Azzura


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Linillë Ciryaïrieliel

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◈ Missives : 4

◈ Fiche personnage : [url=][/url]

Aventurier
Linillë Ciryaïrieliel

◈ Sam 24 Nov 2018 - 19:56

◈ Prénom :  Linillë
◈ Nom : Ciryaïrieliel
◈ Sexe : Féminin
◈ Âge : 180 ans
◈ Date de naissance : seizième jour de la lune d'Ansbar il y a 5000 ans.
◈ Race : Eressäe
◈ Ethnie : Clair de Lune
◈ Origine : Eressa
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Métier : Haute Conseillère – Grande Archonte (Responsable des relations interculturelles au sein du Royaume)
◈ Crédit avatar : NOM DE L'OEUVRE by [url=LIEN VERS GALERIE DE L'ARTISTE]NOM DE L'ARTISTE[/url] (répéter si avatar de fiche différent de celui du profil)


Magie



Magie psychique : empathie





Aucun lieu n’est dépositaire de tant de mystères et mieux gardé que le sanctuaire de la psyché car nul ne peut y pénétrer sans en posséder la clé. Linillë fait partie de ces rares élus capables de percer les secrets des cœurs, de déchiffrer les lignes de l’invisible et de soulever le voile de l’intime en s’introduisant dans les tréfonds de l’âme. Ce don incarne-t-il une bénédiction ou une malédiction ? Indubitablement les deux à la fois.

L’essence mirifique qui circule à travers les veines de l’Eressäe et sa maitrise de cet arcane magique lui permettent de lire le cœur des êtres qui l’entourent, vibrant au son de leurs émotions tel un instrument de musique vivant. Ainsi grâce à sa magie d’empathie, Linillë peut ressentir et vivre par procuration les affres de la passion amoureuse, le brasier de la colère, les averses de la tristesse et les brumes de la mélancolie.

Nul frémissement de l’âme n’échappe à son intuition et son être s’en imprègne jusque dans ses fibres les plus profondes, métamorphosant la haute-conseillère en une véritable éponge à émotion et une guérisseuse des cœurs grâce la chaleur maternelle qui émane d’elle.

Pour la douce Eressäe à la sensibilité exacerbée, le monde environnant ressemble à une magnifique symphonie lorsqu’il est guidé par des sentiments harmonieux, tel que l’amour inconditionnel, la loyauté, la sérénité et à une cacophonie quand les rancœurs s’éveillent et que l’inimitié se mue en haine.

Cependant, si cet arcane peut revêtir l’aspect d’un cadeau empoisonné, il est également un allié précieux, une bénédiction que Linillë savoure pleinement, mesurant son immense chance de pouvoir vivre en osmose avec les êtres en communiant avec eux par le biais des sentiments.

Aspect maternel du Conseil, Linillë représente l’archétype de la féminité et de la douceur, faisant résonner son rire tintinnabulant et sa voix, aussi limpide que l’eau d’une source, à travers les couloirs du palais d’Azzura.  

Magie élémentaire : l’eau





De tous les éléments de la création, c’est avec l’eau que l’Eressäe nourrit le lien le plus profond et viscéral en digne enfant des marées, née au cœur d’une cité entourée par les flots argentés, et bercée par le chant de l’océan. Fille de l’ondée, Linillë trouve l’apaisement et la quiétude dans le clapotis de la pluie, le murmure de la brise saline et le lancinant sanglot des vagues, si semblable à la mélopée qui s’échappe de ses lippes et à la mélancolie qui étreint son âme meurtrie.

A l’instar de nombre de ses congénères, l’Eressäe lunaire entretient une relation symbiotique, un amour  fusionnel avec la mer, se sentant même plus à l’aise au sein du milieu aqueux que sur la terre ferme, où elle est capable de nager des heures durant en savourant l’indicible plaisir charnel de la caresse de l’onde sur sa peau de nacre.

Dès lors, sans surprise, sa maitrise de l’essence mirifique, en sus de la magie psychique d’empathie, s’étendit à l’arcane de l’eau, lui conférant le pouvoir de contrôler l’élément aquatique et de le plier à sa volonté, le faisant jaillir en trombes impétueuses ou danser sous la forme de gracieuses girandoles sitôt que les rayons de l’astre de la nuit apposaient leur sceau sur son derme diaphane, décoré de délicats entrelacs bleutés.

A l’eau, élément ambiguë par excellence, au caractère bénéfique et destructeur, à la fois symbole de création et de purification, passant de la placidité imperturbable d’un lac immortel au déchainement violent des vagues de l’océan, l’Eressäe emprunte certains traits de sa personnalité. A l’image de l’étendue marine, elle incarne la féminité, l’origine de la vie et le miroir des émotions, aussi insondables que les profondeurs abyssales et indomptables que le cœur de l’océan.



Forces & faiblesses



Linillë possède les défauts de ses qualités et si son hypersensibilité se révèle une aide précieuse pour appréhender le monde qui l’entoure, celle-ci peut aussi se retourner contre elle en intensifiant l’angoisse latente tapie dans les tréfonds de son être.


Forces:





Sa sensibilité et son empathie :

L’Eressäe est dotée d’une grande empathie et d’un souci d’autrui qui l’aident à régler sereinement les conflits et à apposer un baume apaisant sur les blessures de l’âme. Au sein d’Azzura, son statut de grande Archonte et sa personnalité maternelle lui permettent de jouer le rôle de pierre angulaire du Conseil et de trait d’union entre les différents peuples du monde. Elle symbolise également la voix douce et pacifique visant à concilier les intérêts de chacun et à favoriser l’entente et l’harmonie entre les individus.

