Azzura

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Misra Mihrdat - Lieutenant de la Légion Ordhaleron

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◈ Missives : 21

◈ Âge du Personnage : 29 ans
◈ Alignement : Loyal Neutre
◈ Race : Ordhaleron
◈ Ethnie : Etemmu
◈ Origine : Neya
◈ Localisation sur Rëa : Al'Akhab
◈ Magie : Charge éclair
◈ Fiche personnage : Misra Mihrdat

Héros
Misra Mihrdat

◈ Lun 21 Nov 2016 - 19:32

◈Prénom :Misra
◈ Nom :Mihrdat
◈Sexe : Femme
◈Âge :  29 ans
◈ Date de naissance :6ème jour de Garges de la 61e année de l'ère des Rois
◈ Race :Ordhaleron
◈ Ethnie :Etemmu
◈Origine :Neya
◈Alignement :Loyal Neutre
◈ Métier :Lieutenant de la Légion Rouge


Magie


Charge éclair : Lance une charge en avant

Détails : Permet d'effectuer une charge rectiligne rapide (15 lieues/h soit 50 km/h) sur un maximum de 2,3 perches (15 mètres) sans possibilité de rediriger la charge une fois lancée.

Les propriétés de son corps ne changent pas lorsqu'elle lance une charge et tout impact contre un obstacle peut lui occasionner d'importantes blessures à une telle vitesse. Elle est également dans l'incapacité de faire bifurquer sa charge mais peut l'interrompre au bout de (tps de réaction * 50km/h = ) 12 pieds (4 mètres). A la fin de la charge,son inertie redevient celle qu'elle était au moment du départ.


Compétences, forces & faiblesses


> Arts de la guerre
(Métier engagé : Lieutenant dans la Légion)
- Maniement d’armes blanches (glaive) : Expert
= La Légion forme des soldats avec brutalité. Initiés depuis jeunes, c'est d'autant le cas de Misra qu'elle est fille d'un des plus hauts gradés de l'Empire et surtout, son seul héritier.
- Parade (pavois) : Avancé
= Misra a appris depuis longtemps la technique du combat au glaive et de sa propre défense au pavois.
- Stratégie de combats : Maître
= Les coups sont maîtrisés, la réflexion instinctive. Misra sait user de ses armes sans n'utiliser que sa lame, de ses protections et de ses membres afin de déstabiliser un adversaire, le contrecarrer et l'envoyer à terre.
- Tactique de guerre : Intermédiaire
= Misra sait observer l'organisation d'une armée. Par essence, par lignée peut-être, elle comprend avec grande rapidité ce qui fait le succès ou l'échec d'un affrontement, les tenants et aboutissants de son organisation et surtout, le poids de chacun des pions au cœur d'une bataille.
- Commandement : Novice
= L'apprentissage du commandement se fait tout juste, depuis qu'elle est élevée au rang de Lieutenant.
- Galvanisation : Novice
= Il est du balbutiement de comment s'adresser aux soldats, plus encore basé sur le mépris malgré elle ; elle devra apprendre à savoir guider ses hommes au front pour éviter les désertions.

> Compétences générales
- Linguistique : Gordhien, maître / Kaerd, maître
= Entrer dans la Légion c'est s'obliger à parler ces deux langues à la perfection.
- Lecture & écriture : Maître
= Fille de général, il semble impossible qu'elle n'ait eu les bases précises de la lecture et de l'écriture, tout comme de savoir compter.
- Intimidation : Novice
= Tout comme du commandement, ses tentatives d'intimidation sont basées sur le mépris. Néanmoins, à cela s'ajoute la charge de son pouvoir révélé que ses hommes craignent désormais.
- Esquive : Intermédiaire
= Par son entraînement dans la soldatesque et ses techniques martiales, mais aussi par sa faible carrure, Misra compense par un talent d'esquive, pour ne pas prendre les coups de front.


Misra est une combattante mais elle n’est pas pour autant une tête brulée. Elle reste avant tout une militaire. Obéissance, discipline, esprit d’équipe, courage et patriotisme sont les maîtres mots. En accord avec son désir de grimper les échelons de la hiérarchie militaire, elle est au courant de la plupart des tactiques de son temps et de la manière dont on mène les hommes.

Misra est la fille d'un général de la Légion et même si les deux se détestent au plus haut point, elle jouit malgré tout d'une part de son prestige. A défaut d'être très utile, cela a au moins le don d'attirer l'attention de la hiérarchie sur elle.

