Azzura

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Teyla Tegfedd~Cartographe rêvant d'aventures

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◈ Missives : 3

◈ Âge du Personnage : 24 ans
◈ Alignement : Neutre Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Vrëen
◈ Origine : Lavern
◈ Localisation sur Rëa : Lavern
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : [url=][/url]

Aventurier
Teyla Tegfedd

◈ Ven 30 Juin 2017 - 15:25

◈ Prénom :  Teyla
◈ Nom :Tegfedd
◈ Sexe : Femme
◈ Âge : 24 ans
◈ Date de naissance :6eme jour de Merä an 66 de l’ère des rois
◈ Race :Valduris
◈ Ethnie :Vrëen
◈ Origine :Lavern
◈ Alignement :Neutre bon
◈ Métier : Cartographe rêvant d'aventures.


Magie


Aucune


Compétences, forces & faiblesses


◈Forces:


Sans être particulièrement fière, Teyla n'est pas une femme docile. Elle a des convictions et s'y tient, mais est tout de même capable de reconnaître ses torts.



◈Faiblesses:

Teyla fut contrainte d'ériger une épaisse carapace autour d'elle. Il lui arrive donc de paraître froide ou encore inébranlable. Or, il n'en est rien. La jeune femme est très sensible même si elle ne le montrera jamais.

La peur de l'ennui et de la monotonie pousse Teyla à s'occuper sans cesse. Elle est incapable de rester inactive. Si elle s'y retrouve contrainte, par exemple pour cause de blessure ou de maladie, elle peut très vite devenir irascible.

La solitude qu’elle s’impose rend souvent la jeune femme mélancolique. Sa condition ne lui convient guère et aspire au renouveau. De ce fait, elle s’isole facilement pour mieux réfléchir, trop parfois, ce qui ternit son moral.

L’enseignement de son père lui apprit à manier diverses armes, toutefois Teyla n’a que très peu de puissance et pourrait difficilement se défendre devant un assaillant plus fort qu’elle.

L’enfermement est la grande phobie de la jeune femme qui supporte très mal les espaces confinés. Elle se sent parfaitement à l’aise dans les grandes plaines, et la vue du ciel ou de la mer suffisent généralement à l’apaiser.


Physique


Taille : 5’2’’ (1m68) ;
Poids: Cent treize livres (55 kg) ;
Cheveux : Châtains
Yeux : Bleus clairs.

Sa mère disait d’elle que l’immensité du ciel se reflétait dans ses yeux. Tout comme lui, le bleu change au gré de ses humeurs. Franche et réservée, Teyla sourit peu, ce qui peut lui donner un air hautain, pourtant, il n’en est rien. La moindre émotion se lit facilement dans son regard.

Ses longs cheveux châtains, souvent dépeignés, encadrent à merveille son visage aux traits fins. Teyla est belle, et bien qu’en ayant parfaitement conscience de ce qu'elle éveille chez certains hommes, n’use d’aucuns artifices, considérant la coquetterie féminine, en particulier pour une femme de sa condition, comme une perte de temps et d’argent.

Plus jeune, à la suite d’un traumatisme, Teyla choisit d’abandonner robes et bijoux pour des tenues plus masculines afin de dissimuler ses formes, aujourd’hui, elle les trouve simplement plus pratiques pour ses mouvements. Elle aurait souhaité couper sa longue chevelure, mais Morrigan, sa mère avait heureusement réussi à l’en dissuader.

Ses entraînements au maniement des armes, ses escapades en forêt ou à cheval ont sculpté sa silhouette élancée. Ses mains sont loin d’être douces, à force de manier les armes, elles se sont couvertes de corne, ce dont, évidemment, Teyla se fiche. En plus de leur rugosité, ses doigts sont souvent tâchés d’encre, du moins lorsqu’elle travaille sur une carte.


Caractère


Bien qu’aspirant à la solitude, Teyla finit toujours par la subir. Malgré ses grands airs, c’est une jeune femme sensible qui prend très mal les critiques. Bien qu’intelligente, elle préfère, le plus souvent, garder son opinion pour elle-même.

Toutefois, elle est aussi déterminée, volontaire, qui ne se laisse pas abattre. Elle tombe, mais se relève toujours, c’est cette détermination qui l’a poussée à avancer après son agression.

Teyla accorde une importance toute particulière à la vie, elle la respecte et la comprend. Par exemple, Teyla ne manque jamais de demander pardon et de remercier l’animal qu’elle aura chassé. Elle sait aussi, que quelques fois le désespoir peut pousser les gens à commettre des actes parfois irréparables. La notion de bien et de mal n’existe pas pour Teyla, ce n’est qu’une question de point de vue.

