Azzura

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Ivar Solringen - Vagabond, homme à tout faire

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◈ Missives : 11

◈ Âge du Personnage : 40 ans
◈ Alignement : Chaotique bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Alsdern
◈ Origine : Valdrek
◈ Localisation sur Rëa : Valdrek et Heinsek
◈ Magie : Aucun
◈ Lié : Aucun
◈ Fiche personnage : Ivar

Héros
Ivar Solringen

◈ Ven 3 Mar 2017 - 23:37

◈ Prénom :  Ivar
◈ Nom : Solringen
◈ Sexe : Homme
◈ Âge : 40 ans
◈ Date de naissance : 16 Ansbar 50 de l’ère des Rois
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Aldsern
◈ Origine : Ordanie, Valdrek
◈ Alignement : Chaotique bon
◈ Métier : Homme à tout faire


Magie


Aucune.


Compétences, forces & faiblesses


Parce qu'il n'a pas de l'ours brun que l'apparence, Ivar est tout à fait adapté à son environnement : il a tout le bagage de connaissances nécessaires pour survivre seul durant de longues périodes et affronter les rigueurs du climat. Il a toujours vécu dans la forêt, qui est pour ainsi dire son élément naturel ; il est moins accoutumé à d'autres terrains mais il est tout à fait capable de s'en sortir très honorablement, ce qui n'est pas le cas de milieux beaucoup plus étrangers, comme, par exemple, les villes et les villages qu'il n'apprécie guère. C'est néamoins un homme qui sait s'adapter : il est capable de servir d'éclaireur autant que de manouvrier dans une ferme, de s'occuper du bétail ou de chasser la bête noire ou fauve pour sa peau. De fait, à trop s'éparpiller, à trop courir à hue et à dia, il y a le mauvais côté de la médaille : Ivar est seul, et même s'il a réussi à se faire des attaches ça et là, il lui arrive très fréquemment d'être vulnérable. Il suffirait d'une mauvaise fièvre loin de tout, d'une blessure, d'une bête affamée, de villageois mal embouchés et c'en serait fini de lui sans que quiconque ne se demande vraiment ce qu'il advint de lui, tant on est habitué à le voir aller et venir et disparaître des mois durant. Il est bien conscient de cela, de l'âge qui le talonne et finira tôt ou tard par le rattraper car après tout, il n'est plus si jeune. Les hivers sont de plus en plus pénibles, les douleurs anciennes se réveillent, et il n'a parfois plus sa force d'antan. Ivar fatigue un peu, et pour tout dire, il vieillit.


Physique


À première vue, rien ne différencie réellement Ivar de tous les vagabonds et des métayers qui vont et viennent en quête de menus travaux et de petits services à rendre dans les campagnes de Valdrek. Certains diraient de lui qu’il a tout d’un sauvageon et d’une brute épaisse, et on ne peut que leur rendre justice : difficile de passer son temps dans les ornières des chemins et de prendre soin de soi tout à la fois, si bien que Ivar ne fait pas vraiment partie de ces gens présentables qu’on aimerait avoir à sa table.

Ivar est avant tout un travailleur et une force de la nature : il est grand, trapu, velu comme un ours, les épaules larges et le corps bien fait comme celui d’un homme qui n’a jamais chômé de sa vie, malgré un début d’embonpoint. Des arbres centenaires, il a le modelé âpre de l'écorce, l’aubier solide et dur, la même espèce de présence massive, et pas seulement à cause de ce relent d’humus et de fauve qui lui colle à la peau en permanence. Sans en avoir l’air, il est de ceux qui emplissent tout l’espace par leur stature et par leur simple existence, comme une sorte de charisme inconscient et brut qui ne vient pas seulement de sa stature imposante. Il n’est pas séduisant, c’est un fait, sans doute que la laideur proverbiale de sa mère lui est un peu passée dans le sang. Ivar a même quelque chose de pataud et de lourd, presque maladroit dans sa démarche tranquille, engoncé dans ses pelisses et ses fourrures avec sa barbe hirsute et sa mine renfrognée. Ce serait néanmoins injuste de ne le considérer que comme un barbare mal dégrossi, car parfois, parfois tout s’éveille et le geste se fait sûr, le pas se fait plus furtif quand le chasseur prend la relève : quand le besoin s'en fait sentir, il est capable de faire preuve d'une habileté et d'une force exercées depuis des années par les travaux quotidiens.

