUE DE MARIER UN BON PARTIS. C'EST UN GENTIL HOMME, PLEIN DE RESSOURCES ET VALEUREUX. C'EST UN CHEVALIER ANOBLI, BON SANG ! CE N'EST PAS COMME S'IL VENAIT DE LA RUE! Criait-il



NON! JAMAIS! JE N'APPARTIENS À PERSONNE SAUF À MOI-MÊME. TU NE PEUX PAS M'OBLIGER À AIMER ET DONNER DES ENFANTS À…N'IMPORTE QUI?!? PÈRE!

-C'EST-CE QUE NOUS FAISONS ET AVONS TOUJOURS FAITS! C'EST COMME ÇA QUE LE MONDE FONCTIONNE, FILLE! ET TU T'Y FERAS, POINT À LA LIGNE!!!

JAMAIS! Tu ne m'y obligeras pas! Quel genre de père obligerait sa fille à faire des choses dont elle n'a même pas envie!

SUFFIS! Tu n'es même pas ma fille! Je t'ai tout donné, tu serais morte sans moi!!! TU ES BIEN COMME LES ALSDERN UNE TÊTE VIDE ET BORNÉE !

Et avant même qu'il ne puisse répondre, elle fit volte-face, fermant les portes à grand fracas derrière elle tout en se dirigeant vers sa chambre. Pour elle, s'en était assez. Sous le coup de la rage, sous l'influence de la colère, elle se surprit à penser « Et si je partais ? Rien ne me retient ici, sauf les cours de danse, de violon et de théâtre ». Ces cours, qu'elle suivait depuis des années, ne l'avaient jamais sauvée de l'opinion de son père. Ils n’avaient jamais fait d'elle une fierté auprès de lui, ne l'avaient jamais aidé à avoir son approbation ou la moindre attention à son égard. Elle avait fini par le deviner, par savoir qu'elle avait été adoptée, mais jamais il ne lui avait dit. Cette soirée-là par contre, ces paroles lui firent l'effet d'un coup de poignard au cœur. Ses dents s'étaient serrées, ses mains s'étaient crispées sur son ventre, et elle éclata en sanglots. L'homme qu'elle considérait comme un père, celui pour qui elle ne voulait qu'être sa petite fille…l'avait trahit. Son frère était loin…et sa mère s'était contenté de tourner la tête et ne rien dire. Plus rien ne la retenait.
Prenant un sac en lin dans les cuisines, elle le remplit de quelques-uns de ses vêtements. Elle prit une bourse dans l'un des tiroirs personnel à son père, s'arma d'une dague qui lui appartenait également, et elle quitta, tout simplement. Jamais, elle n'y retournerait d'ailleurs pas. Mais, au fond d'elle, même si elle abandonnait sa famille pour vivre d'elle-même, elle gardait un amour profond pour eux, ainsi que le désir de le rendre fier. S'il ne voulait pas l'écouter elle, peut-être écouterait-il la légende qu'elle ferait de leur nom. Son nom, un jour, sera connu de tout le monde. Elle en faisait la promesse.

Les premières années furent horribles. Loin de Kaerdum, évitant les grandes routes, elle avait vécu un calvaire. La première année, une pneumonie sévère la frappa de plein fouet après qu'elle eut passées des heures sous la pluie. Heureusement, elle fut aidée par une vieille femme qui la trouva aux abords de la forêt, dans le Nord du pays. Après s'être fait soigner, elle reprit la route, puis se fit attaquer par deux bandits de grands chemins. Elle fut détroussée, battue…on lui arracha sa chemise, et si elle eut le temps de lui planter sa dague dans la nuque, ce ne fut pas sans qu'elle eût à subir ce qu'une femme ne devrait jamais subir. Heureusement, elle était courageuse et n'était pas restée paralysée. L'autre, préférant ne pas tenter le diable, prit la fuite, laissant son compagnon mourir sur place. Malheureusement, le mal avait été fait. Ramassant l'arme du malfaiteur, elle reprit la route aussitôt qu'elle pu, contournant toute la région de Kaerdum par l'Ouest puis décida de s'en aller vers le Sud. Sur le chemin, elle décida de mettre ses talents à profits dans quelques villages afin de se mériter quelques piécettes qui allaient payer sa nourriture et, parfois, quelques logis plus ou moins confortables. Elle s'annonçait donc comme une « régleuse de dettes ». Ayant appris le maniement des armes et l'escrime grâce à son frère, elle s'arma de la lame qu'elle avait prise au bandit, et offrit ses services comme duelliste. Les règles étaient simples : au premier sang versé, le duel était terminé et la dette était réglée. Et c'est là qu’elle commença à trouver sa place. Plus souvent qu'autrement, elle sortait vainqueur de ses combats et demandait une prime équivalente au dixième de la dette.