Toutefois, elle s’efforce de rester juste en toute circonstance, se méfiant simplement de l’égoïsme et du besoin de posséder des hommes. En revanche, elle ne manquera jamais de prêter main forte aux plus faibles, aux enfants en particulier.

La vie et son expérience personnelle l’on rendu méfiante. Teyla n’accorde que rarement sa confiance et ne tournera jamais le dos à un homme. Elle connaît le tempérament changeant des gens et leur facilité à trahir leur entourage si cela peut leur profiter. De ce fait, elle ne se confie pas, jamais, même avec sa famille pourtant très soudée.

Autrefois très bavarde, elle a perdu de sa loquacité après un traumatisme. Ainsi, elle peut rester plusieurs jours sans dire un mot.

Teyla est une grande rêveuse, elle aspire à l’aventure et au renouveau. Toutefois, elle est incapable d’abandonner sa famille, et à force de brider ses envies et ses désirs, se renferme de plus en plus.

Elle est très proche de son frère, Tori, et supporte très mal son absence qui lui donne l’impression de manquer d’air. À eux deux, ils forment un tout, une relation qui peut paraître étrange aux yeux de certains, mais qui pourtant n’est en rien malsaine. Ils n’ont pas besoin de se parler pour se comprendre, un simple regard vaut mille mots.

Depuis l’enfance, la jeune femme affectionne particulièrement la littérature. Cette activité peu commune pour une jeune femme de sa condition, représente pour Teyla une source d’évasion et de connaissance dont elle ne se lasse jamais. Elle aime découvrir les secrets du monde, son histoire et ses merveilles. C’est aussi, son seul moyen de supporter l’inactivité et l’enfermement que représente pour elle le quotidien.

Son calme et sa douceur attirent et rassurent les chevaux avec lesquels elle entretient une relation toute particulière. Bien que sachant les dresser, Teyla refuse d’imposer sa volonté à ces magnifiques créatures.


Inventaire


Teyla n'est pas matérialiste et déteste s'encombrer inutilement. Toutefois, elle ne quitte jamais l'épée forgée par son père, bien que celle ci soit à présent bien trop petite pour elle, Teyla la garde en guise de souvenir, le seul. Néanmoins, elle ne quitte jamais sa dague, son arc et son carquois. Elle garde tout de même une tenue de rechange, masculine évidemment.


Histoire


Teyla Tegfedd vint au monde lors d'une nuit particulièrement chaude pour la saison. Morrigan, hurla des heures durant avant que l'enfant ne s'extraie de son corps meurti. Mais à l'instant où Ingread, la sage-femme, déposa le nouveau-né dans les bras de sa mère toute douleur s'éclipsa.

« C’est une fille », annonça-t-elle.

Morrigan pleura de joie, ayant grandit entourée de mâles, avoir une fille devint son rêve le plus cher. Et dès l'instant où ses saignements avaient cessé, elle l’avait su.  Evidemment, Dymuë, son époux n’en croyait rien, d'après une ancienne croyance familiale, les Tegfedd n’engendraient que des garçons et il était évident pour lui que cette nouvelle naissance ne dérogerait pas à la règle. Mais Morrigan n’en démordait pas, leur second enfant serait une fille et elle se félicita d’avoir eut raison. Elle avait très tôt choisi le prénom de l’enfant: Ce serait Teyla.

La petite fille fut joyeusement accueillie au sein de la famille Tegfedd, particulièrement par le jeune Tori, de deux ans son aîné qui se montrait toujours à l’écoute et parfois même extrêmement protecteur.

Traditionnalistes, les Tegfedd présentèrent rapidement leur nouveau-né à Alvar afin de lui faire bénéficier de sa divine protection.

La fillette grandit paisiblement au sein de cette famille soudée et aimante. L’éducation des Tegfedd fut certes rude mais toujours juste ce qui permis à leurs enfants de s’épanouir aisément.

Toute la famille choyait la petite dernière, parfois même un peu trop. Tori, en particulier, faisait passer les besoins de sa sœur avant les siens. Teyla en était consciente et ne manquait jamais de reconnaissance pour son grand-frère adoré.

Enfant, Teyla débordait d’énergie. Curieuse de tout, elle passait des heures à observer et à apprendre. Ainsi, lorsqu'elle fut âgée de sept ans, Teyla manifesta le désir d'apprendre à lire. Alors, Dymuë supplia un érudit de sa connaissance de lui enseigner. D'abord septique à l'idée d'offrir pareille apprentissage à un enfant aussi mal né, fille qui plus est, finit par céder devant la détermination de la fillette.L'apprentissage fut rapide et se déroula sans heurt tellement la soif de connaissance de l'enfant était incroyable pour une fillette de cet âge. Ses parents en étaient à la fois fiers, mais aussi et surtout, inquiets.

