Azzura


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Aerandir Ciryior, le cavalier pâle - Roi de Desde

avatar
◈ Missives : 3

◈ Âge du Personnage : 280 ans
◈ Alignement : Neutre-Bon
◈ Race : Elëar
◈ Ethnie : Elëar de l'Aube
◈ Origine : Desde, Seregon
◈ Localisation sur Rëa : Desde
◈ Magie : Suggestion
◈ Fiche personnage : Par Ici.

Âme Damnée
Aerandir Ciryior

◈ Dim 6 Nov 2016 - 0:23

◈ Prénom :  Aerandir
◈ Nom : Ciryior
◈ Sexe : Homme
◈ Âge : 280 ans
◈ Date de naissance : 1er Lunae d’Ordo, de l’an 848 de l’Ere de la Paix
◈ Race : Eleär
◈ Ethnie : Eleär de l'Aube
◈ Origine : Seregon, Desde
◈ Alignement : Loyal-Neutre
◈ Métier : Roi de Desde


Magie


Magie Psychique : Suggestion

Capacité d’implanter dans l’esprit d’autrui une idée, une question ou un comportement de manière subtile. La force de cette capacité est le caractère pernicieux de celle-ci, la victime n’ayant pas conscience d’être manipulée. Cependant, cette capacité dispose de ses limites, certaines venant de sa propre fonction et d’autres du mage. Le souverain de Desde n’a ainsi pas encore pris le plein potentiel de cette capacité et ne s’en sert aujourd’hui inconsciemment que pour faire douter ceux qu’il questionne. La suggestion quant à elle pourrait être visualiser à la forme d’une graine. Si le mage est à la source de sa création, c’est le comportement de la victime qui servira de tuteur à la plante naissante et influera sur l’aspect final de la réflexion.  


Compétences, forces & faiblesses


Art des politiciens/marchands :
- diplomatie/négociation : maître en temps normal, médiocre lorsqu'il s'agit des Vreen
- intimidation : intermédiaire en temps normal, maître lorsqu'il s'agit de défendre les Eleärs
- perception auditive : intermédiaire
- évaluation :expert
- psychologie : expert
- pressentiment : novice. Aerandir a déjà eu des pressentiments mais ces derniers sont toujours extrêmement vagues

Connaissance :
- géographie mondiale : maître
- coutumes et modes de vie : expert
- histoire : maître
- artefacts : novice
- noblesse et royauté : maître
- folklores et légendes : intermédiaire
- organisations religieuses : intermédiaire

Langues :
- Eldimer : intermédiaire
- Demeri : maître
- Nymeriin : maître
- Kaerd : expert
- Eressåe : intermediaire

Art des combattants
- combat à mains nues : intermédiaire
- combat armé : intermédiaire (maître avec un arc)
- stratégies de combat : expert
- stratégies de guerre : expert

Art des Sages
- concentration : maître
- connaissance de la flore et de la faune : maître

Arts de représentation
Danse : expert
Luth : maître


Forces:
- Son courage
- Son charisme
- Sa maîtrise à l'arc
- Son intelligence


Faiblesses:
- Sa haine irraisonnée pour les Vreëns peut le pousser à des actes regrettables  
- Sa force physique, typique des Eleärs
- La dureté de son coeur



Physique


 
Aerandir est doté du physique classique des Eleärs. D’une taille qui frôle les 5 pieds et 8 pouces (1m85 environ), il est taillé tout en finesse et en souplesse et à l’instar de ceux de son peuple, il n’est pas vraiment fait pour les épreuves de force pure. Les traits de son visage sont fins mais durs et son nez est droit et altier. Malgré ça il dégage une beauté certaine et plutôt que de le desservir, cette dureté ajoute un côté inflexible à son charisme naturel. C’est un visage qui a connu la joie, mais également les souffrances et les peines. Sa bouche est fine et sa mâchoire est volontaire. Pourtant, lorsqu’il sourit, on peut entrapercevoir l’insouciance qui fut la sienne par le passé, mais pareil au fantôme d’une caresse sur la peau nue, ces sourires disparaissent aussi rapidement qu’ils sont apparus.

Ses yeux sont d’un bleu profond et ses sourcils effilés donnent à son regard une force et un magnétisme certains, comme s’il était capable transpercer tout ce qu’il voyait. Il est très difficile de détourner le regard lorsqu’Aerandir plonge le sien dans celui de son interlocuteur. A l’époque où il était encore le Prince Bien-Aimé, on disait que ses yeux étaient d’un bleu éclatant, qu’ils rappelaient une chaude journée d’été, mais maintenant, ils font penser au ciel glacé d’une journée polaire. Il manque un bout à son oreille droite, vestige d'une attaque qu'il a subi dans sa jeunesse. Lorsqu’il se regarde dans le miroir, cette blessure lui rappelle pourquoi il ne peut se permettre la bonté qu’était celle de son père, le roi Aldaron.

Ses cheveux sont d’un noir de jais et il les porte longs, les laissant le plus souvent librement cascader dans son dos. Il lui arrive également de les porter en queue de cheval, lorsqu’il monte ou qu’il se livre à une quelconque activité physique.

Ses mains sont fines mais puissantes et marquées de cales nées de ses longs entrainements à l’arc. Si son père était considéré comme un roi bienveillant et aimant, Aerandir a décidé qu’en ces temps troublés, Desde avait besoin d’un roi guerrier et protecteur.



Caractère


 
Dans sa jeunesse, Aerandir était surnommé par les Eleär de Desde le Prince Bien-Aimé tant l’amour qu’ils portaient à l’héritier de leur grand roi était fort. A cette époque, il était insouciant, riant de tout avec tout le monde. La joie transparaissait dans son visage et même le plus inconsolable des Eleär ne pouvait rester peiné en sa présence, tant le Prince transpirait la joie de vivre. Rarement triste et jamais pour longtemps, il pleurait les souffrances de son peuple et pleurait encore plus la folie des Vreën qui les affligeaient.

Tout changea lors de ce tragique événement qui vit Tinúviel le quitter, victime de ces mêmes Vreën qu’il avait pris en pitié pendant des années. Cet événement marqua un tournant dans sa vie. C'est à ce moment là qu'il découvrit pour la première fois ce que c'était que de ressentir de la haine. Pendant dix ans, le caractère d'Aerandir oscilla tantôt entre la rage, tantôt entre l'envie d'accepter cette mort et de pardonner aux Vreën. Finalement le temps faisant les choses, la blessure que représentait la mort de Tinuviel finit par se refermer et la douleur devint supportable. Cependant le doute continua d'assaillir le Prince qui ne savait plus comment considérer les royaumes voisins. La mort de l'Ancien Fëanturi finit par le convaincre qu'il était temps pour lui de confronter ses incertitudes au monde extérieur. Il partit en périple à travers les trois royaumes Vreën afin d'observer la vie des Eleärs à l'extérieur de Desde. Ce voyage fit pencher la balance vers la colère et ébranla sa foi en le genre humain. Les années passèrent et inlassablement, les exactions des Vreën firent qu'il abandonna tout espoir pour ce peuple cruel. Ses désillusions consécutives sont à l'origine de la haine viscérale qu'il éprouve pour les humains. Son peuple a trop souffert et il ne le supporte plus.


Malgré ça, Aerandir n’est pas un être froid. L’amour qu’il porte pour son peuple est infini et il donnerait sa vie pour Desde. La joie ne l’a pas totalement déserté. Il sait rire encore, même si ses rires sont plus rares. Il est courtois et d’agréable compagnie. Il sait se montrer charmeur, malgré une certaine distance qu’il impose inconsciemment à ses relations. Fin danseur, il est un véritable virtuose lorsqu'il joue de son luth et tire de son instrument des sons magnifiques. Il sait encore apprécier la beauté du monde mais cette colère qui l’habite le ronge lentement, pour le plus grand désespoir des Eleärs de Desde. Il devient de plus en plus dur, confondant force avec dureté, ce qui pourrait lui être fatal car là où l’homme fort triomphe, l’homme dure se brise.



Inventaire


Aerandir s'habille sobrement mais avec des vêtements de qualité. Il préfère les teintes claires ainsi que les tuniques. Son père lui offrit plus jeune un arc de chasse qu'il a conservé depuis et sa mère un luth sur lequel il joue encore.


Histoire


Très chère Mère,

Voilà des jours que j’essaye d’écrire cette lettre mais je t’avoue avoir eu un mal fou pour prendre le temps de me poser et de coucher sur ce papier tout ce que j’ai vécu depuis que je suis arrivée. Oh Mère ! Si tu savais l’incroyable moment que je passe ici, à Vyre, au milieu de ces arbres qui semblent plus majestueux et mystérieux que ceux de notre village de Syl’Rivia.

Je suis arrivée à Vyre le soir d’Astar, juste à temps pour assister au début des célébrations en l’honneur de la naissance du petit Prince, héritier de notre aimé Roi et de sa belle et douce Reine. Des décorations florales illuminaient les rues, la musique emplissait l’air, les gens dansaient et chantaient. Des artistes venus de tout le royaume improvisaient des spectacles à chaque coin de rue, les auberges offraient le gîte et le couvert et personne ne travaillait. Partout, ce n’était que joie. Moi aussi j’ai pris part à cette célébration de la vie. J’ai chanté mon amour de ce petit être déjà adoré par son peuple, j’ai bu en son honneur en lui souhaitant d’être aussi bon et magnifique que l’est son père, j’ai dansé pour qu’il soit aussi gracieux et digne que sa mère. J’ai croisé des Villileär, de passage dans la cité et même quelques-uns de nos frères de l’île des mirages. Tous s’amusaient également à la gloire de notre Roi, de notre Reine et du Prince. Si tu savais comme cette vision m’emplis de joie, Mère, car malgré nos différences, nous restons des frères et des sœurs unis par le même amour de la vie.