Et puis, il y a son regard. Des yeux comme des rivières d’eau claire dans le champ brut de la face, sous la barbe et la chevelure désordonnées. La douceur en dedans, qui affleure, un miroir dans les broussailles. Quand il sourit tout change, l’ours devient humain et le visage s'éclaire avec bonté, avec tendresse. En vérité, de tête et d’allure, à mieux le regarder, il fait parfois penser à l’une de ces figures de génies des forêts à l’expression chargée de malice, tout en pilosité hirsute d’un blond grisâtre, que l’on verrait danser sous les feux du solstice avec leur coiffe de bois de cerfs. Il a comme un visage de grand-père éternellement jeune, dans la force de l’âge, même s’il montre déjà l’usure : ses traits rudes, dessinés comme au ciseau dans un bois ligneux, s’émoussent et s’érodent en ridules profondes le long des mâchoires épaisses, autour de ses yeux pénétrants qui conservent toute leur vivacité. Comme chez beaucoup de ces gens d’un naturel peu loquace, il a la physionomie excessivement expressive, et le regard encore plus : souvent, on pourrait le comprendre sans un mot.


Caractère


Une fois n’est pas coutume, l’habit fait le moine : Ivar n’est pas grand-chose de plus que ce qu’il semble être, c'est à dire un brave campagnard Alsdern doté d'un solide penchant pour la bonne chère et la boisson. Élevé à la dure dans un environnement difficile, c'est un homme rude, grognon, mais dont le caractère austère a été bien émoussé par les années. Elles ont passé sur les aspérité, laissant derrière elles un bonhomme plutôt placide et taiseux qui ne recherche pas particulièrement la compagnie, mais sait l'apprécier à sa juste valeur lorsqu'elle est aimable. Dès qu'il parvient à s'accoutumer à quelqu'un, Ivar peut devenir fort gai compagnon, la besace toute pleine d'histoires sur les lieux qui l'entourent, avec au creux des mains cent mille petites merveilles de l'infime, les secrets des forestiers et des errants qu'il dévoile à ceux qu'il juge dignes.

Pour autant, il est clair que la sociabilité n'est pas son fort et même pour les normes Alsdern, Ivar est un rustaud pas très bien dégrossi qui préfère généralement se taire plutôt que d'offenser l'autre. Il se sait ignorant de beaucoup de choses, sans manières et mal éduqué, aussi il fait preuve en public de cette rigueur réservée qui est le propre des gens du peuple conscients de leur maladresse. Il lui faut souvent du temps pour s'accoutumer à l'autre et s'ouvrir assez pour qu'on l'apprécie à sa juste valeur, ce qui est parfois dommage car il sait faire preuve de cette patience très douce, simple et franche, qui sait lui attirer la sympathie. Il a le don rare de l’écoute, malgré son manque d’expériences dans les chagrins et les bonheurs des hommes et c’est la sobriété de son tempérament, sans doute, qui fait aussi son charme. Il porte sur toutes choses un regard dénué de jugement et de méchancetés : on s’encombre assez peu des convenances quand il s’agit de survivre au jour le jour, et il n'a pas le temps ni l'envie d'entretenir d'autres inimitiés que celles qui reposent sur des atteintes graves à son honneur, ou bien à celui des êtres qu'il apprécie -et qui ne rassemblent pas que des humains. Il a la pudeur austère des gens simples, quand il s'agit des choses de l'intime ; si le rire ou les larmes lui viennent aisément, exprimer ses sentiments est une gageure qui oblige souvent ses proches à apprendre le déchiffrement subtil de ses silences les plus éloquents. La parole n'est pas son fort, à vrai dire, et son langage est parfois plus proche de celui des bêtes sauvages que des humains. Au fond, c’est un homme d’une nature profondément bonne mais qui ne s'encombre pas d'idéaux, allant jusqu'à faire preuve d’un réalisme assez bas du front qui a de quoi rebuter plus d’un. Solide comme un roc, Ivar est avant tout un campagnard qui n’a ni froid aux yeux ni peur de se salir les mains et le reste. Peu impressionnable, c’est une personne paisible qui a l’énergie tranquille des grands arbres et des mouvements cosmiques : il va à son rythme, mais rien ne semble pouvoir l’arrêter.

Pragmatique, il connaît bien ses forces et ses faiblesses et jamais ne lui viendrait à l’idée de les dépasser ni de prendre des risques inconsidérés, parce qu’il croit savoir comment marche le monde et comment s’y frayer un chemin. Ainsi, c’est un être prudent et accoutumé aux bassesses de l’existence, aux petits et grands maux de la vie : quiconque a aidé à accoucher des femmes, dépecer des bêtes et à recoudre des blessures de chasse dès l’enfance écope forcément d’un estomac costaud, qui se double chez lui d’une rectitude à toute épreuve. Franc et droit comme un i, Ivar a en toutes occasions un aplomb à redresser une tour penchée. Il demeure un homme élevé à la dure qui a toujours vécu de ses propres mains dans un monde qui ne fait pas de cadeaux : il est entêté et honnête, caractériel parfois, et qu’on prenne gare à ne pas trop se fier à ses allures de benêt mal dégrossi. S’il ne goûte pas l’usage de la violence, il l’estime nécessaire quand il s’agit de remettre les choses en place.