La principale faiblesse de Misra est de ne ressembler que trop à une humaine, au point qu'elle ferait une parfaite espionne si elle avait le moindre talent pour la duplicité et le double-jeu. Malheureusement, elle reste désespérément droite et rigide. Il s'agit donc d'une réelle faiblesse dont elle tire la plupart de ses maux. Déconsidérée par ses pairs et physiquement plus faible qu'eux, elle est souvent victime des brimades et du mépris, l'obligeant à redoubler d'effort pour se faire respecter.

Elle n'est guère ouverte d'esprit et s'en tient aux règles établies. S'en éloigner est un déchirement, et pourrait au final la détruire. Chaque pas qu'elle fait en-dehors des sentiers battus entame à jamais le monument d'intégrité qu'elle s'est forgée en lieu et place de sa dignité. Ainsi, elle ne peut concevoir qu'on puisse contourner le règlement, et a du mal à admettre que d'autres puissent le faire impunément. Elle est donc facilement manipulable par une personne ne partageant pas ses valeurs.


Physique



Misra est somme toute une jeune fille fort charmante. Un doux visage serti de deux mires lavande et cerclé d'une chevelure d'orge. Une peau lisse d'une teinte laiteuse évoquant les ethnies Alsderns du grand nord. Ce visage agréable s'articule toutefois d'une gamme d'expression restreinte, Misra ayant pris l'habitude de refouler ses émotions. Sans être renfrognée, la neutralité et un air alerte sculptent généralement les traits de la jeune femme, dont les sourires ne fleurissent que dans l’intimité.

Au premier abord, elle ne souffre d'aucune des déformations dont sont affligés les membres de sa race. Sa musculature, cependant, est bien plus développée que celui d'une femme et ce n'est que nue qu'on peut s'apercevoir que Misra n'est pas humaine. Des muscles étrangement disposés semblent se rejoindre dans son dos là où aurait du se trouver des organes plus impressionnants que les embryons d'ailes inutiles qui remplacent ses omoplates. Rachitiques et écailleux, on les imagine bien mal soulever le corps de la jeune femme pour autant qu'ils puissent se mouvoir. C'est là la seule difformité de Misra, ce qui en fait également une du point de vue des ordhalerons.

Le hasard, ou l'ironie, voulut que les dés de la génétique lui donne une apparence très semblable à celui d'une humaine et c'est d'ailleurs là tout le problème. C'est de cette ressemblance qu'elle doit les trois cicatrices qui la défigurent. Longues, effilés et profondes, elles lui ravagent le visage de la tempe au menton, emportant ainsi sa beauté naturelle telle une pomme gâtée.

Sa taille est, sans surprise, plutôt modeste avec ses cinq pieds et autant de pouces. Elle est encore une fois bien bâtie et jolie à regarder. Cependant, elle masque ses formes derrière une épaisse armure règlementaire dont elle prend soin avec une régularité proche de l'obsession.


Caractère


Misra est une catonienne ; sévère et rigide. Le monde fonctionne comme il est car les règles qui le régissent sont immuables. Il en va de même pour elle-même, la Légion et l’Empire. Il en résulte une femme intransigeante mais honnête, opposée à toute forme de corruption, politique, laxisme ou acte déshonorant. L’honneur est d’ailleurs une qualité qu’elle se garde bien de salir. Ce serait d’ailleurs la seule valeur qui pourrait, à l’occasion, la contraindre à désobéir aux ordres.

Comme tous les membres de sa race, Misra voue une rancœur tenace envers les ennemis héréditaires des ordhalerons. Les horribles histoires sur les atrocités qu’ont fait subir Valduris et Elëar à ses semblables sont rabâchées encore et encore par les anciens. De plus, Misra a d’autant plus de raison de les détester sachant qu’elle fut le réceptacle de la colère des siens qui la voyaient comme l’une des leurs. Cependant, il ne s’agit ni plus, ni moins que d’aprioris. Les qualités martiales d’une personne, indépendamment de sa race, sont la principale source de jugement pour la jeune femme.

Parfait exemple de l’enfant abandonnée, elle a été trop méprisée et dévalorisée par son père pour avoir une quelconque estime d’elle-même. Son désir de plaire poussera Misra à toujours prouver sa valeur afin de gagner le respect des autres, même de ceux pour qui ça ne présente aucun intérêt tel ses ennemis ou de parfaits inconnus.

En vérité Misra n’est pas une mauvaise personne. La cruauté lui est étrangère, tout comme la méchanceté et la barbarie. Elle aime simplement l’armée, se battre, et ses compagnons d’arme.


