Azzura

Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Elund Gartred, Roi de Rhaemond

avatar
◈ Missives : 52

◈ Âge du Personnage : 50 ans
◈ Alignement : Loyal Neutre
◈ Race : Vreën
◈ Ethnie : Valduris
◈ Origine : Cealcis, Rhaemond
◈ Localisation sur Rëa : Cealcis, Rhaemond
◈ Magie : Aucune
◈ Lié : Père d'Elladrielle Gartred & Moïra Belgard. Cousin de Catriona de Gallelois.
◈ Fiche personnage : Elund Gartred, Roi de Rhaemond

Héros
Elund Gartred

◈ Dim 16 Avr 2017 - 16:00

◈ Prénom :  Elund
  ◈ Nom : Gartred
  ◈ Sexe : Homme
  ◈ Âge : 50 ans
  ◈ Date de naissance : Lunae, le 8e du mois d’Elye, de l'an 40 de l'Ère des Rois
  ◈ Race : Valduris
  ◈ Ethnie : Vreën
  ◈ Origine : Cealcis, capitale de Rhaemond (Seregon)
  ◈ Alignement : Loyal Neutre
 

 

 
Magie

 

Elund n’est pas personnellement porteur de magie, mais il a bel et bien été affecté par son retour. Sa fille bien-aimée, Elladrielle, souffre terriblement d’une magie ardente qu’elle ne contrôle pas du tout. Elle ne produit pour l’instant pas de flammes, et les rares occasions où elle produisit de la chaleur ressemblaient plus à une légère fièvre qu’à autre chose.  Sa magie se déclenche sous forme d’épisodes, de plus en plus rapprochés, où elle se tord de douleur avec l’impression de se consumer de l’intérieur. Ces attaques l’empêchent de se tenir debout, rendent sa respiration difficile et provoquent parfois des vomissements. Elladrielle doit apprendre à contrôler ces épisodes et, dans la mesure du possible, à les évacuer pour limiter leurs effets secondaires.

Le Roi ne voit pas le retour de la magie d’un œil très favorable. Il la perçoit à ce jour plus comme un problème supplémentaire qu’une opportunité. Il est clair que sa perception évoluera dans un sens ou l’autre, en fonction des solutions trouvées pour sa fille.
 


 
Compétences, forces & faiblesses

 

> Arts de la noblesse & de la bourgeoisie
(Métier engagé : Roi de Rhaemond)
- Lecture & écriture : Maître
= Un Roi se doit de savoir lire et écrire parfaitement.
- Mathématiques (comptabilité, arithmétique de base) : Avancé
= Gérer un royaume entier, tel que Rhaemond, nécessite une compréhension solide des chiffres.
- Étiquette : Expert
= Elund saura appliquer parfaitement l'étiquette le cas échéant, mais il en fait régulièrement fi et ne peut donc être considéré comme un maître en la matière.
- Politique : Maître
= Le Roi a acquis au fil des années une connaissance très fine des rouages de la politique intérieure comme extérieure
- Equitation : Expert
= L’équitation est un point central de l'éducation des princes chevaliers.
- Diplomatie : Expert
= Le Roi parle toujours avec prudence et sait choisir les bons mots et les susurer aux bonnes personnes.
- Subterfuge : Avancé
= Le Roi n’est pas toujours au dessus de l’utilisation de basse méthodes pour obtenir ce qu’il désire.
- Héraldique (Rhaemond) : Maître
= Le Roi se doit de connaître parfaitement les armoiries et les noms des grandes maisons de son royaume.

> Arts de la guerre
- Maniement d’armes blanches (épée) : Maître
= Une connaissance forgée par l'expérience, et un maintien physique malgré l'âge grâce à des entraînements quotidiens.  
- Maniement d’armes de pugilats (dagues) : Expert
= Il s'agit selon le Roi d’un apprentissage nécessaire pour les champs de combat.
- Équitation de guerre : Expert
= Savoir maîtriser son destrier dans une mêlée est une question de vie ou de mort.
- Parade (boucliers, armes, utilisation de son environnement) : Expert
= Attaquer ne suffit pas, encore faut-il savoir se défendre et se protéger des attaques des autres.
- Stratégie de combats : Expert
= Elund saura adapter ses tactiques à l’environnement et disposer au mieux ses troupes pour les combats.
- Tactique de guerre : Maître
= C’est un stratège militaire hors pair qui sait quand et comment agir pour défendre son royaume.
- Commandement : Maître
= Elund est un commandant né, un homme juste et intelligent, qui inspire la révérence et le respect. On le suivra aveuglément et il n’aura nul besoin de contrainte pour entraîner les autres à sa suite.
- Galvanisation : Expert
= Quelques mots puissants pour inspirer et guider, pour donner la force et la passion.


> Compétences libres
- Religion : Expert
= Né au coeur d'une famille très pieuse, Elund sait beaucoup du culte d’Alvar qu’il pratique quotidiennement.
- Histoire (Seregon) : Maître
= Dans le passé résident souvent les clefs du futur.
- Géographie (Seregon) : Rhaemond : Maître / Eliran & Algar : Expert / Usha & Aiseth : Avancé / Desde : Intermédiaire.
= La géographie a fait partie intégrante de son éducation et il a beaucoup appris de ses périples de jeunesse. Concernant Desde, les relations ayant toujours été tendues, il en sait surtout ce que les livres lui ont appris.
- Géographie (Ordanie) : Kaerdum : Intermédiaire / Lavern & Elra et Lyria : Novice
= Elund a consacré énormément d’énergie au déploiement de relations commerciales avec les Etats Vreën d’Ordanie, particulièrement Kaerdum, et se doit donc de comprendre le territoire un minimum, qu'il exploré en partie lors de ses visites protocolaires.
- Linguistique : Kaerd & Rhaedar : Maître / Elirois & Algaréen : Expert / Nymeriin : Intermédiaire
= L'apprentissage des langues est indispensable à la compréhension et au maintien d'alliances solides avec les alliés du royaume


Forces :

Compréhension : Le Roi s’est employé depuis toujours à tout comprendre. À ce titre, sa culture est un puits sans fond et il maîtrise de nombreux domaines, ce qui lui permet d’agir en détail et avec grande précision.
Cela se reflète aussi dans sa pratique des langues. Il maîtrise parfaitement le Kaerd, le rhaedar, l’élirois et l’algaréen bien sûr, afin de ne rien manquer des conversations du Conseil des Trois. Il comprend également le nymeriin, même si ses capacités d’expressions sont limitées et qu'il ne peut ni le lire ni l’écrire.

Action et combat :  Elund est un homme d’action. Après plusieurs décennies de règne, il a mis en place des processus d’action efficaces. Il sait exactement que faire et qui contacter pour obtenir des résultats. Il n’a également pas peur de prendre les décisions difficiles, comme les conflits militaires. Il est reconnu comme un très bon cavalier et combattant, et un stratège encore meilleur.

Popularité : Le couple royal est très populaire auprès de son peuple, ce qui lui offre une certaine tranquillité d’esprit et la capacité de faire appliquer ses décisions sans grande difficulté. Elund est vu comme le Roi qui a rendu à Rhaemond sa prospérité et sa gloire d’antan.