Heureuse et souriante, Teyla était connue et appréciée de tous. Les rires de l’enfant résonnaient dans la maison familiale pour le bonheur de toute la famille.

Dymuë Tegfedd,
Lorsque Tori eut dix ans, Dymuë lui offrit une épée forgée de ses mains. Tradition familiale qui n’était, à l’origine, réservée qu’aux mâles Tegfedd. Toutefois, leur père ne faisait aucune différence entre ses enfants. Ainsi, pour ses dix printemps, Teyla reçue elle aussi sa propre épée. Elle en fut si heureuse et si fière qu’elle se jeta dans les bras de Dymuë. Le forgeron avait pris soin de réaliser une lame plus fine et plus légère, parfaitement équilibrée pour s’adapter à la délicatesse de la main de sa fille.
Pour Dymuë, ses enfants représentaient tout. Leur avenir l’effrayait en particulier et devint son obsession. Ainsi, il décida de les former au maniement des armes afin qu’ils puissent se défendre seuls. Le monde était si dangereux pour les faibles.
L’entrainement fut rude, le maître d’armes ne leur faisait pas de cadeaux. Les enfants apprirent à manier épée, dague et arc. Conscients de l’importance de cet apprentissage, les jeunes Tegfedd mirent toute leur énergie dans les entraînements et se révélèrent tout deux doués.

Lors de l’un de leur entrainement quotidien, son aîné remarqua un garçon de son âge qui les observait. Alistair, le fils de leurs voisins nouvellement arrivés. Il l’invita à se joindre à eux et ainsi débuta leur amitié. A cette époque, Teyla n’appréciait guère le garçon qu’elle considérait comme un intru, un rival venant monopoliser l’attention de son frère. Comme elle avait tort, Alistair était aussi gentil et avenant que Tori et devint, petit à petit, le deuxième frère de Teyla. Dès lors, ils devinrent inséparables du moins jusqu’au quinzième anniversaire des garçons. Tous-deux réussirent les tests de l’armée et quittèrent leur famille.
La séparation fut très mal vécue par la jeune fille qui se retrouva totalement seule.

Un soir, alors qu’elle lisait sagement assise sur une chaise près de l’âtre, Morrigan s’approcha.
« Pourrions-nous avoir une conversation ? »
— Bien sûr, mère », répondit Teyla en déposant le livre sur ses genoux. De quoi désirez-vous me parler ?
— Teyla, tu as treize ans maintenant, ta fleur a rougit. Tu n’es plus à proprement parlé une enfant. Il serait donc tant que tu apprennes à te comporter en femme.
— Que voulez-vous dire ?

—Bientôt, viendra le jour où tu devras te marier à ton tour. Tu devras apprendre à te comporter en épouse. J’aimerai que tu arrêtes de crapahuter dans les bois, que tu ralentisses un peu les entraînements et que commence à faire des tâches ménagères.
— Mais mère, il me semblait avoir débuté cet apprentissage idiot depuis longtemps.
— Je ne suis pas en train de dire que tu ne m’aides pas à la maison, mon enfant. Mais tu es une femme et non un homme.
— Alors, que devrai-je apprendre, mère ?
— La couture et la broderie par exemple.
— Je sais coudre !
s’offusqua Teyla.
— Ma chérie, tu sais panser les plaies et coudre les chairs, mais cela n’a rien à avoir avec le fait de confectionner une tenue pour tes enfants et ton époux.
Teyla serra les dents. Elle savait que cette conversation viendrait un jour ou l’autre tout comme viendrait le jour où elle cesserait d’être pour se dévouer corps et âme à son époux. Après tout, c’était dans l’ordre des choses, alors en bonne fille, elle acquiesça en étouffant ses sanglots.

Les années passèrent, la beauté de Teyla s’épanouie. Elle n’usait d’aucun artifice, préfèrent les robes simples aux couleurs froides voir même terne mais rien n’entachait ses traits délicats et ses courbes féminines. Elle avait remarqué les regards des hommes, leur façon de rougir lorsque ses grands yeux bleus se posaient sur eux.


A ses quinze ans, les Tegfedd avaient déjà reçu la visite de nombreux prétendants. Mais Dymuë, voyant le désespoir dans le regard de sa fille, décida de lui laisser le choix. Le bonheur de Teyla lui importait plus que n’importe quelle richesse.
Evidemment, la jeune femme ne restait pas indifférente devant certains hommes, ressemblants, pour la plupart, à son frère qui lui manquait tant. Toutefois, elle estimait que le mariage représentait la fin de sa liberté et se laissait donc le temps avant de choisir celui qui serait son futur époux.