Inventaire


Equipement :
• Cuirasse d’infanterie lourde de la Légion Rouge
• Pavois
• Glaive
• Lance

Objet personnel :
• Le sceau de sa famille
• Des statuettes grossières en bois de la taille d’un pouce


Histoire




Note de personnelle de Rïannon, ethnologue et explorateur
Neya, -1683 avant l’ère des Rois
Brève étude des Etemmu


Note du traducteur : Ces écrits s’adressent à un lecteur avisé en raison du caractère incomplet et partial de ceux-ci. A noter que le contexte historique implique de nombreux conflits contre la mosaïque de races (dont font partie les Etemmu) qui composera plus tard l’Ordhaleron.

Les Etemmu sont une peuplade barbare vivant un peu partout dans le monde connu ; même s’ils ont tendance à disparaitre suite aux campagnes d’exterminations successives. Il s’agit de grands êtres humanoïdes de sept pieds de haut. Leur peau est humaine même si des écailles semblent pousser aléatoirement sur leur corps. Entre autres caractéristiques bestiales, ils possèdent des griffes, des ailes semblables aux chauves-souris qui leur permettent de planer sur quelques mètres, ainsi que des jambes évoquant des pattes antérieures de chèvres. Leur visage est anguleux et disproportionné, le tout surmonté d’une crinière épaisse que j’ai cru brune pendant très longtemps mais qui, une fois lavée, s’avère blonde.

Je réalise ce recueil, bien qu’incomplet et peu détaillé, afin que de futurs confrères se rendent compte du manque d’intérêt scientifique que représente cette ethnie par rapport aux risques pris afin de les étudier. Comme vous le verrez dans les lignes qui suivent, cette race est primitive et peu évoluée.

Language

Les Etemmu utilisent un dialecte aux tonalités peu variées et à la grammaire inexistante. Seule la syntaxe permet de former des phrases à peu près compréhensibles. Cependant, il est évident que ce langage primitif ne permet pas de décrire des concepts complexes. Je n’ai pu isoler que quelques mots et y assigner une signification. En tant que linguiste, j’ai très vite abandonné l’étude de ce dialecte tant il semble vide de toute complexité et donc inintéressant. Cette ébauche de lexique vous donnera peut-être une vague idée des aventures que j’ai vécues en tentant d’en apprendre plus :

Krar : Tuer
Shirah : Manger, ou Tuer
Dat : Serviteur
Firhr : Etranger, ou Esclave, ou Faible
Mirh : Mort
A'Krar : Tuer

Coutumes et Religion

C’est deux notions se confondent plus ou moins chez ce peuple. Je tairai certaines pratiques au nom de la pudeur et des bonnes mœurs, mais d'autres sont particulières et méritent d’être retranscrites :

Le culte aux morts :
Il s’agit de dévotion se faisant dans l’intimité, si possible. Il s’agit d’un de leur rare moment de recueillement. La cible des prières n’est pas parfaitement attestée, mais il s’agit la plupart du temps de leur ancêtre ou de héros, voir de proches dont ils entretiennent le souvenir.

Sont adressées à des représentations artistiques de ces morts, les prières et les offrandes ; en nourriture, en litanies ou en sacrifice. Ces dévotions sont vaguement codifiées, même si chaque individu semble avoir ses propres pratiques.

L’Exposition :
Lors d’une naissance, il revient au père d’examiner le nouveau-né afin de détecter la moindre trace de difformité. Si difformité il y a, alors le père est en droit de ne pas reconnaitre l’enfant et de l’Exposer. Le nourrisson est alors abandonné au sol par le père jusqu’à ce qu’un autre le recueille ou qu’il meure de faim, de soif ou de froid. A noter que cette méthode d’eugénisme est courante chez les ethnies guerrières qui valorisent la force et la santé.

L’Aruspice :
L’absence de structure hiérarchique stable oblige les membres de cette race à s’appuyer sur les augures de mystiques pour prendre les décisions concernant toute la communauté. Ceux-ci sont souvent des membres trop vieux ou aux qualités martiales médiocres qui peuvent ainsi contribuer à la vie de la tribu. Les divinations ne semblent pas corrélées à une religion et constituent plutôt une série de jeu de hasard avec des règles établies à l’avance permettant de prendre une décision.  

Nuisance pour les races civilisées et Répartition
Les Etemmu sont agressifs envers les autres races, et leur culture est essentiellement basée sur la guerre. Ils représentent plus une nuisance pour les royaumes qu’un véritable danger, ceux-ci étant trop peu nombreux pour s’essayer à une invasion à grande échelle, se contentant de pillage et autres rapines. Ils sont cependant connus pour leur intrépidité et ne fuient pas devant les armées envoyées pour les contrer. C’est pourquoi il est simple de se débarrasser d’eux. Ils ont pratiquement disparus des territoires Valduris et Elëar où ils ont été exterminés. Il subsiste certains clans dans les régions reculées et inhospitalières de notre monde.