Alors, comme certains sont faits pour aller à la guerre, pour gouverner des nations, Ivar se sait destiné à peu, et cela lui convient tout à fait. Nul ne lui a forcé la main — il ferait beau voir ! — et c’est un choix conscient qu’il assume : c’est à sa manière, dans les travaux simples qu’il se sent à sa place. Il a le goût des choses les plus évidentes, les plus modestes, n’a jamais froid aux yeux dès il s’agit de se retrousser les manches, et ne recule pas devant l’effort s’il est nécessaire. Il aime les fruits de la terre, ce qui y vit et pousse : malgré son train de vie très simple, Ivar adore toujours autant lever le coude quand il y a de quoi et entretenir un début d’embonpoint largement compensé par ses travaux quotidiens.


Inventaire


Ivar transporte avec lui tout le nécessaire pour survivre seul dans la forêt : un arc de chasse, une hache bien solide, de quoi allumer un feu, des outres, des bandages, quelques couvertures roulées dans son paquetage, et rien de superflu, rien qu’il ne puisse emporter sans effort supplémentaire. Il garde à son poignet le bracelet reçu lors de son initiation, mais par sécurité l’enveloppe généralement d’un tissu un peu miteux, au cas où le métal terni donnerait à certains des velléités de détroussage.


Histoire


Aussi loin qu’il s’en souvienne, Ivar a toujours eu la forêt pour foyer. Il est né d’elle, pour ainsi dire, né par elle, également, et c’est par elle qu’il a vécu, toute son enfance, et ses parents aussi. Malgré le passage des années, il sait encore d’instinct retrouver le rivage et les collines de sa prime jeunesse : là, juste là, dans ces lieux incertains où les montagnes s’écoulent et s’érodent vers la côte déchiquetée de Valdrek, où le continent s’effrite en ilots, en criques, en renfoncement abrités qui sont autant de refuges pour les pêcheurs. Plus loin, on voit s’élever, comme un mur, une armée immobile, la ligne sombre d’une orée de bois. C’est là, au fil de cette frontière incertaine que commence le royaume de la forêt, et c’est là que Ivar a son foyer. Oh, il a depuis bien longtemps déserté ces territoires et à dire vrai, il n’a de maison nulle part, même pas cette hutte, tout là-bas dans la clairière, cette hutte où il est né.

Il a constamment pris soin de cet endroit. Souvent il y revient, comme on fait un pèlerinage, et il s’attarde un peu auprès des siens, il retrouve alors quelque confort, et la douceur d’antan. Ses vieux parents ne sont plus ici, mais il y plane toujours leur souvenir, vivace comme un parfum. Si on demandait aux pêcheurs, si on demandait à leurs femmes et à leurs aïeux, tous pourraient discourir longtemps sur la réputation d’Eric Solringen et plus encore sur celle de Vhilde, son épouse. Tous s’accorderaient sur le fait que Ivar ne pouvait décemment espérer autre chose que d’hériter de leurs étrangetés et de leur penchant pour la solitude, de même qu’un talent inné pour la débrouille.

Si Éric était le charbonnier du village, Vhilde en était la meilleure sage-femme et la plus habile rebouteuse qu’on connût dans les environs. Bien qu’ils se soient installés en ménage assez loin des habitations, nul n’ignorait où la chercher quand une épouse se trouvait en travail et plus d’une s’était rendue chez elle en secret pour se défaire d’un encombrant fardeau. On les respectait, faute de les aimer : Vhilde et Éric étaient utiles à la communauté, mais ils l’étaient d’une façon étrange, si bien qu’on se méfiait d’eux peut-être plus que de raison. La mère de Ivar était une femme laide comme un pou, mais qui avait une espèce de charisme particulier qui lui donnait une allure de reine, fut-elle en haillons, faisant revivre soudain quelques évocations de divinités anciennes, de ces sorcières et de ces fées qui vont le soir tombant dans les bois pour cueillir des aubépines. On chuchotait à son propos qu’elle avait des yeux et des oreilles partout et que derrière son mutisme obstiné et sa trogne de vieux soulier se cachait une concentration de secrets et de confidences qui dépassait l’entendement. Elle savait tout sur tout, la Vhilde, et, fine mouche qu’elle était, se gardait bien d’en dire trop. C’était néanmoins à se demander ce qui avait piqué Éric de prendre pour femme un cageot pareil, quand, dans sa jeunesse, tout ce qui portait jupon se retournait sur son passage.