Son intelligence et son érudition :

Vive d’esprit et très cultivée, Linillë est animée par une véritable soif d’apprendre qui l’a conduite à s’intéresser très jeune aux arcanes du savoir et à accumuler de nombreuses connaissances dans des domaines divers et variés, bien que cette dernière nourrisse une prédilection pour les cultures du monde, le folklore, l’histoire des peuples, la littérature et l’art sous toutes ses formes.

Son attention et son ouverture à l’autre :

En dépit de son statut de grande Archonte et de son haut-lignage, l’Eressäe se montre ouverte et accessible envers autrui, accordant à chacun l’écoute et attention qu’il mérite et n’hésitant pas à gratifier même les plus modestes des serviteurs d’une parole aimable ou d’un sourire radieux.

Son sens de la diplomatie :

Erudite de grand talent, outre son don d’arcaniste, Linillë sait manier les mots et maitrise le Verbe qui sous ses lèvres se fait caresse et peut attendrir même les cœurs les plus endurcis. Consciente que si le silence est d’or, la parole est d’argent, cette dernière accorde un soin tout particulier à faire preuve de tact et de diplomatie afin de ne pas heurter les sensibilités et rassurer les esprits récalcitrants.

Ses talents de mage : Magicienne remarquable, l’Eressäe manipule les flux mirifiques depuis sa prime enfance, compensant par ce biais son absence d’aptitudes martiales et sa constitution gracile.


Faiblesses :






Son anxiété latente :

En dépit de son rire chantant, de sa voix aussi légère que la brise printanière et de son éternelle gaieté, la jeune femme est hantée par la peur de perdre à nouveau des êtres chers et de voir ceux qu’elle considère comme ses enfants frappés par le malheur. Son anxiété, toujours latente, peut se transformer en véritable angoisse et la faire sombrer dans des abimes de désespoir.

Son dévouement excessif à autrui :

En mère aimante à dévouée, Linillë n’a de cesse de s’inquiéter pour sa progéniture et veille sur les habitants d’Azzura et les peuples de Rea comme s’il s’agissait de la prunelle de ses yeux. Cependant, une telle abnégation possède son revers sombre et l’Eressäe, si celle-ci n’y prend pas garde, peut se laisser submerger par les soucis d’autrui au point d’en oublier de veiller sur son propre bien-être et d’être sujette à l’épuisement psychologique.

Son passé traumatique :

Perdre un être cher représente une douleur ineffable, une blessure impossible à guérir et dont les stigmates marquent l’âme à jamais. L’Eressäe  a enduré la cruelle épreuve de perdre à la fois son époux, dont elle était éperdument amoureuse, et ses deux enfants qu’elle aimait par-dessus-tout. Depuis ce jour tragique, une part d’elle-même s’est brisée et la mélancolie l’habite, faisant écho aux longs sanglots de son cœur d’épouse et de mère éplorée.

Une Éponge à émotions :

L’hypersensibilité peut incarnée autant une force qu’une faiblesse et Linillë, faute de recul ou de se couper de son arcane de magie psychique, court le risque de se laisser envahir par les sentiments des autres, endurant leurs tourments et pleurant sur leurs malheurs, au risque d’aviver ses propres blessures intérieures.

Son idéalisme :

Linillë fait partie de ces êtres éthérés, ces joyaux de pureté, semblant appartenir à un autre univers et inadaptés à la cruauté de la réalité. Pétrie d’idéalisme, la jeune femme rêve à un monde meilleur où les peuples marcheraient ensemble, main dans la main, et peut se révéler excessivement optimiste quant à la résolution des conflits et à la conciliation d’intérêts divergents. Toutefois, la tragédie qui a emporté sa famille est devenue une source importante d’introspection même si ce trait de caractère demeure vivace et influence ses choix présents.


Physique



Fille d’Eressa, issue de l’union entre la lune et l’océan, Linillë emprunte à l’astre de la nuit sa blancheur opalescente et aux flots le bleu lumineux de ses grands yeux. Sa beauté nivéale rappelle les cimes enneigées et sa longue chevelure d’écume, soie immaculée aux reflets d’argent, ondule en vagues légères autour de son charmant minois aux traits délicats.

L’Eressäe possède la nitescence lunaire, sans en arborer la froideur marmoréenne ; au contraire, il émane d’elle une aura solaire et une chaleur qui a le pouvoir de faire fondre même les cœurs de glace. La première chose qui frappe les observateurs, à sa vue, est sa silhouette éthérée et la grâce de ses gestes, à la fois mesurés et spontanés.

Les yeux oblongs de Linillë sont obombrés par de longs cils recourbés et l’intensité de son regard est accentuée par les traits bleutés qui les encerclent. Ses prunelles céruléennes, telles des miroirs de l’âme, reflètent la palette infinie de ses émotions, arborant les teintes changeantes de l’océan, allant du bleu d'un saphir à celui d'une l’aigue-marine. Tantôt rieurs, tantôt ternis par un voile de la mélancolie, ses mires sont souvent plus parlantes que d’interminables palabres.

Le doux ovale du visage de la jeune femme forme un cadre exquis pour ses traits angéliques. Et sa peau opaline à la texture satinée s’orne de veinures azurées sous le toucher des rayons sélénites.

Le nez est petit et fin et la bouche mutine, d’un rose nacré, est délicatement ourlée et s’étire souvent en un sourire radieux, dévoilant des rangées de dents blanches semblables à des perles. Les joues de l’Eressäe ont conservé une part de la rondeur de l’enfance et invitent aux baisers et aux caresses.