La jeune femme apprit alors à cuisiner, du moins essayait de cuisiner. La tâche l'ennuyait tant qu'elle préférait s'évader en pensée et ne voyant pas le temps défiler, tout ce qu'elle préparait finissait carbonisé. Morrigan désespérait de voir sa fille si peu attentive mais c'était ainsi, Teyla ne serait jamais une bonne ménagère.

Grâce à la force de caractère de son père et à sa détermination, Teyla débuta un apprentissage auprès du célèbre cartographe Aelfred Weathburg. Bien que réfractaire, celui-ci réalisa rapidement les talents de la jeune femme. Elle apprenait vite et effectuait un travail remarquable.

Au début, Teyla appréciait son emploi, d’autant plus qu’elle participait ainsi à l’apport financier de la famille, lui permettant, en quelques sorte, de gagner une certaine indépendance.

Elle avait dix-huit ans lorsque le fils Kilian, se présenta chez ses parents. D’un physique agréable il était néanmoins arrogant et égoïste et Teyla ne l’appréciait guère.  Elle avait décliné sa demande en mariage mais il n’abandonna pas pour autant. Chaque jour, il se présentait devant elle, les mains chargées de présents qu’elle refusait systématiquement.

Un soir, alors qu’elle sortait de la maison d’Aelfred après une longue journée de travail, elle aperçue Kilian de l’autre côté de la rue.
« Hey, Tegfedd ! » l’interpella-t-il.
— Que veux-tu Kilian ? Je suis fatiguée et j’aimerai rentrer chez moi.
— T’as pas bientôt fini de nous prendre de haut ? grogna-t-il en se plaçant devant elle pour lui barrer la route.
L’idiot empestait l’alcool et ses yeux luisaient de lubricité. Mal à l’aise et effrayée, elle chercha une échappatoire. Les rues étaient désertes depuis longtemps, Teyla avait travaillé particulièrement tard ce soir-là.
— Je ne vois pas de quoi tu parles. Je ne prends personne de haut, il est tard et je voudrais juste retrouver mon foyer. Donc, si tu n’as rien à me dire, je te prierai de me laisser passer à présent.
— Tsss , souffla-t-il en se décalant.
Teyla soupira de soulagement et avança, mais le lâche l’attaqua en lui cognant l’arrière du crâne. Sonnée, elle tomba à genoux. Kilian se plaça devant elle, un rictus mauvais aux lèvres. Il lui assena un coup-de-poing en plein visage puis tout devint noir.
La douleur la tira de son sommeil forcé. Tout son corps souffrait, son entrejambe en particulier. Encore sonnée, elle ne réalisa pas immédiatement ce qu’il se passait, Kilian, allongé sur elle, s’agitait en poussant d’étranges grognements la déchirant un peu plus à chaque mouvement. Finalement, il se redressa, de la sueur ruisselait sur son front.
« Belle consolation, » déclara-t-il en se relevant.
C’est lorsqu’il remonta ses braies qu’elle comprit. Elle se redressa, sa robe déchirée sur le haut, pendait légèrement dévoilant l’un de ses seins tandis le bas remontait jusqu’à ses cuisses.
Quelque chose cliqueta sur le sol, un arel brillant roula jusqu’à elle.
« Pour ta dot, catin. Voyons voir qui voudra de toi à présent » railla-t-il avant de disparaître.

Teyla resta un moment, assise dans le froid à fixer la pièce qu’il lui avait si négligemment jetée. Lorsqu’elle leva les yeux, elle aperçue quelques ombres, dissimulées derrière les fenêtres. On l’avait vu, mais personne ne lui avait apporté son aide. Le dégoût qu'elle éprouvait alors contracta si violemment son estomac que le contenu se répandit sur le sol. Elle se sentait honteuse, trahis, le monde pouvait s’écrouler en cette instant, elle n’en avait cure. Plus rien ne comptait.
Elle se releva en réajustant sa robe du mieux qu'elle le pue et prit le chemin de la maison sans prendre la peine de ramasser la pièce d’argent. Jamais le trajet ne lui sembla aussi long et éprouvant.

Lorsqu'elle entra, ses parents étaient attablés dégustant leur repas. Teyla n'eut pas besoin d'expliquer quoi que ce soit, sa robe déchirée, son visage tuméfié et le sang séché sur ses chevilles attestaient seuls de l'horreur. Dymuë se leva si brusquement que sa chaise se renversa.
Morrigan attrapa sa fille, sans dire un mot et l'accompagna dans sa chambre où elle entreprit de dévêtir Teyla qui restait silencieuse. Ses yeux, habituellement brillants s'étaient ternis, son visage figé dans une expression impassible. Morrigan remplie la bassine, y trempa l'éponge puis, délicatement, effaça les preuves de l'agression de sa fille. La mère retenait difficilement ses larmes.