En vérité, on ne trouva jamais de couple plus mal assorti que ces deux-là : Vhilde était aussi revêche, brusque et silencieuse que Éric était d’une douceur tranquille et d’une bonhomie avenante. Pourtant, ils furent unis jusque dans la mort par une affection mutuelle que peu étaient en mesure de comprendre : c’était une histoire de tendre connivence, de complicité muette et une complémentarité étonnante que seuls leurs enfants semblèrent réellement capables de mesurer. On voyait souvent l’un sans l’autre, Éric allant au diable pour s’occuper de ses feux, et Vhilde cloîtrée au foyer quand elle ne courait pas à hue et à dia pour soigner les petites misères et les grands drames de ses concitoyens. Hélas, elle ne fut pas une mère prolifique et seuls deux enfants naquirent du couple : Ivar, et Filja, sa sœur aînée. Cela ne sembla pas l’ébranler outre mesure, néanmoins ; au moins pouvait-elle concentrer ses soins sur ses deux rejetons.

En vérité, toute austère et sinistre que fut Vhilde, Ivar a toujours gardé une tendresse profonde pour elle. Ce petit bout de dame grincheuse au port souverain fut une mère attentive et sévère, mais aimante, à sa manière, sans jamais trop le montrer. Elle n’était pas de nature à faire montre des mêmes effusions et des transports qu'Éric, mais Ivar et Filja savaient déceler dans un sourire, dans un regard, dans un mot trop rarement lâché ça et là, toute l’affection maternelle qu’elle leur portait. À Filja, elle transmit tout son savoir, un savoir secret, des confidences de femme auxquelles Ivar prit part, parfois, encore qu’il n’y comprit guère. Il préféra bien vite la compagnie de son père, laissant sa mère et sa sœur à leurs tractations et leurs activités énigmatiques, et apprit bien tôt toutes les subtilités du travail manuel. Vhilde lui enseigna néanmoins ce qu’elle connaissait de toutes les plantes qui poussaient dans les bois : les essences des arbres, les feuillages et tout ce qui pouvait croître et prendre racine. Souvent, elle arrachait au petit matin ses enfants à leur lit pour les emmener dans les brumes et les vallées, observer les oiseaux, surprendre un cerf et sa harde, faire quelques cueillettes fructueuses de végétaux et de champignons. Éric lui apprit pour sa part les usages de la chasse, qui constituaient une part importante de leur subsistance. Quand il n’était pas pris par le travail patient et éreintant des feux et du charbon, Éric allait courir la bête noire et la bête rousse, et monnayait en plus du combustible quelques peaux, os et bois qu’il prélevait sur ses proies.

L’un et l’autre inculquèrent à Ivar beaucoup de ce qu’il sait à présent, et il garde un souvenir précieux de ces moments de silence immuable sous les arbres frissonnants de rosée, à attendre l’instant propice pour décocher sa flèche, ou simplement à ouvrir les yeux pour espérer surprendre, dans un éclat de lumière fugace, le plumage bariolé d’un geai ou d’une huppe en maraude. C’est dans cette ombre morcelée, dans ce semi-monde obscur et bruissant, dans la solitude âpre des forêts qui dorment aux pieds des montagnes qu’il a ainsi passé son enfance, et c’est à ces émotions, ces sensations toujours vivaces de sa jeunesse qu’il aspire encore et toujours, et tient chevillé au corps cet amour pour l’atmosphère vespérale des bois. Sauvage, déjà, car à trop grandir loin des autres, il n’avait jusque là jamais eu le goût de la compagnie des villageois. Ils se méfiaient de lui et de sa sœur, il en était bien conscient, et dans ces petites communautés resserrées sur elles-mêmes, les rumeurs s’épanouissent avec vigueur. Tout le monde connaissait tout le monde, et tout le monde connaissait ce fils de charbonnier et de sorcière, ce grand taiseux maladroit qui ne semblait rien trouver d’amusant dans les jeux avec les garçons de son âge.

Ce que Ivar préférait, en revanche, c’étaient les animaux. Souvent, lorsque le seigneur allait chasser, il suivait son équipage dans les bois et se proposait parfois même de les guider, non pas par un altruisme déplacé, mais pour le simple plaisir de voir s’élancer les chevaux et la meute des chiens courants, et entendre les frondaisons résonner de leurs aboiements sauvages.