La nuit était bien avancée quand tout le monde s’est rassemblé dans la Grande Place de Vyre où trône Thalion l’Inébranlable, l’arbre majestueux qui était déjà vieux quand nos Anciens gambadaient dans leur prime jeunesse. Tous les Eleär semblaient s’être rassemblés et ceux qui n’avaient pas trouvé place étaient montés sur les toits des bâtiments qui encerclaient la place. Quatre routes, situées aux quatre points cardinaux, permettent d’accéder à cette place et trois d’entre elles étaient bondée. Seule celle de l’Est, là où naît l’Aube était restée vide. Une grande estrade avait été construire à l’ombre de l’arbre millénaire, pour le moment déserte. À mes oreilles bruissait le murmure de la foule, impatiente et excitée. Un charmant Villileär rencontré plus tôt, du nom d’Alecto, m’avait offert de monter sur ses épaules pour que je puisse profiter d’une vue privilégiée. Les minutes s’étirèrent et je me fis de plus en plus impatiente.


Soudain, un bruit de cor de chasse se fit entendre et le silence tomba en un instant. Tous les regards se braquèrent sur l’Est où un couple avançait lentement sur le chemin, précédé par les membres du Haut Conseil et par les seigneurs des Hautes Maisons. Je reconnus le couple royal. Ils étaient magnifiques, dans leurs robes brodées d’or et d’argent. Leurs couronnes brillaient de mille feux à la lueur des lanternes. La Reine tenait dans ses mains un petit paquet enveloppé d’où dépassait une touffe de cheveux. C’était le Prince ! La foule s’ouvrit sans heurt, leur livrant passage. Des Eleär jetèrent des pétales de fleurs sur la procession alors qu’elle avançait parmi eux. J’étais assez près pour voir que la Reine souriait doucement, tenant délicatement son petit enfant enveloppé de soie et que le Roi, puisse sa sagesse nous éclairer pendant encore mille ans, saluait tous ceux qui croisaient son regard. Ils montèrent enfin sur l’estrade tandis que la procession se tenait en retrait, se mêlant aux autres Eleär. Nous avons tous retenu notre souffle puis le Roi s’est exprimé. Ses mots resteront gravés à jamais dans ma mémoire.

- Mes frères et mes sœurs, je suis profondément touché de vous voir si nombreux. Aujourd’hui, plus que jamais, je suis heureux d’avoir l’honneur de vous guider et de vous protéger. Ma vie a été, est, et sera toujours à votre service et à présent, je vous demande de faire confiance à celui qui me succédera. Sachez tous et portez ma parole jusqu’aux confins de mon royaume et par-delà qu’en ce premier Lunae d’Ordo, de l’an 838 de l’Ère de la Paix, puisse-t-elle durer éternellement, que moi, Aldaron Ciryior, Roi de Desde et compagnon de ma Reine Lynaë Ciryior, vous présente mon héritier légitime qui me succédera au trône de Desde à ma mort. Il vous guidera, vous aimera et vous protégera comme je l’ai fait et comme je le ferai encore. Mes frères et mes sœurs, saluez votre Prince, saluez Aerandir Ciryior !

La Reine s’est alors avancée et a relevé le tissu, nous révélant notre Prince. Alors, d’une seule gorge, nous avons tous criés notre joie devant cette naissance bénie. J’ose espérer que les âmes de nos Anciens disparus étaient présentes et se sont réjouis autant que nous le fûmes de cette naissance. Le couple royal est ensuite descendu de l’estrade et s’est promené parmi la foule pour que nous puissions admirer leur enfant. J’ai eu la chance de pouvoir poser ma main sur sa petite tête délicate. Qu’il était beau ! La fête a alors reprit, encore plus éclatante et magnifique qu’avant car le Roi et la Reine étaient parmi nous.

Oh Mère, moi qui ne trouvais pas le temps de t’écrire voilà que j’en ai passé beaucoup trop. Les célébrations vont se prolonger pendant encore trois jours et Alecto, dont je t’ai parlé plus tôt, m’attend déjà pour que nous nous y joignions. J’aurais tant voulu que tu puisses y assister mais à ton âge il te faut te préserver. Transmets tout ce que je t’ai dit à ceux de notre village, qu’ils fêtent également la naissance de notre Prince. Je t’aime tant et serai bientôt de retour.



Lalaith

***************************

Fëanturi, célèbre Ancien âgé d’un peu plus de huit cents soixante-dix ans était le plus respecté et le plus sage des Anciens de Desde, et le plus vieux également. Plus jeune, il fut un ami proche d’Elrion, le père d’Aldaron. À la naissance de ce dernier, ce fut lui qui s’occupa de l’éducation du Prince puis à la mort de Roi, Fëanturi devint son mentor et le conseilla jusqu’au moment où le jeune roi fut assez sage et habitué à l’exercice du pouvoir pour prendre seul ses décisions. Ce dernier continua malgré tout de solliciter l’aide et la sagesse de l’Eleär. Les années passèrent et ils devinrent des amis très proches. Maintenant, c’était au tour d’Aldaron de lui confier l’éducation de son fils, Aerandir. À Vyre, on s’amusait à dire que Fëanturi serait encore là pour transmettre sa sagesse lorsque le dernier des Roi Eleär quitterait cette terre tant l’Ancien, malgré son presque millénaire d’existence, semblait fort. Certes il était vieux, mais de cette vieillesse qui avance d’un pas tranquille et le dos droit, de cette vieillesse dont la voix est toujours ferme et le regard vif.

Marchant lentement sur les petits chemins des jardins du palais royal, il fredonnait un air aussi vieux que le monde, de celui qui ne nécessite aucun talent musical pour être joué et qui est connu par tous, qu’importe l’endroit sur Rëa. Le vieil Eleär était en paix. Il était l’un des très rare de sa race encore en vie à avoir connu de son vivant l’Ère des Démons Rouges. Né dans les dernières années de ce temps maudit, il avait vécu les souffrances d’un peuple en exil, rejeté de tous, à jamais banni de sa terre natale. Il n’avait que dix-sept ans lorsque furent enfin signés les traités qui donnèrent naissance aux royaumes Eleär mettant fin à leur condition de paria et leur donnant un endroit qu’ils purent appeler maison. Tout ne fut pas parfait pour autant et pendant des siècles, les Eleär furent victimes d’attaques menées par les Vreën. Si plus jeune il haïssait les Valduris du Nord pour ce qu’ils firent, celle-ci disparu avec le temps et Fëanturi en arriva aux conclusions que seuls le pardon, l’amour et l’acception de l’autre les sauveraient du cycle sans fin de violence.
Plongé dans ses souvenirs d’un passé révolu depuis longtemps, il ne remarqua pas tout de suite qu’un invité s’était joint à sa promenade mais lorsque ce dernier fredonna le même air que l’Ancien, il revint dans le présent. Souriant à l’inconnu, il lui serra doucement l’épaule.

- Mon bon Roi, que me vaut la plaisir de votre compagnie ? demanda-t-il à Aldaron, Roi de Desde.
- Allons mon vieil ami, s’il y a bien quelqu’un qui mérite les égards du protocole plus que moi, c’est bien vous, vous qui fûtes mon mentor et qui sûtes me guider avec tant de sagesse, vous très cher Ancien, respecté de tous. Je m’incline face à vous, et mêlant le geste à la parole, Aldaron gratifia l’Eleär d’une gracieuse révérence.
- Ha, c’est parce que j’ai eu un bon élève, répondit Fëanturi en gloussant doucement.
- Comment se porte l’apprentissage d’Aerandir ? Est-il aussi peu désireux d’apprendre que je ne le fus ?
- Oh non Aldaron, le petit ressemble plus à sa mère. Il est doux et attentif à ce que je lui enseigne. Je suis d’ailleurs stupéfié de la vitesse à laquelle il assimile les concepts que je lui enseigne. Il n’a que quinze ans mais il commence déjà à comprendre les exigences et les devoirs d’un roi. Il devine d’instinct des subtilités politiques qu’un homme plus âgé que lui aurait du mal à appréhender. Je pense qu’il sera fin diplomate et avec le temps, un véritable virtuose dans cette discipline. Il s’intéresse également à la nature et aux cycles naturels. En y pensant, il s’intéresse à tout ce que je peux lui apprendre. Quel plaisir pour moi que de lui transmettre ce que je sais. Encore quelques années sous mon apprentissage et je serai satisfait et pourrai dire avec fierté qu’il est mon élève.
- Eh bien, je crois n’avoir jamais eu le droit à tant d’éloges lorsque j’étais sous votre tutelle !
- Que voulez-vous, Aldaron, répondit-il avec un petit sourire taquin, le talent, le talent… puis prenant une voix espiègle qui aurait mieux convenu à un jeune farceur qu’à un vénérable Ancien, si j’en crois les bruits qui courent parmi mes autres élèves, il est un danseur très adroit et un musicien de premier ordre… Peut-être devrais-je vous préciser que les élèves à l’origine de ces rumeurs sont de charmantES élèves…

Il accentua les deux dernières lettres du mot et le roi s’esclaffa.

- Je vois, finit-il par dire après avoir repris son souffle, je vois. Il est vrai que je vous imagine mal, avec tout le respect que j’ai pour vous, mon vieux mentor, lui apprendre à danser la gigue. Me voilà rassuré. Sa mère et moi-même l’avons très peu vu ces derniers jours et nous avons eu peur qu’il n’ait décidé de faire l’école buissonnière au lieu d’étudier !
- Vous voulez dire comme vous le fîtes vous-même ?
- Encore une fois, je m’incline face à votre sagesse, Ancien Fëanturi

Les deux amis rirent de concert et poursuivirent leur promenade. Le temps était à la paix et les soucis semblaient lointains.