Faiblesses :

Pessimisme et méfiance : Il n’y a pas beaucoup de place pour l’espoir dans l’esprit d’Elund. Il se prépare toujours pour le pire, il voit toujours les défauts avant les qualités. Pour lui, gouverner est prédictif et tactique : il s’agit d’anticiper les actions de ses opposants et d’élaborer des contre-mesures. Il s’agit d’avoir toujours un coup d’avance, de surprendre ses adversaires mais de ne jamais se laisser surprendre. Elund essaiera toujours d’avoir des plans B, C, D, E… Mais dans l’environnement actuel, il y a trop d’inconnues et Elund a le sentiment de perdre totalement contrôle. Cela le pousse à agir de plus en plus défensivement et imprudemment, mais aussi à s’isoler. Les personnes en qui il a réellement confiance se comptent sur les doigts d’une main et cela commence à devenir un problème.

Famille : Le monarque est de plus en plus protecteur envers sa famille, particulièrement sa femme et sa fille Elladrielle. Si quelque chose venait à leur arriver, qui sait quelles seraient les conséquences.

 


 
Physique

 

Elund observe d’un oeil bienveillant son aîné se mouvoir et agiter avec fougue son épée de bois de droite à gauche, d’avant en arrière... Douce ironie d’Alvar que de peindre ainsi un reflet si parfait de sa jeunesse perdue dans le fruit de ses entrailles.

Oui. Feu le Prince Chatoyant. Vive le Roi Grisonnant ! Le suzerain de Rhaemond n’est plus le beau jeune prince d’autrefois. Son corps est meurtri, ses traits sont marqués, même ses yeux semblent fatigués, lavés par tout ce qu’il a vu, et hantés par les fantômes du passé.

Le Roi est un grand homme, environ 5’6 pieds, au dos musclé et aux épaules larges, qui tendent néanmoins à s’affaisser légèrement sous le poids des responsabilités portées pendant tant d’années. Ses jambes, son torse et ses bras puissants témoignent d'entraînements armés réguliers et d’un réel souci d’entretien physique. Sous les étoffes simples mais délicates qu’il porte, sa peau presque imberbe se pare de nombreuses cicatrices blanchâtres ; notamment le souvenir d’une plaie profonde, courant de sa hanche à l’épaule opposée, ou encore l’ancien trou de chair déchiquetée sur son épaule gauche.

Le visage du souverain est osseux, le front large, les pommettes hautes mais les joues creusées, le menton long et carré mais adouci par une barbe courte, douce, blonde et grisonnante. Ses lèvres sont fines. Son nez, autrefois long et droit, tire maintenant plus sur le bec d’aigle suite à une vilaine fracture. Au-dessus, deux cavités cernées et surmontées de sourcils fournis laissent place à deux petits yeux enfoncés. De couleur gris ardoise, ces pépites vives et flamboyantes illuminent son visage entier. Son regard perçant semble tout voir, tout traverser ; semble vouloir toucher votre âme et démasquer vos plus profonds secrets. Si le corps crie “Guerrier ! Je combats au front avec mon armée !”, le regard murmure “Je suis sage, j’ai vu et j’ai appris”.

Le monarque meut son corps avec grâce et prestance. Il n’écrase pas ses interlocuteurs de sa présence mais ne pourrait jamais être confondu pour autre chose qu’un membre de la haute noblesse.

 


 
Caractère

 

Elund n’a pas la prétention d’être un homme bon, mais il se considère être un bon Roi. Pour lui, le bien et le mal ne sont que les deux facettes d’une seule et même réalité, selon où la personne se place. Au cours de sa vie, le monarque a donc réalisé des actes “bons” comme “mauvais” aux yeux de la société. Il a contourné et détourné les règles à de multiples reprises sans sourciller. Mais ce qu’Elund a fait avait pour objectif  le bien commun, prendre soin des personnes à sa charge, maintenir l’équilibre et l’harmonie et non se servir lui-même. Pour lui, les lois et les codes étouffent le changement, le rendent impossible et finissent par scléroser leurs porteurs. On a toujours un choix, même le fait de ne pas choisir est un choix. Les gens enfermés n’ont seulement pas exploré toutes leurs options ou n’ont pas eu le courage de toutes les considérer. L’immobilisme n’est qu’une option parmi d’autres.

Le monarque est également un homme très cartésien. Il raisonne méthodiquement, rationnellement et rigoureusement, ce qui donne parfois à tort l’impression d’un esprit sec, calculateur et systématique, avec peu de place pour l’intuition, l’empathie et les émotions. C’est faux, il comprend très bien ce qui l’entoure ainsi que les nuances dans les comportements ou les situations, mais ne vous attendez néanmoins pas à ce qu’il compatisse ou vous laisse vous complaire dans la douleur. Elund est un homme d’action. Tels sont les paramètres, les options, maintenant qu’allez-vous faire ?

Elund n’est donc pas un homme impulsif, même s’il raisonne très vite et passe sans tarder à l’action. Rien ne blesse plus le suzerain que l’impossibilité d’agir, rien ne lui est plus insupportable que le sentiment d’impuissance, qu’il ressent de plus en plus souvent. Ses réactions peuvent parfois être extrêmes, violentes.

 


 
Inventaire

 

Travail titanesque que d’inventorier les possessions de celui qui a tout. Quantité et qualité ne s’opposent nullement, et le Roi de Rhaemond a toute la qualité en quantité. Sa consommation n’est pas luxueuse et Elund ne cherche pas à prouver son statut par l’ostentatoire, mais après avoir vécu toute sa vie dans l’opulence et hérité de son père, il a amassé nombre de vêtements, mobilier, livres, tableaux et autres cadeaux divers. Il n’a pas beaucoup d’attaches à ses biens matériels, si bien qu’Elund ne s’est par exemple pas approprié une monture en particulier, mais se contente de n’importe quel étalon dans les écuries royales.

Ses bagues méritent néanmoins une mention particulière. Elund porte en permanence son alliance et sa chevalière. La première, son alliance, est un simple anneau d’or. La seconde, sa chevalière, est un bijou imposant, une bague à large chaton sur laquelle ses armoiries sont gravées en intaille pour servir de sceau royal. Elles attireront peut-être votre attention car le suzerain a pris l’habitude de jouer avec et de les faire tourner autour de son doigt lorsqu’il est agacé, ce qui produit un son métallique distinctif très discret des bagues qui se cognent l’une à l’autre. Il s’agit d’un tic dont il n’a pas conscience mais que ceux qui le fréquentent beaucoup ont appris à écouter.
 


 
Histoire

 

Chapitre I : D'enfant à Roi

L’héritier ! Le prince héritier de Rhaemond était né ! Il était vivant, sain, et criait à pleins poumons. Toutes les cloches du royaume de Rhaemond avaient sonné pendant de longues heures Lunae, le 7e du mois d’Elye, de l'an 40 de l'Ère des Rois. C’était le fils tant attendu, le dernier joyau de la couronne d’Aldron Gartred, Roi de Rhaemond. Il arrivait à temps, presque dix ans jour pour jour après son mariage avec la délicate Fleur Kébert. Une fille, Lyson, avait précédé son arrivée de trois ans, mais ce n’était quand même pas la même chose qu’un fils pour Aldron. Sa lignée était maintenant assurée.

Le jeune prince grandit dans l’opulence, à la fois couvé par sa mère et chahuté de maître en maître qui lui prodiguaient la meilleure éducation possible, sous le regard attentif de son père. Outre la lecture, l’écriture, l’histoire, la géographie et les langues, il fut aussi entraîné à l’équitation et aux arts de la guerre dès son plus jeune âge. On le hissa sur un cheval à moins de 6 ans, sa première épée lui fut offerte pour ses 8 ans. Diantre, elle était quasiment aussi grande que lui et il n’arrivait même pas à la soulever !  