Il eut tout le loisir de se complaire dans cet usage quand arriva le temps pour lui de prêter serment et d’apprendre les coutumes de la guerre. Au début, ce fut un déchirement, bien qu’il eût fortement conscience de l’importance du moment lorsque vint son tour de s’agenouiller aux pieds du jarl. Sans doute y eut-il quelque chose de risible, à voir ce sauvageon à la mine farouche qui avait le même regard que les bêtes traquées qui voient leur poursuivant les encercler... Et puis, il fallut quitter sa famille, le giron maternel et la quiétude austère de sa forêt natale pour se mêler aux jeunes gens de son âge et apprendre les rigueurs du combat. Éric en avait déjà fait un bon archer, sans être excellent, et grâce à l’entraînement des instructeurs, Ivar se révéla de toute première force, d’autant plus qu’il appréciait infiniment le maniement de l’arc, et ne se plaisait en rien dans les empoignades furieuses qu’impliquent les armes rapprochées. Il eut également l’occasion de faire éclore cette espèce de talent latent qu’il avait pour amadouer les animaux, si bien qu’il fut rapidement dédié aux soins apportés aux chevaux : il n’aimait guère les monter, mais préférait bien plus leur dressage et leur entretien. Il y trouvait comme un équilibre, comme s’il lui fallait à tout prix être en contact avec quelque chose de vivant pour que son existence ait réellement un sens.

En vérité, et à sa grande surprise, Ivar apprécia à sa juste valeur les années passées dans l’armée. Ce fut pénible, ce fut souvent très dur et plusieurs fois il n’eut que l’envie de renoncer et de retourner se réfugier chez lui : c’eut été indigne, néanmoins, de ce qu’il était. Indigne aussi de la fierté et de la confiance de ses parents, encore qu’il n’eut jamais vraiment d’intérêt pour des notions pareilles. Il apprit l’honneur, pourtant, à le défendre quand on le prit en défaut sur ses origines si modestes. En vérité, il apprit surtout à accepter et même à s’enorgueillir des talents et des capacités qu’il possédait, et de ce qu’il était, en totalité. Il était un simple fils de charbonnier, sans manières et sans éducations, mais cela ne le privait pas pour autant de toute sa valeur : au contact de ses semblables, d’amis et de frères qui furent parfois similaires, parfois très différents de lui, Ivar mit enfin un pied dans la société qui l’entourait et prit conscience de l’immensité du monde qui s’étendait de toutes parts. Il écouta, avidement, les récits qu’on rapportait et si, aux yeux d’un étranger, tous les domaines de Valrek se ressemblent, Ivar y trouva au contraire une infinité de variations et de subtilités qui ne lui donnèrent qu’une seule envie, celle de les découvrir lui-même.

Savoir qu’il y avait, en tous lieux, autant d'endroits paisibles et sereins que les forêts et les collines qu’il chérissait avaient quelque chose d’exaltant, comme la perspective de se sentir partout chez lui.

Il avait quinze ans, quand son jarl se joignit aux expéditions lancées par les rois de Valdrek et d’Heinsek. Il se rappelle encore de l’euphorie du moment : on partait en guerre ! Les raids étaient monnaie courante, mais jusque là, Ivar n’y avait pas pris part, et il s’agissait cette fois d’une attaque de grande ampleur qui mobilisa des troupes importantes. Et puis, lorsqu’il se remémore ces instants, c’est toujours l’amertume qui lui vient, mais elle est chargée de culpabilité : un soldat, un vrai fils de Valdrek ne regretteraient pas les pertes et les naufrages, les morts innombrables qui se comptèrent alors, et ne pleurerait pas le souvenir de tous les compagnons tombés. Pourtant, pourtant quelque chose au fond de lui ne cessera sans doute jamais de se lamenter en secret sur tous les corps abandonnés à la mer, tous les cadavres gisant sur des rivages étrangers, loin des leurs. En vérité, il n’y a jamais d’entraînement assez poussé pour préparer réellement les recrues au fracas terrible des assauts et des armes, à la terreur rampante des champs de bataille, à la violence inouïe des attaques fulgurantes. Ivar se découvrit comme une lâcheté honteuse, celle d’avoir peur, celle de ne pas aimer la guerre, celle de se sentir faiblir au moment fatal de frapper. L’étrange sensation, aussi, d’avoir survécu alors que tant d’autres, plus valeureux, avaient péri.

Cela eut néanmoins le mérite de l’endurcir, quand il revint, plutôt miraculeusement par ailleurs, à bon port. Jamais Valrek et ses frimas ne lui semblèrent plus doux et plus suaves qu’après avoir goûté à la molle tiédeur des royaumes du sud d’Ordanie... Mais les côtes nouvelles, les paysages inconnus avaient alimenté plus encore son désir d’évasion et de voyages ; il n’était pas bon guerrier, et il ne pouvait espérer faire carrière dans l’armée, ce qui l’arrangeait bien, et il se hâta de rentrer chez lui dès son service terminé.