Ses cheveux, d’une blancheur lumineuse, s’écoulent le long de son corps, jusqu’à ses chevilles, en une cascade de boucles soyeuses dans lesquelles les enfants adorent passer leurs doigts. Pour dompter cette chevelure aussi belle qu’encombrante, l’Eressäe a l’habitude de la coiffer en réalisant des nattes, entrelacées de perles, ou des chignons élaborés.

Sans être d’une taille démesurée, l’atlante possède une silhouette mince et élancée, aux membres fins et déliés, tout en grâce et en souplesse et dont les mouvements gracieux rappellent ceux d’une danseuse et la légèreté d’un papillon ou d’une libellule.

Bien que son corps ait déjà connu par deux fois la maternité, ce dernier semble n’en garder aucun stigmate et plutôt que les flancs larges et la poitrine opulente d’une matrone, Linillë affiche la grâce virginale d’une jeune fille en fleur et des courbes tout en douceur.

Ses seins menus sont hauts perchés et le large décolleté de ses robes dévoile une gorge et des épaules lactescentes. Son ventre est plat et sa taille d’une grande finesse, aussi souple qu’un roseau, donne envie de l’enserrer avec ses mains.

Loin des frivolités qui règnent à la Cour, Linillë n’en demeure pas moins une femme élégante et raffinée, resplendissante de féminité et soucieuse de son apparence.
L’Eressäe aime se parer de longues robes confectionnées dans des étoffes précieuses, aux reflets irisés, telles que le satin et la soie ou légères comme du tulle ou de la dentelle. Cette dernière privilégie des couleurs comme le blanc, l’argent, l’ivoire et les tons pastel, comme le bleu clair ou le rose pâle, ce qui contribue à renforcer son aura d’évanescence et de douceur.

Son front est souvent ceint d’un diadème argenté, ressemblant à s’y méprendre à une couronne et qui lui donne un port de reine. Et sa beauté naturelle, rehaussée à l’aide de bijoux de perles et de pierreries, tels que des colliers, des boucles d’oreilles, des bagues et des bracelets.

La voix aux sonorités cristallines de Linillë est mélodieuse et charme les oreilles par ses intonations chantantes. Calme et patiente, cette dernière prend garde à toujours conserver un ton posé et de ne jamais prononcer un mot plus haut que l’autre. Pourtant, il arrive que sous l’effet d’un excès d’émotion, cette voix limpide vacille, se brise, laissant transparaître les fêlures intérieures de la jeune femme.


Caractère



Linillë représente la douceur personnifiée et incarne les multiples visages de la féminité, aussi changeants que la face de l’astre lunaire.

Reine-mère aimante, princesse évanescente, femme-enfant emplie de candeur, la charmante Atlante réunie l’ensemble de ces archétypes féminins.

Belle et radieuse sous ses boucles laiteuses, avec un sourire espiègle sur les lèvres, elle renvoie l’image virginale d’une jouvencelle. Quand l’éclat de son regard d’azurite se ternit sous l’effet de la mélancolie, l’Eressäe se transforme en femme blessée, en mère et en épouse éplorée. Mais surtout, Linillë éveille ce souvenir maternel qui sommeille en chacun de nous, charriant dans son sillage les effluves de l’enfance et des girons imprégnés des parfums de roses, de lavande et de savon. A son contact, on se remémore les mains douces qui ébouriffaient les chevelures ou les lèvres qui chassaient les mauvais rêves d’un baiser sur le front.

Sa voix pleine de tendresse rappelle celle qui nous murmurait des comptines les soirs d’orage afin d’apaiser nos peurs, nous lisait des contes ou chantait des berceuses pour nous endormir. Pleine d’abnégation et de dévouement, elle aime materner son entourage et veiller au bien-être de chacun, rassurant les esprits craintifs et consolant les cœurs meurtris.

Dotée d’un tempérament calme et d’une patience à toute épreuve, la douce Eressäe ne cède jamais à la colère irraisonnée, privilégiant l’empathie et appelant autrui à écouter la voix de raison afin de régler les conflits sereinement.

Linillë surprend par son érudition, ses qualités intellectuelles et son insatiable curiosité qui l’amène à se plonger des heures durant dans des ouvrages ou à entreprendre des voyages vers les contrées les plus lointaines. En outre, celle-ci possède également une sensibilité et une créativité qui la conduisent à s’intéresser aux arts, comme la musique, le chant et la danse.

Eternelle optimiste préférant voir la vie du bon côté et rechercher la beauté dans chaque être, la jeune femme utilise son pouvoir de lire les cœurs afin d’accorder son comportement aux émotions perçues chez ses interlocuteurs. Toutefois, un tel don a un prix et pour se protéger de ce flot perpétuel de sentiments parasites, celle-ci a dû développer une forte volonté et apprendre à s’en couper mentalement.

Linillë possède une personnalité très complexe, riche d’une kyrielle de facettes, semblables aux différentes teintes de l’arc-en-ciel. Le rouge ardent de la passion, l’émeraude de l’espérance, le bleu de la mélancolie et le noir du désespoir colorent son âme d’une infinie nuance de sentiments.

Si la joie et la gaieté l’habitent, elle n’en demeure pas moins une âme blessée, en proie à ses craintes et à ses doutes et l’inquiétude vient souvent ternir l’éclat de ses mires de saphir. Comme toute mère aimante, cette dernière tremble pour ses enfants et une irrépressible angoisse peut l’envahir, telle une violente tempête, et submerger l’entièreté de son être.

Perdant alors toute maîtrise d’elle-même, la haute-conseillère sombre dans l’abime du désespoir et laisse éclater ses peurs sous la forme d’éclats de voix, aussi terribles qu’autodestructeurs. Lors de ces crises d’hystéries, heureusement rares, seuls l’Archimage Numengar ou son fils, Toroöh Numengar sont en mesure de contenir la déferlante d’empathie qui émane de la jeune femme et de la ramener à un état d’esprit plus tempéré.