« Tu n’y est pour rien, tu n’es pas responsable Teyla. Tu comprends ? »

L'esprit de la jeune femme vagabondait, il l'avait quitté. Encore sous le choc, elle garda le silence des jours durant. Pendant cette période, Teyla resta enfermée dans sa chambre, observant son reflet dans son vieux miroir. Au début ce qu'elle y vit la répugnait, se sentant souillée, humiliée, ressassant encore et encore les évènements de ce soir-là. Elle ne mangeait plus et restait prostrée dans un coin de la sombre pièce. Chaque nuit elle entendait Morrigan pleurer, évidemment cela toucha profondément la jeune femme qui réalisa, finalement, qu’elle n’avait pas à se punir de la sorte.

Ainsi, au bout de dix-huit jours, Teyla décida de sortir de sa chambre. C'est amaigri qu'elle rejoignit son père dans la cours.
Dymuë s'acharnait sur le mannequin qu'il avait fabriqué des années auparavant pour ses enfants. Emmitouflée dans une couverture de laine, elle l'observait. Ses traits s'étaient creusé, la fatigue et la colère se lisaient sur son visage. Tout cela à cause d'elle...Non, elle n'était pas responsable de cette horreur, c'est ce monstre égoïste et cupide qui était fautif toutefois, en agissant de la sorte, elle le laissait détruire sa vie, sa famille. Teyla valait bien mieux que ça.

« Père? » l'interpella-t-elle d'une voix rauque.
Dymuë se tourna vers sa fille et jeta son épée derrière lui. Elle se jeta alors dans les bras de son père et pleura pour la dernière fois.

La jeune femme raconta son agression à ses parents. Elle n'omit aucun détail et tout en parlant vit les visages de Morrigan et Dymuë se décomposer.
Le père se leva et attrapa son épée, toutefois, Teyla l'arrêta.

« Ce qui est fait, est fait, père. Vous n'avez pas à vous salir les mains. »
— Regarde toi, ma fille, il t'a brisé!
— Non père, il m'a blessé mais je guérirais, avec le temps.

Les semaines passèrent sans que Teyla ne reparle des évènements. Elle reprit le travail, se refusant de changer quoi que ce soit à sa vie. Plusieurs fois, la jeune fille croisa le regard de son agresseur, il lui souriait, néanmoins jamais elle ne détourna les yeux.

Évidemment, même si elle n’en montrait rien, cette histoire avait ébranlé la jeune femme. Elle ne riait plus, parlait peu aux autres, se demandant si son interlocuteur était l’un des témoins de la scène. Chaque soir en s’endormant, elle pensait à sa vengeance. Elle ne voulait pas le tuer, c'était contre ses principes, mais elle ne pouvait plus rester silencieuse. Ce qu'il lui avait fait, il pourrait le faire subir à d'autres et elle ne pourrait jamais vivre avec cela sur la conscience.

Alors un matin, sans dire un mot, elle sortit de la maison. Elle le savait, ce jour-là, il serait sur la place du marché. Et elle ne s’était pas trompée, Kilian riait avec quatre de ses amis. Teyla se planta devant lui, sa haine et sa colère se reflétaient dans ses prunelles orageuses.

« Quoi ? » demanda le vaurien.

Elle ne répondit pas, se contentant de le fixer. Elle ne savait pas vraiment ce qu’elle comptait faire. Teyla ne portait aucune arme, seule restait sa détermination.

« Hey, Kilian nous a dit que t’faisait l’tapin maintenant. Je serai bien intéressé. » lança le rouquin en se léchant sa lèvre supérieure.

Teyla fut prise de nausée. Ainsi c’était ce qu’il racontait, ce misérable avait toujours été un fieffé menteur, elle se savait.

« Catin ! »cria l’un d’eux.

Elle ne devait, en aucun cas, leur montrer ses blessures ni combien leurs insultes la touchait. Jusqu’au bout, elle refuserait de se comporter en victime. Le mal était fait et rien ne saurait lui rendre ce qu’elle avait perdu, néanmoins la jeune femme était déterminée à ce que le peuple sache afin que cela ne se reproduise jamais.

« Ce porc a abusé de moi et pour m’insulter, m’humilier un peu plus, il m’a jeté une pièce d’argent ! » Cria-t-elle en désignant son agresseur du doigt. « Tout cela parce que j’ai eu l’audace de refuser sa ridicule demande en mariage ! Regardez, voici le vrai Thaërus Kilian, le fils de Pyth n’est qu’un violeur et menteur ! »

—Mensonge ! hurla Kilian. Tu m’as supplié de te payer, car ta famille se retrouve sans le sou. J’ai simplement eu pitié de toi !