***************************

Extrait des Carnets Secrets d’Aerandir, 2e Cean de Merä, an 858 de l’Ère de la Paix


Le monde est-il devenu fou ou bien les Vreën sont-ils abandonnés de leurs dieux ? Comment expliquer autrement leur action. Comment expliquer qu’un peuple décide, après ces longues années de paix rendues possible par le traité signé dans la cité d’Ann’Drah d’attaquer mes frères et sœurs innocents. N’avons-nous pas assez souffert lorsqu’ils nous refusèrent l’exil ? N’avons-nous pas assez souffert lorsque leurs seigneurs continuèrent de nous attaquer sur nos terres même, cherchant à nous reprendre ce qui nous appartenait ? Mon père ainsi que mon maître Fëanturi me répètent qu’il s’agit de bandits, de criminels et de malfrats, qu’ils ne sont pas représentatifs de leur race et de la politique de leur peuple et au fond de moi je sais qu’ils ont raison. Je suis encore bien jeune, du haut de mes vingt années, mais je comprends. J’ai beau appréhender cette réalité cependant, je n’arrive pas à comprendre qu’une race puisse être capable de telles cruautés. Tout cela pour quoi ? Pour de l’or que ne possédaient même pas ces pauvres Eleär ! C’était de bons fermiers qui vivaient de la terre, en harmonie avec elle. Je pleure leur mort et je pleure la folie des Vreën…

***************************
Aerandir avançait d’un pas léger dans les bois de sa chère forêt. Un baluchon à l’épaule, contenant quelques vivres et de l’eau, ainsi que son luth accroché à son dos, il avait décidé de se soustraire aux exigences qui incombaient au Prince de Desde pour quelques heures et de profiter des premières lumières du seizième jour de la lune d’Élye, début du printemps. La forêt se réveillait de sa longue torpeur hivernale. Les oiseaux l’accompagnaient de leurs chants, les arbres bourgeonnaient et les fleurs dégageaient leurs parfums enivrants. Le Prince prit une pleine bouffée de cet air purifié par le froid mordant de l’hiver. Le printemps était sa période préférée. C’était le temps de l’espoir et du renouveau. Les rigueurs de l’hiver allaient disparaître à mesure que la Vie reprenait ses droits sur le monde.

Dans quelques heures on célèbrerait les rites marquant l’arrivée du printemps mais le Prince serait déjà rentré à ce moment-là. Il voulait d’abord profiter à sa manière de la nouvelle année. C’était devenu une habitude depuis qu’il avait vingt-cinq ans. La première année, on l’avait cherché partout, ne le trouvant pas au petit matin dans ses appartements. La deuxième année, il avait laissé un mot, prévenant tout le monde qu'il ne serait absent que quelques heures, la troisième année il n’avait rien dit mais personne ne s’était inquiété. C’était maintenant la neuvième fois qu’il partait à l’aube et si au début les escapades du Prince avaient été tenues secrètes, aujourd'hui, toute la cité savait que leur Prince aimé appréciait la solitude de ce premier jour de printemps et personne ne lui en tenait rigueur. C’était même devenu le jeu de celui ou de celle qui réussirait à le retrouver. Depuis cinq ans qu’ils essayaient, personne n’avait jamais réussi, mais cette sixième année serait peut-être la bonne. Il s’enfonça plus profondément dans la forêt. Compagne de son enfance, il y avait passé de longues heures en compagnie de Fëanturi qui lui enseignait le nom des plantes et des animaux qui la peuplait. Plus tard, il s’y était aventuré seul et y avait trouvé des endroits inconnus de tous : ici un passage se révélait dans un bosquet touffu si l’on savait par où passer, dévoilant un écrin de verdure caché aux yeux de tous, là, les arbres avaient créé dans leurs branchages un véritable chemin végétal. Sautant de branche en branche, il était capable de travers une partie de la forêt sans jamais poser pied à terre. Autant de lieux qu’il s’était approprié au fil de ses explorations solitaires. Le coin de la forêt qu’il préférait le plus cependant n’était point caché. C’était pourtant là que se trouvait son trésor le plus précieux. Non loin de la cité, il existait une petite clairière où poussait un unique arbre. Vieux, penché et rabougri, il se tenait là, solitaire et presque miséreux. On aurait dit qu’un simple courant d’air aurait suffi à le déraciner. Cet arbre était déjà dans cet état lorsqu’il l’avait découvert, tout petit. Les années étaient passées mais il était toujours là. Il posa la main sur son écorce. Malgré son air misérable, l’arbre était fort et Aerandir vit que des fleurs avaient bourgeonné sur certaines de ses branches. C’était la première fois qu’il voyait ça. Il fit glisser sa main sur son écorce alors qu’un sourire éclaira son visage.

- Tu as décidé qu’il était temps pour toi de retrouver ta splendeur passé ? Je te trouve déjà très bien comme tu es, Mablung Telrúnya, mon vieil ami.

C’était un surnom qu’il lui avait donné et qui signifiait littéralement, “Vieillard Végétal“. S’installant à son pied, il défit son baluchon et entreposa devant lui sa gourde, le pain et le fromage qu’il avait préparé. Il prit quelques instants pour accorder son luth puis, tout doucement, se mit à jouer. Il ne chercha pas à interpréter la musique d’un quelconque répertoire, il laissa à ses doigts le soin de découvrir la musique que son esprit s’évadait. Dans son dos, Aerandir eut l’impression que l’arbre lui transmettait sa sérénité. Il se sentit partir loin, au plus profond de lui, dans cet endroit où la réalité n’existait plus. Plongé dans son introspection, il ne vit pas le temps passer et il serait sans doute resté ainsi de longues heures encore si une belle voix féminine ne vint troubler sa méditation. Au début, ce n’était qu’un son mais à mesure qu’il revenait à lui, il finit par en comprendre les paroles. C’était une vieille chanson du temps où les Eleär habitaient leur île, avant de se faire chasser par les ignobles Ordhaleron.


« En ce moment criblé de cendres,
Un soleil d’or se perd à la plage du soir.
Quels sens fous, quel parfum de désespoir
Sont compagnons du souvenir…
Les perles pâles du requiem de la nuit
Sont pour nous.
Quelle joie, alors, s’allume et luit
Dans tes yeux.
Quelles amours striées de fleurs
Attirent nos cœurs.
Quelles amours striées de fleurs
Apaisent nos désirs. »


Un sourire étira les lèvres d’Aerandir alors qu’il ouvrait les yeux sur une Eleär à la chevelure couleur de blé et au visage angélique. Tinúviel. D’aussi loin qu’il se souvienne, ils se connaissaient tous les deux. Elle était sa meilleure amie et il la considérait comme sa sœur. Elle était celle qui lui remontait le moral dans ses rares moments de peine et lui donnait le sourire à chaque instant.

- J’aurais dû me douter que ce serait toi qui serais la première à me trouver. Alors, quelle est la récompense pour celle qui a triomphé de ce jeu populaire ?
- Et bien tu m’accorderas la première danse pendant la fête, après que les rites aient été respectés et que nos Anciens aient été honorés dans le Temple de Vyre.
- Et j’image que je n’ai pas vraiment le choix ?
- C’est tout à fait ça, répondit elle en lui décochant un sourire qui aurait fait rire une pierre.
- Haha, très bien, j’accepte alors.
- Évidemment que tu acceptes, dit-elle d’un air faussement suffisant. Et je te ferai remarquer que si je ne t’avais pas trouvé, tu serais resté ainsi pendant encore longtemps. Les rites ne vont pas tarder et tu es en retard, si je ne m’abuse.
- Comment ?!

Aerandir leva les yeux au ciel et vit que le soleil n’était pas loin d’atteindre sa position la plus élevée. En effet, il était en retard. Se relevant brusquement, il rangea ses affaires en toute hâte et partit en courant en direction du palais, sous le rire cristallin de la belle Tinúviel. S’il était doué de préscience, se serait-il attardé quelques instants de plus avec son amie ? Aurait-il profité de ces moments de complicité ?

***************************

Le Prince Bien-Aimé pleurait ce jour-là alors que crépitait non loin de lui un petit feu de camp.

Comme il regrettait le jour où Tinúviel lui avait demandé de visiter une cité Valduris. Elle voulait voir le monde en dehors de ses chères forêts de Desde. Elle voulait contempler de ses yeux la capitale d’un des royaumes du Nord et lui, il avait accepté. Il avait refusé l’escorte que voulait lui allouer son père le Roi, prétextant qu’à deux ils iraient plus vite et passeraient inaperçus. Le ton était monté et le Roi avait fini par à la condition qu’ils ne s’absentent pas plus longtemps qu’un cycle. En comptant le temps qu’il leur fallait pour rejoindre la capitale, cela ne leur laissait quelques jours dans la cité Valduris. Après des aurevoirs avec ses parents et son vieux maître ils étaient partis. Le trajet vers Cealcis se passa bien et ils arrivèrent enfin en vue des murs de la ville. Là-bas, les deux Eleär firent des découvertes stupéfiantes. Les Valduris vivaient d’une manière si différente de la leur que cela en devenait fascinant. Ils y passèrent trois jours avant que Tinúviel ne se sente enfin satisfaite. Naïfs qu’ils étaient, ils ne virent pas la convoitise que suscita chez certains des Vreën la qualité de leurs vêtements, la beauté de leurs chevaux. Jamais ils ne se doutèrent qu’à la sortie de la cité, on les suivrait.

L’attaque survint sans prévenir. Tinúviel et Aerandir s’était arrêtés pour passer la nuit à l’abri des regards mais non loin de la route. Aerandir fit démarrer un feu et écouta son amie dont les yeux pétillaient d’excitation après ces quelques jours passés à Cealcis comment elle avait fait don de quelques piécettes à un couple, juste avant de quitter la ville. Elle lui décrivit leurs mines et la joie qu’ils avaient manifestées face à ce don inespéré. Le Prince allait lui rétorquer que sa joie était toute infantile quand une flèche sembla se matérialiser dans la poitrine de son amie. Avant qu’il n’ait pu esquisser le moindre geste, une deuxième flèche apparu mais rata sa tête de quelques millimètres et lui arracha un bout d’oreille au lieu de le tuer. Il se jeta à couvert et récupéra son arc qu’il avait laissé près de ses affaires.

