Azzura


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Nimaën Arindel - Roi d'Yra.

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◈ Missives : 2

◈ Âge du Personnage : 513 ans
◈ Alignement : Loyal Neutre/Loyal Mauvais
◈ Race : Eleär
◈ Ethnie : Eleär de l'Aube
◈ Origine : Satvar / Yra
◈ Localisation sur Rëa : Ceriä, Ile d’Yra
◈ Fiche personnage : [url=][/url]

Aventurier
Nimaën Arindel

◈ Ven 18 Mai 2018 - 12:30

◈ Prénom :  Nimaën.
◈ Nom : Arindel.
◈ Sexe : Masculin.
◈ Âge : 513 hivers.
◈ Date de naissance : Astar Ordo -423 avant l'ère des Rois.
◈ Race : Eleär.
◈ Ethnie : Eleär de l'Aube.
◈ Origine : Satvar / Yra.
◈ Alignement : Il vacille régulièrement entre le Loyal Neutre et le Loyal Mauvais. Comme les deux faces d’une pièce de monnaie.
◈ Métier : Roi des Eleärs d'Yra et Seigneur de Ceriä.


Magie


S’il n’est pour l’instant pas un puissant magicien, Nimaën maitrise cependant plusieurs tours mentaux. Il s’est réveillé un beau matin avec la capacité d’entendre les pensées des personnes qui l’entouraient et qui n’avaient pas un esprit puissant. Avec de la pratique il arrive aujourd’hui à communiquer dans le subconscient de celui qu’il regarde mais cela reste un exercice qu’il ne tente que pour l’aspect spectaculaire. Il commence lentement à pouvoir suggérer des idées dans l’esprit des plus faibles et espère pouvoir un jour s’en servir pour forcer ces opposants à l’obéir.


Forces & faiblesses


Nimaën est un elfe de haute de naissance de plus d’un demi-millénaire, au fil des siècles il a acquis des connaissances et une culture considérable. Toutefois loin d’être parfait il continue à apprendre tous les jours.

En tant que Roi, il a reçu la pédagogie de nombreux érudits émérites. Que cela soit dans les arts de la politique ou encore dans les techniques de combat, il a étudié un large éventail de domaines variés et parfois même invraisemblable. Les Eleärs favorisent les souverains éduqués et polyvalents, Nimaën ne déroge pas à la règle.

Politicien habile et acrobatique guerrier, c’est un Roi conquérant qui souhaite mettre à profit de longues années d’entrainement aussi bien psychique que physique. S’il maitrise parfaitement son sujet, son tempérament est une faille majeure dans ses projets. Il aime prendre des risques et se laisse souvent battre par la tentation.

A la guerre c’est un fin tacticien et un imprévisible stratège. S’il ne fréquente pas souvent le champ de bataille, il reste néanmoins tout à fait capable lorsqu’il est nécessaire de faire une démonstration de force. C’est un combattant vicieux et agile qui maitrise parfaitement les mouvements de son épée. A la tête de ses troupes, il arbore une image d’icone motivante et d’indéfectible gagnant.

Sur le trône c’est un politicien sournois qui se complais dans les intrigues et les complots. Il comprend le fonctionnement du jeu des trônes et adhère parfaitement aux pratiques les plus basses de cette compétition du pouvoir. Il maitrise la diplomatie et c’est un beau parleur mais perd vite patience. Il se montre parfois un peu intimidant sans vraiment le vouloir.

A la maison c’est un père absent et un seigneur distrait. Il ne fréquente plus vraiment personne et ne montre que le masque du Roi à ses proches ayant abandonné celui de l’homme lui-même. Autrefois il aimait la chasse et n’était pas insensible aux longues promenades en forêt.