— Tu m’as assommé, par-derrière, avec un bâton avant de me frapper au visage. Tu es si pleutre que tu as attendu que je sois inconsciente pour accomplir ta tâche répugnante. Tu n’es qu’une ordure Kilian, un lâche, et tous ici sont en droit de le savoir.


Teyla jeta un dernier regard au fils du tanneur avant de disparaître dans la foule. Le message était passé, mais elle savait que cet idiot ne s’arrêterait pas là, jamais il ne supporterait de perdre ainsi la face devant cette foule. Toutefois, elle ne s’attendait pas à ce que ce soit si rapide. Deux de ses acolytes l’entraînèrent à l’écart avant de la relâcher brutalement.

« A quoi tu joues Tegfedd ? Si c’est une histoire d’argent ça peut s’arranger, je serai ravi de recommencer. »

— Plus jamais tu ne me toucheras espèce de goret, cracha Teyla.

L’un des compagnons de Kilian attrapa Teyla par les cheveux.

« Eh Tegfedd ! Tu fais le tapin une fois avec moi et d’un coup, tu veux plus ? Allez, t’étais douée la dernière pour ça la dernière fois ! Si tu refuses, on va tous te passer dessus ! » railla le porc avant de la pousser si violemment qu’elle tomba sur le sol.

Teyla le dévisageait avec toute la haine qu’elle éprouvait, cet homme s’enfonçait dans son mensonge. Jusqu’où irait-il ?
Rationnelle, elle se savait en mauvaise posture, malgré son entraînement, elle n’avait aucune chance face à cinq gaillards bâtis par les années de labeurs.
Pourtant, elle voyait les passants défiler, mais à nouveau, personne ne s’arrêta. Pour la deuxième fois, son peuple la trahissait.

Kilian s’avança alors vers elle, le poing levé, avec toujours cet odieux rictus aux lèvres. Il voulait lui faire payer l’affront qu’il avait subi et entouré de ses amis, il se sentait galvanisé.

Mais le poing resta suspendu en l’air un instant, puis Kilian se retrouva au sol.

« Écartez-vous tous de ma sœur. Si vous refusez de coopérer, je me verrai dans l’obligation de la défendre. » gronda une voix masculine qu’elle n’eut aucun mal à reconnaître, il était là.

Après cinq longues années d’absence, elle retrouvait son aîné de la pire façon possible. Derrière lui se détacha l’imposante silhouette de son père. Deux des acolytes détalèrent face aux Tegfedd tandis que Kilian se releva pour tenter de frapper Tori, celui-ci l’esquiva sans mal et le jeta à terre.

Le bruit ameuta la foule du marché qui s’arrêta pour observer la scène.

« Quelle bande d’hypocrite », pensa-t-elle.
— Maintenant hors de ma vue, tonna son aîné. Si tu regardes encore Teyla de travers, t’auras affaire à moi.

Les trois idiots restant disparurent à leur tour. Animée par la joie et la reconnaissance, Teyla se releva pour enlacer son frère. Il lui avait tant manqué et il était rentré, sain et sauf, alors enfin, elle put respirer.

Le temps poursuivit sa course. Tori était resté, pour le plus grand bonheur de toute la famille. Teyla travaillait de chez elle à présent, bien qu'indépendante elle continuait de rendre service à Aelfred.

Cinq ans s'étaient écoulés et plus aucun prétendant de ne se présenta devant leur porte ce qui inquiétait Morrigan, mais Teyla n'y accordait aucune importance. Au contraire, elle était libre et le resterait sans doute toute sa vie, ce qui lui convenait parfaitement. Depuis quelques semaines, Teyla disparaissait en temps à autres avec Segfëd, son étalon. Elle aimait traverser le pays d'une mer à l'autre, chevaucher simplement, rien ne représentait plus la liberté que l'équitation. Et peu à peu, cela devint une obsession, elle ne restait jamais longtemps à la maison ou les murs semblaient se rapprocher, menaçant de l'écraser.

Un soir, éreintée, après avoir achevé une énième carte ennuyeuse, représentant les territoires agricoles de la région, Tayla se laissa tomber dans son vieux fauteuil grinçant, les bras ballants. Sa nuque, endolorie après avoir passé des heures penchées sur le parchemin, craquait au moindre mouvement, lui arrachant quelques grimaces. Ce métier l’ennuyait de plus en plus, après tout, il consistait uniquement à reproduire sur parchemins des cartes existantes et probablement erronées, de lieux où elle n’avait jamais mis les pieds.