- Bordel, tu as manqué le deuxième ! s’exclama durement une voix féminine.
- Pas grave, il n’ira pas loin de toute façon. C’est qu’une lopette de longues oreilles.

En sa qualité de Prince, il avait reçu, en plus de son éducation générale, un enseignement militaire dispensé par Aranwë, l’un des Champion de Vyre. Il y avait appris le maniement de l’épée et de l’arc et sous la tutelle du Grand Stratège, il avait étudié les guerres passées et les stratégies employées. Grâce à cette éducation martiale Aerandir put repérer la position des deux attaquants au son de leurs voix et il prépara deux flèches : une première qu’il encocha et une deuxième qu’il attrapa par les dents. Prenant une courte inspiration, il sortit de sa cachette de fortune et décocha sa première flèche en même temps qu’il découvrait la scène. Un homme et une femme se tenaient à une trentaine de pas de lui. Tous deux portaient un arc dans lequel ils avaient encoché une flèche. L’Eleär ne leur laissa pas le temps de réagir. La première flèche vint se figer dans le front de la femme. La deuxième flèche partit tout aussi vite et se planta dans le cœur de l’homme avant que celui-ci n’ait eu le temps de réagir. Sans perdre un instant il se précipita vers son amie restée à terre, mais c’était trop tard. Il tenait dans ses bras le corps sans vie de celle qui avait partagé la plus grande partie de la sienne. Ses cheveux avaient perdu leur couleur dorée et étaient devenus ternes. Le visage angélique de Tinúviel avait perdu à tout jamais son sourire irrésistible. Il se rappela les mots qu’il avait couchés dans ses carnets secrets des années plus tôt. Pourquoi fallait que les Vreën ne pensent qu’au sang et à la mort, qu’ils ne créent que douleurs et larmes là où Tinúviel donnait naissance à la joie et aux rires. Il lui caressa lentement le visage et ses larmes, gorgées d’une tristesse infinie s’écrasèrent sur ses joues à jamais figées.

- Tinúviel, est ce que tu sais quel jour nous sommes ? Demain est le premier Lunae d’Ordo de l’an 878 de l’Ère de la Paix. Demain, on aurait fêté tous les deux mes quarante années d’existence et mon entrée dans l’âge de raison. J’aurais joué de mon luth et tu m’aurais chanté de belles chansons puis nous aurions dansés au rythme de la pleine lune. Nous aurions gloussé et tu m’aurais taquiné et moi je t’aurais pris dans mes bras et t’aurais fait tournoyer jusqu’à ce que tu en aies le tournis. Nous aurions… nous aurions fait…

Mais Aerandir ne parvint pas à finir sa phrase tant son chagrin était grand. Il poussa un long cri déchirant où il exprima toute sa peine et sa douleur. Tous les êtres qui l’entendirent pleurèrent avec lui, vivante incarnation de la souffrance. Il ne sut combien de temps il la tint ainsi dans ses bras mais il finit par se ressaisir. Il ne pouvait pas rester ici, il lui fallait rentrer au plus vite parmi les siens, annoncer l’horrible nouvelle à la famille de la défunte et affronter avec eux le chagrin d’une disparition soudaine et cruelle. Il harnacha son cheval avant de prendre l’Eleär dans ses bras. Sa monture, Elendë, s’inclina face à son chagrin pour lui faciliter la montée. Lorsqu’il fut installé, il ordonna à son cheval d’une pression de genou de s’approcher des deux assassins morts. Il voulait mettre un visage sur les auteurs de cet horrible drame. La lumière du feu brûlait encore et éclairait parfaitement leurs traits. Le sang reflua soudainement sur le visage du Prince et les larmes qui coulaient encore sur des joues se firent amères avant de se tarir complètement. Ce couple, c’était celui que lui avait décrit quelques minutes plus tôt, dans une autre vie, Tinúviel. C’était à eux qu’elle avait fait l’aumône.  

Aerandir fit le chemin du retour dans un état second. Il avançait lentement, partant aux aurores et ne s’arrêtant que bien après que le soleil ne se soit couché. Chaque jour, il répétait à Tinúviel qu’ils étaient bientôt arrivés et chaque jour seul le silence lui répondait. Il finit par reconnaître les abords de sa forêt et il couvrit alors d’un drap tiré de ses fontes le corps de son amie. Moins d’un jour après avoir pénétré dans la forêt il rencontra le premier Eleär. Ce dernier eut bien du mal à reconnaître son Prince tant le visage de ce dernier, pourtant bien connu de tous les sujets de Desde, avait changé. Il y vit dans ses yeux une tristesse infinie mais ses traits ne reflétèrent pas ce chagrin, ils étaient durs. Très vite le bruit courut qu’un grand malheur était arrivé au Prince. Cette rumeur se propagea plus vite qu’Aerandir et le devança dans chaque village, dans chaque ville Eleär qu’il traversait. Tout le monde pu voir ce visage transformé. Où était passé le sourire enchanteur de leur Prince ? Pourquoi un tel air amère sur son visage ? Qu’était-il arrivé à celui qu’ils surnommaient avec affection le Bien-Aimé ? Partout, le passage d’Aerandir suscita ces questions. La rumeur finit par atteindre Vyre et le palais royal. Mort d’inquiétude pour leur fils, le couple royal envoya une partie de ses gardes d’élite allé à la rencontre de l’héritier du trône de Desde. Ils le trouvèrent facilement et l’escortèrent jusqu’à Vyre. Aldaron et Lynaë virent accueillir leur fils à l’entrée de la cité. Le roi se précipita vers lui.

- Mon fils, que s’est-il passé ? Et Tinúviel, où est-elle ?

Puis le regard d’Aldaron se posa sur le paquet que tenait Aerandir dans ses bras. Lynaë comprit en même temps que son époux.

- Oh mon pauvre amour, murmura-t-elle, horrifiée en comprenant ce qui était arrivé à celle qu’Aerandir avait toujours considéré comme sa sœur adorée.

Le Prince ne dit mot et poursuivit sa route, pour la plus grande douleur de ses parents qui le supplièrent de leur répondre. Il ordonna à son cheval de prendre à l’Est et tout le monde n’eut d’autre choix que de le suivre en silence. Deux gardes royaux laissèrent leurs chevaux au couple royal et suivirent le groupe à pied. Aerandir les mena non loin de la cité dans cet endroit où se trouvait son trésor. La clairière à l’arbre rabougri finit par apparaître. Depuis le jour où elle l’avait trouvé là, quelques six ans plus tôt, c’était devenu leur endroit préféré où ils aimaient se retrouver. L’Eleär, tenant toujours son fardeau dans ses bras mit pied à terre et se dirigea en silence vers son vieux compagnon, Mablung Telrúnya. Il se débarrassa du drap qui recouvrait le corps de Tinúviel et l’allongea au pied de l’arbre. Il resta de longues minutes à la regarder, sans un mot, quand une main finit par se poser sur son épaule. Il crut que c'était son père mais ce fut une autre voix qui parla.

- Mon cher élève, ne retient pas tes larmes. Ne laisse pas ton chagrin t’empoisonner, lui dit Fëanturi d’une voix chargée d’inquiétude. Il savait comment le cœur des Eleär était fragile et pouvait se briser irrémédiablement.
- Je n’ai plus de larme à verser, Ancien Fëanturi. Elles se sont asséchées au moment où j’ai compris la nature de ceux qui habitent les royaumes du nord, répondit Aerandir en levant la tête et en plongeant son regard dans celui de son vieux mentor.

Les traits du doux Fëanturi se déformèrent d’horreur. Si la tristesse s’entendait dans la voix de son ancien disciple, elle se confondait avec une colère qui semblait encore plus grande et dans les yeux du Prince, Fëanturi pu voir les prémices d’une haine sans fond.


***************************



avatar
◈ Missives : 3

◈ Âge du Personnage : 280 ans
◈ Alignement : Neutre-Bon
◈ Race : Elëar
◈ Ethnie : Elëar de l'Aube
◈ Origine : Desde, Seregon
◈ Localisation sur Rëa : Desde
◈ Magie : Suggestion
◈ Fiche personnage : Par Ici.

Âme Damnée
Aerandir Ciryior

◈ Dim 6 Nov 2016 - 0:37


Histoire



Dix années firent suite à ce tragique événement. Dix années où l’humeur du Prince se fit plus sombre. Si l’on voyait encore Aerandir rire et s’amuser, c’était de moins en moins souvent. Plus d’une fois son père le vit seul, déambulant dans les jardins royaux, plongé dans ses pensées. À quoi pensait-il dans ce moment-là ? Même la grande sagesse d’Aldaron ne lui été d’aucun secours.
Cette même année, la vie de Fëanturi finit par le quitter, après neuf cent dix ans d’existence. Jamais aucun Eleär de Desde n’avait vécu aussi longtemps et très peu étaient ceux à avoir jamais atteint cet âge. Une grande cérémonie fut organisée. Une statuette en or fut forgée par le plus grand orfèvre du royaume et déposée au Temple de Vyre. Le peuple de Desde pleura la disparition de cette figure presque immortelle et de sa sagesse pareille à nulle autre mais les yeux du Prince restèrent secs pendant la cérémonie, malgré l’immense peine qu’il ressentit en comprenant qu’il n’échangerait plus jamais avec son vieux mentor tant aimé. À la fin de la célébration, il revint dans ses appartements et y découvrit un parchemin où était tracé son nom de l’écriture de Fëanturi. Il le déroula.