Physique


Nimaën était un elfe de haute stature, sa corpulence svelte et des muscles secs lui donnait une impressionnante agilité. Il avait le teint blafard et des fins cheveux blonds aux reflets d’argents. Ces yeux verdoyants affichaient une malice non-dissimulée et il avait le regard perçant comme s’il pouvait voir dans l’âme de son interlocuteur. C’était un personnage majestueux à l’allure raffinée, ses traits étaient d’une pureté sans pareille et son sourire étrangement séduisant. Son nez fin descendait harmonieusement sur son visage puis rejoignait sa bouche sensuelle. Rien dans son physique ne laissait entrevoir le demi-millénaire qu’il avait vécu si ce n’est de très discrètes rides qui apparaissaient au coin de ses yeux lors de moments d’excitations. Il avait le rire sonore et une voix charismatique qui forçait le respect à autrui. Comme tous les Eleärs, il avait deux longues oreilles pointues qui sortaient fièrement à travers sa chevelure argentée qu’il décorait parfois avec des boucles dorées et précieuses. Loin d’être délicat, c’était un individu qui aimait autant les défis physiques que mentaux. Ses mains laissaient encore paraitre les stigmates d’une enfance laborieuse dans les salles d’entrainements. Il arborait fièrement une couronne en bois précieux qu’il changeait suivant les saisons de l’année.  


Caractère


L’enfant prodige, celui dont la destinée était promise à la gloire. Très jeune, tous les yeux avaient été pour lui et cela sans préambule, il avait été sous la pression d’un peuple entier. Gamin terrifié et à la recherche constante d’affection, il avait fait face à la rudesse du monde adulte dès son premier pas. C’était encore aujourd’hui un trait marquant de sa personnalité, il n’aimait pas décevoir et avait besoin de l’approbation indéfectible des siens, c’était ce qui pour lui rendait légitime ses manœuvres. Adolescent sous des allures de cœur noble et généreux, il dissimulait cependant une certaine retenue, c’était comme un masque pour lui, il savait ce qu’on attendait de lui et savait parfaitement le devenir si cela lui permettait de conserver l’avantage moral.

C’était un être extrême qui pouvait vouer une haine terrible mais une passion grandiose. Il était de ceux qui n’avaient pas de limite et qui n’avaient cesse de vouloir être plus grand et d’atteindre un destin plus fabuleux encore. Ses émotions étaient d’une puissance folle mais lorsqu’il pouvait les canaliser, il pouvait être inspirant et rassurant à la fois. C’était une bénédiction autant qu’une malédiction car s’il pouvait convaincre et apaisé, il pouvait tout aussi piquer une colère formidable l’instant suivant. Intelligent et avide de connaissances, il avait au fil des ans acquis une culture étendue et apprécié. Il avait la rancœur facile et il était parfois impossible de le convaincre d’abandonner ses griefs. S’il pouvait s’émouvoir de la condition d’autrui, il pouvait être quelquefois cruel et têtu. Le Roi était homme contradictoire, il pouvait être impulsif dans les interactions sociales et la vie de tous les jours mais il était étrangement réfléchi sur les décisions politiques. Rusé il arrivait souvent à obtenir ce qu’il voulait et même si cela devait prendre du temps. C’était un stratège hors-pair qui ne reculait devant rien et à la patience infinie. Il appliquait la tactique même dans sa vie personnelle, il ne pouvait s’empêcher d’analyser et de tenter de tirer profit de toutes les situations. Mais dans le fond, c’était un être narcissique et à l’ego fort, il éprouvait peu de respect pour les pions et il pouvait être d’un orgueil terrifiant. Nimaën s’était toujours épanouie dans l’adversité et aimait résoudre les défis que son règne lui offrait.

Après plus d’un demi-millénaire, il était devenu plus insensible et distant, c’était parfois comme s’il ne décelait plus vraiment la réalité. Père absent, il passait ses rares moments de temps libre en solitaire s’enfermant dans son chagrin et sa folie naissante. Lunatique et instable il se montrait plus incompréhensible pour ses proches et plus critique. Cela avait été un changement de caractère subtil au fil des siècles puis brutal après le décès de la Reine. Mais c’était un secret qui ne dépassait pas encore les murs de son palais car pour ses sujets : c’était un sage sans égal !



Inventaire


Parmi les nombreux joyaux dont dispose le monarque, il conserve jalousement une épée elfique. C’était un sabre léger en argent et au tranchant redoutable orné d’inscriptions dans la langue des Eleärs de l’Aube. Héritage familial, c’était une relique de ses ancêtres et de son peuple. Le Roi avait aussi une collection impressionnante de robes raffinées et de bijoux inestimables. Plus récemment les Nains lui avait offert une armure légère forgée avec les métaux les plus précieux et les plus résistants des mines de Lorh. Nimaën conservait aussi une magnifique collection de chevaux de race et de faucons, une passion qu’il avait depuis tout jeune. En tant que Roi il détenait une fortune colossale, si ce n’est pour le commun des mortels.