Place des femmes dans la société
Comme chez les humains et les elfes, il existe une dysmorphie entre mâle et femelle. Les femelles Etemmu ayant une constitution plus faible que les males. Il s’agit là de la principale raison pour laquelle elles sont dépréciées et traitées comme faibles. J’en veux pour preuve que certaines femelles sont tout de même respectées car elles ont réussi à s'imposer parmi les guerriers de leur clan. Cependant, il est évident que dans cette société sauvage et belliqueuse, les femmes partent avec un désavantage génétique certain.


Ma déception
61 ère desRois

La terre était froide et endormie, mais loin d’être morte. Baignée dans la lumière argentée des étoiles blafardes puis du rougeoiement palpitant des braseros disposés çà et là dans le campement, la vie suivait son cours inébranlable et éternel. Dans une hutte encore arrosée de lumière malgré l’heure tardive, une femme hurlait tout son soul, cherchant la force de terminer ce qui avait déjà commencé neuf mois plus tôt. Dehors et exclu de ce tumulte, une sombre créature foulait rageusement les pics d’herbe moirés. Sa stature était imposante, son souffle bestial. Une démarche piétinante due à des genoux inversés et les soubresauts de ses gigantesques ailes démontraient qu’il ne s’agissait pas là d’un être humain mais bien d’un monstre d’ordhaleron. Et pas n’importe lequel, un des généraux de la sinistre Légion Rouge, violent, cruel, et dénué d’amour.

Soudain les cris cessèrent et le général fut de nouveau envahit par l’angoissant concert nocturne des insectes grinçants et des feuilles bruissantes. Un temps plus tard, une vieille femme dissimulée dans les ombres de ses longues loques poussa un pan de la hutte, les bras chargés d’un nouveau-né.

-Frisha ?! Demanda le père d’une voix gutturale.

-Morte d’épuisement, annonça la vieille avec des accents reptiliens.

Aucune once de chagrin ne traversa les traits durs du démon, se contentant de désigner les langes gesticulantes.

-Une fille.

Un rictus méprisant anima cette fois les lèvres rêches du patriarche. Les femelles sont naturellement moins fortes que les mâles. Que voilà un piètre héritier pour l’auguste famille des Mihrdat, illustre guerriers de l’Empire depuis des générations.

-Srah ! Déplora le paternel dans la vieille langue de son peuple.

Déception…

Le démon arracha l’héritière à la vieille serpentine qui ne la lui confia qu’à contre cœur. Il poussa un pan du tissu qui l’enveloppait et fut frappé d’effroi. Avec rage, il découvrit entièrement l’enfant et l’inspecta sans masquer sa répulsion. Pas d’écailles, pas de crocs, pas de griffes, pas d’ailes ou bien de misérables moignons.

-Quelle est cette mauvaise farce ?! Gronda le général. Elle ressemble à la vermine Valduris, faible et fragile. Je devais avoir la fièvre quand je l’ai engendré. Que mes ancêtres en soient témoins, je ne la reconnais pas.

Sur ces mots, il déposa l’enfant au sol. L’exposition était un droit immuable du père. Le nouveau-né était laissé là tant qu’il n’était pas réclamé par un autre pour l’adoption ou bien par une bête sauvage. La plupart du temps, ces derniers étaient plus prompts à décider du sort de l’enfant.

La vieille interpella alors le père qui s’en détournait déjà, trouvant les mots justes pour lui faire faire volteface.

-Quel gâchis ! Fais comme il te sied seigneur Morgo mais n’oublie pas mon oracle. Il s’agissait de ton premier et dernier né. Jamais plus tu n’auras de descendance. Jamais je ne me fourvoie dans mes augures.

L’hésitation semblait étreindre le général, tourmenté entre la honte de reconnaitre un enfant difforme et la peur de condamner sa lignée. Un regard mauvais fut adressé à la sage-femme qui semblait également être une voyante respectée par son peuple pour ainsi plonger dans l’incertitude un personnage aussi impulsif.

Finalement le démon revint et arracha rageusement le nourrisson du sol. Il planta ensuite ses griffes d’obsidienne dans les joues joufflues du poupon lui arrachant un terrible cri de douleur. Il traça de profonds sillons gorgés de sang, déchirant la peau de pêche aussi facilement que la chair du dit fruit. Le monstre brandit ensuite l’enfant braillant au-dessus de sa tête, un épais coulis carmin dévalant son avant-bras.

-Ma fille. Ma déception. Mi Srah…

L’impitoyable général de la Légion Rouge se débarrassa ensuite de l’enfant hurlant et s’en fut, disparaissant dans des ténèbres dont son cœur semblait composé.