Sa mère fut également attentive à développer ses capacités sociales et son réseau pendant sa jeunesse. Plusieurs semaines par an pendant l’été, elle organisait des retraites dans le magnifique château rural de Fonleau où il rencontrait, courait et jouait avec les autres petits héritiers de la grande noblesse Vreën. De fortes relations qui allaient déterminer le futur se nouèrent là, dans les grandes plaines de Fonleau ; notamment avec sa cousine la princesse Catriona de Galellois et Peter de Lenlay, héritier du Duc de Lenlay.

C'est pourtant hors de ce réseau très exclusif qu'Aldron alla quérir la future femme de son fils. Sa cousine de Galellois avait été brièvement considérée comme épouse de l'héritier au trône de Rhaemond, mais Elund et Catriona partageaient déjà une amitié sincère et Aldron doutait qu'un quelconque mariage ne puisse améliorer encore les relations solides qu'entretenaient Rhaemond et Eliran. Il s'en alla donc prospecter du côté d'Algar, jusqu'à une jolie jeune femme du nom de Sigrid d'Escault. Ses origines étaient somme toute modestes en comparaison, en ce qu'elle était seulement la fille d'un petit Marquis d'Algar, mais les intérêts d'Aldron n'en étaient pas moindres. Le Marquis dAlgar était un fin politicien qui avait l'oreille du Roi d’Algar, et il siégeait sur une base permanente au Conseil des Trois. D'une part, il renforçait les relations avec les Etats Fédérés par cette union et, de l'autre, il offrait en mariage à son fils la plus belle femme du continent !

Oh oui, Alvar s’était penché sur le berceau de Sigrid et elle grandissait pour devenir une des plus belles femmes qu’il soit. Une taille fine et souple, des hanches arrondies douces et vierges d’enfantement, des cuisses blanches et nerveuses ; une cheville fine et délicate… Le port altier de la tête révélait la noblesse de la naissance. Elle aimait souligner sa nuque en relevant ses lourdes boucles dorées en coiffures élaborées. Son visage était délicat et son regard cyan scintillait de mille feux sous de longs cils immenses et fournis. Sa bouche fournie au sourire espiègle était une invitation au baiser. Elund et Sigrid furent officiellement présentés lors d'un bal royal où ils partagèrent quelques danses, puis la date du mariage fut officiellement fixée. Elund était conquis, mais comment aurait-il bien pu résister ?

Elund et Sigrid furent mariés avec l’été, le seizième jour de Friya, l’an 60 de l'Ere des Rois. Les festivités furent grandioses et durèrent dix jours et dix nuits, puis le couple fut envoyé à Fonleau pour une lune de miel en tête à tête. Les premières semaines à Fonleau passèrent bien vite et les serviteurs prirent l’habitude de frapper avant d’entrer, les amoureux trop passionnés pour limiter leurs ébats à la couche royale. Les deux tourtereaux parvenant difficilement à rester décents, nul ne doutait qu’un héritier pointerait rapidement le bout de son nez.

C'est une fois cette passion fanée que les ennuis commencèrent. Au début, elle parlait assez peu et Elund ne s'en était pas vraiment inquiété. Convenances, timidité peut-être ? Mais maintenant ? Oh, comme Elund aspirait au silence ! Tout pour ne plus l'entendre babiller sur ses robes, ses broderies, ou ses anciennes querelles avec les demoiselles de la Cour qui devaient être “... tellement jalouses maintenant !”. C'était comme si rien d'intéressant ou de tangible ne pouvait sortir de sa bouche. Le couple n'avait rien à se dire ; ils n'avaient rien en commun, ne partageaient pas le moindre centre d'intérêt. Très rapidement, Elund ne parvint plus à supporter ne serait-ce que le son cristallin de sa voix. Puis, il ne parvint plus à la supporter du tout. Il exécrait tout d'elle, jusqu'à ce que même la vue de ce corps, qui l'avait pourtant séduit au premier abord, ne le rebute totalement. Avant la fin de l’été, il supplia sa cousine Catriona de trouver une excuse, n'importe laquelle, pour abréger son calvaire et le faire venir seul en Eliran ; ce qu'elle fit promptement et de bon coeur.

Après près d'un mois en Eliran aux côtés de sa cousine, et sous la menace de la venue imminente de sa jeune épouse, il trouva un autre périple important puis un autre… Un an après leur union, le prince partit réaliser des visites protocolaires en Ordanie pendant presque deux ans. Il y servit notamment les intérêts de son père Aldron, remplissant les caisses de Rhaemond en renforçant les liens commerciaux entre les royaumes Vreën. La Coalition des Trois pouvait en effet amasser de nombreux produits Inoës ou Elfes qui étaient en forte demande en Ordanie. Elund passa ensuite plus de trois ans à sillonner Seregon, se forçant à rentrer au palais royal quelques semaines par saison pour “s'occuper” de Sigrid. Il avait bon espoir qu'elle finirait par tomber enceinte, lui fournir un héritier et être trop occupée à l'élever pour l'enquiquiner.

Ses prières furent exaucées, et Sigrid tomba enceinte. Sa grossesse se passait mal et elle vivait recluse dans sa chambre, aussi personne ne s’inquiéta outre mesure de ses plaintes de douleur, de ses nausées et vomissements fréquents. Puis, il y eut la fièvre, et des plaques rouges envahirent son front, ses tempes, ses poignets avant de devenir des vésicules et enfin des pustules : nul doute à ce stade, Sigrid était la première victime de la variole au château. A trois mois du terme, l’accouchement commença. Les sages-femmes, peu optimistes, firent tout pour le retarder, puis pour sauver au moins la mère… Sans succès. Sigrid Gartred, Princesse de Rhaemond par alliance, mourut en couche Astar le 2, au mois d’Aldar de l’an 67 de l’ère des Rois.

L’épidémie semblait impossible à endiguer. Elle dura de longs mois et laissa de nombreux morts dans son sillage, même au château. Le Roi Aldron lui-même fut touché. La variole marqua son corps et son visage d’innombrables cicatrices blanches, mais surtout elle lui prit la vue et la santé. C’était le début du déclin.

Le prince, de retour à Cealcis pour de bon, devint les yeux et la béquille du Roi. Les conseillers insistaient pour qu’il soit de toutes les audiences, réunions et décisions. En secret, on faisait déjà des arrangements pour son couronnement. La fin était proche, tout le monde le sentait. Elund, quant à lui, se sentait submergé tant il avait à faire. Après des années de voyage, il était entouré de visages qu’il ne connaissait pas et devait traiter de problématiques dont il ne savait rien… Sa vie tout entière venait d’être chamboulée.

Le Roi Aldron mourût en le vingtième jour de Siralon l’an 68. Elund fut couronné neuf jours après et ainsi commença sa vie de roi.

Chapitre II : Guerre civile

Les débuts du règne d’Elund furent laborieux et maladroits. Malgré les derniers mois passés avec son père, il devait désormais décider par lui-même et il peinait à trouver ses marques et ses soutiens. Fort heureusement, Peter de Lenlay, son ami d’enfance et fin politicien, décida de rester avec lui après son couronnement. Il l’aida à faire sens du monde qui l’entourait, à constituer son gouvernement et à gérer les problèmes les plus urgents.

Il était malheureusement déjà trop tard pour tout cela, les graines de la discorde avaient été semées il y a longtemps. Aldron avait été un Roi fort et il avait maintenu la noblesse fermement sous sa coupe, si bien que nul n’avait osé se rebeller face à ses vues les moins universelles. Mais Aldron n’était plus là, c’était maintenant son rejeton faible qui était au pouvoir, et certains seigneurs avaient bien l’intention de saisir cette occasion pour s’imposer.