Histoire


PROLOGUE
Margrh, 90 de l’ère des Rois. Ceriä, Ile d’Yra.

Aube naissante et lumineuse, éblouissante mais pourtant si rassurante. Le jour se levait enfin et bientôt l’obscurité laissait place au pâle reflet du soleil du matin. Une perle de sueur courait le long de son front, elle dansait gracieusement jusqu’à la base de son nez. La nuit avait été longue, son cœur battait frénétiquement frappant sa cage thoracique tel le marteau sur l’enclume. Il ne se souvenait plus de la dernière fois que la nuit lui avait été bonne, c’était une angoisse constante lorsque les ombres recouvraient lentement le ciel. Il était inlassablement poursuivi par cette même vision, celle qui le tenait hors du lit déjà bien avant la mort d’Arwël, son aimée. Il voyait la mort de son peuple, l’extinction de sa race et le désespoir de tout un monde. Superstitieusement, il croyait cette vision venir de l’âme des Anciens en signe d’avertissement sur l’avenir de son peuple. Ces nuits rongeaient son esprit et ainsi l’elfe se recroquevillait dans son agonie. Ses muscles étaient tendus, il était las de son destin mais c’était à lui que revenait la charge de sauver son peuple, il en était convaincu et alors subtilement son esprit changeait, il devenait plus austère, plus belliqueux. Il se relevait s’approchant du balcon de sa chambre, tremblant et titubant. La splendeur de Ceriä apparaissait face à lui, la capitale des Eleärs d’Yra, la dernière protectrice des anciennes coutumes. La cité était d’un éclat sans pareil, ici et là se mélangeaient les constructions arboricoles des Villileärs d’Yra aux édifices sacrés des Eleärs de l’Aube dans une harmonie parfaite. Le chant des elfes résonnait avec grâce dans tous les recoins de la ville amplifiant la beauté des lieux et son aura mystique. C’était le dernier paradis d’un peuple qui avait survécu au pire. L’esprit du Monarque vacillait dans la haine alors qu’il se remémorait tout ce qu’ils avaient fait subir aux siens, il était temps que l’ère des Eleärs commence.
I – La terre promise.
-423 de l’ère de la Paix, Ile d’Yra.

« Dans des temps immémoriaux, notre peuple vivait en paix et en harmonie au sein de nos iles de Neya et Sunaï. Ces terres étaient un paradis pour nous les Eleärs et elles étaient sacrées pour nos Anciens. Notre peuple était fort et riche et nous vivions tous dans un amour perpétuel pour la vie et la nature. » La main d’un père à son fils, délicate attention sur le front du jeune Prince. Le gamin relève la tête, curieux et rêveur. « Mais père avez-vous connu cet endroit ? Et pourquoi ne pouvons-nous pas y retourner ? » L’enfant est souriant, innocent. À ce moment-là, le vieil elfe ressent cet amour inconditionnel, celui d’une jeune âme à son protecteur. Il sait maintenant pourquoi il se bat, pourquoi il ne peut échouer. « Ils nous l’ont enlevé, la terre de mon père, notre maison. Un jour ce sera ton tour de protéger notre peuple et peut-être que tu seras celui qui nous rendra nos terres sacrées. » C’est un discours plein d’espoir, celui d’un homme qui regarde vers l’avenir. Le fils n’oubliera jamais les paroles du père.