De l'Ouest jusqu'au sud, village après village, elle sortait cette fine lame d'Estoc qu'elle avait et mettait en œuvre tout ce qu'elle avait apprise par son frère. Elle développa tranquillement son propre style se basant sur l’analyse du combat, les parades et l'esquive des attaques de ses adversaires afin de les fatiguer et de porter des coups rapides et précis lorsqu'ils avaient déjà trop dépensés pour contre-attaquer efficacement. Cela lui donnait l'air d'être patiente, mais en réalité, elle ne faisait que faire durer le plaisir tout en étant productive dans sa manière d'étaler les combats sur une longue durée. Elle se laissait baigner dans l'action, et de fil en aiguille, elle retrouva dans son style ce que son professeur de violon avait mis en pratique avec elle ; le duel était une compétition dans laquelle elle se donnait à fond. Puis, au bout de ce voyage, elle arriva enfin au sud. Là, arrivée en bord de mer, elle regarda l'océan en direction de l'île de Lyria. Si elle restait directement sur le continent, ce n'était qu'une question de temps avant qu'on ne la retrouve et elle n'avait pas encore atteint la renommé qu'elle voulait atteindre avant de retourner chez elle. Regardant derrière elle, elle dit Adieu à Kaerdum pour de bons et embarqua en direction de Lyria. Les meilleurs bretteurs y vivaient, elle le savait, et c'était là que commencerait réellement sa nouvelle vie. Son voyage, jusqu'ici, n'avait été qu'un obstacle de plus à franchir avant d'enfin pouvoir être celle qu'elle voulait, dans cette autre vie qu'elle se forgeait.

Ce furent donc cinq années entières qui passèrent, menant notre héroïne en l'an 86, et à l'âge de vingt-deux ans. Capucine était devenue une femme, dans toute sa splendeur. Beauté pâle parmi les habitants au teint un peu plus olive de Lyria, elle avait su faire sa place dans le coin de pays où elle avait débarquée. Aussitôt, avait-elle déposée le pied sur l'île, qu'elle avait déjà adoptée un surnom. Elle avait réussi, dans un élan de courage incertain, à voler de beaux habits nobles à la fille du capitaine, qui vraisemblablement étudiait la navigation et le marchandage avec son père. Une belle et grande veste bleue de ciel, bien décorée, et un magnifique chapeau à plume sous lequel ses cheveux rouge-orangé descendaient en cascade. S'assurant d'être première à descendre, elle s'éclipsa avant que l'on ne se rende compte de sa supercherie, puis elle devint à partir de ce moment « Le faucon roux ». Capucine ne serait plus qu'un nom pour les intimes, car le personnage qu'elle venait de créer allait devenir son identité publique. Et pour ça, elle allait avoir une aide bien précieuse. Lors de son voyage en haute mer, elle avait rencontré un jeune homme originaire de Lyria, Esteban Delagrietta. Barde poète qui avait vu en Capucine une muse, il s'était vite attaché à elle, la décrivant dans ses écrits comme un esprit rebelle et fascinant. S'il l'aimait pour sa beauté, c'était sa vivacité et son panache qu'il admirait le plus. Y avait-il un amour pur et sincère envers elle pour autant ? Peut-être que oui, peut-être que non…la relation semblait surtout platonique car jamais elle ne s'offrait à lui, et lui ne poussait pas en cette direction.