De même, en dépit de sa générosité et de sa prévenance, Linillë peut parfois révéler sa fragilité et se muer en femme-enfant qu’on a envie de protéger.


Inventaire



La fortune et le rang de Linillë lui permettrait de s’offrir tout ce dont rêvent la plupart des femmes de son rang, à savoir de somptueuses parures de pierres précieuses, des robes tissées dans les étoffes les plus fines ainsi que les parfums les plus délicats. Toutefois, l’Eressae ne nourrit que peu d’intérêt pour ces frivolités et les biens matériels, leur préférant les beautés invisibles dissimulées au cœur de la psyché des êtres ou les trésors intellectuels qu’abritent les innombrables ouvrages de sa bibliothèque. Les rares objets revêtant une quelconque valeur à ses yeux sont ceux qui lui rappellent son ile natale et sa famille aujourd’hui disparue.


Histoire



Prélude :





Les légendes anciennes de mon peuple narrent qu’au commencement des temps, rien d’autre n’existait que l’immensité de l’étendue marine. Nul bruit ne rompait le silence de ce rêve sans fin, hormis le chant de l’océan et le murmure des vagues. La nuit avait établi son empire sur le royaume céleste où trônait le globe opalescent de la souveraine lunaire, entourée d’une myriade de courtisanes stellaires.
Le monde semblait exister de toute éternité, perdu hors du temps et de l’espace, enseveli à l’intérieur d’une bulle d’infini. Le passé, le présent et l’avenir ne faisaient qu’un, comme l’enseignaient les paroles sacrées de l’Oracle.

Qu’est-ce que l’Oracle ? Ce nom est étranger aux non-initiés, mais pour nous les Eressae, il s’agit d’une entité vénérée, aux contours indistincts et à la science infaillible, seule capable de déchiffrer les lignes ésotériques du destin, où passé, présent et futur s’entremêlent, et de les traduire en prophéties sibyllines par l’entremise de ses élus.

Nulle destinée ne peut échapper à l’œil omniscient de l’Oracle et, alors que mon âme était encore prisonnière de l’Ether des Limbes, il connaissait déjà le moment de ma naissance et celui de ma mort.

L’univers qui m’a vu naitre n’existe plus, il a été emporté par les marées du passé et l’écume de l’oubli et seul son souvenir demeure intact dans ma mémoire. La brise saline, les sanglots étouffés des flots sur les rivages d’Eressa, la caresse du clair de Lune sur ma peau nacrée qui ont tant marqués ma jeunesse restent désormais prisonniers de mes songes, faisant naitre dans mon palpitant la nostalgie des choses  disparues.  Et l’indicible mélancolie qui m’étreint en songeant à mes parents me ramène en pensée vers les plages sablonneuses de l’ile-continent d’Eressa, là où tout a commencé et où une part de mon être demeure à jamais.

Lors de cette époque immémoriale, la magie régnait en maitre sur Rea, faisant circuler ses flux mirifiques à travers les veines des êtres et, nul linceul enneigé ne recouvrait la légendaire Azzura. Puis un jour funeste, le cours de la destinée a basculé, plongeant le monde tel que nous le connaissions dans un chaos innommable, dominé par l’ombre d’une insaisissable menace…Mais mon esprit, encore hagard, s’égare dans des méandres tortueux et il importe que je débute mon histoire par le commencement.

Chapitre I : L’enfant de l’océan






Tout ce qui est vivant nait et meurt un jour, traversant des fleuves de peines et de joies avant de regagner la félicité de l’Océan pour se réincarner sous des formes inédites, au gré des caprices du cycle éternel des renaissances. Je suis née cinq mille ans auparavant, au cœur de l’ile du croissant de Lune, dans la cité Atlante d’Ann’Drah.

Durant mon enfance, ma mère m’a conté à maintes reprises, le soir avant de m’endormir, le récit de ma naissance idyllique. Je veux aujourd’hui, à mon tour, relater à l’auditeur intéressé ce moment plein de délicatesse où un nouvel être apparait à la surface du globe, incarnant dans sa chair le miracle renouvelé de la création.

La nuit venait de recouvrir la voûte céleste d’un voile de satin moiré, d’un noir de jais et l’astre lunaire d’une blancheur immaculée, nimbée d’un halo bleuté, affichait sa pleine rondeur, éclairant la pénombre nocturne.

Enetari, ma mère, caressait doucement son ventre arrondi, attendant ma naissance avec cette impatience mêlée de crainte qu’éprouvent les futures accouchées lors de leur première grossesse, jusqu’au moment où elle ressentit les premières douleurs de l’enfantement. Après des heures de pénible labeur, survint enfin le moment tant attendu de la délivrance.

Née une nuit de pleine lune et bénie par sa lumière diaphane ; dès l’instant où je poussais mon premier cri, on me prédit une vie sous les meilleurs auspices. Ma naissance fut célébrée avec tout la pompe et la liesse dévolues à un tel évènement et je fus choyée comme jamais enfant ne l’avait été.

J’étais l’unique fille de mes parents, héritière d’une prestigieuse lignée Eressae ainsi que le fruit d’un amour passionné et de l’irrésistible désir qui pousse les êtres à se perpétuer afin de conquérir l’immortalité au travers de leur descendance. Ma mère décida de me donner le prénom poétique de Linille estimant que celui-ci présageait d’une grande destinée.

Fille de l’océan et de l’astre de la nuit, je grandis au sein d’une cité aux bâtiments de marbre opalescent, baignée par la lumière lunaire et bercée par le flux des marées. Grâce à ma haute-ascendance et à la pureté de mon lignage, je pus bénéficier d’une éducation raffinée, visant à développer mon érudition et mes dons pour la magie, domaine pour lequel je montrais d’exceptionnelles dispositions.