Lorsque les Eleärs arrivèrent sur les plages d’Yra c’était encore un peuple brisé, portant les stigmates de centaines d’années d’exils et d’humiliations. C’était un peuple qui avait subi les brimades et la cruauté des rois Vreën de Lorh et l’horreur des légions Ordhaleron, un peuple sans terres dont l’extinction avait été une crainte viscérale. L’ile avait été leur terre promise, un lieu où ils pourraient se reconstruire en tant que race, une terre où la culture des elfes pourrait survivre. Mais Yra était un tertre mourant à la terre infertile et au cœur recouvert de marécages, il avait fallu toute l’ingéniosité d’un peuple et ses efforts pour rendre l’ile habitable. C’était le dernier Prince des Eleärs Fingolfin Arindel qui avait pris la tête de la communauté d’Yra et pendant des années œuvrer pour faire de l’ile un sanctuaire jusqu’à en devenir le Roi. Les hommes n’avaient été d’aucune aide et pire ils avaient été des oppresseurs pour le peuple elfique et en cela ils ne seraient jamais pardonnés, ainsi sous le règne de Fingolfin, le Roi n’autorisa aucun Valduris sur ses terres. C’est dans cet esprit de labeur que naquit Nimaën Arindel, fils de l’Aube. Sa naissance était le signe de l’espoir d’un peuple qui renaissait lentement de ses cendres et l’Ile fêta la naissance du Prince avec optimisme. Très jeune, le Prince se révéla être un talentueux leader et il avait alors l’estime de ses pairs, son talent inné pour les arts du combat ravi le Haut-Conseil mais il était alors surtout question de temps de paix et de reconstruction pour Yra et son peuple. Le Roi fit venir les plus grands érudits et les meilleurs maitres d’armes Eleärs de tout Rëa, ils eurent la charge d’éduquer l’héritier et de lui apprendre les secrets de son peuple. C’était un jeune être résolu, optimiste et sensible au bien-être des siens. Mais lorsque des années plus tard, son père s’éteignit sous le poids des siècles, le jeune Nimaën s’effondra dans un chagrin profond et marquant. C’est alors qu’il rencontra Arwël Thauris, celle qui deviendrait sa Reine et la seule qui vaincue son chagrin. Son mariage suivit son couronnement et le nouveau souverain fut promptement encensé par ses sujets, il était la promesse d’un millénaire de paix pour ce peuple qui se remettait à peine des blessures du passé. Il enferma son nouveau royaume dans l’isolationnisme et pendant plus de quatre cents ans, Yra n’eut aucun contact avec l’extérieur, si ce n’est un fragile pacte de non-agression avec les royaumes voisins de Satvar.

II – Le renouveau des Eleärs.
0 jusqu’à 32 de l’ère des Rois.

Avec le travail du temps et les connaissances des Eleärs, l’Ile changea de visage et si presque un demi-millénaire auparavant elle était partiellement inhospitalière, aujourd’hui c’était un havre de paix et un paradis végétal. Le faune et la flore s’était considérablement accru, c’était devenu un sanctuaire de la vie aux forêts denses et impénétrables. Sous le règne de Nimaën Arindel et grâce à sa doctrine politique d’un bastion de la culture elfe sans interférence de l’extérieur, le peuple d’Yra avait appris à se reconstruire et profitait d’une nouvelle prospérité acquise dans l’auto-suffisance. Les légions elfiques qui avaient encore le goût amer de la défaite s’étaient affranchis des anciennes coutumes militaires et étaient devenus une force meurtrière qui protégeaient Yra avec détermination. En cause la proximité avec l’ancienne ile du continent de Satvar, la nouvelle Sunaï peuplée par l’ennemi Ordhaleron, qui continuait d’obséder les stratèges craintifs d’une invasion sur Yra. Cette année-là fut décisive pour l’avenir du royaume Eleär et les décisions qui furent prises changèrent le destin de son Roi.