Le point cristallisant de nombreuses tensions était la relation avec les Eleär. Certains seigneurs souhaitaient mettre fin à cette cohabitation en Seregon, et surtout reconquérir les territoires voisins de Desde et d’Aiseth. Avant toute approche directe, ils commencèrent par payer des mercenaires, bandits et voleurs pour attiser les rivalités, massacrer les Elëar du territoire et tyranniser tous les Vreën qui ne rejoignaient pas leur cause. Il n’y eut pas de réponse royale immédiate. Elund avait été rapidement informé, mais il commit l’erreur de passer cela pour des incidents mineurs et de compter sur la justice locale pour régler le problème.

Quand les problèmes s’intensifièrent, et sous l’injonction du Roi de Desde, Elund fit proclamer un décret royal condamnant ces actions et ordonnant l’arrestation et l’exécution des contrevenants. Une partie du peuple se souleva à l’encontre de cette alliance, souvent à l’injonction de seigneurs félons qui s’étaient déclarés en défiance du Roi. Assez ironiquement, la plupart des seigneurs dissidents étaient assez localisés et aucun ne venaient de territoires frontaliers avec les États Eleär. Il y avait deux poches de résistance, une sur la frontière avec Eliran, l’autre dans les terres rurales du duché de Lathar.

Dès la proclamation de dissidence, le Roi de Rhaemond donna l’ordre de lever une armée pour écraser la rébellion et asseoir son autorité sur le territoire. Le monarque avait bien conscience qu’il ne pouvait pas se battre sur deux fronts à la fois, et le Duc de Lathar représentait la pire menace, en ce qu’il n’avait qu’à traverser le duché de Lenlay pour arriver en Aiseth. Aussi, il tâcha de résoudre son problème près d’Eliran pendant la constitution, avec son ami Peter, d’une liste de seigneurs de remplacement.

Lors de ses pérégrinations en Seregon, Elund avait notamment rencontré un homme au nom de Christon d’Ambeorn. Il était le benjamin du Duc d’Eter et avait reçu un titre de courtoisie, mais il n’hériterait de rien d’autre à la mort de son père. Christon l’avait pourtant frappé comme un homme de grande valeur avec le potentiel d’un grand seigneur, un combattant pieux et talentueux défendant la veuve et l’orphelin. Il n’aurait d’ailleurs pas été surpris si on lui avait appris que l’homme appartenait à l’ordre secret de la lune d’argent. Après l’emprisonnement de Catriona, il avait désespérément besoin d’un tel homme à la frontière avec Eliran, aussi le monarque proposa-t-il le marquisat d’Iken à Christon s’il réussissait à défaire le marquis actuel et maîtriser la région.

Le Roi de Rhaemond marcha avec son armée sur le duché de Lathar avec pour objectif de reprendre le territoire et de pousser le félon hors de ses terres. Arthom de Lathar était un opposant féroce. Il avait déjà posé nombre de problèmes à Aldron en son temps, mais sa famille était très puissante et il ne pouvait être destitué comme un vulgaire pion. L’armée d’Elund  avançait inlassablement au travers des territoires ennemis, détruisant tous ceux qui daignaient se mettre dans son passage. Elund s’assura bien sûr que les ménestrels et les troubadours chantent partout la grandeur de son armée et ses exploits militaires. Il en avait quelques-uns à sa botte, qu’il envoyait chanter ses louanges plusieurs semaines avant l’arrivée de son armée ; une stratégie gagnante en ce qu’ils rencontrèrent de moins en moins de résistance sur leur passage. Il prit d’ailleurs le château d’Arthom avec une étonnante facilité. Arthom ne s’y trouvait bien évidemment pas, ayant fui avec tous les hommes qu’il avait pu rassembler en direction de Lenlay, mais Elund y trouva sa famille qu’il fit exécuter tout entière. C’était là que s’arrêtait la dynastie de Lathar. Il fit arrêter et emprisonner tous ses conseillers et les seigneurs félons qui étaient restés en place, prévoyant de les envoyer au Roi de Desde dès la fin de la guerre.

Malheureusement, Elund n’en avait pas encore fini avec Lathar et à peine une semaine plus tard, il reçut une missive l’informant que Peter de Lenlay avait échoué, que sa famille et six cents âmes, dont plus d’une centaine d’Eleär, s’étaient réfugiés dans la forteresse d’Erac il y a presque deux semaines. Pourquoi ne recevait-il la nouvelle que maintenant ?! Il lui faudrait bien une semaine pour rassembler les vivres nécessaires et remettre son armée en marche. Puis, plus d’un mois de voyage le séparait de la forteresse, et il y aurait les combats… Combien de temps pouvaient-ils tenir ?

La forteresse d’Erac était décisive, de par sa position unique entre la Montagne d’Erac et les Monts Setine, qui lui permettait de faire le guet sur toutes les plaines alentour jusqu’aux frontières des terres elfiques. C’était aussi une grande base militaire, donc les Lenlay y trouveraient sans nul doute une importante réserve d’armes pour repousser les assauts de Lathar, mais la nourriture y était très limitée. Il y avait d’ordinaire des provisions dans les caves, mais avec l’épidémie de variole de l’année précédente, beaucoup de champs étaient restés en friche et les récoltes avaient été réduites presque de moitié. Les pâturages de la montagne étaient aussi relativement accessibles, si bien qu’ils auraient pu trouver du gibier, plantes et autres racines pour se sustenter, mais l’hiver était déjà sur eux en ce mois d’Ansbar. Toute vie serait bien vite engloutie sous la neige.

Le monarque savait néanmoins que, malgré tout cela, Lathar avait grand intérêt à prendre la forteresse avant l’arrivée de l’armée royale. Il ne pouvait pas défaire l’armée d’Elund, il ne pouvait pas reprendre les territoires Eleär, et il ne pouvait pas rentrer chez lui. La situation de la forteresse était insoutenable à six cents, mais il pourrait la faire fonctionner avec seulement ses trois cents hommes, surtout en entrant dans la forteresse avec des vivres. Après l’hiver, rien ne pourraient les en faire sortir. Lui et ses hommes vivraient de la Montagne et représenteraient une poche de résistance irréductible qu’il faudrait des années et des centaines d’hommes à Elund pour percer.

Elund avait prié Alvar chaque jour pour que la forteresse et ses occupants tiennent bon face aux assauts répétés de Lathar. Il avait prié Alvar chaque jour pour arriver à temps, pour que personne ne cède aux propositions de Lathar et n’ouvre une brèche fatale dans les défenses de la forteresse. Le suzerain fit tout ce qui était en son pouvoir pour entretenir l’espoir chez les occupants de la montagne, pour contenir tout sentiment de lassitude. Il fit par exemple envoyer en tout presque cent pigeons voyageurs pour porter le message de son arrivée prochaine. Tous les pigeons ne seraient pas abattus par les archers de Lathar. Ceux qui le seraient distilleraient la peur chez l’ennemi, ceux qui atteindraient leur cible porteraient l’espoir… et il ne doutait point qu’un peu de viande supplémentaire serait la bienvenue.

Elund avait séparé deux bataillons qu’il avait envoyés à l’est pour contourner la montagne et prendre l’ennemi à revers. Il en avait aussi profité pour envoyer discrètement trente de ses meilleurs hommes chevaucher sur le camp ennemi, leur ordonnant de se cacher le jour dans les forêts avoisinantes et d’affaiblir l’ennemi par des frappes ciblées la nuit pour faire monter tension comme désespoir. Cette mission n’avait pas été discutée avec ses généraux car il savait très bien ce qu’ils allaient dire : ce n’était pas correct, ce n’était pas respectable, on ne faisait pas la guerre comme cela ; et il s’en moquait totalement. Le coeur du jeune monarque était empli de rancoeur, de rage, et d’un étrange besoin de se prouver à lui-même et aux autres. Rhaemond, Desde, Aiseth avaient leurs yeux braqués sur lui. Cette bataille ne pouvait pas être perdue, c’était la fin de la guerre qui était en jeu devant la forteresse d’Erac.