L’épreuve des larmes
86 ère des Rois


-Mes ancêtres de sang, mes ancêtres d’âme, recevez mon hommage, entendez mes prières, goûtez mes offrandes. Donnez-moi la force de vaincre mes ennemis, ou rappelez-moi à vos côtés.

La suite de la prière se fit à demi-mot. Seules les lèvres de Misra s’agitaient délicatement tandis qu’elle se tenait droite, les paumes écartées vers le ciel, ses précieuses figurines en bois disposées sur un faudesteuil en guise d’autel. Soudain, une voix interrompit ses dévotions.

-Allez les novices, il est temps d’y aller. Faites-nous honneur !

Précipitamment, Misra attrapa ses fétiches et les fourra dans sa bourse avant d’ajuster les dernières sangles de son armure. Les autres jeunes gens de son âge faisaient de même dans les vestiaires de l’arène, finissant les derniers préparatifs avant la grande épreuve de leur vie. La jeune femme, d’apparence calme, attachait son baudrier d’où pendait son glaive tandis que ses mires d’azur dérivaient distraitement sur les reliefs en stuc de la salle ; un héritage involontaire des Elëar qui vivaient jadis ici.

Lorsque vint le moment de faire son entrée, Misra se mit naturellement en rang près d’un combattant à la carrure d’ours. Il en avait même la pilosité, et la mâchoire sertie de crocs menaçants. Ce dernier avisa la présence du petit bout de femme à sa droite et afficha un sourire goguenard.

-Il parait que c’est le général Mihrdat qui préside l’épreuve cette année, glissa-t-il de sa voix pierreuse. Alors crevette, pas trop le traque d’avoir à se battre devant papa ? Krkrkrkrkr !

Le mi-ours flanqua une bourrade dans le dos de la jeune fille qui, loin de s’emporter, expulsa un rire éraillé par la nervosité. Difficile à croire mais cette créature ursine à l’aspect patibulaire était, pour Misra, ce qui se rapprochait le plus d’un ami. Et même si l’amitié était un concept assez particulier dans l’esprit d’Ordhaleron, il s'agissait là d'une relation basée sur un respect mutuel et sur deux caractères se mariant à merveille.

-Grizz… Evite de croiser mon chemin quand nous serons sur le sable. Tu as tendance à perdre tes poils quand tu as peur. C'est une plaie à nettoyer.

Le dénommé Grizz redoubla de son rire grinçant mais ne put lui retourner la réplique, car enfin, les lourdes portes de l’arène s’ouvraient, laissant éclater le soleil de midi et les ovations de la foule rassemblée pour cet évènement. Misra faisait fi de cette excitation et cette tension pesante qui vous plaquait la poitrine jusqu’à vous empêcher de respirer. Dorénavant, il n’y avait plus qu'un ennemi et une épée. Le but étant de faire se rencontrer ces deux protagonistes. Pas besoin de réfléchir. Vingt ans à manier ce morceau de métal affuté suffisait à rendre chaque mouvement aussi naturel qu’un réflexe. Il n’y avait plus qu’à se laisser porter par la danse mortelle.

Le combat… Les cris… Le fracas des armes… Et des morts, par dizaines.

Combien d’adversaires Misra avait-elle terrassée ? Combien déjà ?... La jeune femme avait perdu toute notion du temps. Il y avait du sang partout mais elle était certaine que ce n’était pas le sien. Elle faisait maintenant face à un lancier qui l’aiguillonnait en la maintenant à distance avec la pointe de son arme. Une feinte prise à contrepied et la jeune femme grignota la distance de sécurité que le guerrier tentait d’imposer. Enfin à portée d’épée, l’amateur d’hast devint une cible facile et dégorgea ses intestins lorsque l’acier glacé lui ouvrit la panse. A peine l’homme avait-il fini de s’écrouler mort, que Misra cherchait une nouvelle cible pour étancher sa soif de sang.

Au moins la moitié des participants gisaient morts sur le sable à l’heure qu’il est. Le chaos qui avait auparavant régné, s’était quelque peu calmé. L’espace entre les combattants étant maintenant suffisant pour voir éclater ici et là des duels longs et âprement disputés. Le regard de Misra fut attiré par le couple de bretteurs le plus proche et dont un vainqueur finit par se démarquer. Grizz venait d’arracher sauvagement la gorge de son adversaire d'un coup de crocs alors qu’ils étaient en prise lame contre lame. Ce dernier se mit également à chercher un nouvel adversaire, la gueule dégoulinante de sang frais, quand ses yeux fauves croisèrent ceux de Misra. Les deux amis ne pouvaient tout simplement pas s’éviter. Le choix des adversaires était dicté par la proximité afin d’éviter toute alliance qui était considérée comme une stratégie de lâche. Les deux le savaient bien et c’est pourquoi ils se jetèrent l’un contre l’autre.