L’annihilation des légions rouges et la nouvelle tendance diplomatique de la coalition forcèrent Nimaën à revoir sa politique isolationnisme. Il voyait en ces évènements le signe que la menace s’éloignait pour son peuple et que des temps prospères pourraient permettre d’imposer son royaume comme une force incontournable du continent de Satvar. S’il ne pardonnait pas aux hommes et encore moins aux démons rouges, il savait qu’avec patience il pourrait tirer son épingle du jeu et venger ses ancêtres. C’était une idée qui l’obsédait constamment, il ressentait au fond de lui la profonde blessure de son peuple et le besoin d’une juste vengeance, un sentiment étonnant pour une race si pure et si sophistiquées mais il ne pouvait se l’expliquer proprement. Il construisit un port de commerce et invita les marchands et les diplomates de toutes les peuplades à s’y rendre, c’était le seul endroit sur l’ile où les Eleärs d’Yra pouvaient rencontrer les autres races de Rëa et les échanges aussi bien culturels que commerciaux furent un succès. Le mystère qui avait toujours entouré le destin de cette ile attira en masse les marchands et les érudits curieux de rencontrer le seul peuple qui avait fui tout contact pendant des centaines d’années. Sous l’œil vigilant des légions d’Yra, le port fut bientôt une place d’importance dans le commerce en Satvar. Le monarque signa le traité faisant de l’Empire de Neya l’ennemi commun des peuples libres et participa largement à l’effort commun de surveillance particulièrement pour l’ile voisine qui menaçait ses frontières.

Nimaën offrit son soutien aux royaumes de Satvar et de nouvelles alliances se forgèrent. Mais les évènements qui éclatèrent dans le royaume voisin de Lorh firent écho jusque dans les salles du Haut-Conseil d’Yra. Si ces luttes de pouvoirs ne concernaient aucunement les elfes, elles touchèrent cependant le Roi. Il voyait en cette persécution le cycle éternel de la cruauté des Vreën et éprouvait une certaine solidarité pour les Nains qui subissaient ce qu’avait subi son peuple pendant des générations. Il rompu son alliance avec Lorh et ouvrit les frontières de ses terres pour les Nains, c’était un acte politique fort mais dangereux. Les tensions étaient toujours présente entre Lorh et Yra et l’entente diplomatique avait toujours tenu à un fil. Fort de la nouvelle amitié avec le peuple nanesque, le Roi se servit de l’expertise et de l’ingéniosité des réfugiés dans la modernisation de son pays.

C’était une époque de renouveau pour Yra et soudain le couple royal eut le bonheur d’une héritière. Cette naissance propice propulsa Nimaën dans une période d’harmonie mais son esprit paisible fut bientôt mis à mal par de terribles visions inexpliquées qu’il conserva secrètes pendant les années qui suivirent.

III – Le déchirement de l’esprit.
44 jusqu’à 50 de l’ère des Rois. Satvar.

Depuis cinq années de terribles éruptions volcaniques faisaient rage en Satvar et entraînèrent plusieurs hivers rudes et étés infernaux dans les royaumes voisins. Si la catastrophe avait été moindre sur Yra grâce aux fabuleuses connaissances des Eleärs sur la nature et l’agriculture, les conséquences avaient été terribles pour les voisins humains du Nord. La famine et le chaos frappait les peuples Valduris de Satvar, ce cataclysme d’une intensité rare avait atteint jusqu’au cœur des royaumes et les morts se comptaient par milliers. La situation était critique et les peuples appelaient à l’aide, c’est sous la pression des hautes familles nobles que le Roi sollicita son Conseil.