Mon très cher Aerandir.

Les années passent et je sens que celle-ci est la dernière qu’il me reste à vivre sur ce monde. J’ai eu une longue existence, même pour les notre et j’ai appris de nombreuses choses au cours des siècles. Je t’ai appris une grande partie de ces choses pendant que tu fus mon élève et la plus importante de toute fut pourtant la plus simple : aimer et pardonner. Depuis la mort de Tinúviel, tu me sembles t’éloigner de cette leçon que tu avais comprise instinctivement et qui te donnait cette joie, cette lueur unique. Un jour, toi aussi tu guideras ton peuple comme ton père l’a fait et le fait encore. Le peuple de Desde t’aime, encore plus qu’il n’aime ton père ou que tes parents t’aiment. Alors je t’en conjure d’écouter les derniers conseils d’un vieil Eleär qui ta considéré comme son propre fils. Ne laisse pas la disparition de ton amie devenir le point de départ de cette terrible maladie que représente la haine. Je l’ai connue moi aussi. Rongée par elle, j’ai failli en perdre mon âme. Il n’est pas trop tard, mon Prince Bien-Aimé. Je sais que tu doutes, que l’amour qui est en toi ce bat en ce moment même. Ne l’abandonne pas dans son combat et n’oublie pas les vertus du pardon.

Ton vieux maître,
Fëanturi

Aerandir posa le parchemin et une unique larme coula lentement sur sa joue.

- Fëanturi, je prie pour vous et je chérirai à jamais votre souvenir, mais il est peut-être déjà trop tard pour moi, maintenant que les graines de la colère ont été plantées dans mon âme.


***************************

Aerandir vérifia une dernière fois qu’il n’avait rien oublié. Son arc, pour le moment débandé, reposait sur le lit. L’Eleär avait pris avec lui cinq cordes de rechange qu’il avait rangé dans son sac. Dans ledit sac se trouvait des provisions en quantité suffisante pour un long voyage : essentiellement de la viande séchée ainsi des fruits et des légumes séchés. S’il venait à manquer de nourriture, il ne se faisait pas de soucis, il lui restait la chasse où il excellait. Son luth de voyage reposait juste à côté de son sac. Il avait longtemps hésité à le prendre, mais il s’était dit qu’avec cet instrument, il pourrait passer pour un barde itinérant. Même s’ils n’étaient pas légions, cela ne choquerait pas. En outre, son jeu lui permettrait de se payer des nuits, ou au moins le repas dans les auberges qu’il croiserait sur la route.

Fëanturi n’était plus depuis presque un an. Depuis ce jour où le Prince avait trouvé le dernier message de son maître, il avait longuement réfléchi aux paroles de l’Ancien. D’un côté, la compassion naturelle d’Aerandir qui lentement refaisait surface le poussait à suivre les derniers conseils de son vieux maître. La haine n’engendrait que la haine et la violence ne faisait que prolonger un cycle plus vieux que le monde lui-même. La blessure qu’avait provoquée la disparition de Tinúviel avait fini par se refermer et la douleur, vive les premières années était devenue plus sourde, supportable. De l’autre côté, une petite voix lui susurrait que ce qui était arrivé à Tinúviel n’était que le dernier exemple en date de la cruauté des Vreën. Elle lui murmurait que depuis des siècles, les Eleär avaient souffert de la violence inutile d’un peuple belliqueux et égoïste. Une même question mais deux réponses possibles. Dans l’incapacité de déterminer laquelle était la bonne, il avait décidé qu’il était temps pour lui de confronter sa pensée aux réalités du monde. Il lui fallait porter sur les royaumes Vreën un regard critique. Ce n’était qu’à ces conditions qu’il saurait enfin qui avait raison : son maître, ou cette voix qui était née dans cœur.

Il s’était préparé dans le plus grand secret. Jamais son père n’aurait accepté qu’il parte sans une importante escorte, pas après ce qui s’était passé. Aerandir savait qu’il aurait beau se justifier, ou s’énerver, son père ne céderait pas cette fois. Il avait besoin d’entreprendre se voyage seul. Anonyme perdu au milieu de la foule, il pourrait directement observer les faits, chose impossible s’il se déplaçait en tant que Prince de Desde. Il n’était plus qu’Aerandir l’Eleär.

Un éclat de rire à l'extérieur le ramena à la réalité. Il était prêt. On ne s’inquiéterait de sa disparition que dans quelques jours, ce qui lui laissait le temps de mettre assez de distance entre Vyre et lui pour que son père ne puisse jamais le rattraper. Il jeta un coup d’œil sur son bureau où il avait posé une missive cachetée de son sceau. Il y expliquait à son père sa décision de partir. Il s’excusait de l’inquiétude qu’il allait leur causer mais il ne regrettait rien, il avait besoin d’être fixé.

Il sortit l’air de rien du palais et lorsqu’il passa devant les gardes postés à l’entrée, il leur expliqua qu’il partait chasser quelques jours. Ces derniers lui souhaitèrent une bonne chasse. Aerandir harnacha son Elendë et après un dernier regard pour le palais, il partit au trot chercher les réponses dont il avait besoin.

Rhaemond constitua la première étape logique de son périple et Cealcis une ville qu’il ne pouvait éviter. C’était là qu’était née ses doutes, c’était là que débuterait sa quête de réponses. Le trajet se fit sans encombre et le Prince finit par pénétrer les murs de la cité en milieu de journée. Il y passa une semaine et le constat qu’il en fit fut consternant. Il fut témoin du racisme dont faisaient preuve les Vreën à l’encontre des Eleär, mais également des Nains. Il dû même sauver l’un des siens, victime d’un vol. Lorsqu’il lui avait demandé pourquoi il n’avait pas tenté d’appeler la garde de la ville ou de s’enfuir, la réponse de ce dernier l’avait profondément choqué. L’Eleär lui avait lancé un regard désabusé. « À quoi bon appeler la garde, lui avait-il dit, ils n’auraient rien fait pour les arrêter et les aurait même sans doute aidé ». Quelle était cette ville où la protection de chacun dépendait de son appartenance raciale ? Tout n’était pas perdu pour autant et le Prince vit de véritables actes de générosité, comme cette Vreën âgée d’à peine vingt ans et qui avait fondé un orphelinat dans l’un des quartiers les plus pauvres. Elle recueillait tous les enfants, qu’importe leur race. Aerandir lui donna de l’or afin qu’elle puisse affronter l’hiver venant. Hélas, ce genre de comportement était trop rare et isolé. Avant de poursuivre son chemin, il envoya un message à son père qui devait maintenant avoir découvert son escape et le mot qu’il lui avait laissé.

Algar constitua la seconde étape de son périple. Traversant le royaume de Rhaemond d’est en ouest, il prit un bateau dans l’une des villes portuaires de la côté occidentale et qui permettait de faire la navette entre les deux royaumes. Durant la traversé de Rhaemond, il s’était joint pendant un temps à une caravane marchande Inöes venue vendre les produits exotiques de la lointaine Ysino. Il passa une dizaine de jours en leur compagnie et en apprit beaucoup sur leur culture. À sa grande surprise d’Aerandir qui considérait que tous les Valduris étaient les même, il découvrit que les Inoës semblaient être un peuple respectable et d’honneur. Bien évidemment, cette caravane n’était pas suffisante pour se faire un avis définitif, mais le Prince les quitta malgré tout avec un regret sincère et avec la promesse de leur rendre visite s’il venait à poursuivre son voyage jusque dans leur empire.

Après une traversée éprouvante pour son organisme, Aerandir arriva sur les terres d’Algar. Là aussi, il se joignit à une caravane qui se dirigeait vers la capitale. Le trajet, qui dura trois jours, ne se passa pas aussi bien et l’Eleär quitta ses compagnons de fortune avec soulagement. Son séjour à Treäs ne fut pas meilleur que celui à Cealcis. Il y retrouva le même racisme envers ceux qui n’étaient pas Valduris. Il évita d’ailleurs la prison de peu et dû s’enfuir en toute hâte de la cité. La raison ? Le quatrième soir, trois Vreën passablement éméchés avaient essayé de le passer à tabac pour la seule raison qu’il était « un putin de longues oreilles qui ne connaissait pas sa place à venir boire dans les tavernes des Vreën, qu’il y avait des endroits spécifiques pour les rats de son espèce ». Aerandir s’était enfui de l’auberge, n’étant pas de taille à affronter trois gaillards qui faisaient peut-être deux fois son poids. Ils l’avaient suivi dehors et avaient eu la mauvaise surprise de découvrir que l’Eleär avait pris son arc avec lui. Il se contenta de les blesser mais ces dernières allèrent se plaindre au Constable qui lança contre lui un mandat d’arrêt.

Astel, capitale d’Éliran constitua l’ultime étape dans son périple à travers les royaumes Vreën. Dégoûté par ses expériences passées, le Prince de Desde ne resta que deux jours dans la cité. C’était exactement la même chose : racisme et violence envers les siens, cupidité et avarice de la population. La noblesse se complaisait dans sa richesse et ne faisait rien pour ceux qu’ils étaient censé protéger, mais le méritaient ils seulement ? Aerandir en arriva à se poser cette question lorsqu’un homme en tua un autre en pleine rue, avant de s’enfuir. Tout ça pour une question d’argent, ou du moins c’est ce qu’il comprit en les entendant hurler l’un sur l’autre. Ses forêts de Desde lui manquaient. Il se sentait souillé à force de côtoyer ces gens. Il quitta la ville sans un regard en arrière. S’il le pouvait, il aurait pris avec lui tous les Eleär qu’il avait croisés et qui souffraient sous la domination vreën. Mais ce n’était rien en comparaison de ce qu’il n’allait pas tarder de découvrir.