Elund fut presque soulagé de se retrouver face à l’armée de Lathar. La forteresse avait tenu. S’ensuivit la bataille la plus sanglante de la vie d’Elund. Lathar était en infériorité numérique, mais il avait eu tout le temps de préparer le territoire, et ses hommes se battirent comme des lions. Le roi perdit plus d’hommes dans cette bataille que dans tout le reste du conflit, il subit de sévères blessures, mais, enfin, la victoire était à lui.

L’horreur était encore à venir. Devant les murs de la forteresse, des dizaines de corps torturés et mutilés avaient été crucifiés. Certains étaient encore vivants et on entendait distinctement leurs plaintes. Il faillit défaillir devant l’un d’entre eux, un corps en décomposition qui avait subi tant d’atrocités que le monarque avait eu du mal à le reconnaître : Peter. Sans nouvelles de son ami d’enfance, Elund s’était convaincu que celui-ci était reclus dans la forteresse, mais il avait manifestement été fait prisonnier. Lathar n’avait visiblement pas hésité à user de tous les stratagèmes pour faire ouvrir les satanées portes de la forteresse aux Lenlay…  

Elund se réveilla allongé sur une paillasse dans une pièce obscure. Une femme, une eleär de l’aube lui sembla-t-il, était en train d’étaler sur ses plaies un onguent, dont l’odeur lui rappelait le cerfeuil. La douleur était terrible. L’Eleär appela une autre femme en voyant qu’il était réveillé. La petite brune l’aida à mettre en place des bandages, tout en lui parlant d’une voix douce de ce qu’il avait visiblement manqué : il se trouvait dans la forteresse, les blessés avaient aussi été acheminés là et ils faisaient tout leur possible, puis d’autres informations sur l’état de la forteresse en elle-même et sur un convoi qui serait bientôt organisé pour escorter les Eleär de la forteresse en Desde et en Aiseth.

Quand il eut la force de se lever et de marcher, Elund arpenta la forteresse. On aurait dit une ruche, tant chacun semblait totalement absorbé par les tâches qui leur était assignées. Il demanda à voir le Duc de Lenlay et ce fut un nouveau choc. L’homme avait à peine plus de cinquante ans, mais il semblait au bord de la mort. Son corps était couvert de bandages par endroit, mais nul doute que les pires blessures étaient psychologiques. La décision de ne pas secourir son fils adoré l’avait entièrement détruit. Le Duc était vivant, mais il n’était plus là. Mais qui donc tenait la ruche dans ce cas ?

La réponse ne tarda pas à lui parvenir. C’était la petite brune de l’autre jour. Elle répondait au nom d’Erin et, seulement âgée de 17 ans, elle était la soeur cadette de Peter. Il ne pouvait qu’admirer son travail. À grands coups de “Le Duc souhaite…” et de “Les ordres du Duc sont les suivants, …”, un leurre de toute évidence, elle avait su s’entourer, organiser et tenir le rationnement, trouver à tous des occupations. En parallèle, elle s’était formée sur le tas à la médecine elfique, assistant les guérisseurs Eleär dans les soins aux blessés qui ne cessaient d’affluer à la suite des attaques incessantes de Lathar.

Le Roi passa presque un mois en convalescence à Erac avant de pouvoir remonter sur un cheval. La forteresse se vidait progressivement, mais “le Duc” avait pris la décision de ne pas retourner au château car nombreux étaient ceux qui ne survivraient pas au voyage. Cela donna le temps au Monarque d’observer et d’apprendre. Son admiration pour Erin ne fit que croître avec le temps et il finit par décider de l’épouser. Il avait 31 ans, ni épouse ni héritier, et une telle union enverrait un message politique fort. Erin n’était ni belle ni apprêtée, elle ne chantait et ne dansait visiblement pas très bien et, une chose était sûre, elle lisait, pensait et parlait trop pour son sexe d’après les standards de la Cour. Elle était parfaite pour lui, en ce qu’il ne cherchait pas seulement qu’un ventre, mais une partenaire intelligente pour le soutenir et l’épauler.

“Si tel est votre souhait”, avait répondu Erin avec un sourire discret lorsque le roi, assis près d’elle, lui avait demandé sa main. Elle savait qu’elle n’était que le dernier maillon de la chaîne et que son père, si faible soit-il, avait déjà accepté en son nom. Le Roi avait eu la gentillesse de lui demander, et même si c’était totalement cérémonial, cela indiquait déjà le respect qu’il avait pour elle. Ce n’était pas l’Amour, celui des odes et des ballades, et elle était encore jeune, mais elle savait au fond d’elle qu’ils étaient compatibles.

Chapitre III : E & E

Le message envoyé par cette union royale était clair : le monarque soutenait plus que jamais la cause Elëar en épousant l’amie des elfes, la fille du Duc qui avait sacrifié son propre fils pour sauver Vreën et Eleär ensemble. Ceux qui approuvaient les vues du Roi seraient récompensés. Ceux qui les dédaignaient ou les opposaient seraient sévèrement puni.

Elund choisit néanmoins un mariage en petit comité, simple et discret ; l’exact opposé de son premier mariage avec Sigrid dix ans auparavant. Le message était clair pour les concernés, nul besoin de rouvrir une blessure fraîche en en faisant une grande affaire publique. Il y avait seulement une centaine d’invités et, si la cérémonie fut suivie d’une fête jusqu’aux petites heures du jour, les invités étaient sur le chemin du retour le jour suivant. Tous furent néanmoins surpris par la prestance d’Erin : la petite souris portait la couronne avec grâce et aplomb et avait maintenant l’allure d’une véritable reine.

Erin allait endosser ce rôle de reine au-delà des attentes de son époux et Roi. Elle allait progressivement devenir son bras droit, sa conseillère et plus encore son amie. Elle travaillait sans relâche pour améliorer la vie du petit peuple, particulièrement la vie des pauvres, des enfants et des malades. Erin continua à étudier les plantes médicinales bien après l’épisode de la forteresse d’Erac et elle répandait son savoir avec largesse, ce qui lui valut rapidement la réputation de guérisseuse. “Le bon assortiment de plantes, une bonne hygiène et une larme de bienveillance, voilà la recette des miracles”, avait-elle pris l’habitude de dire. La Reine était adorée des foules et très vite, la majorité des audiences royales fut tenue par elle seule, ce qui satisfaisait tout le monde en ce que, d’une part, cela libérait l’emploi du temps chargé du Roi et, d’autre part, tous savaient qu’elle dosait à la perfection magnanimité et fermeté dans ses jugements, alors que le Roi se montrait beaucoup plus intransigeant. Sa patience était infinie et elle semblait toujours trouver les bons mots pour apaiser maux et conflits.

La popularité de la Reine ne fit que croître avec les naissances d’Iric, le premier fils et prince héritier, en l’an 72 et de la douce Elladrielle en l’an 73. Des rires d’enfants envahirent le château tout entier.