C’était une chaude soirée d’été, l’air étouffant venant du Nord balayait l’Ile depuis déjà plusieurs jours. Ce soir-là, le ciel était particulièrement clair et dans ces moments-là, la populace s’assemblait dans les jardins et les balcons observant avec admiration et mysticisme les innombrables étoiles qui éclairaient la cime des arbres d’une pale lueur cosmique. Aucun ne se doutait alors que de cruciales décisions étaient prises au même moment dans le palais du Roi. Nimaën était anxieux, il passait nerveusement sa main le long de ses fins cheveux blonds, il savait ce qu’allait lui demander ses conseillers et ne pouvait se résoudre à prendre cette décision. Ses yeux suivaient sans cesse les lignes des rapports qu’il avait reçu, il relisait en boucle les détails sur les dégâts qu’avaient subi les terres de Lorh et Alsvard. Il entendait déjà les premiers conseillers qui arrivaient dans la pièce voisine, le devoir l’emportait sur ses doutes. D’une démarche nonchalante et le visage grave, le monarque s’installait confortablement dans son siège, scrutant les lieux avec méfiance. Le Haut-Conseil siégeait à l’arrière de la salle du trône, c’était une impressionnante pièce secrète sans fenêtres et aux fresques murales qui évoquaient les anciens temps de gloire du peuple immortel. En son centre trônait fièrement une table en bois précieux, elle était massive et son cœur était gravé par des arts d’une finesse dont les elfes étaient les seuls à en avoir le secret. Alors que les conseillers étaient presque au complet, Nimaën siégeait impatient, il démarra la session extraordinaire d’un geste vif de la main. Face à lui, il pouvait voir le visage des plus éminents sujets de tout Yra, ils étaient huit et occupaient les plus hautes fonctions du royaume. C’était des ministres sages et respectés, ils étaient Villileärs ou Eleärs de l’Aube, homme ou femme, ils avaient été élus ou choisis pour leurs connaissances ou compétences et d’autres avaient gagner leur place par la force de leurs actions. Il y avait le Légat des Légions, un gaillard robuste qui commandait les forces armées de l’ile et la garde du Roi, c’était un soldat émérite et l’ami de Nimaën. A ses côtés siégeait la Maitresse des Connaissances, celle-là dirigeait d’une main de fer le réseau d’espions et d’éclaireurs du Roi. Puis venait le Haut-Magistrat, un vieil elfe à la sagesse légendaire, il rendait la justice au nom du Roi et dictait les lois, c’était aussi un médiateur pour les querelles des puissants de l’ile. Ou encore le Premier Intendant qui administrait jalousement la logistique du royaume. Suivait le Grand Chancelier qui parlait au nom du Roi et s’occupait des affaires de la diplomatie. Ainsi que les deux Commissaires Royaux, des érudits qui avaient la charge du commerce et de l’agriculture. Pour finir l’Argentière du Roi siégeait fièrement, c’était elle qui surveillait l’argent du Roi. Il restait un siège libre en bout de table, c’était celui de l’héritier du trône mais Nimaën ne pensait pas sa fille prête pour de telles responsabilités.

La séance débuta en trombe et le sujet était déjà au cœur du débat. Le Chancelier et l’Intendant se disputaient sur le coût d’une aide aux humains et ce dont ils étaient d’accord c’était que l’exercice allait être dispendieux. Le Roi écoutait silencieux et impassible jouant des pouces alors qu’au fond de lui il hésitait, son esprit était encore empli de rancœur envers les Vreëns. Le Magistrat coupa court au débat et prit la parole, il avait le respect de tous et ils l’écoutèrent religieusement.  « Majesté, mes seigneurs, cessons ces débats vaniteux sur les dépenses matérielles et concentrons-nous sur des faits bien plus impérieux ! Le climat est changeant et nous ne savons pas ce que nous réserve l’avenir, si le cataclysme nous atteint nous serons dans une fâcheuse position. Le vieux seigneur prenait une respiration hâtive. En refusant de secourir les humains, ils pourraient nourrir un désir de revanche à notre encontre et nous ne pourrions survire à la guerre puis à la famine. Satvar est un continent inhospitalier, l’entraide des peuples qui vivent sur cette terre est la clef de voute de notre prospérité mutuelle. » Ces paroles étaient juste et il était honnête. Un bruit confus s’éleva parmi les conseillers jusqu’à la prise de parole de celle qui dirigeait les espions.  « Mon Roi, le Magistrat a raison. Et nous serions trop bête de ne pas utiliser l’avantage que nous confère cette situation. En envoyant des vivres et des experts pour les champs, nous obtiendrons la gratitude des peuples de Lorh et d’Alsvard et il sera plus aisé pour nous d’intriguer chez eux par la suite. Ces royaumes auront une dette envers nous et c’est un avantage stratégique particulièrement précieux. » Nimaën acquiesça, ce serait pour lui une bien meilleure revanche que celle de voir périr tout un peuple entier. Et le souverain aimait bien l’idée d’avoir la reconnaissance d’êtres inferieurs tels que les Valduris. La discussion se poursuivit pendant une heure encore, les ministres abordèrent l’aspect technique d’une intervention comme celle-ci. Après un temps, le Roi se leva, las d’un débat sans fin.  « Mes loyaux conseillers, je vous demande pardon. Au début j’étais en désaccord avec vous, je pensais que nous devions traiter les humains comme ils nous ont traités. Mais vous avez su me convaincre et je reconnais mon erreur. Je décrète la création d’une mission humanitaire en faveur du royaume de Lorh et de celui d’Alsvard. Prévenez les Rois concernés que le secours providentiel qu’ils attendent viendra d’Yra. »