L’Eleär était de retour dans le royaume de Rhaemond. Il avait dépassé Cealcis et approchait des frontières de son royaume. Il était parti depuis plusieurs cycles et avait hâte de rentrer. Son chemin le fit passer par un grand bosquet situé au sommet d’une colline. Alors qu’il y pénétrait, il entendit des éclats de rires. Il descendit d’Elendë et s’approcha discrètement de la source du bruit. Quelque chose dans les voix qu’il avait entendu, dans l’intonation des rires, lui avait donné un mauvais pressentiment. Il banda son arc et y encocha une flèche. Une trouée se trouvait au centre du bosquet et ce qu’il vit l’horrifia. Un Eleär gisait à côté d’une charrette. La flaque de sang qui s’étendait sous son corps ne laissa aucun doute : on l’avait assassiné. Un peu plus loin, un homme violait une Eleär qui ne bougeait pas pendant que ses deux compagnons riaient à gorge déployée. Un quatrième était en train d’arracher les vêtements d’une petite qui ne devait pas avoir plus de quinze ans. Cette dernière se débâtit, appelant en vain ses parents à l’aide. Une fureur comme il n’en avait jamais ressenti monta en lui. Pendant de longs cycles, il avait été témoin de la brutalité, de l’immoralité et du caractère destructeur des Vreën. Il leur avait cherché des excuses, au début du moins, essayant d’être le plus impartial possible et refusant de céder par facilité à la colère, mais ce qu’il voyait à présent, c’était au-dessus de ses forces. C’était quelque chose que pas une seule personne ne pouvait tolérer. L’un des soudards prit la parole.

- Allez Vrek, dépêche-toi de tringler la mère. Tu aurais pas dû la tuer parce qu’elle t’a mordu, maintenant elle va vite se refroidir. En plus, je voudrais pas que quelqu’un passe par là et puisse balancer au constable ce qu’il vient de voir !

Aerandir n’hésita pas. Il encocha sa première flèche et tira sur l’homme avec l’enfant, le tuant sur le coup. Ses compagnons réagirent immédiatement et tentèrent de se mettre à couvert. Le Prince tua les deux autres et gratifia le violeur d’une flèche dans chaque genou. Celui-ci s’effondra et tenta de ramper vers l’abri relatif que lui offraient les arbres. Aerandir s’approcha de la fille et s’accroupit devant elle. Il lui passa sa cape autour de l’épaule. La pauvre était en état de choc et ne réagit pas lorsqu’il referma la boucle du vêtement.

- Ne bouge pas de là, lui dit-il doucement.

Il se releva et se dirigea vers l’homme qui s’était éloigné de quelques pas. Ce dernier commença à le supplier mais lorsqu’il vit les oreilles effilées d’Aerandir, ses suppliques se transformèrent en menaces.

- Tu vas payer pour ça, elfe de merde. Crois pas pouvoir nous tuer et t’en sortir. Avant ce soir tu seras pendu.

Le Prince prit deux flèches dans son carquois qu’il planta dans chacun des bras du violeur, e coulant littéralement au sol. Il sortit sa dague et se pencha vers lui, l’observant dans les yeux. Ce qu’il vit le dégoûta. Cet homme n’avait pas d’âme !

- Ce que tu dis est peut-être vrai, mais tu ne seras pas là pour y assister, lui dit-il en l’égorgeant.

L’Eleär essuya sa lame avant de se redresser et de cracher sur le corps du mort. C’était la première fois qu’il tuait quelqu’un de sang-froid et si son meurtre le dégoûta, il en ressentit également la satisfaction de la justice accomplie.
Il s’occupa d’enterrer les parents de la pauvre petite dont la vie venait d’être ruinée en un instant avant de la prendre sur son cheval. Elle était toujours en état de choc et elle ne réagit pas lorsqu’il lui murmura que tout allait bien se passer et qu’ils rentraient chez eux.

***************************

Extrait des Carnets Secrets d’Aerandir, 1er Astar de Ran, an 1027 de l’Ère de la Paix.

Aujourd’hui, mon peuple a encore été la victime de la violence des hommes. Neuf morts et deux blessés graves, c’est le bilan de l’attaque menée par un groupe de Vreën venu reprendre leurs soit disant terres ancestrales.

Aujourd’hui, cela fait cent trente-huit ans, jour pour jour, que je suis rentré de mon périple à travers les royaumes Vreën. Cette fois-là, je pardonnais aux Vreën car les meurtriers des parents de cette pauvre petite Eleär étaient des criminels, mais pendant ces cent trente-huit années, trop d’Eleär ont été tués et sont devenus des martyres, trop de souffrance nous a été infligés par des êtres qui nous sont en tous points inférieur. Durant toutes ces années, ma foi en le genre humain n’a cessé d’être confrontée à leur barbarie. Chaque année, il m’est devenu plus difficile d’y croire, plus difficile de leur pardonner jusqu’au moment où j’ai arrêté d’essayer. Qu’ils soient maudis tous autant qu’ils sont !

Aujourd’hui, je crache sur leur misérable vie et sur leur pathétique peuple.

Aujourd’hui, j’ai enfin trouvé la réponse que je cherchais depuis si longtemps.

Aujourd’hui, j’ai décidé qu’il n’y avait plus de pardon possible.

Aujourd’hui, ils ne méritent que ma haine.

***************************

Extrait des Carnets Secrets d’Aerandir, 3e Cean de Drema, an 0 de l’Ère des Rois

Jamais je n’avais vu autant de têtes couronnées au même endroit. Nous étions en plein cycle de Drema de l’année qui allait marquer la fin d’une Ère et le début d’une autre. La fin d’un millénaire de “Paix“. Comme ce concept peut être relatif. Temps de paix pour certains sans doute, mais pas pour mon peuple. Notre “Paix“ nous l’avons conquis au prix de notre sang et de nos larmes. Ce n’est que bien des années après le début de cette prétendue Ère que Notre “Ère de la Paix“ a réellement débuté, dans la cité d’Ann’Drah. Avant ça, combien des miens sont morts par la faute de ces Vreën et de leur avidité ? Aujourd’hui, cette paix acquise dans la douleur prend fin avec l’attaque ignominieuse de ceux que je déteste encore plus que les Vreën. Si les Valduris du Nord de Seregon ont été abandonnés par leurs dieux, les Ordhaleron sont une race maudite au-delà toute rédemption. Ils nous chassèrent de nos terres ancestrales et condamnèrent notre peuple à de longues années de souffrance. Cette année qui marque l’entrée dans une nouvelle Ère est celle qui les vit attaquer les royaumes unis d’Ordanie et qui vit leur attaque se fracasser face au courage d’un Roi. Nardh de Dévéra, tu es peut-être le seul Vreën qui mérite mon respect.

Lorsque les engeances maudites furent finalement repoussées, mon père et les autres monarques de tous les royaumes de Rëa décidèrent que les Ordhaleron représentaient une menace trop grande pour la sécurité de tous. Que les peuples devaient s’unir pour mettre fin au danger qu’ils représentent. Je comprends cette nécessité et je soutiens l’action de mon père, même s’il m’en coûte terriblement de devoir allier mon peuple aux détestable Vreën. Un traité fut décidé et j’accompagnais mon père, fragilisé par les années qui pesaient sur ses épaules, au grand rassemblement qui verrait sa signature.

En cette date historique, j’ai assisté à la naissance d’une nouvelle Ère, l’Ère des Rois. Le traité qui fut signé par tous les monarques de Rëa les engage dans une guerre mondiale contre l’empire de Neya. Mais cette guerre aura un coût trop élevé pour un seul royaume et il fut décidé qu’il était temps pour tous les royaumes d’ouvrir leurs frontières commerciales et de développer un commerce international. L'idée d'une monnaie unique, étalon universel, fut retenu, ainsi qu’une langue commune qui faciliterait les échanges et éviteraient les confusions entre les peuples.


Je crains pour l’avenir. Un profond malaise étreint mon cœur et j’ai peur pour mon peuple.

***************************

- Mon Seigneur, votre père le Roi vous demande auprès de lui.

Aerandir releva la tête du livre qu’il lisait dans ses appartements. Vingt ans étaient passés depuis la signature du grand traité de l’Ère des Rois. Aldaron, grâce à ses sages décisions, avait réussi à éviter à son peuple les pires conséquences liées à l’instauration d’une monnaie unique. Desde avait souffert d’un appauvrissement général mais le Roi avait su éviter à son peuple les famines et la véritable pauvreté. Les Eleär lui portèrent un amour encore plus grand pour ces décisions avisées. Cet amour était d’autant plus fort que le peuple de Desde avait définitivement perdu l’espoir de retrouver le Prince qu’ils avaient tant aimés dans sa jeunesse.

Desde voyait à présent son Prince comme un Eleär qui se souciait et aimait les siens mais qui était devenu aussi dur que la pierre, aussi inflexible que l’acier. Il était rongé par la colère et était devenu irascible lorsqu’on abordait certains sujets. Intransigeant, il s’était opposé à plusieurs reprises aux décisions de son père qu’il taxait d’être trop généreux et permissif. Les Eleär l’aimaient encore mais c’était un amour teinté à présent d’une certaine distance et même d’une crainte. Ce n’était plus l’amour infini qu’ils avaient pour Aldaron et qu’ils avaient éprouvés pour lui quand il était jeune.

- Merci, dit-il en reposant son livre. Je vous suis.

Il suivit l’Eleär qui le mena aux appartements du Roi et l’introduisit dans la chambre du monarque avant de s’effacer en silence.

- Père, vous m’avez fait demander ?