Elladrielle fut une révélation pour Elund. Bien sûr, la naissance d’Iric l’avait rendu heureux, et il avait été terriblement fier en apprenant ses premiers pas, ses premiers mots… Mais Elladrielle… Elladrielle, c’était autre chose. Jamais il n’oublierait cette nuit où il avait pris ce minuscule bébé dans ses bras. Jamais il n’oublierait la vague d’émotions qui l’avait submergé lorsque leurs regards s’étaient croisés, lorsqu’elle avait serré son doigt dans sa petite main délicate avec une force telle qu’elle l’avait laissé au dépourvu. À ce moment précis, Elund sut qu’il gravirait des montagnes, tuerait des dragons ou combattrait mille armées pour protéger sa fille. Diantre, il ferait le tout pour un sourire ! Cette nuit-là, le Roi découvrit l’amour irrationnel, l’Amour pur, simple et inconditionnel.

Il y eut d’autres enfants après, mais aucun qu’il aimerait autant qu’elle. Ledo naquit en l’an 75, suivi d’Aldron en l’an 78 et de la petite Arlett en 83. Puis, il y eut Egar le maladif en 85, qui faillit tuer sa mère et n’atteignit jamais sa première pleine lune. Il laissa un terrible vide derrière lui, sans compter qu’Erin n’enfanta plus par la suite mais subit plusieurs fausses couches. On cessa d’en parler totalement, le simple espoir d’un enfant devenu une souffrance trop lourde à supporter.

 

avatar
◈ Missives : 52

◈ Âge du Personnage : 50 ans
◈ Alignement : Loyal Neutre
◈ Race : Vreën
◈ Ethnie : Valduris
◈ Origine : Cealcis, Rhaemond
◈ Localisation sur Rëa : Cealcis, Rhaemond
◈ Magie : Aucune
◈ Lié : Père d'Elladrielle Gartred & Moïra Belgard. Cousin de Catriona de Gallelois.
◈ Fiche personnage : Elund Gartred, Roi de Rhaemond

Héros
Elund Gartred

◈ Dim 16 Avr 2017 - 16:06



 
Histoire

 

Chapitre IV : Catriona

Aussi loin qu’Elund parvienne à se souvenir, Catriona avait toujours été là, quelque part. Sa cousine avait bien évidemment été de tous les périples à Fonleau, mais il y avait aussi eu de nombreuses visites, les deux familles étant très proches. Bien sûr, la différence d’âge et de sexe les faisaient souvent évoluer dans des cercles différents, mais elle n’était pas suffisante pour les séparer totalement.

Elund était taquin et, les enfants étant d’un naturel cruel, il avait tendance à s’amuser au détriment des enfants plus jeunes. Il trouva vite une adversaire redoutable en Catriona. L’enfant n’était pas une pleureuse, elle n’allait pas se cacher dans les jupes dans sa mère comme les autres, mais redoublait plutôt d’intelligence pour le prendre à son jeu. Très vite, elle devint sa complice et son amie.

Avec le temps, ils passèrent des blagues puériles à des occupations plus sages, comme les jeux de plateau. Leurs parties étaient toujours ponctuées de grandes discussions, souvent animées par les différences dans leurs lectures. Le Roi Aldron avait donné à son fils une éducation militaire et littéraire de grande qualité, mais les vues qu’il transmettait à son fils étaient très traditionnelles. Catriona, quant à elle, recevait par sa mère une éducation très novatrice, centrée sur des auteurs révolutionnaires qui mettaient en lumière une autre manière de penser. Quand ils étaient séparés, ils échangeaient des lettres plusieurs fois par mois d’une dizaine de pages chacune. Sa cousine lui fit découvrir et lire nombre de ces auteurs au travers de ces discussions, faisant évoluer par bien des aspects sa pensée encore très conservatrice.

La fatalité frappa Elund et Catalina pratiquement au même moment. Alors qu’une épidémie de variole dévastait Rhaemond, ravissant son épouse et la santé de son père, sa cousine perdait ses parents dans d’étranges circonstances. Leurs liens en furent renforcés d’autant plus, si bien qu’Elund fut stupéfait d’apprendre l’arrestation de Catriona pour l’assassinat de ses parents qu’elle adorait tant. Le procès fut tenu en hâte, si vite qu’Elund ne put même pas venir y soutenir sa cousine, et elle fut emprisonnée à vie alors que Mordvain accédait au trône.

Mordvain était tout ce qu’Elund détestait chez un homme. Il n’avait aucune des qualités d’un Roi. Il était perfide et malhonnête, il manigançait dans l’ombre et sa soif de pouvoir détruisait tout sur son passage. Fondamentalement convaincu que Catriona était innocente de ce crime, Elund missionna ses propres hommes pour effectuer une enquête en Eliran, pour infiltrer la Cour et découvrir la vérité. Des membres de l’ordre secret du cavalier noir étaient aussi sur la question.

Avec le recul, Elund ne peut s’empêcher de penser qu’il aurait pu faire plus pour sa cousine à l’époque. Il aurait dû s’opposer avec véhémence et dénoncer les actions de Mordvain, il aurait dû faire libérer Catriona et lui procurer asile chez lui à Cealcis… La vérité est qu’il était totalement dépassé par les évènements. Sa femme venait de mourir en couche, son père était aveugle et mourant, et il se retrouvait Roi par procuration après des années loin de ses responsabilités, à tenir à bout de bras l’alliance des Trois. Aldron mourut et Elund fut couronné, mais presque aussitôt débutait la guerre civile contre les seigneurs agissant contre les Eleär… Catriona, bien que présente dans ses pensées et prières quotidiennement, fut reléguée au second plan.

En l’an 71, alors qu’Elund épousait Erin, la situation n’avait guère changé. Ses hommes avaient réuni suffisamment d’informations pour exonérer complètement Catriona aux yeux d’Elund, mais rien d’assez concret pour faire de même aux yeux du monde. L’enquête patinait, Mordvain avait bien caché son jeu. Le nouveau Roi d’Eliran commençait à prendre de plus en plus de pouvoir, et bien sûr à en abuser largement. Sa ruine finit par venir d’une de ses victimes, une certaine Sephna, fille du Baron de Helmne, un petit territoire paysan du nord d’Eliran.

La jeune femme venait d’être présentée à la Cour et avait attiré l’oeil de Mordvain. Il lui avait fait des avances poussées, sans aucune intention de l’épouser bien sûr, et la jeune femme avait poliment décliné. La suite logique fut l’emprisonnement du Baron d’Helmne sur cachet royal, une relation de cause à effet tout sauf subtil en direction de la jouvencelle, qui finit par céder sous la pression. Sephna servait Mordvain plusieurs fois par semaine, tombant de plus en plus dans le désespoir. Un des hommes d’Elund intervint juste à temps, alors que la jeune femme, réfugiée sur les murailles du château, s’approchait dangereusement du vide. Il y avait un moyen, lui dit-il. Son bienfaiteur la protègerait si elle acceptait de l’aider. Il ferait libérer son père, rétablirait son nom et son honneur, si elle l’aidait. Elle n’aurait plus rien à craindre. Non, plus rien du tout…

Les résultats ne se firent pas attendre. Le premier document qu’elle leur apporta était une liste de noms, qui s’avéra être une liste d’assassins, empoisonneurs et autres professions de l’ombre. Pendant plus d’un an, Sephna fit des livraisons régulières de documents qu’elle trouvait dans le bureau de Mordvain, et rapporta avec célérité toutes les confidences sur l’oreiller. Mais, bien vite, son ventre commença à s’arrondir. Convaincue qu’il allait la faire tuer, Sephna risqua le tout pour le tout et subtilisa deux documents clefs : son journal et son livre de comptes personnel, que Mordvain conservait toujours près de lui. Ces documents étaient une preuve accablante de culpabilité, de la main même de Mordvain, non pas seulement de l’assassinat des parents de Catriona, mais de dizaines d’autres crimes punis de la peine de mort...