Le petit bout de femme ne fit pas l’erreur d’accuser la charge de l’ours et amorça plutôt un pas de côté en envoyant son épée arracher un chiche filet de sang à celui-ci. La blessure enragea Grizz qui rugit en lançant une série d’assaut bestiale. Misra bloquait tant bien que mal mais son adversaire la dominait tant par sa force incommensurable, que son allonge imparable. Son bras commençait à la brûler tandis que l’épée gémissait à chaque coup porté sur sa tranche. Alors que le prochain impact ferait éclater sa garde à coup sûr, Misra tenta une riposte désespérée qui ne trancha que l’air mais eu l’avantage de faire reculer son assaillant. Les deux se tournèrent alors autour à la recherche d’une faille ou d’une nouvelle stratégie. Ce fut la jeune femme qui attaqua en première. Le fer se rencontra, les adversaires s’empoignaient, chacun essayant de repousser le bras armé de son opposant entravé dans un sarment de phalanges blanchies par l’effort. Ce fut bien évidemment Grizz qui eut l’avantage à ce petit jeu de force pure, arrachant un petit cri à la jeune femme lorsqu’il lui tordit le poignet. Ce fut à son tour de couiner lorsqu’elle se dégagea suffisamment pour lui écraser son gantelet de fer dans le museau. Une fois, deux fois, et une troisième qui fit sauter l’une des longues canines de l’ordhaleron. Le point faible des ursidés était également celui du mi-ours qui fit un pas en arrière, ébloui par la douleur. Le prochain coup de Misra fut cependant donné avec le pommeau de l’épée qui envoya le vaincu au tapis. Et alors que Grizz reprenait contenance en se hissant sur ses genoux, elle était déjà derrière lui, le glaive sur sa gorge velue.

C’est alors qu’une longue note gutturale retentit dans toute l’arène, soufflant les esprits combattifs comme autant de chandelles. Comme Misra, certains tenaient également leur adversaire en joug, interrompus dans leur élan et hébétés. C’est alors qu’une ombre bien connue se découvrit dans la tribune officielle. Le général Mihrdat, qui venait de faire sonner la corne, s’avança en balayant les survivants d’un regard sans âme. Il semblait presque déçu que sa fille fasse partie de ceux-là mais il n’en laissa rien paraitre et les interpella en ces termes :

-Vainqueurs ! Vous avez réussi l’épreuve. Vous ne mourrez pas ici pour abreuver le sable, mais dans la Légion. Maintenant, achevez vos adversaires et mettez-vous en rang devant moi.

Les jeunes gens, soulagés et encore étourdis par la fièvre du combat, obtempérèrent en exécutant proprement les vaincus avant de se positionner en ligne devant le général, la fierté illuminant leur visage.

Seul Misra n’avait pas bougé…

Comme une statue, elle restait immobile, Grizz à sa merci, la pointe du glaive contre sa gorge. Le temps s’étirait dangereusement jusqu’à ce que de nombreux murmures hostiles traversent la foule impatiente. Même certains combattants interloqués se retournaient sur la jeune femme qui semblait… quoi ?... hésiter à tuer ?

-Qu’est-ce que tu fous, crevette ?! S’emporta le mi-ours tenu en respect. Aller ! Frappe ! Je suis vaincu… Mets fin à ma honte ! Ils nous tueront tous les deux sinon.

En effet, les murmures de la foule se faisaient de plus en plus menaçants. Le général, lui-même, exsudait de rage, prêt à mettre fin à la mascarade. Une Mihrdat qui hésitait à donner la mort, devant tout le monde qui plus est. Encore un nouveau revers qui vient ternir le nom de sa famille.

-Non, gémit Misra. Lorsque… Quand la corne retentit, les survivants remportent l’épreuve. C’est la règle. C’est… C'est la règle…  

Têtue comme une mule, Misra ne semblait pas bien saisir la gravité de la situation. Son épée si fermement armée pour frapper, commençait à mollir, tremblotante et dénuée de volonté. La jeune femme jeta un regard suppliant à son père afin qu'il révise son jugement. Peine perdue…

-Faut vraiment tout faire ici..., se plaignit l'Ours d'un ton bourru.

C’est avant que la situation ne s’envenime plus avant que Grizz se détendit d’un seul coup. A la surprise de tous, il attrapa fermement le bras d’arme de son adversaire et tira violement ... vers lui. L’épée s’engagea alors de tout son long dans sa gorge, laissant s’échapper un magma sanguin qui vint empoisser sa fourrure brune. Le tout sous le regard horrifié de Misra.