Le roi avait terriblement vieillit et ces vingt dernières années l’avaient marqué. Lui qui lui paraissait si fort accusait à présent ses six cents cinquante-quatre ans. Une pointe de tristesse étreignit le cœur du Prince à la vue de cet homme qu’il avait toujours aimé et respecté, même aujourd’hui. S’il s’était opposé à certaines de ses décisions ce n’était pas parce qu’il les remettait en cause mais parce qu’il jugeait que le roi n’était pas assez ferme. Aldaron était un grand roi, parmi les plus grands qu’ait connu le royaume de Desde.

- Aerandir, approche mon fils. Le Prince s’exécuta. Mon fils, voilà des années que ta mère nous a quitté et je sais qu’il ne me reste que quelques années…
- Ne dîtes pas ça, Père, vous avez encore devant vous de longues années de règne.
- Même si c’était vrai, il est bientôt temps pour moi de te laisser ma place. Ce jour où ton amie nous quitta, tu as appris ce qu’était la haine.
- Père…
- Non mon fils, je ne cherche pas à te faire la morale, ce qui est fait est fait et je te prie de m’écouter sans m’interrompre. J’ai longtemps regretté cette situation, mais aujourd’hui, je ne sais plus si je le dois encore. Nous entrons dans une période trouble, je le sens, et je crains que Desde n'ait bientôt besoin d’un roi qui soit plus ferme que je ne l’ai jamais été. Je n’ai fait part de mes soupçons à personne. Ce serait effrayer les Eleär inutilement. J’espère me tromper et j’espère que tu deviendras le Roi Bien-Aimé, comme tu fus le Prince Bien-Aimé. J’espère que tu seras un roi miséricordieux et tolérant et que tu n’oublieras pas qu’un Roi est au service et vit pour ses sujets.
Mais assez parlé de tout ça, si je t’ai fait appeler, ce n’est pas pour te parler de ce que j’aimerais que l’avenir soit, mais pour passer un moment avec mon fils que j’aime tant. Jouons donc aux pierres, cela fait bien longtemps que je n’ai pas eu d’adversaires valables et si mes souvenirs sont bons, c’est notre vieux maître à tous les deux qui t’a appris à y jouer.

Mêlant le geste à la parole, Aldaron sortit le plateau de jeu et les deux Eleär passèrent le reste de la journée ensemble. Ils jouèrent et parlèrent de tout et de rien, retrouvant le temps d’une après-midi la complicité qui était la leur tant d’années auparavant.

***************************

Extrait des Carnets Secrets d’Aerandir, 1er Sheal de Friest, an 24 de l’Ère des Rois


Blanche, couleur de deuil. Une marée blanche teintée de rouge s’étendait au pied de l’arbre Thalion ce matin-là. Les visages de tous les Eleär présents, certains venus des confins du Royaume, étaient marqués par la tristesse et leurs larmes avaient tracé des sillons humides sur leurs joues. Leurs yeux, si expressifs, exprimaient toute la douleur qui les accablait en ce jour funeste. J’étais au premier rang, seul, tandis que tout un peuple se dressait derrière moi et des larmes que je pensais taries à jamais coulèrent librement alors que je pleurais la mort d’un père que j’avais aimé de tout mon être, d’un père que j’avais respecté et admiré. Je pleurais également, ainsi que tous les Eleär présents, la mort d’un des plus grands rois de Desde. D’un roi qui avait toujours su guider avec amour et compassion son peuple, même pendant les années les plus sombres.


Père, j’espère qu’à ma mort, les Eleär me pleureront comme nous te pleurons aujourd’hui, mais je ne peux m’engager sur le même chemin que toi. Le temps où les Vreën pouvaient tout se permettre est révolu avec mon arrivée sur le trône. Je n’accepterai plus jamais que notre peuple souffre inutilement. Ils seront punis s’ils tentent une nouvelle action contre mes sujets. Ce dont a besoin notre peuple, c’est d'un roi fort et intransigeant, d’un roi qui châtie ceux qui le méritent. Je sais que tu m’observes et j’espère que tu seras fier de moi.

***************************

Extrait des Carnets Secrets d’Aerandir, 3er Verne de Phra, an 67 de l’Ère des Rois


Des vignes et des vergers,
Les Eleär, fiers et jolis,
Et des fleurs dans ma main…
Pourquoi songer aux batailles,
Au tonnerre sur les montagnes ?
Pourquoi ces soupçons funestes ?
Les cieux grands ouverts
M’offrent tous leurs trésors,
Tout près de ma main tendue…
Pourquoi redouter l’embuscade,
Et le poison caché ?
Pourquoi me pèsent les années ?
Dans mes songes,
Des bras affectueux m’appellent
Nus, vers leurs caprices
Et la Forêt me promet ses délices…
Pourquoi me rappeler les blessures,
Et les fautes anciennes ?
Pourquoi cette peur dans mon sommeil ?

***************************

Aerandir était en pleine session avec les membres du Haut Conseil lorsque les gardes d’élites introduisirent un messager Eleär.

- Votre Majesté, dit-il après une rapide révérence. Je suis porteur d’une nouvelle de la toute première importance de la part du Seigneur Mithdrill, du village de Syl’Rivia, situé à notre frontière Nord.
- Quelle est cette nouvelle ?

Le messager se fit hésitant, comme s’il avait peur de délivrer son message maintenant qu’il était arrivé à destination.

- Je n’ai pas pour habitude de blâmer l’homme qui m’apporte le message. N’ayez aucune crainte.
- Oui Majesté, désolé Majesté ! Des raids ont été organisés contre la population tout au long de notre frontière avec Rhaemond.
- Des raids ? La voix d’Aerandir se fit dure. Quels raids ?
- De nombreux Eleär ont été victimes d’attaques et de vols en si grand nombre que cela en est inquiétant, Majesté.
- Attaqués ?! Est ce qu’il y a eu des victimes ?
- Majesté, il n’y a eu aucuns survivants lors des attaques et toutes leurs richesses ont été volées.

Un silence de mort s’abattit sur la salle de Conseil et l’horreur se peignit sur les visages de tous les Eleär présents dans la pièce, à l’exception de celui du Roi.

- Savons-nous qui sont les responsables ? Finit par demander Aerandir.
- Majesté, un groupe d’archers s’entraînait non loin de l’endroit où a eu lieu une des attaques. Ils sont arrivés trop tard pour sauver les Eleär mais ils ont pu capturer une partie des assassins. Ils sont en ce moment retenus dans les geôles du Seigneur Mithdrill. Ils ont été interrogés et tous affirment avoir été payés pour tuer tous les Eleär qu’ils rencontreraient.
- Quel est votre nom ?
- Maedhros, Majesté.
- Maedhros, prenez un bon repas et reposez-vous un peu, puis je veux que vous retourniez auprès du Seigneur Mithdrill. Dîtes-lui qu’il doit m’envoyer les prisonniers. La voix du Roi devint polaire et ses yeux brillèrent de colère. Ils seront jugés et exécutés pour leur crime.
- À vos ordres, Majesté.

Le messager sortit de la salle et pendant de longues minutes aucuns des Hauts Conseillers n’osa parler, tant les yeux du Roi reflétaient toute la colère qu’il ressentait. Ce dernier finit par pousser un long soupir et retrouva son calme.

- Je vous en prie. Vous êtes là pour me conseiller, n’ayez aucune crainte de parler même si la colère m’anime. Je ne suis pas assez fou pour vouloir instaurer un sentiment de peur parmi vous.
- Votre Majesté, commença l’un des conseillers, êtes-vous certain de votre ordre ?
- Je ne reviendrai pas sur cette question-là, répondit calmement Aerandir. À partir de maintenant, le sang répandu sera châtié par la mort. Une mort pour une mort. Ce qui m’inquiète et où j’ai besoin de vos avis, c’est sur le fait que ces bandits, ces déchets, ont été payés par quelqu’un pour attaquer spécifiquement les Eleär.
- Vous pensez à un complot ? demanda un autre conseiller.
- Je ne sais pas, mais quelque chose ne tourne pas rond.
- Je suis d’avis que nous demandions l’aide d’Elund Gartred, proposa un troisième conseiller.
- Je ne fais pas confiance aux Vreën. Nous enverrons nos propres gens enquêter.
- Majesté, dit Valandil, le Haut Conseiller le plus respecté du Conseil, si nous envoyons des Eleär enquêter, ils ne trouveront rien. Je crains que mes confrères n'aient raison. Pour enquêter sur des Valduris, il nous faut des enquêteurs Valduris.

Les autres Hauts Conseillers approuvèrent les paroles de Valandil et le Roi du se rendre à l’évidence, ils avaient raison.

- Laissez-moi le temps de digérer tout ça. Nous enverrons une lettre au Roi de Rhaemond une fois que les criminels auront été jugés.


Une semaine plus tard, comme promis, les assassins furent jugés et exécutés pour leurs meurtres. Deux jours plus tard, Aerandir reçut une missive d’Elund.

Roi Aerandir,

Mes conseillers m’ont mis au courant de ce qui est arrivé aux gens de votre peuple et je vous prie d’accepter mon soutien et mes condoléances pour ces ignobles massacres. Je ne peux tolérer de telles barbaries et la dernière chose que je souhaite c’est que naisse entre nos deux royaumes des tensions qui nous nuiraient à tous les deux. Je vous offre mon aide afin que puissent être démasqués les responsables de ces massacres et je vous prie de partager avec moi les informations qui sont en votre possession. Travaillons ensemble pour que plus jamais tel malheur ne se produise.

En cette année 69 de l’Ère des Rois,

Elund Gartred, Roi de Rhaemond.