Il était maintenant temps de rendre tout cela public. Elund avait beaucoup préparé ce moment. Depuis qu’il avait entendu parler pour la première fois des journaux, il avait su qu’il s’agissait du dernier clou dans le cercueil de Mordvain. Pendant de long mois, il s’était renseigné, avait manoeuvré en secret, trouvé des soutiens et noué des alliances. Une fois le départ donné, la machine infernale se mit en marche, sans un grain de sable dans ses rouages : l’enquête fut réouverte, une nouvelle date de procès fut programmée, Catriona fut libérée temporairement…

Elund ne se rendit pas au procès. Il en était l’instigateur, mais le public ne devait pas y voir un lien direct, ou la noblesse risquait d’y voir une manoeuvre d’Elund pour prendre le pouvoir en Eliran. L’armée de Rhaemond était puissante, et après tout, Elund était le cousin du Roi Léodevain par son père. A ce stade, il avait plus de légitimité que qui que ce soit d’autre, à l’exception peut-être d’une.

La réponse à la question de la succession de Mordvain au trône d’Eliran avait souvent troublé ses pensées au cours des années. Elund était habitué à trouver rapidement des réponses à tout, mais celle-ci lui avait longtemps échappé. À vrai dire, il ne la trouva même pas par lui-même. Un soir, alors qu’il observait distraitement son épouse brosser sa longue chevelure avant de le rejoindre au lit, il se confia à elle. “Il semblerait que Catriona soit la mieux placée pour hériter.” lui répondit-elle simplement. Il avait ouvert la bouche pour dire quelque chose comme “c’est impossible, c’est une fem…” mais l’avait refermée aussitôt. Et pourquoi pas ? Comment pouvait-il penser ça, dire ça à sa femme ?

Après tout, Erin avait fait plus pour le peuple en quelques années que certains rois pendant leurs règnes entiers, elle avait pratiquement ses propres ministres, tous se pressaient pour la voir et l’entendre, elle tenait plusieurs fois par semaine des audiences royales alors même qu’elle était enceinte de neuf mois, sans compter qu’elle avait tout de même tenu avec brio un siège de guerre pendant près de trois mois alors qu’elle était à peine plus âgée qu’une enfant… S’il était persuadé qu’Erin n’apprécierait pas l’exercice du pouvoir en solitaire, et qu’il doutait de sa poigne pour imposer sa gouvernance face à des seigneurs belliqueux ou véhéments, ces considérations ne s’appliquaient nullement à Catriona. Sa cousine avait toujours été déterminée, féroce, stratège et droite, et il lui semblait au vu des dernières lettres que la prison avait détruit toute innocence en elle.

Il ne répondit rien à Erin ce soir-là, mais l’idée fit du chemin. Catriona était une femme forte, elle gouvernerait Eliran d’une main de fer dans un gant de velours. C’était exactement ce dont la région avait besoin. Une nouvelle génération de femmes fortes avait émergé en Seregon, et il était temps de leur laisser une place à la table, de les faire sortir de l’ombre. Cette pensée surprit Elund. Finalement, les apprentissages des livres d’auteurs éclairés que lui faisait lire Catriona avaient trouvé leur place en lui.

Catriona fut déclarée innocente et libérée pour de bon, après sept ans de captivité. Mordvain fut déchu de son titre de monarque, puis retrouvé mort dans sa cellule. Bien qu’il ne l’avoua jamais, Elund fut assez impliqué dans cette histoire de suicide. Il ne voulait pas d’un long procès diviseur, il ne voulait pas laisser le temps à Mordvain de manigancer, aussi s’assura-t-il que le matériel approprié lui fut donné et que ses autres options soient sévèrement limitées. Sephna, quant à elle, vit son père libéré et elle trouva refuge avec sa fille dans un Comté en Rhaemond. Elle fut garantie un titre, des terres et suffisamment pour ne jamais manquer de rien.

Un moment très émouvant pour Elund fut sa visite à Catriona après sa libération. Elle l’étreint à son arrivée et il la serra longuement dans ses bras. Puis, il lui posa de vraies questions : Tenait-elle à son Royaume ? Était-elle prête à tout ? Le voulait-elle seulement après toutes ces années ? Le Roi de Rhaemond avait semé la graine de cette idée auprès de personnes clés du Conseil des Trois, et l’avait arrosée régulièrement de louanges à la faveur de Catriona. C’était révolutionnaire, mais pas du tout impossible, et Elund ferait tout en son pouvoir pour voir sa cousine monter sur le trône, si c’est ce qu’elle souhaitait.

L'Ellsya douzième du mois d'Elye, en l'an 80 de l'Ere des Rois, Catriona de Galellois fut couronnée Reine d’Eliran. Le Roi de Rhaemond était au premier rang. Après tout, n’était-il pas lui-même faiseur et défaiseur de Rois ?

Chapitre IV bis : Catriona, Elund, et Moïra
Deuxième semaine de Siralon de l'an 81 de l'Ere des Rois

Elund brûla la missive sitôt lue. C’était une lettre de sa cousine Catriona qui l’informait qu’elle avait trouvé sa bâtarde et que la situation était « sous contrôle », la jeune femme étant recluse dans un couvent. Lorsque sa cousine l’avait confronté aux rumeurs de sa paternité plusieurs mois auparavant, une gêne rampante l’avait envahi. Il commença par feindre de ne pas se souvenir précisément puis peina à admettre que oui, c’était techniquement envisageable qu’une telle rumeur soit vraie, qu’il avait effectivement « commis une erreur » pendant son mariage avec Sigrid.

Il se souvenait distinctement de cette nuit, même presque deux décennies après. C’était le soir où Sigrid lui avait lancé un vase au visage. Il était tout juste de retour de son périple en Ordanie. En arrivant à Cealcis, il avait fait un tour rapide au château pour se délester de son équipement de voyage, avait pris un bon bain puis avait vaqué à ses occupations dans la capitale avant d’aller saluer Sigrid. Il ne lui était nullement venu à l’esprit que retrouver sa mie était peut-être la toute première chose qu’il aurait dû faire après deux ans d’absence. C’est une vraie furie qui l’attendait dans leurs quartiers. Il suffit que leurs regards se croisent pour qu’un déluge ne s’abatte sur le pauvre Elund, complètement déconcerté. Alors ainsi, tout le monde savait qu’il était de retour, tout le monde l’avait vu, SAUF ELLE ! N’avait-il donc aucune affection et même aucun respect pour son épouse ? Pourquoi si peu de lettres ? Oh, qu’elle était malheureuse ! Avait-il ne serait-ce que pensé à elle pendant tout ce temps ?

Visiblement, la réponse « Mais je suis là, maintenant » n’était pas la bonne, à en croire le vase volant qu’il eut à peine le temps d’éviter. Le vase alla s’écraser contre le mur, se brisant en mille morceaux et répandant verre, eau et fleurs sur le sol. Au moment même de l’impact, Sigrid s’écroula en pleurs sur le parquet.

Elund fit ce qu’il faisait toujours quand elle se comportait de la sorte : il l’ignora. Une pointe de culpabilité le hanta tout de même suffisamment pour le faire boire plus que de raison, et pour qu’il suive passivement ses amis dans les rues de Cealcis jusqu’à un établissement nommé le Shanoiry. Ils y jouèrent longuement aux cartes, mais les joueurs disparaissaient un à un pour rejoindre les belles de nuit et, bien qu’il soit l’un des derniers, Elund suivit le mouvement. Il n’était pas un homme très enclin aux plaisirs de la chair et se contentait bien de son épouse, mais voilà, après deux ans en Ordanie sans toucher qui que ce soit, et peu convaincu qu’il obtiendrait quoi que ce soit fusse-t-il à retourner dans ses quartiers, il se laissa tenter. La nuit fut douce, mais lui laissa un goût amer et un profond sentiment d’inconfort face à ses actions. À l’époque, il s’était réconforté avec la certitude qu’il n’y aurait aucune conséquence, sans réaliser qu’il avait semé la vie.