A l’instar de tous les jeunes Eressae, j’étudiais des matières diverses et variées sous la férule de tuteurs, chargés d’instruire mon jeune esprit et soigneusement choisis. Et dès ma prime enfance, je faisais preuve d’une grande curiosité, avide de découvrir tous les secrets de la cité engloutie, dont nous étions les gardiens, et d’apprendre les légendes de notre peuple. Quand ces connaissances ne suffirent plus à satisfaire mon insatiable appétit intellectuel je décidais de m’intéresser aux cultures étrangères. Je parcourais les rayonnages des bibliothèques des heures durant, rêvant d’explorer le monde extérieur et profitant de la moindre occasion pour rencontrer les rares étrangers qui visitaient notre ville marine.

Dotée d’une sensibilité exacerbée, je me passionnais également pour toutes les formes d’art, apprenant le chant, la danse, la musique, la peinture et la sculpture et y consacrant plusieurs heures par jour. Toutes ces années d’études assidues firent de moi une érudite et une artiste accomplie et lorsque vint le moment de me spécialiser, je décidais de me tourner vers les cultures et les arts étrangers.

Abandonnant les pages jaunies de mes livres, impuissants à me délivrer le savoir dont j’étais affamée, je me sentais l’âme déchirée à l’idée des contrées mirifiques qui me resteraient à jamais inaccessibles si je demeurais cloitrée dans l’alcôve feutrée des bibliothèques.

La cité lunaire des Eressae m’avait déjà dévoilé tous ses secrets et c’est, en vain, que j’arpentais ses venelles en quête d’un exutoire à mon intarissable soif de découvertes. L’ile du croissant de lune, auréolée de ses brumes chimériques, avait perdu l’irrésistible attrait que lui conférait jadis l’émerveillement de l’enfance.

Les journées se suivaient et se ressemblaient, emplies d’un brouillard opaque d’ennui et d’oisiveté qui me réduisait au supplice. Etais-je donc condamnée pour l’éternité à mener une existence de captivité, à l’intérieur d’une cage dorée, tel l’oiseau guettant indéfiniment, à travers ses barreaux, les mirages illusoires de la liberté ?

Ces pensées sinistres me plongeaient dans un puits de mélancolie, dont le seul espoir de m’échapper était de briser mes chaines, et de déployer mes ailes vers l’immensité du firmament.

Implorant mes parents de me permettre de voyager en solitaire, en dépit de mon jeune âge, afin d’explorer les autres contrées de Rea ; je me heurtais d’abord à leur refus inquiet et ce n’est qu’à force de persuasion que je parvins à vaincre leurs légitimes réticences.

Après cela, un nouvel univers s’offrit à mon avidité émotionnelle, attendant que je foule de mes pieds les sables dorés de ses rivages, m’abreuve de l’eau cristalline de ses rivières et me délecte de la saveur fruitée de ses vergers.
Quittant sans regret les frontières étriquées de mon ile natale, je m’en allais le cœur gonflé d’insouciance et d’espérance, déterminée à percer les mystères de ces terres d’ailleurs où mon désir m’appelait.

Chapitre II : La terre d’Emeraude





Voguant sur les eaux turquoise de la mer d’Ekio, le navire qui m’emportait me mena jusqu’à ma première destination qui n’était autre que cette magnifique contrée  nommée Usha. La traversée dura plusieurs jours et plusieurs nuits durant lesquelles mon excitation ne cessa de croitre. J’étais impatiente de voir se profiler à l’horizon les falaises de cette terre vierge, synonyme à mes yeux d’une nouvelle existence, faite de rêves et de découvertes. Accoudée au bastingage, j’observais la danse des vagues à la surface des flots et le firmament étoilé, incapable de trouver le sommeil tant l’ivresse de l’aventure s’était emparée de l’entièreté de mon être. Enfin, Usha apparut dans le lointain, nimbée des lueurs iridescentes de l’aurore, et recouverte d’un champ de verdure qui la faisait ressembler à une gigantesque émeraude.

Dès l’instant où je descendis du navire, mon palpitant se mit à battre plus fort et mon regard émerveillé se posa sur la nature luxuriante qui m’entourait, tel un écrin smaragdin. Le printemps venait de débuter et la brise imprégnait l’air d’une agréable fraicheur, qui rendait l’atmosphère plus supportable que lors de la fournaise caniculaire des mois d’été.

Un guide me conduisit jusqu’au village Inoe le plus proche afin que je puisse me familiariser avec les us et les coutumes des locaux. J’y séjournais quelques semaines avant de me rendre à Yune, la capitale d’Usha, dans le but d’y parfaire mes connaissances culturelles sur ce peuple et d’y rencontrer leurs plus éminents érudits.
Yune me frappa par la splendeur de ses pagodes aux toits de tuiles colorées et la sérénité impassible de ses temples dédiés aux divinités, semblant figés hors du temps. Les ruelles de la cité quant à elles étaient emplies d’une foule populeuse, en pleine effervescence, où se côtoyaient riches marchands, courtisanes aux kimonos bariolés et gens du peuple.

Charmée, je décidais de m’y installer et de débuter mon apprentissage de la culture Inoe, qui très vite me fascina de par son incroyable richesse et son raffinement, mêlant traditions millénaires, respect des cycles naturels et quête de l’harmonie.
Hélas, la barrière du langage constituait un obstacle considérable à ma poursuite du savoir et, consciente de mes lacunes linguistiques ainsi que de mes connaissances culturelles lapidaires, je décidais de recourir aux services d’un traducteur autochtone répondant au nom de Wei Wang.