Le brave s’écroula de tout son poids en avant, rejoignant les morts gisant sur le sable de l’arène. Misra, interdite, resta pétrifiée quelques instants avant de finalement lâcher son glaive comme s'il était en feu. Tel un spectre, elle vint se ranger docilement aux côtés de ses camarades victorieux. Elle ne semblait même pas entendre le général qui statuait sur son sort. En effet, elle méritait la mort pour avoir fait preuve d’autant de faiblesse, mais par respect pour le geste de bravoure et le sacrifice de son adversaire, sa peine serait réduite au fouet. Qu’importe. La jeune femme n’y prêtait pas attention, ni aux remontrances du général, ni à sa harangue en l'honneur des glorieux vainqueurs de l’arène. Quelque chose venait de se briser en elle. Un vide s’était formé. Un vide qui ne se comble que de haine et de vengeance…

Misra leva alors la tête vers son paternel, ses mires froides comme la glace imprégnée de colère, translucides et scintillantes à travers le rideau de larmes rageuses qui menaçaient de s’écouler sur sa joue striée de cicatrices.

Je te tuerais, père. J’en fais le serment…



L’invasion d’Al’Akhab


Misra expulsa tout l’air de ses poumons sous le choc gargantuesque qu’encaissa cuirasse et bouclier. Le sabot était passé à un cheveu de sa tempe, promettant une mort fulgurante s’il avait touché. Comme ses camarades, elle fut renversée par la charge de cavalerie qui fauchait les lignes désorganisées comme autant de faux dans un champ de blé.

-Retraite ! Retraite ! Continuait de brailler le lieutenant paniqué, voyant ses troupes se faire engloutir par les cataphractaires.

Cet idiot avait plongé la confusion dans la cohésion de la légion en ordonnant la retraite alors qu’ils auraient facilement pu encaisser la charge. Quelle idée de faire replier l’infanterie lourde face à des cavaliers ! Le mur de bouclier bardé de lance s’était délité sous les ordres incongrus, offrant un tapis rouge sanguinolent au Shardas.

Ouvrant les yeux et ignorant le sifflement aigu qui vrillait ses tympans, elle avisa que le monde était de travers, le sol penché. Dans le sable gisait une petite figurine en bois, représentation grossière d’un ours rugissant.

-Grizz…

Misra empoigna le morceau de bois taillé et s’extirpa de la boue dans laquelle elle était tombée.Esquivant les cavaliers de la colonne qui se ruait en avant, elle rejoignit tant bien que mal les fuyards qui tentaient de se réunir sous le couvert d’un bosquet de dattiers que flanquait un petit oasis. A raison puisque les cavaliers reformaient tant bien que mal la colonne cherchant une nouvelle cible à découvert dans ce champ de bataille disparate.

-Vos ordres, Lieutenant, exigea-t-elle, pas le moins du monde perturbée par la débacle.

Comme celui-ci, sous le choc, tardait à lui fournir une réponse cohérente, Misra s’en détourna bien vite haranguant les troupes à la pointe du glaive.

-REFORMEZ LA LIGNE ! Ordonna-t-elle à la troupe délestée de la moitié de ses forces. On retourne au combat !

-Tu ne donnes pas d’ordre, avorton, feula un soldat à l’épaisse crinière. Je ne reçois mes directives que de mon supérieur.

Misra considéra un moment le contestateur qui la dominait d’une bonne coudée. Elle retira finalement son casque et dévoila son faciès de jeune donzelle innocente. Alors que celui-ci se déformait d’un sourire carnassier, elle lança une fulgurante charge en avant à l’aide de sa magie. Trace aux couleurs déformées qui s’étirait sur tout le long de la rétine, la tornade de métal ne reprit une forme précise que lorsqu’elle s’arrêta devant son interlocuteur, un poing vêtu de métal déjà armé devant son nez. La masse de fer s’écrasa sur la truffe du mutin qui explosa comme une pèche trop mûre, l’envoyant bouler un peu plus loin. La démonstration de magie intima au reste de la troupe un mouvement de recul instinctif, tandis que la guerrière se nourrissait de cette peur pour en repaître son aura menaçante.

-Il n’y a personne d’autre ?! Rugit-elle en balayant ses compagnons du regard. Y’a-t-il un ordhaleron qui ne veut pas se battre ?! … Personne ? Alors, sus aux Peaux-Douces, exterminez-les ou regardez-moi faire en tremblant !