Qu'importe ! Car c’est en jouant de ses contacts et en mettant à profit son expérience et le fait qu'il était Lyrien de naissance qu'il réussit à organiser quelques duels de rue pour la demoiselle. Attirant d’abord les petits joueurs, ceux qui étaient à peine bons dans le duel, mais qui espéraient remporter la cagnotte, il assura des victoires faciles au Faucon Roux, mais des revenus faciles aussi. Elle en profita, aussi, pour améliorer son jeu en alternant parfois entre son estoc et une rapière, avec laquelle elle utilisait une main-gauche afin de parer et attaquer à la fois, devenant doublement efficace. Cependant, cela demandait une grande maîtrise de l'art de l'escrime et si elle fut un peu maladroite dans son utilisation au départ, elle remédia à cette lacune avec la pratique et le temps. Tranquillement, lentement, mais sûrement, Esteban lui trouvait des adversaires toujours un peu plus fort les uns que les autres, jusqu'à ce que le nom du « Faucon Roux » commence à circuler sans les tavernes et ruelles de la cité et des villages environnant. Là, les gens commencèrent à venir à eux…ainsi que les véritables challengeurs. Mais il y avait une différence entre elle et eux. Eux, pratiquaient le sport à temps perdus, elle, ne vivait que pour celui-ci. Qu'avait-elle dans la vie sinon ses épées et la recherche de la gloire ? Rien du tout. Elle n'avait ni amours, ni familles, ni travail. Aucune obligation si ce n'était que d'être meilleur, toujours et encore. Bien entendu, il y avait les histoires d'Esteban, les jeux de théâtres, danses et concours de jeux de mots et de parlure qu'elle faisait avec lui, un violon aussi…mais c'était tout. Le duel était sa seule véritable motivation par-dessus tout et elle le prouvait à chaque combat. Si elle en perdit quelques-uns, lui donnant une belle leçon d'humilité lorsque son égo devenait un peu trop lourd à supporter, elle remportait pourtant la majorité d'entre eux. Ses esquives, ses parades et sa vision du combat lui donnant un avantage très certain. Le Faucon Roux devenait réputé pour sa rapidité et sa vivacité. Il frappait au moment opportun, en un plongé de lame exquis, parfait, lorsque sa cible se fatiguait. Capucine était devenue assez bonne dans sa discipline, qu'elle pouvait aussi jouer son personnage tout en combattant. Elle était moqueuse, jouait avec eux, faisait rire les spectateurs lorsqu'il y en avait, mais restait tout de même humble et savait reconnaître les efforts de ses opposants.

Puis, vint les échos de la guerre. Les Alsdern et les Vreen de Kaerdum s'affrontaient encore, les derniers vestiges de l'héritage d'Ivar refaisant surface depuis plus d'un an déjà. À cette idée, elle ne put qu'avoir une pensée pour son père et son frère. Chevaliers Kaerds, ils seraient vraisemblablement envoyés au front. Et s'ils leur arrivaient malheurs ? Si, ce combat, devenait le combat de trop ? Pourrait-elle vivre sans avoir dit Adieu à ceux qu'elle aimait comme sa famille…parce qu'après tout…ils l'avaient été ? Esteban, qui voyait les tourments qui hantaient sa muse, lui avoua alors qu'un navire de mercenaires partirait de Lyria afin de prêter main forte aux forces Kaerds. Pour la plupart des criminels repentis enquête d'un pardon de la couronne, le corsaire qui les guidait accepterait probablement de prendre une bretteuse de son expérience à son bord en cas d'abordage. Dans les guerres passées, les Ordhalerons s'étaient montrés vicieux et s'ils devaient recommencer leurs manèges avec leur flotte navale, ils devraient s'assurer que les navires Vreens naviguent en toute sécurité. C'est donc sans se poser plus de question que Le Faucon Roux embarqua dans l'espoir de mettre un baume sur une déchirure du passé. Elle ne reviendrait pas chez elle, mais au moins, elle irait réparer les pots cassés avant qu'il ne soit trop tard.