Je n’oublierais jamais le premier instant où mon regard céladon s’est posé sur cet homme à la peau ambré et dont la chevelure de soie arborait un noir jais, à l’exception de la mèche argenté qui surmontait son front.

Même après des millénaires de sommeil, ensevelie sous les neiges éternelles d’Azzura, ce moment demeure gravé dans ma mémoire et un trouble indicible m’envahit à sa seule remémoration.

Chapitre III : Les Noces Alchimiques : L’eau et le feu





Wei Wong possédait le physique typique des Inoes et sa silhouette de taille moyenne était élancée et bien proportionnée. A l’instar de ses compatriotes, ce dernier arborait une peau couleur de miel, des cheveux de soie et des yeux oblongs dont les iris ressemblaient à deux miroirs d’onyx. Il émanait de lui une impression de force tranquille et de sérénité et ses prunelles luisaient d’intelligence et de sagesse, aussi celui-ci me fit immédiatement une forte impression. Moi qui m’étais attendue à rencontrer un vénérable vieillard, courbé sous le poids des années, et dont le menton serait orné d’une longue barbe blanche, je me retrouvais face à un jeune homme à la peau lisse dont les lippes esquissaient un sourire énigmatique.

Notre entente intellectuelle fut immédiate et je découvris que derrière son masque impassible, se dissimulait un individu sensible et raffiné, pourvu d’une grande vivacité d’esprit et dont les connaissances ne cessaient de m’étonner.
Des mois durant, nous avons parcouru les pages d’ouvrages anciens et déchiffré les rouleaux de vélin et d’antiques parchemins en quête de savoir et d’informations sur la culture et l’histoire d’Usha.

L’astre lunaire, trônant fièrement dans le firmament, était le témoin muet de nos assemblées nocturnes où nous passions des heures à disserter sur la philosophie, les arts, l’histoire, la littérature et les langues anciennes sans nous préoccuper du passage des heures ; et seules les pâles lueurs de l’aube qui filtraient à travers les fenêtres de la pièce parvenaient à interrompre ces discussions passionnantes et passionnées.

Nos échanges qui devinrent de plus en plus intimes au fil du temps me laissèrent découvrir un être contemplatif, empreint de bonté, d’une incroyable érudition et avec lequel je partageais de nombreux points communs.

Né au sein d’une famille pauvre de paysans, ses parents incapables de l’élever le confièrent aux bons soins d’un monastère dans l’espoir que leur fils puisse bénéficier d’un enseignement monacal et par ce biais se bâtir un meilleur avenir.  Dès sa prime enfance, Wei Wong qui montrait de grandes dispositions intellectuelles et une insatiable curiosité, n’avait de cesse de travailler afin de se hisser à un niveau d’excellence et pouvait se targuer, malgré son jeune âge, d’une certaine renommée en tant que traducteur et érudit.

L’été s’acheva, emportant sa touffeur caniculaire et l’automne qui lui succéda colora d’incarnat les feuilles des érables formant un spectacle d’une beauté époustouflante. Puis, survint l’hiver avec ses frimas, ses brumes hiémales et son voile de neige immaculée qui scintillait sous les rayons du soleil comme de la poussière de diamants. Après le froid et la glace, les beaux jours revinrent et les cerisiers fleurirent, recouvrant les paysages environnant d’un tapis de pétales roses.

Un matin, je réalisais que j’étais arrivée à Yune une année auparavant et que mon apprentissage de la culture Inoe si riche et raffinée m’avait fait perdre la notion du temps. Pourtant, je savais pertinemment qu’un jour il me faudrait repartir vers d’autres cieux car en dépit de sa merveilleuse beauté, Usha ne représentait qu’une infime partie du monde, presque une goutte d’eau dans l’océan.

Le cœur meurtri, je me résolus à annoncer à Wei Wong mon départ à la fin du printemps et malgré le masque de sérénité qui recouvrait ses traits délicats je sentis la tristesse sourdre en lui, ce qui me chagrina.

Avant que je ne quitte Yune, ce dernier me proposa d’escalader le mont des Immortels, une montagne sacrée d’où je pourrais mirer la beauté paysage et la flamboyance du soleil couchant afin de faire dignement mes adieux à la région d’Usha et j’empressais d’accepter, trop heureuse de partager un dernier moment rempli de magie en sa compagnie.

Au sommet du mont des Immortels, la vue était imprenable et le firmament céruléen paraissait si proche que j’avais l’impression qu’il me suffirait de tendre la main pour caresser du bout des doigts les nuages vaporeux, d’un blanc éclatant. En proie à un ravissement extrême, j’admirais les paysages d’émeraude, les cimes enneigées et le ciel de saphir, sentant mon cœur battre plus fort dans ma poitrine à la vue de tant de magnificence.

Wei Wong s’approcha de moi, avançant de sa démarche feutrée qui rendait ses pas aussi silencieux que ceux d’un chat et me tendit une petite boite ronde en ivoire. A l’intérieur, je découvris un magnifique pendentif avec à son extrémité une effigie de jade en forme de dragon, censée apporter bonheur et protection à son porteur ; cet objet était destiné à sceller notre lien à jamais peu importe la distance qui nous séparerait à l’avenir.

C’est alors que je pris conscience des sentiments que j’éprouvais à son égard, quelque chose de plus fort que tout ce que j’imaginais jusqu’là et qui habitait les tréfonds de mon être, à mon insu. Le proverbe ne dit-il pas qu’il n’existe pas de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir ? J’avais côtoyé cet homme durant des mois et ce que je prenais pour une très forte amitié assortie d’une grande complicité intellectuelle était en réalité…de l’amour ; non point l’une de ces passions fulgurantes qui vous consument et meurent presque aussi vite qu’elles ne naissent, mais un sentiment profond fait d’écoute, de compréhension mutuelle et d’attention l’un envers l’autre. L’amour que je ressentais pour Wei Wong ne ressemblait pas à un feu dévorant mon âme mais à une source limpide qui apaisait ma soif.