Comme beaucoup de familles qui avaient laissé partir des gamins maigrelets à l’orée de la puberté, Vhilde et Éric virent revenir un jeune homme bien transformé, après cela. La vie sembla reprendre son cours, mais Ivar n’était plus un enfant, et pire encore, naquit au fond de lui la sensation déchirante de ne plus être chez lui, dans cette maison qui avait tant changé : ses parents avaient vieilli, et la longue absence lui avait fait prendre conscience des années qui étaient passées, de tout ce qui n'était plus pareil. Filja était fiancée, et bientôt une famille nouvelle supplanterait la leur, dans la clairière, et on promettait déjà à Ivar un futur dont il ne voulait pas, pas tout de suite : se fixer, s’établir et fonder un foyer ? Ce n’était pas à cela qu’il aspirait. Il souhaitait vivre, un peu, avant de se laisser amadouer par une existence rangée de bon père et de bon époux. Cela restait néanmoins un objectif, une nécessité à laquelle il se savait incapable d’échapper et qu'il désirait lui-même pour ses vieux jours. La mort de tant de compagnons l’avait cependant convaincu qu’il fallait bien profiter des années que l’on pouvait encore passer en voyages et en errances, tant qu’on le pouvait encore, tant qu’on avait encore assez de souffle et de jambes pour se porter.

Et puis, il y avait un peu d’amertume, comme s’il reprochait au monde d’avoir continué de tourner alors que lui-même grandissait, comme s’il aurait voulu revenir à un foyer qui aurait été le même que celui qu’il avait quitté six ans plus tôt. Il s’accrochait à de vieux souvenirs déjà enfuis, et cela l’attristait d’autant plus qu’il savait bien quelle faiblesse c’était.

Alors, il resta auprès des siens quelque temps, juste assez pour voir sa sœur se marier, et puis il partit. Vhilde ne dit rien, mais elle souriait quand son cadet exprima enfin son vœu de s’en aller ; Éric en fut chagriné, mais aucun des parents ne s’opposa à cela. Filja et son époux avaient assez pour maintenir la maisonnée à flot, et si Ivar trouvait à sa façon une vie qui lui convenait, c’était pour le mieux. Tous deux regrettaient cela, car aucun père et mère ne laisse son enfant s'en aller, fut-il adulte, sans un pincement d'inquiétude, à plus forte raison lorsqu'il choisit le vagabondage et l’errance. Pour Ivar, ce fut une libération, et c’était l’ivresse folle de se sentir à un pied du gouffre, prêt à sauter... Il partit, sans savoir ce qui l’attendait, parce qu’il avait au cœur quelque chose à assouvir, l'impression d’avoir besoin d’espaces plus grands encore que toutes les solitudes qu’offraient ses forêts natales. Il avait le sentiment de pouvoir embrasser le monde, et ne pouvoir être pleinement contenté que lorsqu’il en aurait exploré jusqu’à la moelle. Oh, bien sûr, pour ce faire, il avait ravalé ses regrets, ses craintes et tout le reste, et il avait tout laissé derrière lui, juste pour réduire l’univers, ses possibilités et son avenir à une simple ligne droite, tracée dans le vide par ses propres pas.

Ivare savait à quoi s’attendre, en choisissant cette existence, et il ne fut pas déçu, ni en bien ni en mal. Les frimas d’hiver, les pluies et les mauvais jours, les avaries et les infortunes ne l’épargnèrent pas. Que peut espérer un jeune homme de vingt ans d’un monde tout fait de glaces et de brumes, et de roc noir et tranchant ? On se méfia de lui, parfois, on lui ferma la porte au nez, on ne voulut même point ni de lui ni de ses services. La faim lui creusa les traits, mina ses flancs, le gel lui rongea les phalanges et il se crut mourir, parfois, dans ses refuges sous la neige au plus profond des forêts obscures où les loups hurlaient à la lune. Ce fut sans doute, ça et là, au fil des naufrages et des échecs, que s'éteignirent lentement les illusions, ne laissant plus que des rêves, incertains, intangibles, comme on se défait du superflu pour ne conserver que l’essentiel. Quand on se croit périr, dans la disette, le noir, le froid et l’isolement, on se révèle un peu à soi-même, et Ivar en apprit beaucoup.

La sagesse lui vint par la force des choses avec l’expérience, au fil des années. Il descendit vers le sud, peu à peu, découvrit la douceur de climats moins rigoureux, encore que son cœur le portât plus volontiers là où les arbres sont obscurs et les landes austères. Il loua ses bras, son savoir, ses talents : il se fit chasseur, guide forestier, métayer et bon à tout faire lorsque l’ouvrage le permettait, dans les fermes et les châteaux au pied des écuries. Il ne demanda jamais beaucoup plus qu’un endroit sec où dormir, le boire et le manger, et resta ça et là pour un temps. Il s'attardait de temps à autres quelques mois, une saison, si la demeure se faisait accueillante : on relativise beaucoup sur l’amour des grands espaces quand on peut profiter pendant tout l’hiver d’une paillasse et d’un coin de cheminée où se réchauffer, ainsi que de la plaisante présence d’une famille, fut-elle étrangère à sa propre lignée.