La décision avait été prise et la semaine suivante deux navires aux cales chargées de nourritures et d’engrais voguaient en direction des terres voisines. Le Roi envoyait dans cette mission des experts en agriculture, des géographes et des médecins. Venait aussi des diplomates et des espions ainsi que des marchands. Pour finir des soldats avaient l’ordre de s’assurer de la sécurité des vivres et des experts. La mission fut un impressionnant succès grâce aux connaissances supérieures des Eleärs sur les cycles naturels. Les Valduris survécurent aux effets néfastes de la météo et assurèrent les elfes d’une reconnaissance inédite dans l’histoire entre des deux races. Pour donner suite à cette victoire diplomatique, Yra tissa discrètement un réseau d’espions et d’influences sur tout Satvar. C’était la naissance d’une alliance entre les royaumes de Satvar, cette nouvelle doctrine de coopération profita aux trois royaumes et permit l’enrichissement commun. Mais pour Nimaën ce n’était que le début de son plan vengeur.

Cette même année, la Reine s’éteignait sous le joug d’une mystérieuse affliction. Le décès toucha profondément le Roi et celui-ci plongea dans un terrible chagrin, il s’enferma pendant presque une décennie dans son palais glissant lentement dans la folie. Et puis finalement il refit surface mais il était méconnaissable, son tempérament devenait lunatique.

IV – La Vengeance des oreilles pointues.
82 jusqu’à 85 de l’ère des Rois. Lorh.

Un beau matin un serviteur retrouva le Roi Vreën de Lorh, il gisait mort dans son lit. Après une courte période de suspicion, les médecins penchèrent pour une mort naturelle. Sans héritier, la dynastie s’éteignait et le royaume basculait dans une forte instabilité politique. Le règne du défunt Roi avait été chaotique, impulsif et mauvais diplomate il avait appauvrit le pays en chassant les nains et s’en été mordu les doigts jusqu’à la fin. Partout à Othramil des émeutes éclatèrent et des seigneurs se provoquèrent en duel, si le trône restait vide trop longtemps, le pays entier sombrerait dans l’anarchie. Nimaën devait agir rapidement et avec force, il attendait patiemment ce moment depuis des décennies. Son influence acquise à la cour de Lorh et d’Alsvard allait enfin lui servir et il allait avoir l’occasion de concrétiser une alliance bénéfique avec les Nains. Il dépêcha son Chancelier à la rencontre du Roi Alsdern et intriguant sous couvert de diplomatie, il persuada ce dernier de soutenir le blâme à l’encontre de Lorh. La coalition Satvarienne soutiendrait le retour de la royauté naine sur le trône de Lorh, c’était une victoire.

La sanction tomba sévèrement sur les Vreëns et un scandale éclata. La haine et le ressentiment était encore farouche envers les demis-hommes et ils accablèrent encore plus les nains qui vivaient sur leurs terres. Les hommes qui peuplaient les provinces de Lorh avaient toujours été jaloux de l’ingéniosité naine et des prétendues richesses qu’ils conservaient. Ce fantasme populaire était encore bien présent dans le cœur des sujets ruraux du royaume, au point que les paysans se révoltèrent même avant l’arrivée du nouveau Roi. Pour Nimaën c’était un problème épineux mettant en péril sa tant désirée vengeance, il savait que les nains n’auraient pas la force d’écraser les révoltes sans le soutien d’une armée puissante et craignait d’engager ses troupes dans un guet-apens. Il espérait le soutien de ses cousins du Sud qui hébergeaient eux-aussi un très grand nombre de réfugiés et qu’il savait tout-aussi sensible au sort des semi-hommes. Le Roi des elfes arrangea un conclave sur ses terres invitant les seigneurs nains et les ambassadeurs de Seregon à discuter du rapatriement des nains vers leur pays originel. Après trois jours d’un conclave harassant, ils parvinrent à un accord et les Eleärs du Sud promirent des bataillons en renfort.