Même si la jeune femme tentait tant bien que mal de garder le change avec son air féroce, elle n’en était pas moins estomaquée par ce qu’elle venait de faire. Son pouvoir était nouveau pour elle et à force de l’exercer, celui-ci parvenait à la mettre sur un pied d’égalité avec ses pairs, voir plus. Voilà pourquoi elle se permettait de telles mystifications. Les autres soldats affichaient un air circonspect. Bien entendu qu’ils voulaient tous en découdre mais l’obéissance aveugle à un non-officier n’était pas dans leur habitude. Cependant, Misra semblait avoir fait bonne impression puisqu'un chœur de mugissement retentit tandis que la troupe se mit à charger. Elle entreprit donc tant bien que mal de les suivre alors qu’ils se ruaient sur les cavaliers ennemis qui se faisaient maintenant un plaisir de massacrer quelques cohortes d’archers sans défense.

-La ligne, leur rappela-t-elle tant bien que mal. Formez la ligne ! Merde…

A coup de pavois et de bourrades, Misra finit tout de même par mettre un peu d’ordre dans la horde furieuse qui se ruait littéralement en devant de la cavalerie ennemie. La ligne de bouclier fut finalement reformée, lances en avant pour accueillir l’ennemi qui caracolait pour finir le travail. Cette fois la cavalcade enorgueillie s’abima sur la phalange hérissée de pics, tandis que la seconde ligne achevait équidés ruants et cavaliers brisés. Alors, les renforts du Major arrivèrent pour finir de briser la colonne qui hennissait de terreur. Et tandis que ses hommes finissaient d’anéantir l’ennemi, il s’arrêta devant la 11e cohorte d’infanterie lourde qui avait brisé la ligne et prit la fuite devant l'ennemi. Il aboya après les soldats penauds à la recherche d’une explication pour cette pitoyable débandade indigne de la Légion Rouge.

-Les hommes n’ont pas suivi les ordres, se justifia le Lieutenant. Je voulais opérer un repli tactique vers un terrain impraticable pour la cavalerie, mais les soldats n’ont obéit que lorsque c’était trop tard. Je recommande le châtiment de la décimation pour leur désobéissance.

Une sueur froide glissa malgré elle dans le dos de Misra. La décimation était un châtiment aléatoire et cruel. Tous les soldats la redoutaient avec raison. Heureusement, le Major n’opta pas pour cette option faisant plutôt sauter le crâne de son subordonné avec l’arête de sa targe. Il lui fallut du temps et du cœur à l’ouvrage pour finir de transformer la tête de feu Lieutenant en une bouillie de sang et d’humeur informe.

-Mihrdat ! Appela-t-il en lui faisant signe d’approcher.

Une moue contrariée s’était fixée sur le visage de la jeune fille, non à cause de la barbarie de l’acte ou la peur d'un sort similaire, mais plutôt car la méthode d’exécution n’était pas réglementaire. Les voleurs étaient pendus, les lâches et déserteurs étaient crucifiés, les insubordonnés étaient fouettés. Tout ceci était déraisonnable…

-Tu es promu Lieutenant de la 11e cohorte à la place de cet abruti. Vois ce qui arrive à ceux qui me déçoivent.

Misra ne jeta pas un seul coup d’œil au corps privé de son chef qu’on lui désignait et bomba fièrement le torse en adressant son salut le plus impeccable.

-A vos ordres !

Elle exultait…

A peine quatre ans après l’épreuve de l’arène où elle ne s’en était sorti que de justesse, sauvée par le gong, et elle montait déjà en grade. La guerre était définitivement la meilleure façon de se distinguer. Pourvu qu’elle se poursuive…



Ambitions & Desseins


Misra ambitionne ni plus, ni moins que le grade de Général dans la Légion Rouge. Son but est de prouver à son père et à elle-même qu’elle n’est pas faible et qu’elle peut se hisser au même grade que lui, prouvant ainsi qu’elle est son égal. Dépasser en prestige ce monstre infâme, avant de le supprimer proprement, est le rêve de toute une vie.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé d'au moins 18 ans ? : Oui
Moultipass : Ok par Harden

Crédits : Personnage inspiré de Lucius Vorenus (Rome) – Avatar : Yangzhey

Félicitation pour l'ordonnancement de l'information sur ce forum. Tout est clair et accessible. Les hyperliens nombreux aident beaucoup dans ce but.

Pour information, le lien http://azzura-rpg.fr/index.php?page=ephemeride dans le template de fiche de perso est mort.


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◈ Missives : 2155

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
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◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Mar 29 Nov 2016 - 20:06

Je te souhaite enfin la bienvenue ici, chère Misra !

PS : je préfère Pullo.

Je t'invite à créer ton journal de bord en partie Parchemin des Héros, puis si ce n'est pas encore fait, à renseigner ton profil avec les informations relatives au personnage.

Je te souhaite bon jeu !