En arrivant à Yune, un an auparavant, jamais je n’aurais imaginé m’éprendre éperdument de ce jeune traducteur Inoe. Pourtant, il m’était à présent impossible de nier l’évidence et je senti mes joues laiteuses se couvrirent d’un léger voile incarnat tandis que la gorge sèche je peinais à articuler quelques mots de remerciements.
Soudain, Wei Wong se pencha vers moi et nos lèvres se frôlèrent faisant naitre en moi une langoureuse extase, et je compris qu’il m’aimait aussi et que nos deux cœurs unis par le même ressenti n’en formait plus qu’un.

Le soleil vespéral mourut à l’horizon éclaboussant le firmament de trainées dorées, pourpres et orangées, avant de laisser place à la nuit auréolée de sa souveraine diaphane. Je fermais lentement mes paupières, savourant la caresse des rayons lunaires sur mon visage, telle une douce bénédiction de nos amours naissantes, et mon cœur s’empli d’allégresse à la pensée de l’avenir radieux qui s’offrait à moi.

Chapitre IV : Cendres de Lune





Les années s’écoulèrent paisiblement, charriant leur lot de peine et de joie, et après avoir voyagé dans maintes contrées en compagnie de Wei Wong, nous décidâmes de nous unir par les liens sacrés du mariage et de nous installer à Yune. Rapidement, cette union se révéla féconde et je mis au monde deux enfants, tout d’abord une fille prénommée Xing et quelques années plus tard un fils répondant au doux prénom de Yue.  Mon instinct maternel était comblé et je savourais la plénitude que m’apportais la maternité et la vie d’épouse, sans oublier mes activités d’érudite. La culture Inoe s’avérait si riche que je ne cessais de m’émerveiller des trésors qu’elle recelait et de chercher à accroitre mon savoir en puisant dans les textes anciens.

Hélas, ce bonheur simple ne pouvait perdurer pour l’éternité et un jour le cours de mon existence bascula à jamais…

L’hiver venait de débuter et une épaisse couche de neige recouvrait les paysages d’Usha d’un linceul opalescent. Un jour, des tensions apparurent entre les tribus locales Quetzals et les milices Inoe des villages environnants. Au départ, il s’agissait d’une banale contestation d’un terrain de chasse et chacun espérait voir ce conflit rapidement se tasser ; hélas, loin de s’apaiser, la situation ne fit que s’envenimer, prenant des proportions inattendues, à l’instar de vaguelettes se propageant à la surface d’un lac.

A l’époque, dans mon angélisme et mon désir de faire cesser les effusions de sang, je croyais pouvoir régler ce litige à l’amiable et j’eus la naïveté de m’auto-proclamée ambassadrice de la paix afin de concilier les deux peuples. Persuadée que mon intervention permettrait une résolution de la crise et que le vent tournerait favorablement, j’entrainais mon époux et mes deux enfants, la chair de ma chair et la prunelle de mes yeux, dans cette aventure.

Hélas l’avenir me donna tort et là où je voyais déjà se bâtir un nouvel édifice de paix, ne survint que douleur et malheur…

Je venais de quitter l’une de ces interminables négociations où j’avais usé une grande partie mon énergie dans le but de parvenir à un accord équitable entre les deux parties et je m’acheminais tranquillement vers ma maison ; lorsque soudain, je vis une épaisse fumée obscurcir l’atmosphère et l’odeur âcre qui imprégnait l’air agressa mes narines. Prise d’un mauvais pressentiment, je me mis à courir à toute vitesse jusqu’au quartier où je résidais et j’aperçu avec horreur que ma demeure était la proie des flammes. A cette vue cauchemardesque, je fus prise d’une crise d’hystérie et hurlait le nom de mon époux et de mes enfants. Si des voisins ne m’avaient pas arrêté à temps, je me serais précipitée à l’intérieur, au mépris de tous les dangers, afin de les arracher au brasier.

Malheureusement, malgré les efforts conjugués des habitants du quartier pour maitriser le feu, celui-ci ne cessa de se propager, manquant d’embraser les maisons voisines et j’assistais à la scène, impuissante, sentant mon cœur de mère et d’épouse se briser en mille morceaux.

C’est dans ces circonstances tragiques que péri ma famille, et j’appris quelques jours plus tard que la cause ce terrible incendie, responsable du décès des miens, était d’origine criminelle.

Un membre des Quetzals, dépité par mon intervention d’ambassadrice de paix et jugeant ma proposition d’accord inique vis-à-vis des intérêts de sa tribu, n’hésita pas à allumer un feu volontaire afin de faire flamber ma demeure et ses occupants. En voulant résoudre cet épineux conflit et en outrepassant mes prérogatives d’érudite en m’octroyant un rôle de médiatrice, j’avais scellé la destinée de ma famille, en précipitant leur mort.

De ce jour maudit, je garde le souvenir immarcescible de l’odeur du sang et des cendres emportées par le vent.

Chapitre V : Les pâles aurores d’Azzura





La nuit m’avait envahi telle un voile opaque de mélancolie et l’âme meurtrie, je décidais de quitter Yune pour retrouver les rivages familiers d’Ann drah, ma ville natale. Le cours du temps semblait suspendu et même les livres et le son des instruments de musique ne parvenaient pas à m’arracher à ma léthargie.
Ma vie s’était arrêtée avec la mort de Wei Wong et de mes enfants, du moins le pensais-je. Pourtant, un jour, une lueur d’espoir, semblable à l’éclat d’une étoile, scintilla dans ce firmament obscur.