Solitaire dans son cœur, Ivar ne goûta pas mieux la compagnie de ses semblables qu’après des séjours interminables dans l’isolement de ses errances : sans doute n’apprécie-t-il vraiment les choses que dans le contraste et le changement. D’un extrême à l’autre, en tout temps : parfois de longues semaines furent passées sans qu’il vît âme qui vive, à courir les bois et les landes, à savourer seul les jeux de la lumière dans les feuillages ou les remous des vastes étangs. Il s’attarda souvent dans ces lieux secrets, connus des chasseurs et ermites, quand le roc abrupt plonge depuis les sommets pour s’émousser en vallons sauvages que ne peuplent que les chants des oiseaux et les murmures du vent. Il s’emplit chaque fois de la magnificence de ces paysages, depuis les frimas jusqu’aux campagnes plus douces des frontières de Kaerdum, à leurs bosquets riants et leurs champs florissants. S’il aima, sans doute, ce fut plus encore les spectacles de la nature que tous les êtres qui y vivent. Pourtant, pourtant chaque fois, plus que la nécessité de trouver le boire et le manger et de réchauffer ses os transis, c’est aussi le besoin de compagnie qui le poussa à rejoindre les villages et les hameaux, à goûter le confort d’un coin d’âtre auprès des enfants et des aïeux. Souvent, il colportait les nouvelles, se faisait messager, et portait d’un lieu à l’autre les récits de ce qui se passait dans la vallée voisine, ou à quelques jours de là. Il aimait rendre service, en certaines occasions pour trois fois rien. Il se fit compagnon des ermites et des isolés, visitant ça et là ceux qui vivaient à l’écart, prêtant ses mains et son dos à quelques vieilles gens trop brisés pour bêcher leur potager.

Plus il descendait vers le sud, plus il avait conscience de quitter son pays, son univers familier : soudain, il devenait plus qu’un étranger, soudain un intrus en terre ennemie, mais le caractère aimable et l’honnêteté de Ivar suffirent de temps à autre à lui faire trouver bon accueil. Il fuyait évidemment les villes, préférant des campagnes moins peuplées, mais aussi moins ouvertes à la présence de l’un de ces rustres d’Alsderns qui leurs avaient tant fait la guerre... Ivar renonça très vite à dissimuler ses origines septentrionales, et choisit simplement de s’attarder partout où il était le bienvenu, et tâcher de s'en aller à temps quand il se sentait menacé, ce qui arriva bien plus souvent qu'à son tour. Tout devenait surprenant, là-bas : la langue, les us, les coutumes, si bien qu'il renonça assez vite à pousser plus loin vers le sud. Il se cantonna aux frontières de son pays, là où les gens étaient plus enclins à le recevoir, et y passait volontiers l'hiver, avant de revenir dans le nord quand l'été se faisait plus clément.

Et ainsi, vingt et un ans durant, il arpenta sans relâche des territoires et des routes qui devinrent des lieux presque familiers. Autant qu’il le pût, il rendit visite à sa sœur, dans leur lointaine maison au cœur des bois. Filja avait vieilli à son tour et à chaque rencontre, ses cheveux blanchissaient un peu plus, et son port altier se réduisait un peu tandis que les neveux et nièces s’épanouissaient comme des petits sauvageons. Éric et Vhilde, pour toujours unis, étaient morts dans leur bel âge, et c’est sur les rives d’un lac abrité qu’on avait ménagé pour eux leur dernière demeure. Chaque printemps, on y montait déposer quelques fleurs, quelques offrandes, des perles et des rubans, et Ivar s’y attarda aussi souvent qu’il le put. Il y avait encore tant de souvenirs dans ces forêts à présent bien trop petites pour lui. Au détour de chaque bosquet s’embusquait la mémoire, vivace comme autrefois ; des sensations prégnantes, et la présence si intense de ses parents qui avaient tant modelé leur univers.

L’âge venant, il se dit un jour qu’il serait temps de s’arrêter : poser son paquetage, trouver une épouse et une maisonnée, se bâtir un foyer pour ses vieux jours, tant qu’il avait encore de la force dans les mains. Et puis, il se dit qu’il y avait quelques endroits à voir, ces bois traversés en hiver qui seraient si jolis au printemps, des chasses fructueuses à faire au creux de certains vallons, des paysages encore à peine aperçus, quelques familles dont il fallait prendre des nouvelles, et cette vieille dame isolée à qui il avait promis de rendre visite avec les beaux jours...