Chapitre V : Et maintenant...

Le monarque passa son bras sur la surface rugueuse du bureau, envoyant voler une pile de parchemins et un chandelier. Il ne se laissa pas troubler par le bruit de ferraille qui résulta d’un tel acte, pas plus que par la légère meurtrissure de son bras. Il avait envie de hurler de frustration, de rage. Elund n’était pas un homme d’un tempérament violent, il n’était pas non plus d’ordinaire d’un naturel à détruire le mobilier mais, ce jour, s’il avait pu retourner le bureau de bois massif, il l’aurait sans doute fait dans l’espoir d’apaiser son coeur tourmenté.

Un sentiment grandissant d’impuissance emplissait son être, et son inaction le réduisait au désespoir. Bien sûr, il avait déjà essayé de passer sa rage sur son maître d’armes, sans succès. Ses gestes, aveuglés par la passion, étaient puissants mais imprécis et lourds, et son inhabilité n’avait fait qu’exacerber son ressentiment. Aucune activité n’avait réussi à apaiser son esprit. Elund avait gouverné plus de vingt-deux ans en tant que souverain de Rhaemond, soit presque la moitié de sa vie. Il avait décidé, appris, combattu, agi. Après avoir dénoué problématique sur problématique, après mille choix cornéliens, Elund avait été convaincu que la recette était simple : tout problème avait sa solution. La résolution était parfois élusive et nécessitait occasionnellement temps, études ou consultation, mais il y avait toujours une solution. Et aujourd’hui, elle lui échappait.

Le roi déambulait dans le château, de son bureau à la bibliothèque, d’un expert à l’autre, comme une bête en cage… Ses problèmes restaient sans réponse. Il en était même venu à gravir lui-même les marches souillées du pigeonnier plusieurs fois par jour, priant Alvar pour une missive contenant la clef pour résoudre le problème. Les problèmes.

Elund posa ses poings sur le bureau, les yeux fermés, se forçant à inspirer et à expirer lentement. Erin, sa délicieuse épouse, était à l’origine de cet accès de colère. Ils ne se disputaient pourtant jamais, leur relation basée sur une complicité sans pareil. Mais une terrible épidémie ravageait le monde, les souffrants poussaient les portes du Caelcis vers le château royal, à la recherche d’une audience avec la Reine. Dans le pays tout entier, on vantait depuis des années sa bonté, ses talents de guérisseuse, ses soins généreux… Les malheureux se précipitaient en quête d’une cure pour leur mal, là où tous les autres remèdes avaient échoué. Depuis la mort de leur nouveau né Egar il y a bientôt cinq ans, la souveraine avait embrassé le peuple comme ses enfants. Aussi, Erin avait allègrement ignoré les ordres directs de son Roi de n’approcher les malades sous aucun prétexte.

Une altercation avait eu lieu quelques minutes auparavant. “Tu ne peux pas m’en empêcher”, avait-elle soufflé avec défiance. Son sang n’avait fait qu’un tour. Oh que si ! Oh si, il pouvait l’en empêcher !  Il avait soulevé et hissé sur son épaule sa femme qui se débattait à tout rompre, et avait parcouru la courte distance avant de la déposer dans la chambre royale et d’ordonner aux gardes de la cantonner aux quartiers royaux et de limiter les visiteurs aux enfants, ses femmes de chambre et le médecin. Sa décision était sans appel. Surtout dans son état ; personne n’avait dit mot mais il voyait son ventre qui s’arrondissait chaque jour. “N’as-tu pas assez à faire avec les enfants ?” avait-il asséné froidement.

Les enfants… Les enfants… Ces derniers jours, il pouvait difficilement regarder Iric, son fils aîné, dans les yeux, tant il voyait en lui le reflet de sa propre jeunesse, de ses propres faiblesses et de ses propres erreurs. L’envie de lui faire ravaler son sourire arrogant, de faire entrer un peu de plomb dans sa petite tête écervelée, était presque insurmontable. Bien sûr, ce n’était une réaction ni juste ni appropriée ; seulement le fruit de sa frustration rampante. Son fils avait grandi comme un chêne solide, il était aussi vif et attentif, mesuré et généreux, que son père. Il était jeune, voilà tout. Sa tête était bien ancrée sur ses épaules et il n’y avait aucun doute qu’il grandirait pour devenir un bon monarque en temps voulu, voire meilleur que lui.

Puis, il y avait Elladrielle, sa petite, sa belle, sa douce Ella… Il voulait la protéger si fort et était pourtant démuni face à son étrange affliction. Une nuit, il y a presque un an de cela, ses cris de souffrance avaient percé la nuit. Il l’avait trouvée en pleurs, recroquevillée sur le tapis, physiquement indemne et pourtant dans de telles souffrances. Il s’était agenouillé près d’elle, l’avait serrée et bercée dans ses bras, avait caressé ses boucles dorées et embrassé son front, comme il le faisait quand elle n’était qu’un bébé et tenait toute entière dans son avant-bras. “Je brûle, Papa, je brûle…” répétait-elle sans cesse, la voix brisée par la douleur. Ce mal se répéta, de plus en plus souvent, avec toujours plus d’intensité. Quelque chose d’ancien s’était réveillé en sa fille. Il savait ce que c’était, il avait entendu les rumeurs : la Magie était de retour. Mais comment sauver sa fille bien-aimée ? Comment la protéger du mal ?

Une voix soufflait à l’oreille du monarque d’exiler sa famille loin de la capitale, dans une demeure de campagne éloignée, au milieu de champs et terres rurales, à Fonleau par exemple. Là bas, Erin et l’enfant à naître, Iric, Ledo, Aldron, Arlett… Tous seraient en sécurité n’est-ce pas ? Quant à Elladrielle, elle aurait besoin de quelqu’un pour l’épauler et la guider. Pourtant, Elund n’avait pas encore réussi à se défaire d’eux. Il voulait les garder tout près de lui, à portée de main, sous sa protection ...


   
Ambitions & Desseins

   

Le Roi lutte pour son peuple ainsi que pour l’égalité et l’harmonie en Seregon. Son principal objectif est d’éviter une nouvelle guerre en Seregon et, pour ce faire, il use de tous les leviers à son actif pour assainir les relations des Etats Vreën avec les Eleär. Elund est totalement désoeuvré face aux ravages de la peste, qu’il tente tant bien que mal de contenir et d’éradiquer.

Sur un plan plus personnel, Elund souhaite par-dessus tout protéger son épouse et ses enfants des maux contemporains, et particulièrement sa fille, Elladrielle, qui subit de plein fouet la réapparition de la magie.

 


Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : Absolument.
Moultipass : ok par Harden

Tout ce qui concerne Catriona et Moïra a été préalablement approuvé par MP.




avatar
◈ Missives : 2155

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Mar 18 Avr 2017 - 10:19

Et bien bienvenue ici, officiellement : D.

Tu nous honore d'une très belle fiche !

Je te souhaite bon jeu ! N'oublie pas de faire ton journal de bord, partie parchemin des Héros et à poster une demande de rp en partie concernée (mais je vois que tu n'as pas attendu pour ça 8D... Mouhaha).

Amuse toi bien parmi nous !