Elle soupira lorsque ses yeux se posèrent sur l’immense mappemonde accrochée au mur. Peinte à même le bois elle était, sans nul doute, la plus belle de toutes. Son maître avait passé des mois sur celle-ci, utilisant des couleurs lumineuses rendant l’œuvre saisissante, presque vivante.

Les cartes d’Aelfred Weathburg étaient les plus connues de tout Lavern, bien que construites sans aucune graduation et ne s’appuyant seulement sur la rose des vents, elles s’avéraient d’une grande exactitude. Il aurait pu être un excellent maître, s’il ne passait pas autant de temps à se gorger d’hydromel. Ses mains tremblaient tant, que Teyla ne lui servait plus que de porte-plume. Elle n’apprenait plus rien avec lui et cet emploi qui l’avait tant attirée s’était transformé, au fil des ans, en ignoble chaînes embrunissant son cerveau. Elle était certes douée mais ne s’y reconnaissait plus.

La jeune femme se leva pour se placer devant la représentation de Rëa et de ses beautés. Énonçant chaque nom de mer, d’océan, de continent, de pays en les effleurant du bout de son index. Qu’avait-elle vu de ce monde finalement ? Elle qui n’avait jamais quitté Lavern et qui s’y sentait maintenant prisonnière.

Elle rêvait de parcourir Rëa, de voir de ses yeux la mer d’Azur, de fouler le sable des terres arides de Radjyn, de traverser Seregon et ses forêts luxuriantes. Plus jeune, elle s’était imaginée pirate, parcourant le monde à bord d’un solide navire. Du moins, avant de savoir que les pirates ne devaient leurs richesses qu’aux meurtres et aux vols.

Tayla s’écarta de la mappemonde pour l’admirer dans son ensemble. Rëa, si grande, si belle, si riche et si mystérieuse l’appelait. Elle aimait tant ce monde, son histoire, sa diversité. Tout ce qu’elle savait de lui, elle l’avait appris dans les livres. Elle voulait en savoir plus, toujours plus. Sa curiosité et sa soif de connaissance étaient insatiables.

La jeune femme voulait tenter sa chance, partir, voyager jusqu’à, enfin, trouver sa place.

Mais que dire à ses parents ? Comment réagirait Dymuë, son père ? Lui qui avait tant de mal à la laisser s’aventurer seule au village depuis sa dernière agression. Celle qui l’avait tant fait souffrir et tant fait pleurer sa mère. Tout avait changé après cela. Elle-même avait changé. L’enfant douce et joyeuse n’était plus. Elle avait su se forger une carapace, si dure parfois, pour que plus rien ne l’atteigne ou ne la blesse. Son regard tendre d’autrefois s’était chargé de colère avant de se transformer en indifférence. Elle ne riait plus, ne parlait que très peu. La solitude, petit à petit, devint sa compagne.

De tout cela, Tayla n’en pouvait plus. Chaque jour elle maudissait la femme qu’elle était devenue. Sa carapace devenait trop lourde à porter. Elle devait vivre à présent, ne pas faire comme son frère, ressasser le passé, encore et encore, jusqu’à se perdre dans la mélancolie qui l’avait presque totalement submergé.

Néanmoins, elle ne pouvait pas se reconstruire ici, parmi tous ces gens qui connaissaient sa famille et son histoire, ceux qui n’avaient pas lever le petit doigt pour s’interposer entre ses agresseurs et elle, ceux à qui elle devait cette souffrance.
Tout la poussait à partir, elle aimait tant sa famille, mais incapable de se résoudre à leur annoncer sa décision si égoïste, elle persistait à leur mentir sur son état. Pourtant, ils n’étaient pas dupes, voyant clairement dans les mensonges et les silences de leur fille.

« Quoi qu’il arrive les Tegfedd devaient rester unis et se serrer les coudes » répétait inlassablement leur père.

Et puis, il y avait la peur, celle de l’inconnu, celle des gens. Alors, Teyla restait et mourrait chaque jour un peu plus.

Durant un temps, elle songea à réaliser le rêve de ses parents qui ne souhaitaient pour elle qu’un bon mariage avec un homme de bonne condition, gentil et aimant qui lui donnerait de beaux enfants. Une histoire comme la leur, en somme. Mais, Tayla, elle, avait fait une croix sur ce genre d’union idyllique, il y a bien des années de cela. Qui voudrait d’elle à présent ? Puis, quand bien même, comment pourrait-elle s’imaginer dans les bras d’un homme ?

Impossible.

Tayla était incapable de soutenir le regard d’un homme. Pas par peur, mais plutôt par dégoût. Morrigan lui avait affirmé que cela lui passerait avec le temps et qu’elle serait un jour capable, comme toutes les jeunes femmes, de tomber amoureuse et d’éprouver du désir pour un homme. Dans ce cas, quel genre d’homme pourrait éveiller chez elle de tels sentiments ?