***************************

Extrait des Carnets Secrets d’Aerandir, 1er Lunae d’Auldera, an 71 de l’Ère des Rois

Après deux années de recherche, ma collaboration avec Elund a fini par payer et nous sommes remontés jusqu’à l’origine des massacres d’il y a deux ans. Les auteurs n’étaient autres que certains seigneurs de Rhaemond qui s’étaient lancés dans une reconquête de leurs soi-disant terres alors qu’elles sont nôtres depuis plus de mille ans. Puisse leur âme ne jamais trouver le repos ! Pour la paix des miens assassinés, les peines capitales leur furent appliquées. Cela ne les ramènera pas mais leur mort est vengée. C’est la dernière fois que mon peuple est victime de ces tueries…

***************************

Extrait des Carnets Secrets d’Aerandir, 2er Dermedrek de Bremisc, an 75 de l’Ère des Rois

ASSEZ ! Les Vreën ne comprennent-ils rien ? J’ai fait exécuter les seigneurs rhaedar qui m’avait attaqué quatre ans plus tôt et ces imbéciles d’élirois et d’algaréens ont cru qu’ils pouvaient s’en tirer en attaquant mes frères Villileär ? Au nom de qui se sont-ils cru en droit de revendiquer ce qui nous appartient ? Il est temps d’insuffler à ces Vreën la crainte des Eleär. Jamais plus ils n’agiront comme ils viennent de le faire. Ces terres sont à NOUS et le resteront. J’ai donc décrété il y a cinq jours la fermeture des frontières de mon royaume à tous les Vreën de Seregon. Qu’ils n’attendent plus rien d’autre de moi que la haine et le mépris.


Le décret signé par les trois royaumes Vreën pour punir tout nouvel acte de racisme ne me fera pas changer d’avis. De même que la lettre que m’a envoyée Nërys Torë ne serait me faire plier. Ma décision est arrêtée.


Heureusement tous les Valduris ne sont pas perdus. Les Inoës sont des hommes honorables et je n’oublierai pas l’aide que m’a apporté leur nouvel Empereur dans la résolution de cette macabre affaire. Pour eux, nos frontières resteront ouvertes et ils pourront commercer avec nous. Je ne leur porte nul grief et éprouve le plus grand respect pour l’Empereur d’Ysino.

***************************

Extrait des Carnets Secrets d’Aerandir, 3er Cean de Garges, an 85 de l’Ère des Rois

Si je n’ai pas écouté Nërys des années plus tôt lorsqu’elle me demanda d’annuler mon décret, je ne regrette pas cette fois-ci de l’avoir fait et d’avoir signé ce traité qui engage nos deux royaumes aux empires d’Usha et d’Ysino. Ces deux peuples ont traversés de terribles épreuves qui auraient pu être bien pire encore sans l’intervention de mes frères Villileär.

De même, je ne regrette pas d’avoir associé mes forces aux autres royaumes Eleär pour soutenir les Nains face aux méprisables Vreën et que soit restauré Lorh, leur royaume légitime. Tous les nains qui s’étaient réfugiés sur mes terres pour fuir le courroux meurtrier des Valduris ont pu regagner leur terre ancestrale.
Partout la situation semble se stabiliser et les Vreën de Seregon n’osent plus rien tenter contre les miens. Ils ont compris la leçon, semble-t-il.
J’oser enfin espérer que la situation évolue vers une conclusion favorable et un retour à la paix.

***************************

Ce jour-là, le Roi était parti s’isoler dans la forêt qui bordait Vyre. Tous les ans, à la même période il s’éclipsait pendant quelques heures. Il laissait derrière lui le temps de quelques instants sa charge de roi pour redevenir Aerandir. Muni uniquement de son vieux luth, il se dirigea vers la petite clairière où se tenait le solitaire Mablung Telrúnya. L’arbre vivait toujours, aussi incroyable que cela puisse paraître après tant d’années. C’était comme si le végétal refusait tout simplement de quitter Rëa, comme si par sa seule existence il lançait un défi à la Mort, celui de venir le prendre dans ses bras froids. C’était là qu’il avait déposé le corps sans vie de Tinúviel tant d’années auparavant et même si le corps n’y reposait pas, c’était devenu son lieu de recueillement. Tous les ans, à la date du jour de sa naissance, il venait ici raconter à Mablung, mais aussi à l’âme de son amie ce qui s’était passé pendant l’année qu’il venait de vivre ; car pour les Eleär, l’âme est immortelle et à leur mort elle reste sur Rëa, dans l’incapacité de communiquer avec les vivants. Aerandir espérait ainsi apaiser les souffrances de Tinúviel. Il ne pouvait l’entendre, mais peut-être qu’elle, elle le pouvait. Il finit par arriver dans la petite clairière. Comme à chaque fois, il posa une main affectueuse sur la vieille écorce déformée de l’arbre et lui sourit.

- Encore vivant, Mablung Telrúnya ? Quand te décideras-tu à prendre le repos que tu mérites ? J’ai composé une musique, pour toi et Tinúviel. Je voudrais vous la jouer avant de vous raconter ce qui m’est arrivé ces derniers temps.

Le Roi s’installa au pied de l’arbre et prit son instrument. Il égrena lentement quelques notes avant de se mettre à jouer. Plongeant au plus profond de lui, il retrouva ce sentiment familier où la réalité disparaissait et où ne restait qu’une sensation diffuse d’appartenance au monde. Dans cet état-là, il se sentait plus proche que jamais de la nature qui l’environnait et secrètement, tout au fond de lui, il espérait qu’un jour il entendrait la voix l’Eleär disparue. Les heures passèrent sans que ses doigts ne se fatiguent : il était au-delà des exigences du corps, au-delà des exigences du monde et c’est ce qui lui permit de sentir un léger frémissement dans la trame même de l’air qui l’entourait. Il n’aurait su dire ce que c’était mais ce fut assez différent de tout ce qu’il n’avait jamais ressenti pour le tirer de sa méditation. C’était comme si un courant d’air immatériel venait de souffler sur lui et l’avait traversé. Il ne sut pas en quoi, ni même comment, mais il savait que quelque chose venait de changer. Lorsqu’il finit par ouvrir les yeux il poussa un petit cri de surprise peu digne d’un roi. Il était se trouvait assis à plus d’un ruthe de l’endroit où il s’était posé.

***************************

Des jours étaient passés depuis cet instant unique où il avait ressenti ce frémissement dans l’air et où il s’était mystérieusement déplacé de quelques coudés sans explication logique. Ce phénomène se reproduisit cependant alors qu’il se détendait dans ses appartements : il prenait un bain quand il fut victime d’un puissant qui lui fit perdre connaissance l’espace de quelques secondes. Lorsqu’il revint à lui, il se trouvait sur le sol glacé de sa pièce d’eau. Quelques jours plus tard, une haine soudaine et violente le prit en se remémorant un évènement douloureux de son passé. Il serra le poing de rage au moment même où il disparaissait dans un nuage et réapparaissait à dix pas de là. C’est à ce moment-là qu’il eut la preuve que quelque chose avait changé chez lui, peut être au moment où il avait ressenti ce frémissement dans l’air.

Au même moment que ces disparitions et réapparitions inexpliqués du Roi, des bruits coururent dans Vyre que d’étranges phénomènes survenaient à certains Eleär. De vieilles légendes refirent surface. La mémoire des Eleär était plus ancienne et plus claire que celle des autres races, à l’exception des Eressäe et le mot “magie“ commença à se répandre parmi les habitants. Était-ce la magie dont parlaient les anciennes légendes Eleär ? Le Roi comprit que quelque chose était en train de se passer dans le monde de Rëa. Les semaines passèrent puis firent placent aux cycles et le phénomène s’amplifia jusqu’au moment où plus personne ne put nier cette évidence : la magie était revenue. Aerandir s’était rendu à l’évidence après deux autres disparitions inexpliquées : il était capable de se téléporter ! Pendant les cycles qui marquèrent sa première téléportation, il essaya d’appréhender l’étendue de son pouvoir. S’il ne pouvait contrôler la destination ou la distance parcouru, il parvenait à présente à reconnaître l’état d’esprit qui précédait le déclenchement de son pouvoir. Ce dernier pouvait s’activer lorsque le Roi était parfaitement calme, ou au contraire dans la rage la plus grande. Mais la magie est un phénomène compliqué et avoir de ses états d’esprit ne garantissait pas à Aerandir que son pouvoir se manifeste. Il se promit qu’il maîtriserait son pouvoir coûte que coûte. Les possibilités que lui offrait la téléportation étaient fascinantes. Finalement, la solution à son problème vint alors qu’il s’y attendait le moins. Il était sorti profiter d’un peu d’air frais après une réunion interminable avec le Haut Conseil quand un Eleär portant la livrée des messagers se précipita vers lui. Il était tout excité et sautillait littéralement en lui annonçant la nouvelle

- Majesté ! Majesté ! Quelque chose d’incroyable s’est passée ! On dit que le Mont des Dieux s’est évaporé et qu’à sa place le royaume perdu d’Azzura est apparu !





Ambitions & Desseins


L'ambition première d'Aerandir est de protéger son royaume des Vreën, de leur offrir la paix et la joie qu'il mérite. Il veut que les souffrances qu'ils ont vécus ne soient plus qu'un vague souvenir lorsqu'il laissera la couronne à son successeur.



Divers


Reconnaissez-vous être âgé de 18 ans ? : Yep
Si vous prenez un personnage important et que vous disparaissez, nous autorisez-vous à nous inspirer de votre personnage pour créer un nouveau prédéfini ? : Etant donné que c'est un prefef, OUI ! Mais je n'espère pas disparaître Smile
Moultipass : Validé par pépé


avatar
◈ Missives : 2163

◈ Âge du Personnage : 82 ans
◈ Alignement : Loyal Bon
◈ Race : Valduris
◈ Ethnie : Sharda du Nord
◈ Origine : Al'Akhab - Siltamyr
◈ Magie : Aucune
◈ Fiche personnage : Calim

Conteur
Calim Al'Azran

◈ Lun 7 Nov 2016 - 18:17

Et hop, validation du "tout cuit" étant donné que la fiche avait déjà été validée Smile.

Bienvenue à toi !

Contenu sponsorisé

◈