C’est ainsi que Dwilan Boradur, le Roi des Nains, entra dans les rues d’Othramil et ce sans subir aucune résistance de la part des citadins. Son armée suivit de celle d’Yra et des renforts de Seregon devenait alors une force redoutable et lui permit de s’assoir sur le trône sans encombre. Nimaën exaltait, il avait grâce à la vendetta de Dwilan des années auparavant eu sa vengeance sur les Valduris de Lorh et ce sans avoir à l’initier lui-même et sans en subir les conséquences. Mais les hommes sont des êtres têtus et il n’est pas aisé de vaincre leur rancœur et même malgré la sagesse et l’intelligence du nouveau souverain. Une petite coalition de la noblesse humaine s’échappa et rejoignit la révolte paysanne dans les terres et ainsi Lorh s’enfonça dans une sanglante guerre civile pendant deux chaotiques années. Les soldats Eleärs sous les ordres des généraux d’Yra se montrèrent implacables et déjouèrent aisément les émeutes qui faisaient rage dans tout le royaume. Mais un grand danger s’assemblait à l’Est, l’ancien Général des Armées du Roi Dùnaras s’était autoproclamé légataire légitime du trône Vreën et avait réussi à convaincre de nombreux chevaliers et barons de Lorh. Il venait grossir les rangs de la sédition paysanne avec des vétérans de son ancienne armée, c’était un stratège émérite et un très bon meneur d’hommes. La coalition non-humaine faisait face à un adversaire de taille qui avait les moyens militaires de mettre à mal la récente souveraineté des Nains.

Nimaën ne pouvait le permettre, il avait pris trop de risques dans cette affaire et comptait sur la loyauté de Dwilan dans le futur, il devait maintenir à tout prix le nabot sur le trône. Plusieurs Clans Villileärs peuplaient les forêts de Lorh, ils étaient discrets et avaient jusqu’alors fuit le conflit, c’était le soutien dont le Roi manquait. Mais il était difficile de convaincre un peuple qui n’appréciait guère les richesses matérielles. Nimaën fit le déplacement en secret et rencontra les chefs des plus estimables Clans des forêts du royaume. Mais même les talents de persuasions du Roi ne suffirent pas à convaincre les elfes sauvages de se battre pour lui et à contrecœur il usa de son joker. Il offrit aux Villileärs des précieux secrets d’agriculture que ces derniers jalousaient à leurs voisins d’Yra depuis des siècles. C’était un prix extrêmement couteux pour le Roi et pour sa réputation et il s’attira les foudres des paysans de son ile.

Les Villileärs traquèrent le commandant rebelle et le poussèrent dans une embuscade alors qu’il tentait de rejoindre désespérément ses troupes. Lui et ses chevaliers ne survécurent pas aux flèches des elfes des bois et ne trouvèrent aucun salut. Nimaën était victorieux et bientôt son emprise s’étendit avec fermeté sur le continent.

EPILOGUE
Margrh, 90 de l’ère des Rois. Ceriä, Ile d’Yra.

Nimaën sentait un changement dans son esprit. Les récents évènements troublaient l’équilibre du monde et il savait le retour de la magie être un danger plus grand qu’aucun ne s’en doutait. Un jour, il s’était mis à entendre des voix, il avait d’abord cru qu’il perdait l’esprit puis c’était ravisé, découvrant qu’il pouvait entendre les pensées de ses serviteurs. C’était un pouvoir qui le terrifiait et il garda le secret n’en parlant jamais à ses conseillers et amis. Son cœur s’emplissait d’orgueil, il cédait à la tentation d’un pouvoir difficilement contrôlable. Ses pensées étaient impies et il se mettait honteusement à rêver d’actions démesurées et cruelles. Il s’estimait être l’élu, celui qui devait imposer la domination des immortels sur les races inferieures.



Ambitions & Desseins


* Etendre son influence sur Satvar et ses alliés.
* Peut-être tourner son esprit vengeur vers le peuple Ordhaleron.
* Chercher un moyen d’augmenter sa puissance magique ou se consumer dans la folie en essayant.
* Persuader les autres peuples elfes qu’Yra est le seul sanctuaire.




Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : Oui j'ai bien plus, j'ai le même âge que mon personnage !
Moultipass : Validé par Elund

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