Car de fil en aiguille, Ivar devint une figure familière pour bien des fermes, bien des villages. Vingt ans d’errances amènent forcément à tisser des liens, après tout. Bien des enfants grandirent bercés par quelques-unes des histoires fabuleuses que cet étrange bonhomme hirsute se plaisait à raconter à la veillée, et, bien que Ivar lui-même n’en soit pas très fier, il y eut ça et là quelques bébés aux yeux gris et aux cheveux noirs. Il ne manqua jamais de rendre visite à leurs mères — lorsqu’il se souvenait d’elles — et de tâcher de les dédommager autant que possible de ce fardeau qu’il leur laissait. Difficile, dans ces conditions, de songer à s’établir quelque part quand il y avait tant de liens noués, tant d’amitiés en jeu : sans doute aurait-il eu le sentiment de les abandonner, car Ivar ne pouvait se défaire de l’idée qu’il devait encore beaucoup à tous ceux qui l’avaient accueilli un jour et qui lui avaient donné de quoi subvenir à ses besoins. Son affection va à tout être qui vit, dont il aime prendre soin : il y a tant et tant de choses dont il se sent responsable qu’il semble de plus en plus inenvisageable de penser à les délaisser, comme s’il était à la fois père, compagnon, époux pour tant de monde que toutes les aspirations qu’on pourrait avoir sont assouvies par tout cela. Sans doute faudra-t-il un jour s’arrêter, mais il ne peut s’y résoudre, pas tant qu’il a encore la force de continuer.

Il est probable qu'un jour il sera trop tard, mais il sait, confusément, possiblement en se nourrissant d’illusions, qu’il y a quelque part, un endroit où il y aura quelqu’un pour l’accueillir et lui offrir une retraite paisible. Quelques noms, quelques visages, quelques souvenirs imprécis se faufilent alors dans sa mémoire : des vestiges plus ou moins lointains, des évocations de femmes qu’il a pu aimer, un peu, à sa façon. Peut-être y a-t-il quelqu’un pour l’attendre.

Et comme plus que quiconque il prête attention aux rumeurs et à toutes les nouvelles qu’il aime lui-même colporter, Ivar avait prêté l’oreille à ce grand vent de murmures qui s’était levé depuis l’est et était arrivé jusqu’à lui : d’étranges choses s’étaient passées en Kaerdum et la cité oubliée d’Azzura était réapparu. Le monde s’était mis à chuchoter, un million de bruissements, et toutes les légendes, tous les contes avaient refait surface en même temps que d’anciens, très anciens mystères. Les flèches et les tours de la vénérable ville dominent de nouveau le cirque de montagnes qui l’enserrent et ceux qui y avaient été piégés semblent vivre et respirer à nouveau... Le passé revient, s’impose, ramène avec lui sa cohorte de choses oubliées, et des choses plus étranges encore : le monde change, il le sent, et depuis des mois les choses vont à un train qu'il comprend de moins en moins. Du sud proviennent des nouvelles inquiétantes, car on y parle de morts qui reprennent vie, de pierres noires qui s'élèvent vers le ciel, et, plus bas encore, de la créature qui s'était envolée et avait crevé les eaux du lac de Raiendal. Un dragon, disaient les contes. Un dragon ! Et la magie qu'on disait revenue, et tant de prodiges qu'Ivar ne sait plus vraiment où donner de la tête. Il s'inquiète, un peu, pour le futur, pour ses enfants, ceux qui vivent encore, ceux qui ne savent peut-être rien de lui...


Ambitions & Desseins


Ivar est un homme simple. À la toute fin, il est certain qu’il s’établira quelque part, pour enfin fonder un foyer, ou peut-être juste trouver un endroit paisible où finir ses jours. En attendant, il n’aspire qu’à poursuivre son existence sur la voie qu’il a choisie, à travailler de ses mains, à prendre soin de ceux qu’il aime et à profiter de l’errance et des vagabondages qu’il peut s’offrir. L’élan puissant et presque inépuisable qui l’anime se trouve renforcé par les troubles qui s'annoncent : il sait que sous peu prendra fin la paix qu'il a connue, et que si les choses continuent de la sorte, il n'aura plus guère l'occasion de vivre avec la même insouciance qu'auparavant... Et à mesure que s'est annoncée la peste dans le sud, et toutes les rumeurs sur la magie, sur les morts qui marchent et les maléfices qu'on chuchote, il s'est mis en tête de s'enquérir de vieux amis, des anciennes compagnies, de recueillir ce qui existe encore, tant qu'il le peut.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : yes sir !
Moultipass : Mdp validé par pépé



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◈ Missives : 2155

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Sam 4 Mar 2017 - 11:06

Ah, toi. Il y a toujours quelque chose de vrai et d'authentique dans tes récits et dans tes personnages. Une simplicité habilement travaillée par beaucoup de complexité.

J'aime énormément ce nouveau personnage et tu as fait un sans faute.

C'est avec plaisir que nous accueillons encore l'un de tes personnages. Smile