A sa demande, ses parents lui avaient présenté tout un tas de prétendants. Des soldats pour la plupart, tous beaux, jeunes et intelligents. Le rêve de toutes jeunes femmes normalement constituées. Aucun n’a su éveiller chez elle autre chose qu’une profonde répugnance. Et tous savaient, elle avait aperçu dans leurs yeux cette fameuse lueur que les gens laissaient échapper en l’observant, celle mêlant pitié et curiosité.

Son temps libre, elle le passait à lire, à s’entraîner avec Tori. Son père la disait douée et exprimait sa fierté. Savoir sa fille capable de se défendre était une nécessité pour lui, et pour elle. Tayla se l’était promis après cette nouvelle agression sur la place du marché. Plus jamais elle ne serait faible, plus jamais elle ne serait le jouet d’un homme.

Qu’attendait-elle finalement pour partir ? Une raison de plus ? Un signe peut-être ?


Un jour, tandis qu’elle parcourait la forêt à la recherche de plantes médicinales pour l’une des juments de sa mère, Teyla fut interpelée par un bruit familier. Un cheval blanc traversa le bois au galop, l’évitant de justesse, et vit son cavalier se faire démonter et s’écrouler au sol. L’équidé continua sa course quelques mètres, puis cabra en s’ébrouant et hennissant. Son comportement étrange interpela la Teyla, il ne semblait pas effrayé, mais furieux. Après avoir jeté un bref regard au cavalier qui se relevait déjà, la jeune femme s’approcha doucement du cheval. Méfiant, il recula, lentement Teyla le contourna pour éviter ses sabots et se positionner de façon à ce qu’il la voie. Elle observa, longuement, ses mouvements erratiques avant de comprendre qu’il souffrait.

« Que faites-vous ? » lança la voix du cavalier derrière elle.
Teyla soupira d’exaspération.

— J’essaie de calmer votre canasson, je vous prierai donc de vous taire et de me laisser faire.

L’homme obéis sans rechigner ce qui étonna la jeune femme, habituée aux grands museaux de son village. Furieux comme il l’était, le cheval ne se laisserait pas toucher. Teyla lui parla de sa voix la plus douce, tout en regrettant de ne pas avoir emporté une pomme ou une carotte. Enfin, il s’avança lentement, d’un pas mal assuré et elle put l’examiner. Tout semblait en ordre, puis songea qu’il s’était arrêté après avoir démonté son cavalier.

«—Je vois. »

Le plus délicatement possible, elle hotta la selle de l’équidé, révélant ainsi un cuir lacéré de la croupe au garrot, ensanglantant sa robe immaculée. Des bouts de métaux étaient incrustés à même la matelassure, le pauvre animal devait souffrir à chacun de ses mouvements.
«— Qui a seller ce cheval ? »
— Le palefrenier, pourquoi ?

Teyla lui montra l’état de la selle avant de désigner le dos de l’animal.
— Visiblement quelqu’un ne vous apprécie guère. Voilà un moyen plutôt original de tuer, vous avez eu de la chance.

Lorsqu’il découvrit l’état de son cheval, son visage se décomposa. Il se plaça aux côtés de l’équidé en chuchota quelque chose qu’elle n’entendit pas. Teyla en profita pour détailler l’inconnu. Sa carrure imposante lui rappelait celle de son père, il portait des habits de bonne facture, probablement un noble. Il portait les cheveux longs, aussi foncés que ceux de son frère, une légère barbe couvrait son menton, il semblait plus âgé qu’elle, et d’une beauté saisissante. Pourquoi n’éprouvait-elle pas cette répugnance habituelle ? Elle secoua la tête pour chasser ses pensées absurdes puis lança :

— Vous devriez l’emmener chez Morrigan Tegfedd, sa maison se trouve un peu plus à l’est.
— Je vous remercie infiniment, mademoiselle ?
—Teyla.
—Que puis-je faire pour vous remercier.
— N’est-ce-pas ce que vous venez de faire, messire ?


Sans lui laisser le temps de répondre, Teyla le salua d’un hochement de tête puis reprit sa route.

Elle ne rentra pas chez elle ce soir-là, probablement par peur de revoir l’inconnu. Elle passa la nuit à regarder les étoiles. Elle pensa à cet homme qui ne l’avait ni effrayé, ni répugné. Peut-être pouvait-elle réellement songer à quitter Lavern à présent ?
Depuis des années, elle économisait précieusement le moindre bria, tout était prêt dans son esprit pour ce voyage. Sa décision était prise, elle parlerait à ses parents et partirait. Il était temps.


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