L'aide d'Esteban devint alors primordiale dans la suite des choses pour Capucine. Maître dans l'art de récolter de l'information, il réussit à apprendre en arrivant sur le continent que l'escouade du Chevalier Pérégrine devait se rendre dans le Nord-Ouest, où ils prendraient un navire dans le but d'entrer dans la zone Alsdern par la mer. Là, ils débarqueraient sur les côte afin d'éliminer les dernières poches de résistance qui s'opposaient à Thorleif. Cette information, retransmise au corsaire du navire, devint alors capitale pour l'équipage qui savait maintenant où aller pour participer au combat et gagner leur pardon. Toutes voiles ouvertes, ils quittèrent donc le port de cette région de l'Ordanie, pour s'en aller plus au Nords. Ils étaient loin de se douter, cependant, que le combat allait se dérouler sur mer, et non sur la terre ferme.

Lorsqu'ils arrivèrent, le navire Kaerd était encerclé par trois drakkars, le combat faisait déjà rage. Non loin des côtes, il était aussi possible d'observer un autre navire de soldats Vreens qui était amarré et qui combattait déjà sur les berges quelques troupes d'éclaireurs Alsdern. Le son des armes qui s'entrechoquaient mêlé aux cris primales des hommes perçait l’air ambiant et venait jusqu'aux oreilles des mercenaires qui s'armaient déjà. S'ils voulaient sauver les Kaerds sur l'autre bateau, ils n'auraient de choix que de l'aborder eux aussi en espérant ne pas être pris pour des ennemis. Le corsaire, ordonnant aux membres de son équipage d'hisser l’étendard de la Lyria sur leur mat, sonna ensuite de son cor, attirant l'attention de l'ennemi dans le but de les distraire. Les chevaliers de Kaerdum, eux, reconnaîtraient facilement le son de cet instrument.

À l'approche de l'autre navire, le cœur de Capucine s'emballa. Elle qui avait toujours voulu aller à la guerre, se retrouvait maintenant au cœur de celle-ci. La nervosité l'emportait et la vue du carnage qui régnait sur le pont de l'autre embarcation lui rappela rapidement les paroles que lui avait, jadis, dit son père : la guerre n'était pas un jeu. La mêlée n'avait rien à voir avec le duel et elle le voyait enfin. Cependant, son courage naturel, son tempérament de feu et sa nature intrépide reprirent le dessus assez rapidement et lorsqu'enfin les premiers lancés d'amarres furent faits, elle se lança dans l'action. Elle, qui reconnaissait la couleur des uniformes Kaerds fut prise d'un élan de bravoure. Son père était sur ce navire, et son frère aussi. Elle les retrouverait et leur prouverait sa valeur. D’une main, elle prit la corde et se balança dans le vide, de l'autre elle dégaina son estoc, une lame longue, fine et solide faite pour percer les armures et atteindre les points faibles de celles-ci. Aussitôt arrivée au-dessus du pont, elle lâcha sa prise et usa de l'énergie générée par son roulé-boulé pour perforer la cuisse d'un premier Alsdern qui, sous la douleur, tomba au sol. De son autre main, armée de sa main-gauche, elle lui trancha la gorge en profitant de l'effet de surprise, puis esquiva un premier coup de hache en sa direction. Se redressant, ancrant ses deux pieds sur le bois du navire, elle profita de l'avantage qu'elle avait sur son adversaire : un poids plus léger et un meilleur équilibre. Dans la continuité de son coup de hache, le barbare nordique se trouvait en fâcheuse position, d'autant plus que le mouvement du navire sur l'eau n'aidait pas sa cause. Elle posa sa botte sur son flanc et le poussa d'un coup de pied, le rendant vulnérable à l'attaque d'un Vreen qui se trouvait tout juste à leurs côtés. Le corps de son ennemi maintenant au sol, son champ de vision dégagée, elle fouilla du regard toute la scène et trouva ce qu'elle cherchait, plus loin. Une scène qui la fit se précipiter au travers des combats, à vive allure.