Azzura, la cité légendaire où les rêves les plus insensés semblaient se réaliser. Ce nom flottait sur les lèvres de ma famille, désireuse de m’aider à retrouver l’entrain et la joie de vivre qui me caractérisait autrefois. Le roi de cette ville mirifique était sur le point de se marier et c’était l’occasion rêvée pour me rendre au sein du Royaume le plus cosmopolite qui exista à Rea.

Au début, je me montrais terriblement réticente à cette idée, craignant la fatigue occasionnée par un si long voyage ou une profonde déception en découvrant que le visage d’Azzura ne se révélait guère à la hauteur de mes espérances.
Toutefois, sitôt arrivée là-bas, toutes mes craintes s’évanouirent et je tombais immédiatement sous le charme de cette cité féerique, aussi belle que les châteaux chimériques peuplant le monde des songes et je sentis mon cœur blessé battre à nouveau.

J’entrepris de visiter la ville de comble en comble, me passionnant pour cette myriade de découvertes, toutes plus passionnantes les unes que les autres et qui me distrayaient de ma mélancolie. J’eus l’occasion d’être introduite au cœur des hautes-sphères de la société Azuréenne et je fis la connaissance de la jeune reine. Cette femme si douce et dotée d’une immense sensibilité me témoigna un grand soutien dans la douloureuse épreuve que je traversais. Nous devînmes rapidement amies et quand son ventre s’arrondit et qu’elle mit au monde quelques mois plus tard une fille, celle qui deviendrait un jour la reine Onyria, cette dernière me demanda de devenir sa marraine.

Profondément touchée par cette grande marque d’amitié et de confiance, j’acceptais sans l’ombre d’une hésitation. D’autant plus que dès l’instant où mes prunelles céruléennes s’étaient posées sur le nourrisson, qui somnolait dans son berceau j’avais ressenti un immense amour m’envahir et je me jurais intérieurement de tout faire pour la protéger.

Les voies du destin se révélaient souvent impénétrables et les paroles de l’Oracle, d’ordinaire si sibyllines, paraissaient soudain s’éclairer pour moi d’une lumière nouvelle.

A présent, ma destinée et mon cœur appartenaient à Azzura et à la Reine Onyria, pour toujours et à jamais.

Chapitre VI : Le sacrifice de la Reine





Lorsque j’émergeais des limbes du sommeil glacé qui retenait Azzura prisonnière depuis cinq millénaires, ma première pensée fut pour Onyria, ma filleule bien-aimée, dont la présence ensoleillait mes jours et que j’aimais par-dessus-tout, la considérant comme ma propre chair.

Que lui était-il arrivé et pourquoi notre Royaume adoré était-il demeuré endormi sous un voile hiémal pendant cinq mille années ? Les questions se bousculaient dans mon esprit et je sentis la douleur envahir mon cœur de mère en apprenant ma reine s’était sacrifiée pour protéger notre chère patrie.

En effet, lors de son combat contre notre ennemi, Onyria usa de ses puissants pouvoirs d’Archimage pour le repousser, ensevelissant Azzura sous les neiges éternelles durant cinq mille ans, ce qui eut également pour effet de provoquer l’extinction de la magie sur Rea.

Hélas, ce sacrifice s’avéra lourd de conséquences pour notre étincelante souveraine qui, à présent, erre à travers le dédale des couloirs du palais, le regard hagard et comme « absente » d’elle-même, perdue au sein d’univers chimériques que son regard semble le seul à entrevoir et nul ne sait quand celle-ci recouvrera la raison et si elle gardera des séquelles indélébiles.

Quant aux habitants de notre cité mirifique, ils se sont réveillés bouleversés au sein d’une Rea méconnaissable et nombre d’entre eux ont eu à déplorer la perte d’êtres chers, emportés par le tourbillon.

Sans oublier le désarroi des peuples de ce nouveau monde confronté au plus grand défi de tous les temps : le réveil d’Azzura et le retour de la magie.

En ces temps troublés, moi et les anciens de la cité légendaire tâchons de demeurer forts face à d’adversité et de ne pas laisser s’éteindre la lueur d’espérance, qui brille tel un phare au milieu d’un océan de ténèbres. Je veux croire en un avenir meilleur pour Azzura et les peuples de Rea car après tout ne dit-on pas que la fleur qui parvient à s'épanouir à travers les neiges immortelles est la plus belle de toutes ?


Ambitions & Desseins



Depuis le réveil d’Azzura, désormais délivrée de son long sommeil glacé,  Linillë désire ardemment trouver un moyen de guérir l’esprit blessé de sa chère Onyria, cette radieuse souveraine à qui elle voue un amour immodéré. Son cœur aimant de mère tremble pour les Azuréens qu’elle considère comme ses enfants et veille à les protéger, tout en s’ouvrant à ce monde nouveau et aux nombreux peuples qui le compose.

De par sa douceur, son empathie et sa clairvoyance, la jeune Eressäe , élevée au rang de Grande Archonte, joue un rôle prédominant au sein du Conseil de la Cité Mirifique en étant, avec Baltazar Numengar, la pierre angulaire qui soude ses membres et cette présence réconfortante, semblable à la chaleur maternelle, face aux difficultés rencontrées. En outre, elle possède la fervente volonté d’œuvrer à la paix, à la compréhension mutuelle et à l’harmonie entre les habitants d’Azzura et les peuples de Rea en privilégiant la voie du dialogue et de la diplomatie.



Divers


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