Son père, à genoux et blessés, ne survivait que par la protection du fils Mérédil qui, du bout de son épée bâtarde, tentait de garder ses ennemis à distance. Absorbés dans la mêlée, ils furent séparés du reste des hommes et les autres, déjà occupés avec leurs propres combats, ne pouvaient porter main forte. La bretteuse, accompagnée de son barde, esquiva donc les coups et les corps sur leur chemin, usant d'un style acrobatique propre aux guerriers du sud afin de s'approcher. Quelle surprise, pour l’ainé et le paternel, que de voir cette chevelure de feu, cette femme qu'ils avaient perdue de vue forcer son chemin jusqu’à eux en hurlant, la hargne sur tous les traits de son visage et déjouant les lames comme une furie avec grâce et agilité. Ses coups étaient comme les coups de dards d'une ruche entière, elle plongeait comme un oiseau de proie, perçant la gorge de ceux qui se trouvaient entre elle et sa famille alors que son acolyte surveillait bien ses arrières. Décontenancés, confus, les Alsdern se tournèrent alors vers elle, mais le frère, lui, senti une chaleur dans son cœur à la vue de Capucine. Portant ses deux mains à son pommeau, il frappa de plus belle à son tour…comme emporté par un nouvel élan. Le père, trop blessé pour se relever, avait peine à croire qu'il s'agissait là de Capucine. Elle avait grandi et n'était plus la petite fille qu'elle était, mais surtout, il avait peur pour elle. Il avait peur de la voir se battre contre les hommes, peur, car il savait que la guerre n'était pas sa place, mais était forcé de constater qu'elle en menait large, qu'elle ne se laissait pas imposé…comme toujours après-tout…peut-être avait-il eu tort finalement.

Rapidement, les forces Alsdern furent repoussées grâce à l'aide des mercenaires. Le combat était gagné et si la rouquine avait reçu quelques cicatrices, ses blessures restaient superficielles. Cependant, elle n'eut pas le courage de parler à son père. Elle se contenta de le regarder de loin avant de retourner sur l'autre navire. Si elle échangea quelques paroles avec son frère, s'ils prirent le temps de s'étreindre une dernière fois, elle ne fit que lancer quelques paroles envers son père adoptif :

-Je t'aimes Papa…je te rendrai fier de ta fille…je te le jure.



Aujourd'hui, en 91, Capucine Pérégrine, connue sous le nom du « Faucon Roux » a 27 ans. Le monde dans lequel elle évolue est devenu bien différents. Avec le retour des dragons, la magie et tous les mystères du monde, elle continue de voyager avec Esteban le barde, votre noble écrivain à la plume fantastique! Le monde a changé en peu de temps, mais notre héroïne, elle, poursuit toujours les mêmes rêves. Jours après jours, elle voyage vers de nouveaux horizons afin de prouver sa valeur. Sera-t-elle un jour satisfaite? Réussira-t-elle un jour à être assez fière d'elle-même pour enfin retourner chez elle? Je sais pas, mais je continuerai de la suivre dans ses aventures, puisqu’elle est, à mon avis, un exemple de courage et de persévérance…une héroïne! suis heureux de partager son histoire avec vous, car je penses qu'elle mérite d'être racontée. Allez…suivez les aventures du Faucons Roux d'Ordanie, car son nom restera dans les écrits de nos contrés!



Ambitions & Desseins


Le but de Capucine est simple : faire connaître son alter ego « le faucon roux » à travers le monde et devenir une légende vivante, être la meilleure bretteuse vivante.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : Je suis ton père…
Moultipass : …NOOOOOOOOOOOOOOOOOOON Et si 8D. Code validé par Harden.



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